N° 15 - Sept. 2003
 
Lulu Borgia
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Crédit : Jean-Pierre Joblin

 

Turbulences et Dépressions
13 titres - 54 min 30
Ref : TC0013EH
Sorti : 2000
Production : Tempo Clap / Interphases
Distribution : L'Autre Distribution


01 - Trait pour trait
02 - Drame de l'Opéra
03 - De l'inutile
04 - Sur la bouche
05 - Les glace-murailles
06 - Turbulences et dépressions
07 - Mouches
08 - Le mariage de Jenny McGowan
09 - Stars du désespoir
10 - Sado Mado
11 - Paris Cerise
12 - Mister Turner
13 - De l'eau dans mon venin

 
 
01 - Trait pour trait


J' te dessine trait pour trait lorsque des yeux j' te touche
Si je trace au fusain tes yeux ton nez ta bouche
Ton âme est un mystère que tu gardes farouche
Je perds sans cesse ses traces à force de retouches

Trait pour trait touche à touche mon pinceau t'impose
D'esquisses en ébauches sous les traits d'Eros
L'instant d'éternité où tu as pris la pose
Dans l'air s’électrisait le noir parfum des roses

Sous la lumière zénithale
Je veux la forme je veux la ligne
Sous la lumière zénithale
Chloroforme et térébenthine

Trait pour trait très précis j'accuse ton déhanché
Comme j'accuse le coup de foudre de ta nudité
Tends moi ton bas-relief que je puisse le cacher
Dans ma pinacothèque entre Klimt et Boucher

Des traces des cicatrices marquent tout ton corps pâle
Comme autant de souvenirs d'amours abominables
Ex-blessures ex-griffures d'une belle anormale
Au ciseau parcourant ton aire abdominale

Sous la lumière zénithale
Je veux la forme je veux la ligne
Sous la lumière zénithale
Chloroforme et térébenthine

Mourant
Sous ton corps blanc
J'entendrai ton palpitant
Battant
D'un cœur d'amant
Au rythme de la chanson du sang

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

02 - Drame de l'Opéra


Des loges bleues de la Fenice
Aux strapontins de la Scala
Dans tous les temples de la voce
Un vieux comte suivait une diva
Quand paraissait la Belladone
Devant les parterres affolés
Il pouvait même sans sonotone
Entendre les mouches voler

Et pour ses lèvres purpurines
Filtrant Mozart et Couperin
Pour sa sanguine pair' de guignes
Rêvait d'être son souverain

Les seins tendus vers ceux des cieux
La Walkyrie Nibelungen
Détournait tous les beaux messieurs
De leurs vilain’s demi-mondaines
Ruisselant sous les postillons
Le comte était tenté d' oser
Gober sur ses tétons teutons
La mouche qu'elle y avait apposée

Et pour ses lèvres purpurines
Et le Walhalla de ses reins
Il se voyait en Lohengrin
Dilapider tout l'or du Rhin

Juste avant la première d’Othello
Le comte conçut le stratagème
Pour dire tout contre à la contralto
- Ma Desdemone sens comme je t'aime
Et soudoyant sa camériste
Lui dit - Belle enfant, est-ce assez ?
Je te donn'rai plus mais j'insiste
Serr' fort les lacets d'son corset

- Oh ! fir'nt les lèvres purpurines
Sous la tyrannie du satin
Quand sous la pression d'la coquine
Naquit un décoll’té d'catin

Et bientôt la combine opéra
Elle tomba sans connaissance
Sur la grand scène de l’Opéra
Ce fut alors l'effervescence
Il y eut un bourdonn'ment de mouches
Une rumeur catastrophée
Le comte pratiquait l'bouche à bouche
Sur la castafiore étouffée

Il devint blanc comme farine
Il se raidit et puis plus rien
Car sur les lèvres purpurines
Flottait une haleine pur purin

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

03 - De l'inutile


S’employer à
Servir à quoi
Pour qui ?
Pourquoi ?
Je veux flâner
Je veux goûter
Ici
Ou là

Aux plaisirs
De l’inutile

Les gribouillages
Les dessins barges
Au té-
léphone
Quand on débloque
Sur un bloc-notes
Qu’on dé-
raisonne
Ont l’attrait
De l’inutile
Le charme et le style

De l’inutile
Plein nos cahiers
De l’inutile
Dans les déliés
De l’inutile
De l’inutil’ment vrai

Lire les nuages
Lors d’un voyage
Sans but
Réel
Lorsqu’au détour
D’un long parcours
Perdue
On mêle

L’agréable
A l’inutile

Couper l’écho
D’un dernier mot
D’esprit moqueur
Tuer le temps
Lui qui pourtant
Ne vit
Ne meurt
Idéal
De l’inutile
Juste pour le style

De l’inutile
En sabliers
De l’inutile
Eparpillé
De l’inutile
De l’inutil’ment vrai

De l’inutile
Eparpillé
De l’inutile
Dans nos cahiers
D’inutile
De l’inutil’ment vrai

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

04 - Sur la bouche


Je sais des jivaros courant le jungle-P.A.F
Captivants cannibales qui se sont fait un taf
De happer de capter
Tes rêves et tes idées
Les quatre coins carrés de ton grand poste à câble
Définissent les limites des news dont ils t’accablent
Puis ludique
Ou lubrique
Vient l’plaisir cathodique

Et tu payes les maqu’reaux les dealers de playmates
Et tu payes et tu mates et bande l’audimat
Tu t’enchaînes chaîne à chaîne
Zip-zappeur sans étrenne
Le tic-tac atypique de mon coucou cardiaque
Cœur qui bat de se battre martèle ses « Pas d’ac ! »
Faudrait voir à trier
Comptes de fesses contes de fées

Méprisant les coutumes des réducteurs de fêtes
Moi si j’te prends la tête
C’est que j’te baise en douce
Sur la bouche

Et puis la religion qui fait sa spirituelle
Avec ses fêtes tristes ses V.R.P du ciel
Passant par satellites
Des canaux d’eau bénite
Quand les petits pécheurs amorcent à l’espérance
Ca chante ça chiale ça couine comme ça peut comme ça pense
J’leur laisse le Saint-Esprit
Le pape et tout l’fourbi

En avant la zizique aux « Délices de Hong-Kong »
Quand t’as bu trop d’saké qui c’est qui pousse la song
Qu’est plus qu’un perroquet
Toqué d’karaoké
Y’a d’la mer en bocal et la mort à l’essai
Aux parcs où tu dévales avant d’ressusciter
On te paye pour te traire
Pour te taire pas pour braire

Méprisant les coutumes des réducteurs de fêtes
Moi si j’te prends la tête
C’est que j’te baise en douce
Sur la bouche

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Bruno GIGLIO - Lulu BORGIA

 

05 - Les glace-murailles


Nous sommes quelques glace-murailles
Ombres des siècles révolus
On n'fait plus peur qu'à la marmaille
Quand la légende lui est connue

On voudrait rejouer des sonnailles
Mais nos mémoires sont altérées
On agite un peu nos ferrailles
Mais sans entrain sans espérer

Aucune fourrure aucun chandail
Ne saurait bien nous réchauffer
On a du froid plein les entrailles
Un grand hiver à expirer

Nous sommes quelques glace-murailles
Chancelant sous le poids des mots
Qu’on nous traite d’ épouvantails
Ou d’ phénomènes paranormaux

Nos crânes craquent nos dents déraillent
On donne dans l'horreur surannée
Face à vos warriors qui mitraillent
Les glace-murailles font rigoler

Aucune fourrure aucun chandail
Ne saurait bien nous réchauffer
On a du froid plein les entrailles
Un grand hiver à expirer

Nous sommes quelques glace-murailles
Et pour nous voir il faut y croire
Nous rêvez-vous ? … Pincez-vous !… Aïe !
Vous criez seul seul dans le noir

Et de Versailles à la Cornouaille
On s’décompose on s’désagrège
Avec du vitrail dans l'poitrail
Nos tombes baillant sous la neige

Aucune fourrure aucun chandail
Ne saurait bien nous réchauffer
On a du froid plein les entrailles
Un grand hiver à expirer

Nous sommes quelques glace-murailles
Ombres des siècles révolus
On n'fait plus peur qu'à la marmaille
Quand la légende lui est connue

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

06 - Turbulences et dépressions


Depuis le grand chaos du Bang originel
Ca s’agite dans l’eau sur la terr’ comme au ciel
Jusque dans les atomes en rythme et en mouv’ment
L’univers tout entier est un grand chamboul’ment

Il s’rait du dernier zen d’attendre un nirvana
D’espérer l’paradis en chantant hosanna
Ou d’implorer l’secours des thérapies freudiennes
Immobile allongée tout comm’ Woody Allen

Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des turbulences
Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des dépressions

Sur le divin divan j’ai bondi comme une folle
Et c’est depuis qu’mon psy s’habille en camisole
Rien ne vaut le coup d’foudre pour éclairer la nuit
Et l’grisou d’la folie pour bousiller l’ennui

Ma tête est un cinoche où cavale un Chaplin
Devant la mort qui joue le policeman du spleen
Allez laissons là l’analyse dramaticale
Des super prises de choux aux couples de Bergman

Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des turbulences
Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des dépressions

La quête de quiétude est cause d’inquiétude
Calmos et cocooning ça m’rappelle Interlude
J’vois la vie en névrose quand je suis trop statique
Je bous et puis j’explose sismique est ma musique

Au nom de Bob Schumann au nom d’Vincent Van Gogh
Les antidépresseurs y’a qu’à les foutre aux gogues
Colombine et Scapin déjouons les tragédies
La vita s’ra bella comm’ avec Bénigni

Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des turbulences
Moi ce qu’il me faut
C’est des turbulences
Et des dépressions

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

07 - Mouches


Trois mouches volent sous le plafond blafard
Mon cœur lourd mon cœur dur m’a clouée sur le dos
C’est l’été
Il fait beau

Les trois bestioles tournent corsetées de noir
Traçant dans l’air des X des Z et des zéros
C’est l’été
Il est tôt

Trois mouches folles rebondissent au hasard
Sous les coups d’un flipper sans corps ni numéro
C’est l’été
Il fait chaud

Trois mouches volent par-dessus mon cafard
Mon cœur lourd mon cœur dur m’a clouée sur le dos
C’est l’été
Il fait beau

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

08 - Le mariage de Jenny McGowan


Quand Kent est arrivé
Avec sa tête de bois
Et sa gueule de grand con
Tout le monde s'est écarté
Du grand comptoir en bois
Pour de vrai pour de bon

Quand Kent s'est accoudé
Une chope au bout des doigts
Et d’ la mousse au menton
Quelqu'un s'est écrié
Ça y’est y'a Kent qui boit
Pour de vrai pour de bon

Allez hop ! Une Guinness !
Allez hop ! Deux Guinness !
Allez hop ! Allez hop ! Allez hop !
Allez hop ! Trois Guinness !
Allez hop ! Quat' Guinness !
Allez Allez Allez hop !
Toute la caisse !

Y'a Kent qui boit
Au mariage de Jenny Mc Gowan

Il est en sueur
Déjà des larmes
Coulent dans sa bière

Quand Kent a entonné
Les chansons qu'on aboie
Du pub à l'entrepont
Tout l' monde a rigolé
Putain ! Quelle bamboula !
Pour de vrai pour de bon

Et quand Kent a chopé
La Jenny par le bras
Pour lui dire... et puis… non !
Au lieu de s’ déclarer
L'a dit - Faut fêter ça
Pour de vrai pour de bon !

Allez hop ! Cinq Guinness !
Allez hop ! Six Guinness !
Allez hop ! Allez hop ! Allez hop !
Allez hop ! Sept Guinness !
Allez hop ! Huit Guinness !
Allez Allez Allez hop !
Toute la caisse !

Y'a Kent qui braille
Au mariage de Jenny Mc Gowan

L'est tout en sueur
L'est tout en larmes
I' pue la bière

Quand Kent a eu l’idée
D’ la faire tourner jusqu’à
N’être qu'un tourbillon
Tous les deux sont tombés
Mais l’Kent i 's’ relève pas
Pour de vrai pour de bon

Y'a Kent qui ronfle
Au mariage de Jenny Mc Gowan

Quand Kent va s’réveiller
Avec la gueule de bois
Et les yeux au plafond
Jenny sera mariée
Au brasseur de l'endroit
Pour de vrai pour de bon

Quand Kent va s'redresser
Là sur la piste en bois
S'il repère les cartons
Pleins d' canettes goupillées
P’t êt’ bien qu' i’ s'enverra
Pour de vrai pour de bon

Tout le stock de Guinness !
Un vrai wagon d' Guinness !
Allez hop ! Allez hop !
Allez hop ! Cent Guinness !
Allez hop ! Mille Guinness !
Allez hop ! Allez hop !

Toutes les caisses

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

09 - Stars du désespoir


On s'est trop vus
Ca crève les yeux
C'est que vois-tu
Ca rêve les yeux

Tous les je t'aime
Des amoureux
Eblouiss’nt même
Par temps pluvieux

Nos grains de folie
Sur le sable
Grains de beauté i-
neffaçables
Ont disparus
On pensait qu’ l'amour
Insondable
Maquillait toujours
Désirable
Tout est foutu

De lunettes roses
En lunettes noires
On est les stars
Du désespoir

On s'est trop plus
Pour être mieux
Il ne pleut plus
Sur nos adieux

On s'tape dans l'oeil
On s'poche les yeux
Le lit cercueille
Les amants vieux

Nos grains de folie
Sur le sable
Grains de beauté i-
neffaçables
Ont disparus
On pensait qu’ l'amour
Insondable
Maquillait toujours
Désirable
Tout est foutu

De lunettes roses
En lunettes noires
On est les stars
Du désespoir

Faut-il qu'on tue
Tous les mots bleus ?
Ou bien veux-tu
Qu'on s’crève les yeux ?

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

10 - Sado Mado


Je m'balade
En cuissardes
J'me hasarde
A guetter l’mâle dans l’dernier des rades

Des impasses
Aux palaces
Je tabasse
Et claque la clique des masos salaces

Faut qu'ils crachent
Pour qu'j’me fâche
Qu'ils banquent cash
Des trucs dégueus des machins très vaches

Si l'puni
Hurle et m'crie :
-Aïe suffit !
J'lui dis – Patate ! Y'a pas d' « Aïe » au lit !

Pas de cadeaux
Tendez vos dos
A Sado Mado
J'ai des vibros
Des pinces croco
Pour les accros
Pas de cadeaux
Tendez vos dos
A Sado Mado
La meilleure du pire pour jouir

J'en excite
Au Scotch-brit
Puis j'les frite
Tandis qu'ils gueulent sur Love on the beat

Les voix suaves
Des esclaves
Que j'entrave
Se brisent hoquettent et montent à l'octave

Pas de cadeaux
Tendez vos dos
A Sado Mado
J'mate les mat'lots
Les plus costauds
D' Londres à Tokyo
Pas de cadeaux
Tendez vos dos
A Sado Mado
Le meilleur du repentir

Et j'pommade
La moutarde
Sur taillades
Morsures griffures toutes estafilades

J'irai mollo
Tendez vos dos
A Sado Mado
J'ai des dicos
Très médicaux
Des mémentos
J'irai mollo
Tendez vos dos
A Sado Mado
La meilleure pour vous guérir

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Cristian HUET - Lulu BORGIA

 

11 - Paris Cerise


N'écoutez pas les nostalgeos qui vous disent
Paris foutu
Paris y'a pus
Gâteau la terre tourne sous Paris Cerise
PARIS
De Jupiter ou bien de la tour de Pise
Paris perdu
Paris tenu
Pour l'univers Paris sera toujours Paris

N'écoutez pas les vieilles peaux qui costardent
Paris Gaultier
Paris kilté
L'amour la mode i' faudrait pas que ça s'attarde
PARIS
Adieu Coco Paco tailleurs et Pop Art
Paris perdu
Paris tenu
Car pour Yvette Paris sera toujours Paris

N'écoutez pas pleurer l'homme au limonaire
Paris Goualante
Paris qui chante
La seul' java des vraies brailleus's d'avant-guerre
PARIS
Ton Olympia se déplac' pour changer d'ère
Paris perdu
Paris tenu
Et même au Queen Paris sera toujours Paris

Des désespérés
Des néo-réalistes
Ont sauté l'parapet
Du Pont Mirabeau
Et quand ont coulé
Ces néo-fatalistes
Qui donc a ricané
Du pont Mirabeau ?
Force est de constater
Que leurs vers sur Lutèce
Ne valaient pas tripette ni trempette au fond de l'eau
Farce est de constater
Qu'les centimes de ma pièce
Surévaluèrent des vers qui n'étaient que des asticots

Et pour la Seine Paris sera toujours Paris

N'écoutez pas les plasticiens qui regrettent
Paris Momo
Paris Clodo
Surexposé dans l'noir et pâle des esthètes
PARIS
Taudis tagués décos des squats à perpète
Paris perdu
Paris tenu
Pour les paumés Paris sera toujours Paris
Pour la chanson Paris sera toujours Paris

Et sur la scène Paris sera toujours Paris..

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

 

12 - Mister Turner


Mister Turner
Laisse à Mady-Lane
Les maisons de briques
Et ses pas l'entraînent
Voir danser les bricks
Au bout du port
De London-Town

Mister Turner
Voit dans les grand-voiles
Giflées par le vent
Les sujets des toiles
Qu'il peindra rêvant
Aux soleils d'or
De London-Town

Il y voit Carthage et Venise rougir sous l'orage
Des lumières d'artifice des nuances de nuages
Ou des ouragans
Typhons et tempêtes
Tourner turbulents
Tourbillons pirouettes
Les voiles sous le ciel
Captent le sensuel

Mister Turner
Veille aux funérailles
Des fils de Neptune
Un soleil défaille
Noyé dans la brume
Au fond du port
De London-Town

Et l'astre fantôme reviendra dans l'or des mirages
Eblouir sa pupille envahir ses naufrages
L'artiste chavire
Au bal des tempêtes
Tout comm' les navires
Titub'nt à perpète
Les voiles sous le ciel
Saluent l'essentiel

Mister Turner
Oublie Mady-Lane
Good-bye docks and bricks
Une loco l'entraîne
Vers des murs de briques
Bien loin du port
De London-Town

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Bruno GIGLIO - Lulu BORGIA

 

13 - De l'eau dans mon venin


Vous me dites que l’on murmure
Dans tous les lieux sûrs
Où se susurrent les censures
Que l’on me trouve bien trop trop
Et pas comme il faut
A chanter l’enfer du dico

Dans tous les prétoires
Croassent croissent et font du pétard
Pour une vierge à gros lolos
Un’cLes corbeaux de purgatoire
Chanson de trop
Où j’appelle facho un facho

Anastasie
Pour faire joli
Les vérités moi j’les babille
En langue verte qui pétille
Anastasie
Vous êtes poli-
ment v’nue me dire mine de rien
D’mettre de l’eau dans mon venin

L’absolu des vieilles valeurs
Pousse les censeurs
Au regard inquisiteur
En intégristes modérés
A gueuler blâmer
Puis couper brûler mutiler

Anastasie
Pour faire joli
Pierrot va remballer son chibre
Sous la lune sans quartier libre
Anastasie
C’est pas poli
Je n’pourrais jamais je le crains
Mettre de l’eau dans mon venin

Triste duègne sombre reine
Que ton règne vienne
Règnent l’obscur et la haine
Et dans la nuit des longs ciseaux
L’espoir à zéro
J’aurai peur des vade rétro

Là où se perpétuent
Anathème et fatwa
Ou bien tu t’habitues
Ou bien tant pis pour toi
Adieu les libertins
Du siècle des lumières
Voyez venir Boutin
Dans celui des œillères
Vitrolles et sa chasse aux sorcières
Besogne de bibliothécaire
On fouette encore à Téhéran
On s’barbe chez les Talibans
En vérité je vous le dis
Le siècle sera spirituel

Anastasie
Pour faire joli
Je te coll’rai Sade en poster
Et Baud’lair’ dans l’Pater Noster
Anastasie
Jusqu’à la lie
Comme le vin de l’assassin
Je te ferai boire mon venin

Paroles : Jean-Pierre JOBLIN / Musique : Lulu BORGIA

Musiciens

arrangements : Bruno Giglio - LuLu Borgia

violon : Bruno Giglio
piano, claviers : Sylvain Durand
basse, contrebasse : François Soria
batterie, percussions : Marc Giglio
guitares : Bertrand Comère
guitare : Cristian Huet
violon : Isabelle Billant
alto : Manuelle Renard
violoncelle : Noëlle Jamet
violoncelle : Gaëlle Le Buzullier
accordéon : David Venitucci
cor anglais, flûtes à bec : Jean-Jacques Béjérano-Calderon
clarinettes : Jérôme Papin
trompettes : Gilles Relisieux
trombonne : Michel Grunberger
chœurs : Serge Utgé-Royo, Marc Gracia, Serge Dandeville

 

 


 

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