N° 25 - Juil/août 2004
L'art Scène Articles catalogue

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2007

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ANIS

« La vie est un bien perdu / quand on ne l’a pas vécue / comme on l’aurait voulu. » Utopie, pensez-vous ? Que nenni, c’est ici l’idée dominante qui jaillit du premier et très prometteur CD 7 titres d’Anis, Gadjo décalé.
Avec ce galop d’essai de fort belle facture, ce chanteur nomade aux origines marocaines et russes vient en toute modestie nous donner une leçon de vie.
Un temps acteur de l’aventure K2R Riddim, Anis, « avec le vent comme complice », tente la traversée en solitaire à la manière d’un Antoine (qu’il cite dans la tubesque Faut rêver) du XXIème siècle. Durant 2 ans, ses embruns n’ont rien de marins puisque le crooner - au timbre proche de Charlélie Couture - construit son répertoire, aux sonorités métissées blues et soul, dans le métro parisien avant d’être repéré par un tourneur.
Tout s’accélère alors pour Anis et c’est en septembre dernier que sort Gadjo décalé, hymne à la simplicité, véritable album de proximité qui établit une liaison palpable avec l’auditeur. Quand la tendance actuelle serait de faire rêver sur des destinées individualistes, Anis, tout en émotion rappelle sans pathos que « même l’amour ne sauve pas de la précarité / la vie reste belle mais le monde est sans pitié / la réalité nous brûle, nous mord de ses crocs acérés / laissant les plus largués sur le bas côté ».
C’est tout simplement beau, lucide et frappant d’humanité.
d.d.

Anis : Gadjo décalé - TchadHouse – 2004

Plus d’infos :
Le site de [Anis]

JEREMIE KISLING

Après la sortie de son album, Monsieur Obsolète, paru en début d’année, Jérémie Kisling aborde l’été sur les planches.
Sur le sable plutôt, car c’est dans un décor reconstituant une plage que le suisse a choisi – à propos - de présenter son spectacle, Les vacances de monsieur Obsolète. Rien ne manque pour parfaire l’illusion : sable, buissons, algues, mouettes, roseaux, nattes de plage, serviettes, palmiers de part et d’autre de la scène, chaises longues, cabanon, panneau indicateur « la plage », ballon, etc.
Sur scène, Jérémie Kisling et ses deux acolytes, Monsieur Trompette et Monsieur Bidouille aux claviers et à la chorégraphie (garçon frêle et génialement déjanté sur lequel une grande partie du succès de ce spectacle repose)achèvent de planter le décor en apparaissant en chemise hawaïenne, lunettes de soleil, pieds nus.
La décontraction est totale, la bonne humeur du groupe communicative et c’est une heure et demie de légèreté et de fraîcheur bienvenue que les estivants dispensent au gré de « chansons à voir » qui parfois rappellent les performances de la Crevette d’Acier.
A l’arrivée, entre folk et ambiances latino, reprises de Téléphone, Ah si j’étais un homme et le générique de La croisière s’amuse, on oscille entre sérieux et franche déconnade servie par une gestuelle hilarante de Monsieur Bidouille. Un spectacle décalé, drôle et rafraîchissant. Idéal pour la saison.
d.d.

Jérémie Kisling en concert :
du 6 au 10 juillet : Paris, Lavoir Moderne (m° marcadet-poissonniers), Les Vacances de Monsieur Obsolète
15 juillet : La Rochelle (17), Francofolies
24 juilllet : Nyon (CH), Chapiteau
1er août : concert sur Radio Suisse Romande la Première.
7 août : concert à Paris-Plage, bords de la Seine
19 août : Festival Mont soleil (CH - Jura)

Plus d’infos :
Le site de [Jérémie Kisling]

JERÔME ATTAL

Après quelques années de service et un premier album, Genoux, hiboux, cailloux, paru en 2002, le nom de Jérôme Attal commence à nous parvenir plus régulièrement.
Emergence on ne peut plus légitime pour ce dandy assumé dont le nouvel album live, enregistré au House of live à l’automne 2003, offre une promenade pop couleur électro de grande maîtrise, d’une élégance manifeste, aux mélodies enivrantes.
Si le groupe – car Jérôme Attal est avant toute chose un groupe – revendique ses influences anglo-saxonnes puisées dans la noirceur de Nick Cave, Roxy Music ou Joy Division, ce disque expose en premier chef l’admiration du leader pour Serge Gainsbourg, période Melody Nelson et L’homme à tête de chou.
Pas tout à fait défait de cette férule, il n’en demeure pas moins que Jérôme Attal fait montre d’une qualité d’écriture indéniable, d’une licence littéraire – force citations de Cocteau, Artaud, Aragon à l’appui - où la touche romantique n’exclut pas l’humour second degré. « Finalement elle a dansé, sans rien d’incandescent pour moi / Et j’ai quitté la soirée, en respectant la chaîne du froid »
Dans cet univers de carnets intimes très rive gauche, vous passerez 45 minutes d’égocentrisme ravissant.
d.d.

Jérôme Attal : Live - Kulturart / Nocturne – 2004

Plus d’infos :
Le site de [Jérôme Attal]

VERMEULEN

Après une déjà longue expérience musicale tendance touche à tout (batteur, pianiste de jazz, accompagnement de chanteurs, groupe de rock,etc.), le jeune auteur-compositeur-interprète rouennais Vermeulen sort un premier album solo, Le pianiste du Transatlantique.
Sur une partition de swing enlevé rappelant parfois l’excellent Sanseverino, Vermeulen raconte simplement un quotidien fait de petits riens qui font des vies bien remplies. Comme un Bénabar ou un Delerm, sensible et fantasque, il braque la caméra sur ses états d’âme, donnant de l’importance au banal. C’est ainsi qu’il révèle sa passion pour Les mamans dans les squares, qu’il donne un compte-rendu de ses amours dans la fort réussie Petite World Company. « Une réduction d’effectifs s’est imposée / puis mon licenciement a été prononcé / un très beau brun aux grands yeux verts / a très vite repris l’affaire / et est parti avec ma p’tite world company »
L’ensemble paraissant parfois encore un peu vert ou maladroit laisse cependant espérer de voir Vermeulen bientôt reconnu au même titre que ses pairs « victoirisés » dans la cour des grands. Il suffit d’écouter l’émouvante Une grenadine avec une paille pour s’en laisser convaincre.
d.d.

Vermeulen : Le pianiste du Transatlantique - Le Loup du Faubourg – 2004

SARCLO

Autant ne pas y aller par quatre chemins : ce disque est très certainement le meilleur de Sarclo. Pour qui connaît la qualité de ce suisse « chantiste » qui ne prend pas l’Helvétie pour des lanternes, il comprendra sans peine la nécessité de se procurer de toute urgence Des tendresses et des cochoncetés.
Ici, aucune nouvelle chanson au programme mais une compilation acoustique de 16 titres de Sarclo (+ 1 chanson de et par Simon Gerber) enregistrés avec le fameux guitariste Bob Cohen. S’il est un reproche que l’on a pu faire à Sarclo dans sa longue aventure discographique, c’est certainement d’avoir porté préjudice à ses chansons en les nippant d’arrangements qui pouvaient nuire à leur réelle qualité. Les voici à présent déparasitées et sobrement costumées de leurs beaux habits comme l’avoue lui-même Sarclo, ajoutant que ce disque est celui qu’il voulait faire depuis longtemps.
Sur des guitares Gibson et Harmony Master pour Bob Cohen et Martin, Gibson, Guild et Taylor pour Sarclo, les deux compères amoureux d’un blues-folk tripal revisitent avec saveur les 25 ans de boutique du chanteur, laissant s’échapper une émotion qui vous mènera du rire aux larmes. Tout simplement superbe. Merci Sarclo & Co(hen).
d.d.

Sarclo & Co - Des tendresses et des cochoncetés - 2003 – Côtes du Rhône
Track list : L’amour est un commerce / Faut-il apprendre à nos enfants / On n’est pas assez beaux pour les filles qui sont belles / La seule vie qu’on a / Jardin d’enfants / A fond les ballons / Epaule de cochonne / Furieuse et belle / Le jour se lève (de et par Simon Gerber) / Les dames de gauche / La photo / Encore une fille qui passe / Les kurdes / Pleurer dans tes bras / Tiercé gagnant / Une maladie courte et rigolote / Elle m’a dit, j’y ai dit

Pour commander le disque, rendez-vous sur le site : [Sarclo]