Numéro 4 - Août 2002
 
Mano Negra
Fiche
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 Discographie
 Extraits sonores
Revue de presse
Photos


Crédit: Frédéric Néré

 

VIVRE VITEÂ… ET BRILLER

En sept ans, ils ont tout donné. Ils ont créé un style, l'ont imposé. Ils ont voyagé, découvert d'autres lieux. Ils ont marqué une génération et chamboulé le monde musical.


Nous sommes en 1987 à Sèvres, en banlieue parisienne, dans un squat aménagé en local de répétition. Manu Chao, fort de son expérience de plusieurs groupes (les Parachutes, les Joints de Culasse rebaptisés Hot Pants, les Casse-Pieds ou encore Los Carayos), rassemble autour de lui son frère Antonio Chao, connu sous le nom de Tonyo del Borneo (trompette), son cousin Santiago Caseriego (batterie). Ils recrutent encore Daniel Jamet (guitare), Jo Dahan (basse), Philippe "Garrancito" (percussions) et Thomas Darnal (claviers).

C'est en voyant l'empreinte noire d'une main dans une BD de Rousseau qu'ils décident d'adopter ce symbole et d'emprunter le nom à la bande de guérilleros sud-américains. La Mano Negra est née.

Leur musique, aux influences multiples et colorées, rassemble un joyeux cocktail de rock, raï, salsa, reggae et rap. Un style auquel ils donnent un nom : Patchanka.
Manu Chao écrit les textes, tout aussi imprégnés de diverses cultures. Espagnol, français, anglais et arabe se mélangent allègrement.

Celle qu'on surnomme déjà "la Mano" conquiert un vrai public avec le succès soudain de Mala Vida. Leur 1er album, Patchanka sort chez le label indépendant Boucherie. Une grande tournée débute, festivals ou concerts en salle s'enchaînent en Europe, mais aussi au Pérou et en Equateur.

Courtisés par Virgin, les membres de la Mano Negra signent avec cette major. La scène alternative y voit un engagement commercial, qui pourrait être fatal à l'esprit musical du groupe. Mais lorsque, quelques mois plus tard, le 2ème album Puta's fever sort, la preuve de cette réussite est flagrante. Ce sera l'album le plus vendu de leur histoire. Le titre Sidi h'bibi, interprété en arabe, sort en single et sera directement censuré par les radios françaises...

L'année 1990 sera synonyme de concerts, en Europe et à guichets fermés en Amérique du Sud. La Mano s'offre également le rôle de 1ère partie de la tournée US d'Iggy Pop. Déçus par les USA et ayant de fortes difficultés à s'imposer dans les pays anglo-saxons, les membres du groupe décident de ne plus se produire en pays anglophone, au grand dam de Virgin.

En avril 1991, un 3ème album voit le jour. King of Bongo a été produit à Cologne, en Allemagne, par la Mano elle-même. L'album se vend tout seul, sans promo. Bien décidé à ne pas entrer dans l'engrenage commercial caractéristique d'un groupe à succès, le groupe se lance dans une mini-tournée en banlieue parisienne, évitant soigneusement la capitale. La tournée se poursuit ensuite au Mexique et au Japon.

Leur réputation scénique n'est plus à faire : s'il y a du spectacle sur scène, il y en a autant dans la salle ! Du bruit, de la sueur, pogo à gogo, les salles ressemblent à un furieux et gigantesque match de football a

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