N° 13 - Mai 2003
 
Sarclo
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Crédit : Flavie Girbal

 

Une tristesse bleue et grise
20 titres - 57 min
Ref : 984102
Sorti : 1992
Production : Côtes du Rhône
Distribution : EPM


01 - J'en ai marre
02 - Eloge d'une tristesse bleue et grise
03 - Les Kurdes
04 - Y aura pas d'amour aujourd'hui
05 - Dépasser la douceur
06 - Les nichons
07 - Sur une lueur de son langage
08 - Gaston
09 - Le bubon
10 - Chavanne
11 - Oh !... Nanas...
12 - D'accord
13 - Pleurer dans tes bras
14 - Le stratagème
15 - La valse des dictateurs
16 - Les salauds
17 - Mon petit bonheur la chance
18 - Mourir, c'est périr un peu
19 - Gaston
20 - Eloge d'une tristesse bleue et grise

 
 
01 - J'en ai marre


Je veux une auto / Où y aurait pas marqué Turbo / Où y aurait pas marqué Fuego / Ça fait zozo / Juste une plaque minéralogique / C'est logique et démocratique / Juste un moteur / Et puis pas marqué GTI / Ça fait carrément riquiqui / Ça fait coiffeur / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Samu sur mon brancard / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Le Pen sur mes cauchemars / J'en ai marre / Je veux des caleçons / Tout blancs et tout simples en coton / Pour mettre entre mes pantalons / Et mes roustons / Juste en haut, un bon élastique / C'est logique et démocratique / Sur mes roupettes / Je veux pas voir Gaston Lagaffe / Ni voir dépasser des girafes / De ma braguette / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Bordeaux sur mon pinard / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Havane sur mes cigares / J'en ai marre / Sur mes costards / Je veux plus voir marqué Pierre Cardin / Ça donné l'air carrément crétin / Vraiment ringard / Je veux plus qu'on me prenne par derrière / Pour un panneau publicitaire / Sur mes polos / Lacoste peut bouffer son croco / Les vrais sont aussi faux que les faux / Pis pas plus beaux / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Lévis sur mes falzars / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Gibson sur mes guitares / J'en ai marre / L'agence Havas / Quand c'est pour vous bourrer la tasse / Ils sont plus fort qu'à l'agence Tass / Des dégueulasses / Ils s'achètent l'opinion publique / C'est logique et démocratique / Dans quarante ans / On lira Colgate sur nos dents / Pampers sur les culs des enfants / Comme c'est charmant / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Bordeaux sur mon pinard / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Samu Avec ma femme et mes moutards sur mon brancard / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Gillette sur mes rasoirs / J'en ai marre / J'en ai marre / Je veux plus rien marqué nulle part / Même pas Le Pen sur mes cauchemars / J'en ai marre

 

02 - Eloge d'une tristesse bleue et grise


Je ne saurais pas bien vous dire / Où elle voulait que je nous entraîne / J'en suis triste avec le sourire / J'y pense assez souvent, je l'aime / Bien sûr, le mauvais goût des coussins et des nappes / Évidemment ton deuil enraciné si fort / Et cette idée toujours de tout ce qui t'échappe / Et le rythme entêtant de ton pas vers la mort / Mais je pouvais chez toi voir tes doigts de faïence / Arranger tes cheveux ou marquer tes paupières / En un désordre lourd et pétri d'élégance / J'en étais bien content, ça n'était qu'avant-hier / J'aurais voulu pouvoir te suivre / Où tu voulais que je nous emmène / Je reste seul à nous survivre / Et quand je pense à toi, je t'aime / Évidemment l'orgueil et la trouble passion / Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos / Nos livres sans mémoire et presque à l'abandon / L'étui de ton violon fermé comme un sanglot / Mais penser à tes gestes carrés vers les miens / La presque cruauté, la langueur infinie / Le rire en plein désir et les larmes à la fin / M'ont fait aimer la mort et préférer la vie / J'aurais voulu pouvoir te suivre / Où tu voulais que je nous emmène / Je reste seul à nous survivre / Et quand je pense à toi, je t'aime / Cette larme humiliée qui me vient aux paupières / A ce moment précis, terrible, des ruptures / Évidemment ta main qui devient étrangère / Et que je lâche enfin sous un regard trop sûr / Et glissant de mes doigts, écarté sans raison / Un bonheur à l'égout dans ce goût de méprise / Et j'aime encore ce soir ce reste de saison / Dont il me restera ta gaîté bleue et grise / J'aurais voulu pouvoir vous suivre / Où vous vouliez que je nous entraîne / Je reste seul à nous survivre / Quand je pense à vous, je vous aime / J'aurais voulu pouvoir vous suivre / Où vous vouliez que je nous emmène / J'en suis triste avec le sourire / Suis-je encore à vous? ...Je vous aime

 

03 - Les Kurdes



 

04 - Y aura pas d'amour aujourd'hui


Y aura pas d'amour aujourd'hui / Mon café va sentir l'ennui / Mon pinard aura le goût d'eau sale / C'est un scandale / Et quand je pense aux gens dans la rue / Qu'ont pas l'air d'en avoir non plus / Et qui sont là comme ça tout le temps / C'est dégoûtant / Ce matin je me suis réveillé / Peau collante et ventre brouillé / Je me souvenais plus que ça faisait si mal / C'est infernal / J'attendais mieux quand tu revenais / Quand tu partais pas pour de vrai / Ma journée va durer des heures / Et ça m’écœure / Tu sais, j'ai bien assez à faire / Pour pas trop sentir mon désert / Mais je vois même plus les filles qui passent / C'est dégueulasse / Je sais la douceur dans tes mains / Et la lumière dans tes cheveux / Mais je n'y vois bientôt plus rien / C'est malheureux / Je voudrais encore, tu sais bien / Me sentir beau devant tes yeux / Me sentir aimé pour un rien / J'étais chanceux / Je sais pas pourquoi c'était parfait / Je sais pas comment ça s'est défait / Comment j'ai pu sentir tout ça / On en est là / J'ai pas eu d'amour aujourd'hui / Mon plumard va sentir l'ennui / Se coucher le plus tard possible / C'est pas terrible / J'ai pas eu d'amour aujourd'hui / Mon plumard va sentir l'ennui / Mais j'aime pas pleurer dans la rue / C'est mal fichu

 

05 - Dépasser la douceur


Après trop longtemps sans amour / Il en traînait un peu partout / On est reparti pour un tour / On en a ramassé des bouts / J'ai fait quelques gestes un peu gourds / Elle a mis son nez dans mon cou / La vie ne prend pas tous les jours / On n'est pas toujours assez fou / Oh! ... mais comment dépasser la douceur / Et nous offrir le fond des choses / Oh! ... mais comment faire d'une histoire de cœur / Une histoire vraie d'âme et d'osmose? ... / Ma mie, je n'y crois pas beaucoup / Je me sens triste et fatigué / Et vous trop légère à mon goût / Je n'ai pas envie d'embarquer / Ma mie, je n'y crois pas beaucoup / Je peux peut-être vous faire danser / Et vous embrasser dans le cou / Mais la vie resterait à quai / Bien sûr, on peut se dire je t'aime / Y croire et le dire pour de vrai / On peut écarter nos problèmes / Et frôler la douceur de près / Bien sûr, on peut parler d'amour / Y croire et le faire pour de vrai / S'oublier dans des gestes lourds / Aller frôler la mort de près / Oh! ... mais comment dépasser la douceur / Et crucifier le fond des choses / Oh! ... mais comment dépasser la douceur / Une histoire vraie d'âme et d'osmose? ... / Ma mie, je n'y crois pas beaucoup / Je me sens moche et fatigué / Et vous trop peu folle à mon goût / Je n'ai pas envie d'embarquer / Ma mie, je n'y crois pas beaucoup / Je veux un amour à crever / Pas d'amour mou, pas d'amour flou / Qui ne saurait pas m'éclairer / Après trop longtemps sans amour / Trop longtemps de chagrin trop fou / On est reparti pour un tour / En disant quelques mots trop doux / Après très longtemps sans amour / Très longtemps de chagrin trop flou / On est reparti pour un four / En croyant quelques mots trop mous

 

06 - Les nichons


Ah! ... non, vraiment faudrait faire quelque chose / Se disait-il en lisant son journal / Non mais c'est vrai vous trouvez-ça normal / Ajoutait-il d'un ton morose / Ah! ... que le monde est mal fichu! / Mais il n'a jamais rien foutu... / Il voyait des nichons partout (bis) / Non mais c'est vrai le vieux monde est pourri / Et l'argent trop cher / A dix pour cent comment faire une affaire / Tu parles d'une cochonnerie / Ah! ... que le monde est mal fichu! / Mais il n'a jamais rien foutu... / Il voyait des nichons partout (bis) / Ah! ... Disait-il en tapant sur la table / Je peux plus finir mes saucisses / Je ne saurais souffrir tant d'injustice / C'est trop épouvantable / Ah! ... que le monde est mal fichu! / Mais il n'a jamais rien foutu... / Il voyait des nichons partout (bis) / Putain! ... dit-il, écoutant son moteur / Un bruit de passe-légume / Ma vieille R12 va nous faire un gros rhume / Si je mets pas d'huile tout à l'heure / Mais il n'a jamais rien foutu / Et sa vieille bagnole est fichue / Il voyait des nichons partout (bis) / Vous allez dire, ce type est un sans-cœur / Monstre d'indifférence / Comment peut-il assumer nos souffrances / Et laisser couler son moteur / Si le monde est si mal fichu / C'est qu'il n'a jamais rien foutu / Si sa vieille bagnole est foutue / C'est qu'il n'a jamais rien fichu / Mais y avait des nichons partout (bis)

 

07 - Sur une lueur de son langage


Sur une lueur de son langage / J'ai soudain risqué ma main sur son fa / Elle a découvert ses ancrages / Et s'est branchée sur mes compas / Les drapeaux dressés sur les bris / J'ai largué l'orgueil et pris mes quartiers / Elle a dit "Oh! ... vous", elle a ri / Je l'ai invitée à tanguer / On voyait rien dans son tapage / On y devinait comme un son écru / Il y avait une vouleur sauvage / Une sacrée vouleur d'amour dru / On dérapait sous les lambris / Nos mains criaient des onomatopées / Elle a dit "Oh! ... vous", elle a ri / Je l'ai intentée à crier / On est parti dans son Carthage / Il n'y avait plus de sons superflus / J'ai mis les yeux dans son partage / Et les siens prenaient mon reflux / Sur un mot très beau, soudain j'ai compris / Je n'avais jamais appris à parler / Elle a dit "Oh! ... vous", elle a ri / Je l'ai inventée en danger / J'ai mis mon flou dans son carnage / Et puis, j'ai frémi, sentant ses cheveux / Elle a brûlé mon éclairage / Ses brasures et son camaïeux / Là, tous mes cœurs se sont épris / Tous mes grabuges ont éclaté / Elle a dit "Oh! ... vous", elle a ri / J'ai dit je t'aime et j'ai pleuré / Elle a dit "Oh!. ... vous", elle a ri / J'ai dit je t'aime et j'ai pleuré / Elle a dit "je t'aime", elle a ri / J'ai dit "Oh! ... vous", et j'ai dansé

 

08 - Gaston


J'ai bien croisé en Avignon / Plus de 4000 comédiennes / Avec de vieux regards de chiennes / Et de sacrées paires de nichons / J'ai pris quelques torticolis / En voulant voir leurs deux façades / Ça m'a souvent rendu maussade / Et pas toujours tellement poli / Mais sont pas si belles que Gaston / Quand le Bon Dieu ramène sa fraise / Tellement qu'il aime ça quand on baise / Mais on sait bien qu'il est bidon / Y en a qu'ont l'art du décolleté / Profond dans une robe de satin / Pour faire très chic et un peu putain / Comme ça se porte en société / Elles ont le regard inspiré / Elles ont la mèche évanescente / L'air moitié douces, moitié méchantes / Elles vous torpillent sans sourciller / Mais sont pas si belles que Gaston / Qu'a les oreilles rouges quand elle baise / Et qu'a pas l'air d'aller aux fraises /Quand elle louche sur mon pantalon / Mais sont pas si belles que Gaston / Le pied large et toujours à l'aise / Avec un bruit super balaise / Quand elle fait le cri du cochon

 

09 - Le bubon


J'ai un gros bidule au milieu du front / Sournois, douloureux et profond / Et puis je peux vous dire que c'est embêtant / J'ai l'air d'avoir dix-sept ans / Et j'avais pour dans quelques jours / Un rendez-vous avec l'amour / Si ce salaud là poussait sur mon cul / Je pourrais au moins m'asseoir dessus / Serait-ce un furoncle ou juste un bouton? / Serait-ce un panaris farceur? / Serait-ce un anthrax très furibond? / Un clou de jolie grandeur? / Ou juste un petit comédon / Qu'on fait gicler dans l'ascenseur? / Et devrai-je avoir mauvaise façon / Pour cent jours ou pour quelques heures? (bis) / Alors pour l'amour, disons que c'est foutu / On est d'accord, n'en parlons plus / Pour l'air con, disons que c'est mon tour / Je suis beau comme un abat-jour / Et pour terminer quel scandale / Ce salaud fait carrément mal / Je l'ai sur la gueule et je l'ai dans le cul / Mon chagrin pour m'asseoir dessus... / Serait-ce un furoncle ou juste un bouton? / Serait-ce un panaris farceur? / Serait-ce un anthrax très furibond? / Un clou de jolie grandeur? / Ou juste un petit comédon / Qu'on fait gicler dans l'ascenseur? / Et devrai-je avoir mauvaise façon / Pour cent jours ou pour quelques heures? / Mais pas du tout, c'est un bubon, / On est carrément dans l'horreur!

 

10 - Chavanne


Chavanne est mort l'autre matin / Son vieux cœur s'étant arrêté / Il avait le cœur sur la main / Son cœur a eu comme un raté / Quand on a le cœur sur la main / Qui s'arrête on est embêté / J'ai sur le cœur comme un chagrin / Le vieux Chavanne est défunté / Il est mort de mort générale / Comme si sa vie était foutue / Comme si la mort était morale / Sa vieille et jolie voix s'est tue / Chantera plus l'Internationale / Chantera plus les trois orfèvres / Une tristesse assez générale / Est là sur le bord de nos lèvres / Chavanne est mort l'autre matin / Y a des vieux salauds qui rigolent / On va nous refaire des crétins / Nous ressortir la vieille école / Chavanne est mort l'autre matin / Mais les enfants sont réveillés / Quand on a le cœur sur la main / Qui s'arrête, on est relayé (bis)

 

11 - Oh !... Nanas...


Vous pouvez jouer de la guitare / Jusqu'à trois heures du matin / Pour une copine aux yeux sans fard / Avec qui vous vous sentez bien / Vous pouvez partir sans histoires / Sans avoir effleuré sa main / Et aller vous foutre au plumard / Avec juste un petit chagrin / Oh! ... Nana! / J'ai bien aimé chanter pour toi / Dans tes yeux ça rentrait tout droit / Vous rencontrez une fille un soir / Vous vous sentez assez crétin / Elle a les yeux comme des miroirs / Elle vous gratte comme un petit lapin / Elle vous promène en balançoire / Au bout de ses cheveux satin / Elle ne connaît pas votre histoire / Elle ne sera pas là demain / Oh! ... Nana! / Je voudrais bien chanter pour toi / Mes chansons parleraient pour moi / Y a-t-il une docteur dans la salle / Pour mon cœur de dragueur timide / J'ai toujours les ongles assez sales / Et quelques sentiments sordides / Mais puisque j'écris toutes mes salades / Et même si je fais un bide / Je suis ni dentiste amoral / Ni assisté social livide / Oh! ... Nanas! / Vos yeux me suivent sous les projos / Je sais pas si vous voyez le boulot / Oh! ... Nanas! / Vos yeux me suivent sous les projos / Ça fait du bien d'être barjot / Oh! ... Nanas! / Vos yeux me suivent sous les projos / Je veux pas bosser dans un bureau

 

12 - D'accord


D'accord, tu viendras plus passer dimanche avec mes mômes / Tes robes un peu fichues dans le soleil d'un jour de pluie / D'accord, tu viendras plus passer dimanche avec mes mômes / Tu viendras plus plomber ni mon sommeil ni mon ennui / Mais j'ai besoin, au moins, d'un peu d'estime / Pour ne pas m'enfoncer dans ma tristesse et mes regrets / Oh! J'ai besoin, encore au moins, d'un peu d'estime / Puisqu'on sait qu'on oublie jamais / D'accord, il n'est plus temps de penser nous mettre à genoux / Tes robes un peu fichues jetées en tas sur le parquet / D'accord, il n'est plus temps de penser chaud, de penser doux / Rien ne m'appartient plus, je n'y pensais pas pour de vrai / Mais j'ai besoin, au moins, d'un peu d'estime / Pour me sentir un droit sur ma tristesse et mes regrets / Oh! J'ai besoin, encore au moins, d'un peu d'estime / Puisqu'on sait qu'on oublie jamais / Je vois le lac entre les toits / Quand je suis debout sur ma chaise / Mais je me sens si loin de toi / Quand je vois des filles qui me plaisent / Quand je leur dis n'importe quoi / Quand elles rient ou quand elles se taisent / Je te dis très au fond de moi / Merci pour nos bonheurs de braise / Reprends ta vie, c'est bien ton droit / Je veux pas que mon cœur te pèse / Quand on sent pénétrer le froid / On sent la douleur qui s'apaise / D'accord, il est grand temps de penser quelque chose à faire / Tes robes un peu fichues ne tourneront plus sous mes yeux / D'accord, il est grand temps de bien m'habiller pour l'hiver / Rien ne m'appartient plus, on peut pas toujours être heureux / D'accord, tu viendras plus passer dimanche avec mes mômes / Tes robes un peu fichues dans la lumière d'un jour sans ciel / D'accord, tu viendras plus passer dimanche avec mes mômes / J'irai les balader tout seul, voilà pour l'essentiel...

 

13 - Pleurer dans tes bras


Tu peux faire le tour de la terre / A cheval sur un dromadaire / Si tu vois des gens comme il faut / Joue-leur "En attendant Godot" / Pour éviter les courants d'air / Emporte un gros pull en mohair / Si tes oncles ont des panaris / Achète un bistouri / Mais reviens de temps en temps / Reviens juste un moment / Je voudrais pleurer dans tes bras / Si tu prépares une limonade / Oublie jamais la cassonade / Et si tu fais cuire un lapin / Mets-y du romarin / Pour ta maison, fais-la bien dure / Mets bien du ciment dans les murs / Si tu joues des valses un peu folles / Remue bien les bémols / Mais reviens de temps en temps / Reviens juste un moment / Je voudrais pleurer dans tes bras / Si vraiment tu trouves un mari / Fais-lui des baisers dans ton lit / Fais-lui des nouilles et du gigot / Quelques baisers bien gros / Fais-lui bien voir dans la lumière / Tes jupes à fleurs et tes guêpières / Passe aussi tes doigts dans son cou / Ça je me m'en fous / Mais reviens de temps en temps / Reviens pour un moment / Je voudrais pleurer dans tes bras / J'ai des lunettes de gymnastique / Qui tiennent avec un élastique / J'ai une écharpe et un chapeau / Un nez rouge et c'est rigolo / J'ai un cigare pour la fumée / J'ai une guitare mal accordée / Je mets mon porte-harmonica / Pour bien cacher tout ça / Mais reviens de temps en temps / Reviens juste un moment / Je voudrais pleurer dans tes bras

 

14 - Le stratagème


J'avais conçu le stratagème pour séduire l'être aimé / Pour pouvoir mieux lui dire je t'aime de l'avoir invité / Vu qu'elle est pas fluette, j'aime pas les bicyclettes / À une bouffe pantagruélique dans un endroit très romantique / Ce qu'ayant fait nous étions sous la lune / Rotant nos escargots / Et ça faisait dans ce silence de brume / Un bruit très rigolo / Mais la belle avait trop bouffé / Elle avait l'air d'une outre / Et moi d'ailleurs j'étais bourré / J'en avais rien à foutre / Je suis rentré chez moi, marchant seul sous la lune / J'avais encore une fois changé d'slip pour des prunes / J'avais conçu le stratagème pour séduire l'être aimé / Pour pouvoir mieux lui dire je t'aime de l'avoir invité / Vu qu'elle n'est pas sourde, je n'aime pas les gourdes / À un concert de musique pop, c'est souvent comme ça qu'on les chope / Ce qu'ayant ouï nous rentrions chez nous / Aux matines sonnantes / Nous nous étions vraiment éclaté comme des fous / Quelle soirée épatante / Mais la belle avait trop fumé / Elle était dans les choux / Et moi d'ailleurs j'étais crevé / Vraiment tout à fait mou ' / Je suis rentré chez moi / Marchant seul sous la lune / J'avais encore une fois / Changé d'slip pour des prunes / Ah la la qu'est-ce que je m'en fous c'est pas moi qui les lave / J'avais conçu le stratagème pour séduire l'être aimé / Pour pouvoir mieux lui dire je t'aime de l'avoir invité / Vu qu'elle est pas idiote, je n'aime pas les sottes / À un film un peu politique, très très beau et un peu tragique / Ce qu'ayant vu nous échangions nos vues / Nos premières impressions / Main dans la main nous marchions dans la rue / C'était vraiment mignon / Mais la belle avait trop pleuré / Ses yeux faisaient des poches / Moi j'aspirais qu'à roupiller / Me suis fait la valoche / Pour finir cette chanson étrange / Sur une pensée qui dérange / J'aime mieux un bon poulet chasseur / Que tirer des coups pour du beurre / J'préfère chanter d'un ton baveur / J'préfère me gratter l'air songeur / J'préfère m'attendrir sur mon cœur / J'préfère le bordeaux supérieur / Je peux garder mon petit pantalon... / Rose...

 

15 - La valse des dictateurs


Duvallier est un assassin / Et son épouse, son complice! ... / Elle va faire un tour au jardin / Pour faucher des amaryllis / Il n'y a rien au monde de meilleur / Que de manger des nouilles au beurre / Devant un gros téléviseur / Quand il tombe des dictateurs! ... / Marcos est un serpent lubrique / Et son épouse, son complice! ... / Elle l'aima jadis pour son fric / Et la douceur de sa police / Il n'y a rien au monde de meilleur / Que de manger des téléviseurs / Devant un très gros dictateur / Quand il tombe des nouilles au beurre! ... / Amin Dada est un gros porc / Et ses épouses, leur con plisse! ... / Elle sont grasses et grossissent encore / Pendant qu'il se soûle au pastis / Il n'y a rien au monde de meilleur / Que de manger des dictateurs / Dans un grand plat de nouilles au beurre / Quand il tombe des téléviseurs! ...

 

16 - Les salauds


Comment s'en prendre à une ordure / Qu'est déjà plus dans votre vie / Bien après les dernières injures / Quand on a des nouveaux ennemis / Faut aller chercher des raclures / De vieux ressentiments pourris / Et les lui foutre à la figure / C'est pas vraiment joli joli / Battez les salauds pendant qu'ils sont chauds / Pour gueuler, c'est jamais trop tôt / Je n'aime pas trop la guillotine / C'est un bon coup du père François / De l'avoir mise dans la naphtaline / Elle servait jamais qu'aux bourgeois / Aux contemporains qui m'emmerdent / Je promets souvent par devers moi / Les orties ou la mauvaise herbe / La Suisse allemande pendant trois mois / Battez les salauds pendant qu'ils sont chauds / Pour gueuler, c'est jamais trop tôt / Mais si mes beaux rêves me soulagent / Ils sont très innocents quand-même
Ma rancœur fond dans le carnage / Mais l'empoisonneur est indemne / Et demain, la truffe aussi fraîche / Il fera chier le contribuable / Que voulez-vous donc qui l'empêche / De faire ses trucs abominables / Battez les salauds pendant qu'ils sont chauds / Pour gueuler, c'est jamais trop tôt / Vous les poux de la pire espèce / Qui voudrez me gâcher la vie / Mes colères à l'emporte-pièce / Comptez plus que je les oublie / Je vous les ferai bouffer dare-dare / Et ça sera meilleur pour mon foie / Trois claques ou mon pied quelque part / Nous voilà partis pour la joie / Ah! ... Les salauds, faut les prendre à chaud / Faut les arranger comme il faut / Battez les salauds pendant qu'ils sont chauds / Pour gueuler, c'est jamais trop tôt / Quand aux très vieux cons décatis / Qui m'ont pompé quand j'étais môme / Que je rêve encore seul dans mon lit / Que je loupe tous leurs putains de diplômes / Les soirs où j'en croise dans la rue / Ça me fait même plus changer de trottoir / Je leur dis tout bien que c'est des tordus / Que je les veux plus dans mes cauchemars / Ah! ... Les salauds, faut les prendre à chaud / Faut les arranger comme il faut / Battez les salauds pendant qu'ils sont chauds / Pour cogner, c'est jamais trop tôt! ...

 

17 - Mon petit bonheur la chance


Mon petit bonheur la chance / A peur de la mort / À l'heure où la lumière balance / Derrière le décor / Mais les étoiles ont sa confiance / Ça n'est pas la nuit qui commence / Qui peut lui faire le moindre tort / Mon petit bonheur la chance / A peur de la mort / À l'heure où la lumière balance / Derrière le décor / Alors je lui dis des histoires / De petits ours avec leurs mamans / De tous petits lapins bizarres / Et très très contents / Je lui promets des Carambar / Je lui fais trois baisers collants / Je lui dis je t'aime, elle se marre / En s'endormant / Mon petit bonheur la chance / A peur de la mort / À l'heure où la lumière balance / Derrière le décor / On a vingt mille jours de romance / Les plus beaux sont ceux qui commencent / Et quand ils finissent ils ont tort (ter)

 

18 - Mourir, c'est périr un peu


Pour mourir pas trop amer / Commandez fromage et dessert / Et reprenez du camembert / S'il est bien coulant / Pour mourir un peu content / Choisissez vos médicaments / Si en plus on a mal aux dents / C'est pire que la guerre / Mourir, c'est périr un peu / C'est pourrir un peu / C'est moisir un peu / Moisir, c'est maigrir un peu / C'est tartir un peu / Tartir, c'est martyr un peu / C'est pâtir un peu / C'est pâlir un peu / Pâlir, c'est gémir un peu / C'est finir un peu / Pour une mort pas trop banale / Vivez donc à l'horizontale / Avec des filles pas trop banales / Larguez vos bretelles / Pour une mort pas trop cruelle / Venez apprécier nos modèles / Demandez Edwige ou Danielle / En cabine spéciale / Mourir, c'est périr un peu / C'est pourrir un peu / C'est moisir un peu / Moisir, c'est maigrir un peu / C'est tartir un peu / Tartir, c'est martyr un peu / C'est pâtir un peu / C'est pâlir un peu / Pâlir, c'est gémir un peu / C'est vomir un peu / Pour mourir pas trop en rogne / Ouvrez une bouteille de champagne / Dès que la main de la charogne / Glisse sous votre pagne / Pour mourir calme et sans hargne / Vivez cul nu, et sans vergogne / Partez faire la guerre en Espagne / Avec Simone! / Mourir, c'est finir un peu / Elle est finie, ma chanson / Pour mourir dans très très longtemps / Évitez les emmerdements / Pour mourir dans très très longtemps / Mourez vivants, vivez souvent / Pour mourir dans très très longtemps / Vivez mourants, mourez souvent / La la, la la la la la, la la la

 

19 - Gaston


J'ai bien croisé en Avignon / Plus de 4000 comédiennes / Avec de vieux regards de chiennes / Et de sacrées paires de nichons / J'ai pris quelques torticolis / En voulant voir leurs deux façades / Ça m'a souvent rendu maussade / Et pas toujours tellement poli / Mais sont pas si belles que Gaston / Quand le Bon Dieu ramène sa fraise / Tellement qu'il aime ça quand on baise / Mais on sait bien qu'il est bidon / Y en a qu'ont l'art du décolleté / Profond dans une robe de satin / Pour faire très chic et un peu putain / Comme ça se porte en société / Elles ont le regard inspiré / Elles ont la mèche évanescente / L'air moitié douces, moitié méchantes / Elles vous torpillent sans sourciller / Mais sont pas si belles que Gaston / Qu'a les oreilles rouges quand elle baise / Et qu'a pas l'air d'aller aux fraises /Quand elle louche sur mon pantalon / Mais sont pas si belles que Gaston / Le pied large et toujours à l'aise / Avec un bruit super balaise / Quand elle fait le cri du cochon

 

20 - Eloge d'une tristesse bleue et grise


Je ne saurais pas bien vous dire / Où elle voulait que je nous entraîne / J'en suis triste avec le sourire / J'y pense assez souvent, je l'aime / Bien sûr, le mauvais goût des coussins et des nappes / Évidemment ton deuil enraciné si fort / Et cette idée toujours de tout ce qui t'échappe / Et le rythme entêtant de ton pas vers la mort / Mais je pouvais chez toi voir tes doigts de faïence / Arranger tes cheveux ou marquer tes paupières / En un désordre lourd et pétri d'élégance / J'en étais bien content, ça n'était qu'avant-hier / J'aurais voulu pouvoir te suivre / Où tu voulais que je nous emmène / Je reste seul à nous survivre / Et quand je pense à toi, je t'aime / Évidemment l'orgueil et la trouble passion / Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos / Nos livres sans mémoire et presque à l'abandon / L'étui de ton violon fermé comme un sanglot / Mais penser à tes gestes carrés vers les miens / La presque cruauté, la langueur infinie / Le rire en plein désir et les larmes à la fin / M'ont fait aimer la mort et préférer la vie / J'aurais voulu pouvoir te suivre / Où tu voulais que je nous emmène / Je reste seul à nous survivre / Et quand je pense à toi, je t'aime / Cette larme humiliée qui me vient aux paupières / A ce moment précis, terrible, des ruptures / Évidemment ta main qui devient étrangère / Et que je lâche enfin sous un regard trop sûr / Et glissant de mes doigts, écarté sans raison / Un bonheur à l'égout dans ce goût de méprise / Et j'aime encore ce soir ce reste de saison / Dont il me restera ta gaîté bleue et grise / J'aurais voulu pouvoir vous suivre / Où vous vouliez que je nous entraîne / Je reste seul à nous survivre / Quand je pense à vous, je vous aime / J'aurais voulu pouvoir vous suivre / Où vous vouliez que je nous emmène / J'en suis triste avec le sourire / Suis-je encore à vous? ...Je vous aime

 

 


 

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