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Bihl Agnès
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Crédit: Inconnu
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« LA CHANSON EST UN GENRE LIBERTAIRE » [24 Mai 2003]
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Montmartre. Samedi 24 mai 2003. Nous nous asseyons avec Agnès Bihl autour d’une table, au Bar du Rêve, jadis fréquenté entre autres figures mythologiques par Jacques Brel et Marcel Carné. Atmosphère, atmosphère...
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L'art-Scène : |
La légende raconte que c’est d’avoir vu Allain Leprest sur scène qui t’a donné envie de venir à la chanson ? Peux-tu faire un flash-back sur cette légende ? |
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Bihl Agnès : |
Alors, flash-back : j’ai 21 ans, je m’emmerde en études de Lettres. Je rencontre un accordéoniste, Sébastien, à La Folie en Tête où il y avait une goguette, avec lequel je commence à faire des bars pour faire un peu d’argent de poche. A l’époque, je chante des vieilles chansons de Paris. Frehel, Mistinguett, etc. J’avais de mon côté une culture « vieilles chansons », et comme j’ai une facilité pour retenir les chansons, ça ne me demandait pas beaucoup de boulot. On chantait ça dans la rue en faisant la manche.
Je continuais toujours mes Lettres Modernes et je me faisais chier, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Là -dessus, Sébastien m’emmène à un concert d’Allain Leprest et là : révélation. De le voir sur scène, j’ai pris conscience que la chanson existait toujours. Ce n’était pas un genre de gens morts comme Brassens, Brel et Ferré. Ni un genre de gens inaccessibles comme Renaud ou Higelin mais qu’en fait il y avait une vraie existence artistique de la chanson, quelque chose de nouveau. Donc, le soir même j’ai écrit ma première chanson. Le lendemain, j’ai abandonné mes études, je ne suis plus jamais allée en cours et j’ai décidé d’être chanteuse. Je me suis dit que c’était une belle aventure dont j’avais envie de faire partie.
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L'art-Scène : |
La chanson tenait quand même un rôle important pour toi auparavant ? |
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Bihl Agnès : |
Tu m’étonnes, quand j’étais petite j’adorais Chantal Goya ! (rires) Oui, la chanson est une chose que j’ai toujours aimée.
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L'art-Scène : |
Qu’est-ce que tu écoutais ? |
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Bihl Agnès : |
Renaud beaucoup, Brassens par dessus tout, Brel évidemment, Pierre Perret, Tachan, Moustaki. Toute cette famille-là .
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L'art-Scène : |
Les Dinosaures… |
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Bihl Agnès : |
Non, ma culture initiale, ce n’est pas que les dinosaures. J’écoutais du rock, j’étais aussi fan des Beatles, Simon & Garfunkel. J’ai quand même écouté beaucoup d’anglo-saxons. J’aime beaucoup la musique tzigane. A un moment, je parlais russe, parce que j’ai un peu vécu là -bas, du coup je connais sur le bout des doigts Vissotski qui est un peu le Brel local. J’adore la World. Il n’y a pas que la chanson traditionnelle mais c’est vraie que petite, j’avais deux idoles : c’était Brel et Chantal Goya. J’avais 5 ans. C’est quelque chose qui m’a toujours accompagnée.
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L'art-Scène : |
Cet électrochoc Leprest t’a-t-il ouvert un nouveau champ de la chanson et écoutes-tu toujours les mêmes choses aujourd’hui ? |
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Bihl Agnès : |
Bien sûr j’ai découvert d’autres artistes mais je ne suis pas partie vers autre chose. Comme je me suis mise à m’intéresser aux lieux dans lesquels les choses se passaient, j’ai découvert des artistes comme Dikes, comme Wladimir Anselme, comme Florent Vintrignier qui après a créé La Rue Kétanou, Stéphane Cadé, Yannick Le Nagard, Travis Bürki alias Ü, etc. J’ai découvert beaucoup d’autres choses, d’autres dinosaures aussi mais je suis restée centrée là -dessus parce que c’était là -dedans que je m’étais branchée. Aujourd’hui, j’écoute beaucoup de jazz parce que mon copain est jazzman, beaucoup de chanson et de rock. Cela dit, c’est vrai que je n’écoute pratiquement plus de musique anglo-saxonne. Soit j’écoute de l’instrumental pur : classique, jazz, tzigane ; soit j’écoute à peu près toutes sortes de genres mais toujours en français. Ca va de Java à Brassens, en passant par Keren Ann, Thomas Fersen, Sanseverino, Mickey 3D. C’est devenu plus éclectique. J’ai besoin de comprendre ce qu’on me raconte mais il y a tout de même des exceptions. Par exemple, Lhasa j’adore son disque pourtant je ne comprends pas ce qu’elle me raconte, Pink Martini j’adore leur disque sans vraiment les comprendre.
Avant, j’écoutais ce que j’étais sûre d’aimer, aujourd’hui j’écoute des choses dont je ne suis pas forcément fan mais ça me pose d’autres questions. C’est la déformation professionnelle. Comment est le son, etc.
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L'art-Scène : |
Tu disais que tu as fait des études de Lettres… |
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Bihl Agnès : |
Plus ou moins en fait. Je n’ai jamais été très assidue, ça n’a pas duré très longtemps et je n’ai pas de diplôme. C’est vite réglé. (rires) J’ai fait juste le désespoir de mes parents. (rires)
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L'art-Scène : |
Ce sont ces études de Lettres qui t’ont poussé à écrire ? |
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Bihl Agnès : |
Pas du tout. Au contraire. Ca a miné toutes velléités artistiques que j’ai pu avoir tant que j’étais en études de Lettres. Les études de Lettres avec la littérature, c’est un peu comme la différence que tu peux avoir entre une belle photo de nu de femme et puis après t’es à la morgue et tu demandes au médecin-légiste comment il la considère. Tu dissèques en études de Lettres, il n’y a aucune spontanéité. Ca ne m’a pas branché du tout, c’est très didactique. Je déteste « une » manière de voir, « une » analyse. C’est tout ce que je ne supporte pas. J’ai toujours adoré la littérature, j’adore écrire, donc la chanson chez moi vient du goût de l’écriture. J’aime le côté immédiat de la chanson. Il faut être très concis et raconter dans un laps de temps très court pour réussir à donner une idée du caractère, une ambiance, une atmosphère, raconter une histoire, faire passer un message. Apporter un regard, un œil sur le monde. J’aime bien cette contrainte.
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L'art-Scène : |
Un peu comme chez Renaud, on distingue deux Agnès dans tes chansons. La première qui aime déconner et qui écrit des rigolades comme Comprend qui peux, la seconde qui prend la société en grippe et lui balance ses travers à la gueule comme dans L’enceinte vierge, viol au vent et bien d’autres. Quand tu écris, tu fonctionnes à l’émotion ou est-ce autre chose ? |
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Bihl Agnès : |
Il y a plusieurs choses qui m’intéressent dans ma manière d’envisager l’écriture. Il y a d’abord la poésie que j’ai envie d’y mettre donc c’est vrai qu’il y a des chansons assez poétiques parce qu’aujourd’hui la seule manière d’exister pour la poésie, c’est d’être mise en musique. Il y a des chansons déconnantes parce que l’on n’est pas là pour s’emmerder, pour prier devant un texte. J’aime faire rire les gens, j’aime déconner et écrire des choses déconnantes et puis, il y a des chansons avec un certain engagement parce qu’à partir du moment où je monte sur scène, je peux ouvrir ma gueule, j’en profite, je n’ai pas envie d’être neutre. Ca ne me correspond pas. Les chansons drôles, je les écris surtout quand ça ne va pas et les chansons tristes, je les écris surtout quand ça va bien.
Et puis, je suis une artiste de scène. On construit aussi un répertoire parce qu’on va le chanter. Les chansons que j’écris pour moi, je les écris en pensant à l’interprète que je peux être. Comme sur scène, ça déménage pas mal, j’ai aussi envie de mettre des chansons déconnantes. Pour moi, une chanson comme Psychose toujours est aussi importante que Viol au vent par exemple. Je construis un spectacle de scène où l’on ne peut pas mettre que du triste, que du glauque ou que du dur. Ca ne correspond pas à l’interprète que je peux être.
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L'art-Scène : |
Je disais qu’il y a un côté léger chez toi et un côté plus grave, préoccupé. Cependant, tes chansons semblent être unies par une caractéristique : l’humour. « C’est la politesse du désespoir » comme dirait Desproges ? |
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Bihl Agnès : |
Je ne suis pas forcément la mieux placée pour parler de l’humour dans mes chansons. Ce qui est sûr c’est que même dans les chansons tristes il y a des jeux de mots mais qui ne sont pas traités de la même manière. J’aime bien détourner les choses donc j’use souvent de jeux mots assez foireux que je revendique parce que ça m’éclate. Viol au vent, c’est un jeu de mots mais c’est davantage du détournement que de l’humour. Je ne revendique pas spécialement l’humour. Quand j’écris une chanson comme Joli mois de mai, oui il y a de l’humour, quand j’écris une chanson plus grave comme Merci papa, merci maman où c’est bourré de jeux de mots, je ne me sens pas avoir de l’humour là -dedans.
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L'art-Scène : |
C’est une certaine forme de cynisme ? |
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Bihl Agnès : |
Le cynisme, je ne le revendique pas du tout. Je ne me sens pas du tout cynique. Ce n’est pas un trait de caractère qui m’attire spécialement chez les autres et j’espère ne pas l’avoir. Par contre, on peut parler de grande insolence, on peut parler d’ironie. C’est vrai que j’ai beaucoup d’ironie même pour traiter les sujets les plus graves, je les détourne toujours de manière à pouvoir en rire. Pas forcément pour en rire de bon cœur. Je peux me tromper sur moi, je fais des chansons mais finalement c’est le regard des autres le plus instructif mais je pense plus en terme d’ironie que de cynisme parce que je ne me satisfais pas de cet état de fait. Je ne me satisfais pas d’une situation qui ne me plaît pas en la critiquant. Je peux la critiquer parce que ça me désespère, parce que je cherche justement « la politesse du désespoir » pour reprendre Desproges. Desproges qui fait partie également de mes maîtres à penser. Il n’était pas cynique Desproges.
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L'art-Scène : |
Il y a peu de femmes dans la chanson qui montent au créneau comme tu le fais. Quel est ton regard là -dessus ? |
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Bihl Agnès : |
Déjà , il y a peu de femmes tout court dans l’histoire de l’art qui ont pu faire des choses. Bien sûr il y a des exceptions, mais les femmes se sont mises a être vraiment créatrice depuis 60 ou 70 ans. C’est très récent. Dans la première moitié du XXème siècle les femmes en chanson étaient surtout des interprètes. Pour ma part, comme je disais, je ne suis pas quelqu’un de neutre. J’ai l’occasion de l’ouvrir alors je ne m’en prive pas. En tant que femme, je trouve qu’il y a des choses à régler. Il y a, pas loin de chez nous, des endroits où la femme n’a pas le droit de vote, la femme n’a le droit que de faire des gosses, la femme n’a pas le droit de jouir, etc. Donc, ça me concerne. En France, la femme n’a pas non plus tous les droits. Je viens d’avoir un bébé et je certifie que la parité des sexes n’existe absolument pas, ne serait-ce que dans le milieu professionnel. Aussi, je trouve qu’il y a des sujets qui concernent surtout les femmes. Quand on entend le pape parler d’avortement, il est censé être puceau et il n’est pas censé avorter un jour. Il n’y a pas que les femmes qui ont le droit d’en parler mais c’est un sujet féminin. Comme le viol - même s’il y a aussi des hommes qui se font violer - c’est un sujet a priori féminin. Donc, j’ai envie d’ouvrir ma gueule dessus parce que j’ai aussi un engagement féminin mais pas féministe. Les féministes, il y a un aspect religion, dogme qui ne me convient absolument pas. La femme n’est pas que tendresse, la femme peut être rage. La violence féminine peut atteindre des degrés qui peuvent aller plus loin que la violence masculine. J’ai cette violence en moi et je préfère qu’elle sorte par les mots, par les chansons.
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L'art-Scène : |
Tu ne lésines pas quand il s’agit de participer à des festivals, à diverses manifestations pour soutenir certaines causes… |
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Bihl Agnès : |
J’aime être sur scène. Je ne participe pas à toutes les manifestations qu’on me propose parce que c’est difficile d’aller jouer gratos à l’autre bout de la France en motivant un musicien, mais s’il ne tenait qu’à moi, je le ferais. Si je m’accompagnais sur scène, je le ferais beaucoup plus. Ca me plaît de soutenir des causes que je trouve sympas. De plus, il ne faut pas perdre de vue la raison pour laquelle on est sur scène. Je suis ambitieuse pour ce que je fais mais je ne suis pas sur scène pour faire du fric, que du fric. Je suis sur scène pour défendre un certain idéal, je suis aussi sur scène parce que j’aime ça et parce que j’ai envie de toucher un public. Alors évidemment c’est un métier, j’ai envie de gagner ma vie et je ne peux pas faire que des concerts « promo » mais si j’ai fait ce métier-là , à la base c’est parce que ça me bottait. Ca je ne le perds pas de vue non plus.
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L'art-Scène : |
Le fait de monter sur scène comme tu le fais pour défendre des idées, à tes yeux, c’est une des fonctions de l’artiste ? |
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Bihl Agnès : |
Tout dépend quel genre d’artiste tu es et quel genre d’art tu pratiques. Quelqu’un qui ne chante que l’amour et qui peut être un très bon artiste, je ne vois pas pourquoi il se sentirait obligé de le faire. Il peut avoir envie et il peut aussi ne pas avoir envie. Maintenant, pour moi, même si tu ne chantes que l’amour ou les bleuets, il y a un engagement. Pas forcément un engagement politique mais il y a un engagement humain. C’est ce que je peux déplorer dans le paysage de la chanson, c’est que par moments, je ne le vois pas vraiment cet engagement humain. Moi, j’aime les prises de risques, j’aime l’engagement. Quand tu t’engages avec un mec dans une histoire d’amour, tu t’engages vraiment. Avec l’art, c’est pareil. Maintenant, avec l’engagement politique, si tu fais des chansons qui sont engagées politiquement, je trouve que c’est normal d’aller pointer ton nez sur le terrain. Si tu ne fais pas des chansons engagées politiquement, pourquoi te sentirais-tu obligé de le faire ? C’est un peu comme tu veux. Dans ma mythologie personnelle, la chanson est un genre libertaire. Jarra s’est quand même fait couper les doigts, les goguettes se faites interdire, Vissotski s’est fait censurer toute sa vie, Le déserteur de Vian s’est fait censurer, etc. Pour moi, il y a là vraiment un héritage libertaire qui me branche.
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L'art-Scène : |
J’ai lu que tu voulais être comédienne. Sur scène, tu ajoutes une dimension très visuelle à tes chansons. C’est un remède palliatif ? |
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Bihl Agnès : |
J’ai eu des velléités d’être comédienne quand j’avais 10 ans. Ca fait partie des rêves de petite fille. Quand j’étais toute petite, je voulais être un personnage de roman pour ne jamais mourir et chaque fois que quelqu’un lirait le roman, je revivrais. Après, devenue ado, je voulais être l’auteur du roman. Plus tard, je voulais être sur scène et plus tard encore je voulais écrire les pièces de théâtre. Puis, l’adolescence passant, j’ai voulu prendre des cours de théâtre. J’en ai pris 2 ou 3 et ça ne m’a pas branchée du tout. Le milieu ne me branchait pas, l’enseignement ne me branchait pas. Je me suis lancée dans la chanson et il paraît qu’il y a une dimension « comédienne » dans mon interprétation. Au début, on me parlait de mon personnage de scène. J’en n’étais tellement pas consciente que j’avais traduit dans ma tête que c’était ma personnalité. Un jour, je visionne une cassette vidéo et j’ai vu qu’il y avait bel et bien un personnage. Alors je me suis dit « allons dans ce sens-là ». Après, j’ai pas mal tourné, j’ai pas mal travaillé dans mon coin ce qui m’a permis de peaufiner, d’approfondir mon personnage de scène. Maintenant, je n’ai pas le sentiment de le faire d’une manière théâtrale ou d’une manière de comédienne. On le dit mais je n’en ai pas conscience. Ce n’est pas pour moi un regret de ne pas être comédienne. J’aimerais bien avoir des rôles de temps en temps par-ci par-là , parce que c’est une expérience. Tout comme j’aimerais écrire des dialogues de cinéma, tout comme j’adorerais faire des scénars de BD, tout comme …, tout comme …, etc.
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L'art-Scène : |
Tu prépares actuellement ton second album. Où en es-tu ? |
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Bihl Agnès : |
En ce moment, je ponds. Cette année, j’ai pondu. J’ai pondu Rosalie (ndlr : la fille d’Agnès née en début d’année), j’ai pondu pas mal de nouveaux textes. Le but serait de faire une maquette vers l’automne prochain. Les textes sont prêts, il faut les mettre en musique.
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L'art-Scène : |
Quelle va être la couleur de ce disque ? Quels thèmes allons-nous y trouver ? |
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Bihl Agnès : |
J’ai quelques textes qui changent pas mal dans la mesure où sur le précédent album, je n’arrivais pas à parler de choses positives, de petits bonheurs alors que c’est quelque chose d’important pour moi. Là , il y a 2 chansons qui se finissent bien. (rires) Il y a une chanson qui s’appelle Paris au mois d’août qui parle du bonheur d’être à Paris à cette période, il y en a une autre qui dit « j’ai pas le temps d’avoir 30 ans ». Ce sont des chansons positives qui vont apporter un peu d’air frais. Sinon, il y a toujours des chansons dures dont une s’appelle Madame qui traite du temps qui passe. Il y a une chanson où je me suis barrée dans un délire poétique qui va s’appeler Nomade land. Là , je suis en train de bosser une chanson qui va s’appeler Nos amis les mecs qui sera plutôt drôle et une autre de l’ordre du délire, Solitude, qui fait au refrain : « On me grimpe dessus / Sans pourtant me trouver belle / C’est le drame méconnu / De la vie d’une échelle. » Cela dit, même s’il y a renouvellement d’écriture, d’univers, ça reste le même auteur entre le premier et le second disque à la différence que le premier album faisait le bilan de chansons écrites sur plusieurs années, alors que le second sera le témoin d’une période d’écriture plus courte dans le temps. Le changement se situe à ce niveau-là .
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L'art-Scène : |
Musicalement, vas-tu reconduire la formule de La Terre est blonde ? |
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Bihl Agnès : |
J’aimerais bien changer un peu d’univers musical. J’ai envie d’aller dans quelque chose de plus direct, d’un peu plus rock. Donc, ce n’est pas encore complètement mis en musique, ça le sera cet été. J’aimerais trouver un arrangeur d’ici-là .
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L'art-Scène : |
Tu travailles avec les mêmes musiciens ? |
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Bihl Agnès : |
On va en retrouver certains, je continue à travailler avec Giovanni bien sûr qui a composé Treize ans et qui va en composer d’autres.
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L'art-Scène : |
Des nouveaux également ? |
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Bihl Agnès : |
Des nouveaux aussi oui, il y aura une musique de Jehan. Il y aura certainement d’autres personnes.
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L'art-Scène : |
Sur ce nouvel album, est-ce que l’on va retrouver des chansons qui existaient sur le spectacle précédent ou bien l’album sera-t-il totalement composé de titres inédits ? |
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Bihl Agnès : |
Du spectacle précédent, tel qu’on a pu le voir au Lavoir Moderne et tel que je continue à le faire tourner actuellement, je vais garder 2 chansons que j’avais écrites après l’album. L’une s’appelle Treize ans et l’autre Merci papa, merci maman. J’aime beaucoup ces chansons et même si ça fait un an que je les chante, elles feront partie de la nouvelle fournée. Le reste sera composé uniquement de nouvelles chansons.
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L'art-Scène : |
Penses-tu reconduire l’expérience de l’autoprod comme pour La terre est blonde ? |
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Bihl Agnès : |
On a fait le premier album en autoprod, on vient d’en retirer 1000, on est rentrés dans nos frais. Il en a été vendu environ 4000 sans promo et sans tournée. Tout ça, c’est très bien. Maintenant, je n’ai pas forcément ni les moyens financiers ni l’envie de faire à nouveau un autoproduit. Donc, on parle actuellement de deuxième album mais pour qu’il voie le jour, ce serait bien qu’il puisse être produit. Pour l’heure, je suis en création artistique, je souhaite terminer cette phase avant de pouvoir par la suite aborder la phase plus technique. Je ne peux pas tout faire à la fois. Ce qui importe, c’est que les chansons existent et qu’elles pourront aussi vivre sur scène.
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L'art-Scène : |
Une nouvelle tournée est donc prévue ? |
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Bihl Agnès : |
Je suis en train de fonder un nouveau spectacle, un nouveau tour de chants plutôt, avec des chansons qui ne figureront pas forcément sur l’album, qui seront des chansons de scène. Je pense que le spectacle commencera à tourner à partir de l’automne prochain. J’ai déjà des dates pour la saison à venir.
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MOT
DE LA FIN
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L’art-scène : Renaud Séchan
Agnès Bihl : Mon premier amour
L’art-scène : Limonaire
Agnès Bihl : Chapeau !
L’art-scène : Raffarin & ses ministres
Agnès Bihl : GREVES !!!
L’art-scène : Delphine Courtois
Agnès Bihl : Fleur de bitume
L’art-scène : Télévision
Agnès Bihl : Il faudrait que je m’en procure une, je serais peut-être à la mode.
L’art-scène : Sarclo
Agnès Bihl : J’aime la vie, j’ viens d’faire un bébé !
L’art-scène : José Bové
Agnès Bihl : Le bio nouveau est arrivé !
L’art-scène : Religion
Agnès Bihl : La bible ne fait pas le moine.
L’art-scène : W Bush
Agnès Bihl : Michael Moore
L’art-scène : Vincent Delerm
Agnès Bihl : ........(?????)........(!!!!!!!).........?!
Propos recueillis par David Desreumaux le 24 mai 2003.
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