Il était une fois une planète douée de vie, une parmi d’autres peut-être mais une particulièrement riche en espèces, en couleurs, en merveilles naturelles. L’homme, un de ses habitants inventa, entre autres, la propriété et les frontières. Ces notions me sont inintelligibles mais semblent nécessaires au conditionnement humain. Il aurait besoin d’appartenir à une région délimitée, correspondant à son idée d’ethnie, et besoin de posséder pour avoir moins peur de vivre. Soit.
Après le démantèlement de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, on découvre ou on redécouvre, si on est très vieux ou très très cultivés, toutes ces régions redécoupées. Autour du Caucase, les noms sont cocasses : Karatchaevo-Tcherkessie, Kabardino-Balkarie, Ossétie du nord et du sud (ce pays est tellement grand...), Tchétchénie, etc. Promis, je n’invente rien.
Tout cela semble exotique mais pas du tout. La Russie, directement au nord de ces pays de l’ex-URSS, et qui est le plus grand d'entre eux , compte beaucoup de nostalgiques de leur ex-grande puissance internationale. Cette puissance, déshabillée par les volontés d’indépendance des peuples, s’effrite et elle ferait tout pour arrêter de s'effilocher. Elle souhaite donc considérer que la Tchétchénie fait partie de la Fédération de Russie un point c’est tout.
Elle est soutenue en cela, pour des raisons autres (de lutte contre le mal !! ), par les Etats-Unis d’Amérique car les rebelles tchétchènes sont aussi, et sérieusement, dans un combat religieux et terroriste. Ils sont géographiquement voisins de la Géorgie (tiens, tiens, ce pays à problème…), de la Turquie, de la Syrie, de l’Iran. Les veuves des chefs tchétchènes ou les dignitaires craintifs seraient richement logés en Turquie, sur des dons humanitaires religieux. Certains Tchétchènes ont eux-mêmes des côtés incompréhensibles, souhaitant intégrer à leur pays l’Ingouchie, petit pays voisin qui ne demande rien à personne. Auraient-ils eux aussi leur petite "Tchétchénie"?Aurions-nous donc tous notre "Tchétchénie" à nous ?
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Ce qui est sûr, dans toutes les guerres et à fortiori les guérillas, c'est que les exactions sont innombrables et leur cruauté affûtée. Le peuple, les plus faibles, souffrent le martyr. Si nous devons penser à quelque chose dans ce conflit barbare, c’est bien à ces gens, moins égaux que les autres... Car personne n’est dans le juste, tous les combats ne sont que lutte de pouvoir ou d’intégrisme et nous devons toujours refuser de choisir entre la peste et le choléra.
Enfin, et par dessus tout, l’aspect le plus horrible de cette guerre consiste à supprimer, par tous les moyens, les témoins. Pas de journalisme en Tchétchénie. Cela nous prouve, s’il en était encore besoin, que les méthodes employées sont de honte. Les autorités russes s’évertuent et parviennent à maintenir le reste du monde dans l’ignorance. C’est pour cette raison que cet article apparaît dans l’Art-scène. Nous ne sommes pas éclairés sur le sujet de la Tchétchénie, mais nous ne sommes pas dupes.
bg
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