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Sauvons Port-Mahon (07-08/2003)
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Sauvons Port-Mahon
Une ferme magique, une carrière classée… un patrimoine historique et un collectif énervé : quand un promoteur «gros sous » veut construire un parking sur ces emplacements, nos élus signent et se fichent bien des vestiges de notre passé. Voisins et associations diverses se regroupent pour faire face au désastre.
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Au 26-30 rue de la Tombe Issoire, dans le 14ème arrondissement, non loin du RER Denfert Rochereau, se cache un petit coin de vie tranquille. La communauté d’Ivoiriens qui squatte le lieu et des gens du quartier font leur jardin, ensemble. La scène est belle. Chacun y va de son coup de main, plus ou moins habitué mais toujours motivé. Et c’est ainsi chaque soir, devant la ferme de Montsouris, grande bâtisse du XIXème siècle et dernière ferme sans terre de Paris.
Thomas Dufresne se réjouit de cet engouement populaire. Lui, président du collectif de Port-Mahon voudrait pouvoir profiter de ces bonheurs simples encore longtemps. Mais la préfecture d’Ile de France, entre autre, s’en fiche bien. Depuis mars, le promoteur Soferim a racheté le site et compte tout raser pour en faire un parking. Les élus, ou devrais-je dire «nos élus », se frottent les mains devant la grosse somme empochée. Et tant pis pour la vie, tant pis pour l’histoire…
La ferme n’est pas le seul lieu menacé. Non loin, un aqueduc gallo romain et un petit pavillon romantique risquent de subir le même sort. Sans parler du sous-sol avec la carrière médiévale de Port-Mahon, endroit respecté de tous bons cataphiles et classé récemment monument historique. Si des travaux sont entrepris, un pilier souterrain peut être endommagé puis s’effondrer. Alors réparation impossible (les piliers datent eux aussi du Moyen-Age) et possibilité certaine que les piliers voisins s’effondrent à leur tour, entraînant avec eux l’enlisement des terres, des immeubles à proximité…ect….Le collectif de Port-Mahon, collectif de trente-sept associations, principalement archéologiques ou de préservation de carrières mais également de quartier, a fait appel à un expert géologue pour établir ce constat alarmant. A l’étude des travaux proposés par la Soferim, l’expertise est claire : ce projet ne doit pas voir le jour ou sinon le scénario « effondrement-enlisement » aura lieu.
Alors le collectif attaque en justice l’autorisation de travaux fournie par ladite préfecture démocratique et par le non moins puissant ministère de la culture. Peut-on pourtant se permettre de rêver face à une telle coalition politico-business ? Thomas Dufresne veut y croire. « Je préfère les fleurs au béton, s’exclame-t-il, alors je souhaite que la justice nomme un expert indépendant pour se rendre compte des dangers. » Et après ? « Après, nous ferons de l’endroit une ferme vivante, un centre culturel, un lieu d’échange pour tous les Parisiens ou bien ce que vous voulez ! »
Alors, tant qu’il en est encore temps, et il faut faire vite, vous pouvez adhérer au collectif au nom de votre association ou à titre personnel en payant dix euros, ou bien prendre contact avec eux. Le soutien, financier comme moral, est grandement utile.
Emmanuelle EYMARD
Pour plus de renseignements :
http://www.collectifportmahon.free.fr
Mais aussi le livre La dernière ferme de Paris (édition du Dauphin, 43-45 rue de la Tombe Issoire) |
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