N° 13 - Mai 2003
 
Béranger François
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Crédit: François Béranger

 

Tranche de vie
10 titres
Ref : 159 002
Sorti : 1970
Production : Futur Acoustic
Distribution : Musidisc


01 - Une ville
02 - Y'a dix ans
03 - A la Goutte-d'Or
04 - Le téléphone
05 - Tranche de vie
06 - Natacha
07 - Dis-moi oui
08 - Chanson bleue
09 - Brésils
10 - Plus je me pose de questions

 
 
01 - Une ville


Construis dans ta tĂȘte une ville / dans la chaude torpeur d'un Ă©tĂ© / Les robes de coton des filles / leurs tresses nattĂ©es de fleurs coupĂ©es / En riant elles fuient les garçons / Des jardins viennent des flonflons / Construis dans ta tĂȘte une ville / dans la chaude torpeur d'un Ă©tĂ© / Le soir aux terrasses le vin brille / La nuit prend tout SĂ©rĂ©nitĂ© / Elle fait lever une rumeur / berce les coeurs marque les heures / Dans les cheveux blonds d'une fille / la main qui caressait s'arrĂȘte / On se dit non c'est impossible / et pourtant oui ça vient c'est lĂ  / C'est gros c'est noir ça hurle ça crache / C'est chenillĂ© armĂ© blindĂ© / C'est surmontĂ© d'un fort canon / et de plusieurs gueules casquĂ©es / Ferme les yeux et vois la ville / au matin blĂȘme et rĂ©primĂ© / le sang qui passe du rouge au noir / sĂ©chant sur les rues labourĂ©es / Maisons Ă©ventrĂ©es et fumantes / Stupeur colĂšre haine cachĂ©e / Ferme les yeux entend le ville / d'abord elle pleure puis se reprend / et s'interroge pourquoi comment / qu'avons-nous fait pourquoi ce viol / Et qui sont-ils tous ces truands / Injures PavĂ©s Arbres coupĂ©s / Les gars les filles les vieux les jeunes / font une ronde qui rend fous / tous les guignols Ă  cheveux ras / qui ne comprennent vraiment pas / Le monde entier d'abord crĂ©dule / en reste assis sur son p'tit cul / Et oui ça y est c'est arrivĂ© / les cosaques ont Ă©tĂ© dĂ©faits / Construis dans ta tĂȘte une ville / dans la chaude torpeur d'un Ă©tĂ© / Faut jamais se rĂ©jouir trop tĂŽt / les cosaques reviendront bientĂŽt / Et si demain c'Ă©tait ta ville / mieux vaut ne dormir qu'Ă  moitiĂ©.

 

02 - Y'a dix ans


Y'a dix ans je chantais partout / dans les rues dans les cours dans des trous / perdus / On frappait Ă  la porte des hostos / On chantait dans des prisons des chantiers / des mĂ©tros / La belle vie / Ca fait beau temps qu'la bande des chanteurs fous / a Ă©clatĂ© aux quatre vents / en oubliant les matins froids oĂč l'on partait / en n'emportant / que des chansons des guitares poisseuses / des chemises crasseuses des yeux mal lavĂ©s / Ă  peine surgis d'une cave enfumĂ©e / oĂč toute la nuit on avait dansĂ© / Y'a dix ans je chantais partout / dans les rues dans les cours dans des trous / perdus / Aujourd'hui j'me couche Ă  dix heures / pour ĂȘtre en forme Ă  mon labeur / La belle vie / C'Ă©tait pas beau c'qu'on chantait c'Ă©tait faux / c'Ă©tait faux Ă  en prendre peur / N'empĂȘche que les gens Ă©coutaient / et mĂȘme qu'ils en redemandaient / Ca venait du coeur comme on dit couramment / C'Ă©tait en choeur Ă  la tierce Ă  la quarte / C'Ă©tait bĂąti sur des anatoles / On n'en tirait pas du tout de gloriole / Y'a dix ans je chantais partout / dans les rues dans les cours dans des trous / perdus / Maintenant ma voix est rouillĂ©e / ma guitare aux termites est mangĂ©e / La belle vie / Je sens une grande frĂ©nĂ©sie / ce matin m'envahir au saut du lit / J'ai bien envie de reprendre la route / et d'effacer ces dix ans sans chanter / On verra bien ce que sera demain / Pas trop d'angoisse ça rend gris le teint / Pourquoi s'en faire faut dĂ©faire et refaire / Et ainsi de suite jusqu'Ă  la Saint Glinglin.

 

03 - A la Goutte-d'Or


En ce temps-lĂ  dans chaque famille / on blanchissait de mĂšre en fille / Maintenant on blanchit encore / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Elle Ă©tait encore demoiselle / grand-maman la belle Isabelle / quand elle Ă©pousa l'Grand Nestor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Et maman Pauline Ă©tait sage / le jour qu'elle se mit en mĂ©nage / avec papa le P'tit Victor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / A c't'Ă©poque-lĂ  toutes les fillettes / les gosselines les gigolettes / s'mariaient toutes avec leur trĂ©sor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / A s'contentaient l'jour de leurs noces / d'une petite toilette pas fĂ©roce / et d'une jeannette en similor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Leur fallait pas un mari pĂąle / mais un garçon d'lavoir un mĂąle / bien rĂąblĂ© mĂȘme un peu butor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Aujourd'hui faut Ă  ces demoiselles / des machins avec des dentelles / et des vrais bijoux en vrai Or / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Leur faut des jeunes hommes en casquette / des rouquins qu'ont des rouflaquettes / collĂ©es sur une tĂȘte d'hareng saur / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or / Et v'la pourquoi toutes les fillettes / les gosselines les gigolettes / s'marient plus avec leur trĂ©sor / Ă  La Goutte d'Or Ă  La Goutte d'Or.
Chanson d’Aristide Bruant

 

04 - Le téléphone


Le train cahote le froid grelotte / le sommeil ne m'a pas quittĂ© / Les aiguillages font un carnage / de bruits de fers Ă©cartelĂ©s / Je suis toujours dans ma nuit / lovĂ© dans le ventre de mon lit / Toi seule pouvais me rĂ©veiller / en me disant des mots secrets / Qui maintenant pourrait bien me chanter / la musique de nos matins / Qui maintenant pourrait bien ressembler / Ă  ton corps contre le mien / Refrain : Le tĂ©lĂ©phone n'a pas sonnĂ© / Pourquoi n'as-tu jamais appelĂ© / je suis restĂ© immobile et muet / Ă  t'espĂ©rer pendant des journĂ©es / L'usine rĂ©sonne je me cramponne / Ă  des images du temps passĂ© / Le temps flemmarde le jour s'attarde / Quand donc finira la journĂ©e / Je suis toujours dans ma nuit / lovĂ© dans le ventre de mon lit / Toi seule me faisais traverser / ces heures oĂč je suis prisonnier / Qui maintenant pourrait bien Ă©clairer / le gris sale de cet atelier / Qui maintenant pourrait bien effacer / la fatigue de mon dos courbĂ© / Au refrain / Le jour recule la foule bouscule / Le soir finit par arriver / Visages vidĂ©s aux yeux crevĂ©s / les wagons crachent des fatiguĂ©s / BientĂŽt je serai dans ma nuit / lovĂ© dans le ventre de mon lit / Autrefois je t'imaginais / debout Ă  la sortie du quai / Qui maintenant viendra illuminer / les rues noires de la banlieue / Qui maintenant me ferait m'arrĂȘter / n'importe oĂč pour voir mes yeux / Le tĂ©lĂ©phone n' a pas sonnĂ© / Pourquoi n'as-tu jamais appelĂ© / Ce soir peut-ĂȘtre / Ou bien demain / Ou bien jamais.

 

05 - Tranche de vie


Je suis nĂ© dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sĂ»r entourĂ© de bocages / c'est le village de Saint Martin. / A peine j'ai cinq ans qu'on m'emmĂšne / avec ma mĂšre et mes frangins. / Mon pĂšre pense qu'y aura du turbin / dans la ville oĂč coule la Seine / J'en suis encore a m' demander / aprĂšs tant et tant d'annĂ©es, / a quoi ça sert de vivre et tout, / Ă  quoi ça sert, en bref, d'ĂȘtre nĂ© / La capitale c'est bien joli / surtout quand on la voit d'Passy, / mais de Nanterre ou d'Charenton, / c'est dĂ©jĂ  beaucoup moins folichon. / J'ai pas d'mal Ă  imaginer / par ou c'que mon pĂšre est passĂ© / car j'ai connu quinze ans plus tard / le mĂȘmes tracas, le mĂȘme bazar. / J'en suis encore a m'demander, etc... / L'matin faut aller piĂ©tiner / devant les guichets d'la main d'oeuvre. / L'aprĂšs-midi solliciter / l'bon coeur des punaises des bonnes oeuvres. / Ma mĂšre, elle Ă©tait toute paumĂ©e / sans ses lapins et ses couvĂ©es. / Et puis, pour voir, essayez donc / sans fric de nourrir cinq lardons. / J'en suis encore a m'demander, etc... / Pour parfaire mon Ă©ducation / y'a la communale on bĂ©ton. / La on fait d'la pĂ©dagogie / devant soixante mĂŽmes en furie. / En plus d'l'alphabet, du calcul, / j'ai pris beaucoup d'coup d'pied au cul / et sans qu'on me l'ait demandĂ© / j'appris l'arabe et l'portugais / J'en suis encore Ă  m'demander, etc... / A quinze ans finie la belle vie, / t'es plus un mĂŽme, t'es plus un p'tit. / J'me retrouve les deux mains dans l'pĂ©trole / Ă  frotter des piĂšces de bagnole. / Huit-neuf heures dans un atelier, / ça vous Ă©panouit la jeunesse. / Ca vous arrange mĂȘme la santĂ© / pour le monde on a d'la tendresse. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc... / Quand on en a un peu lĂ -dedans, / on y reste pas bien longtemps / On s'arrange tout naturellement / pour faire des trucs moins fatigants. / J'me faufile dans une mĂ©chante bande / qui voyoute la nuit sur la lande. / J'apprends des chansons de Bruant / en faisant des croche-pattes aux agents. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc... / Bien sĂ»r la maison poulaga / m'agrippe a mon premier faux pas / Ca tombe bien, mon pote, t'as d'la veine / faut du monde pour le FLN / J'me farcis trois ans de casse-pipe / AurĂšs, Kabylie, Mitidja. / Y'a d'quoi prendre toute l'Afrique en grippe. / Mais faut servir l'pays ou pas. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc... / Quand on m'relache je suis vidĂ©, / j'suis comme u p'tit sac en papier. / Y'a plus rien dedans. Tout est cassĂ© / J'ai mĂȘme plus envie d'une mĂ©mĂ©. / Quand 'ai cru qu'j'allais m'rĂ©veiller / les flics m'ont vachement tabassĂ©. / faut dire que j'm'Ă©tais amusĂ© / Ă  leur balancer des pavĂ©s. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc... / Les flics, pour c'qui est d'la monnaie, / Ils la rendent avec intĂ©rĂȘt / le crĂąne, le ventre et les roustons, / enfin quoi vive la Nation! / Le juge m'a file trois ans d'caisse / rapport Ă  mes antĂ©cĂ©dents / Moi, j'peux pas dire que j'sois en liesse. / Mais enfin, qu'est-ce que c'est qu'trois ans. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc... / En taule, j'vais pouvoir m'Ă©panouir / dans une sociĂ©tĂ© structurĂ©e. / J'ferai des chaussons et des balais. / Et je pourrai me remettre Ă  lire. / Je suis nĂ© dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sĂ»r entourĂ© de bocages / c'est le village de Saint Martin. / J'en suis encore Ă  m' demander, etc...

 

06 - Natacha


Natacha, / ton nom c'est dĂ©jĂ  un voyage, / Ă  quoi bon dĂ©penser nos sous / Ă  vraiment partir, et pour oĂč ? / A partir, / j’aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus, / oĂč on dĂ©couvre des merveilles. / Natacha, / ton ventre est une plaine Ă  blĂ© / oĂč le Lion court aprĂšs la Vierge / dans le soleil de juillet, / Et la plaine, / quand elle finit c'est pour venir / caresser des montagnes douces / oĂč je cueille des fruits dĂ©lectables. / Natacha, / aprĂšs les monts, aprĂšs les plaines, / on arrive dans un pays / oĂč les mots ne peuvent plus rien dire. / Un pays, / oĂč je crois voir ton visage / avec ta bouche qui s'entrouvre, / avec tes yeux qui cherchent l'ombre / Natacha, / L’air que tu respires est le tien, / je me baigne dans les grands flots / de tes cheveux abandonnĂ©s. / Nos navires, / selon le temps, selon la mer, / vont calmement ou bien se brisent / mais c'est toujours pour le plaisir. / Natacha, / en toi je fais de longs voyages, / les plus beaux, les plus incroyables, / il me semblait que toi aussi. / Tu t'en vas, / tu t'en vas faire le tour du monde, / le vrai cette fois avec des trains, / des Boeings, des machs, des turbines. / Natacha, / je crois bien que tu reviendras, / non pas que je sois prĂ©tentieux, / mais nos voyages c'Ă©tait bien mieux. / A partir, / j'aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus / oĂč on dĂ©couvrait des merveilles.

 

07 - Dis-moi oui


Refrain :Oui oui dis-moi oui / avant qu'il ne soit trop tard / On a plus vingt ans / On sera bientĂŽt une vieille histoire / Vivons maintenant / ArrĂȘtons de nous dĂ©chirer / en cognant sur nos vieilles blessures / On est comme sur deux parallĂšles / toi t'as la tienne moi j'ai la mienne / On avance tous les deux de front / Quand viendra donc la collision / Le paysage est gris et plat / A perte de vue pas d'aiguillages / A chaque effort pour converger / on s'casse le nez et on perd pied / Refrain / Car toi sans moi et moi sans toi / on est comme deux chaussures sans pieds / Les bras ballants la tĂȘte vide / on se demande ce qui nous arrive / DĂšs que l'un perd l'autre de vue / la terre tremble rien ne va plus / Enfin je reviens tu reviens / mais jamais dans le mĂȘme train / Refrain / C'est aberrant c'est con c'est bĂȘte / on sait bien qu'on est fait pour ĂȘtre / comme deux yeux d'un mĂȘme visage / qui regardent le mĂȘme rivage / A moins que ce soit un mirage / Mais qu'importe les mots les phrases / Qu'est-ce qu'on attend pour fusionner / se rassembler s'identifier / Refrain.

 

08 - Chanson bleue


Est-ce qu'on peut sans déchoir / faire une chanson d'une histoire / à rendre fou / Faut-il chanter ou taire / faut-il s'en foutre ou crier / avec les loups / Ca se passe prÚs d'Paris / dans un lieu construit / avec des bidons / des tÎles des cageots / des vieux matériaux / Le froid arrive un soir / sans s'annoncer sans frapper / sans fracasser /dans la maison d'Omar / vous savez bien un d'ces noms / à s'coucher tard / déjà les enfants / sont rangés sagement / sur un vieux matelas / On ne voit plus d'eux / que des cheveux / Le froid salement dans le noir / au fil des heures laisse choir son manteau / Son bleu manteau si doux / sur les enfants qu'on retrouve / le matin / bleus tout bleus si bleus / qu'on dirait qu'ils sont bleus / comme la mort / Bleus tout bleus si bleus / qu'ils en sont morts / Est-ce qu'on peut sans déchoir / faire une chanson d'une histoire / à rendre fou.

 

09 - Brésils


Dans les rues blĂȘmes Ă  six heures du matin / coule la foule en flots ternes et les pas / machinalement matinalement / martĂšlent les pavĂ©s mouillĂ©s / et font naĂźtre dans ma tĂȘte/ d'Ă©tranges cadences qui dansent / Vois dans les nuages il y a des BrĂ©sils/ dans le brouillard des rues naissent des Ăźles / et dans le rare feuillage approchent des rivages / Vois dans les nuages il y a des BrĂ©sils / Je n'aime pas le ciel trop bleu / ni le matin trop lumineux / qui me privent cruellement / de mon voyage hors du temps / Sous mon chapeau loin du mĂ©tro / Loin de toi loin des jours sans joie / Dans les rues noires Ă  sept heures le soir / s'Ă©coule et se cogne le serpent des bagnoles / mĂ©caniquement convulsivement / s'Ă©tire et s'allonge en asphyxiant / et fait naĂźtre dans ma tĂȘte / d'Ă©tranges cadences qui dansent / Vois dans le soir il y a des BrĂ©sils / dans le ciel bas et rouge brĂ»lent des Ăźles / et dans le fleuve lent s'Ă©loignent des continents / Vois dans le soir il y a des BrĂ©sils / je n'aime pas la nuit qui vient / et qui emporte au loin trĂšs loin / mon frĂȘle trĂ©sor intouchable / mes continents mes joies mes fables / Tous ces pays Ă  jamais interdits / loin de moi si loin de moi (ad libitum).

 

10 - Plus je me pose de questions


Plus je me pose de questions / et moins je trouve de solutions / Qui sommes-nous oĂč allons-nous / Que cherchons-nous qu'attendons-nous / Pendant ce temps je vois passer / le temps qui passe sans s'arrĂȘter / Alors je dĂ©cide de vivre / pour rattraper le temps perdu / Bien que j'ai lu dans quelques livres / que le temps perdu ne se rattrape plus / A force de courir de monter / de redescendre d'escalader / dans l'escalier j'me suis cassĂ© / la gueule et je suis estropiĂ© / dans mon lit l'temps s'est arrĂȘtĂ© / j'ai tout l'temps de philosopher / Que le temps passe / qu'il passe qu'il passe / puisque ça lui chante de passer / J'ai dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre immortel / bien qu'Ă  ce qu'on dit / ça se fasse plus aujourd'hui / Plus je me pose de questions / et moins je trouve de solutions (ad libitum).

 

 


 

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