N° 6 - Octobre 2002
 
Agitation Verbale
Tribune Libre sur L'art-scène: mode d'emploi.
(David Desreumaux / 08 juin 2002)
Compte rendu de l'affaire Mass Hysteria
(Ruda Salska / 24 juillet 2002)
Où sont les jeunes ?
(David Langlois-Mallet et Gaëlle Bohé pour Politis n° 705 / 20 juin 2002)
Les partis extrêmes dans le même sac !
(Paco Tizon / 17 juin 2002)
Louange à la Vème république
(Paco Tizon / 07 mai 2002)
Quatre textes pour une actualité
(Vincent / 07 mai 2002)
Pour une gauche de gauche.
(Pierre Bourdieu / 24 avril 2002 (08/04/98))
Présidentielle 2002 : Le sens de la bataille !
(David Langlois-Mallet / 23 avril 2002)
Soleil noir.
(David Desreumaux / 22 avril 2002)
Qui sème le vent sécuritaire récolte la honte lepéniste!
(Réseau contre la fabrique de la haine / 21 avril 2002)
Grande vaisselle et arrières-goûts
(Nicolas Bacchus / 5 avril 2002)
Pa(c)s de vagues
(Nicolas Bacchus / 5 avril 2002)
La peur
(Nicolas Bacchus / 23 mars 2002)
Quatre textes pour une actualité
- 07 mai 2002

Petite hypocrite
Les ogres de barbacks
( Extrait de Irfan le héros sorti en 1999 )

Le soir où tu m'as appelé, ce n'était pas pour mes grands yeux bleus,
Ce n'était pas pour mes secrets, ni pour moi, j'n'étais pas si malheureux...
Tu n'avais pas tant besoin d'aide, ton dos n'était pas tant fatigué,
Que pencher tes deux mains dans la merde, ne t'aurait pas trop abîmée.
Moi j'ai accouru bien vite, maintenant je sais, j'aurais dû me méfier,
Car tes deux lettres, petite, sont nées de la médiocrité.

Puis j'ai construit tes bâtiments, à ce jeu-là c'est vrai,
Mes grands parents m'avaient légué précisément
Ce qu'il y avait de plus fort en ce talent.
Mais il y a eu moins drôle quand il fallu combattre tes voisins,
Tu m'as donné le mauvais rôle, là encore j'ai sali mes mains.
Et j'ai transpiré bien vite, maintenant je sais, j'aurais dû pleurer,
Sur tes deux lettres petites, ressurgies d'un sombre passé.

Et qu'as-tu trouvé à mes os, qu'as tu pensé pour les croire aussi solides,
Quand tu m'as tout mis sur le dos, sitôt que sont venues tes premières rides.
J'ai senti là comme un malaise, à qui la faute, tu as accusé la mienne,
Tu m'as mis entre parenthèses quand j'ai voulu prouver les tiennes.
Tu croyais me mourir vite, maintenant je sais, tu voulus me crever,
Pendant tes deux lettres petites, au nez de ta triste fierté.

Si hélas mon père en est mort, d'avoir défendu ta liberté,
Mon frère presque du même sort, s'est épuisé sur tes chantiers.
Il n'y a pas de mauvais sort, juste un dupeur, juste un dupé.
Qui des deux est le plus fort ? Je te laisse le soin de juger.
Mais ne réfléchis pas trop vite, maintenant je sais,
Comme lorsque tu as fait tes deux lettres, petite, nées de la haine et du danger.

Pour ma part il n'y aura pas vengeance, je n'en ai ni l'envie ni le courage,
Je m'en vais retrouver l'absence, de mon histoire il manque bien des pages.
D'ailleurs à bien y réfléchir, mon peuple lui-même aurait-il accepté
D'avouer qu'il avait dû mentir, d'avoué qu'il avait profité.
De ce qu'il y a de pire ensuite, maintenant je sais,
Lui aussi aurait fait ces deux lettres, petite hypocrite, nées de la fatalité.

Permets-moi de juger, malgré mon âge, cette chanson courte mais suffisante,
Que je te laisse en maigre héritage, en cadeau des heures accueillantes .
N'oublie jamais qu'il y eut en ton pays un peuple sage que l'on a trahi,
Dis à tes enfants qui je suis si le besoin s'en prenait à leur vie.
S'ils devaient me rendre visite, maintenant je sais,
De force ou de plein gré, ils découvriraient , petite, ces deux lettres, bien embêtés.
S'ils devaient me rendre visite, ils seraient à leur tour immigrés
Et ces deux lettres pourtant si petites le leur en feront bien baver.


Le bal du malheur
Astier
( Extrait de Le bal du malheur sorti en 1999 )

Venez venez petits nazis
Plus on est de fous plus on rit
Venez et levez tous la pogne
Rotons ensemble avec les borgnes
Et vous volontaires d'Algérie
Bas du front et pauvres d'esprit
Venez amenez vos gégènes
Venez c'est le bal de la haine

Venez tous au bal du malheur
Plus on est de fous plus on meurt
pour bercer votre nostalgie
Venez tous aux bal des nazis

Venez avortons de Vichy
Reptiles aux cerveaux ramollis
A chaque jour suffit sa peine
On vous ferra aimer la haine
Et vous les rasés et les skins
Car la merde n'a pas d'épine
Rotez vos « Kros » pissez vos « Leffes »
Venez casser du SDF

Venez tous au bal du malheur
Plus on est de fous plus on meurt
Plus on est blond plus on est beau
Venez tous au bal des fachos

Venez avec vos croix aussi
Les adorateurs de Marie
Avec vos cadenas vos chaînes
Car notre credo c'est la haine
Pour la fête de Jeanne d'Arc
Venez faire griller la barbaque
Flamber les merguez au Pastis
Tous unis derrière la police

Venez tous au bal du malheur
Plus on est de fous plus on meurt
Pour bercer votre nostalgie
Venez tous au bal des nazis

Venez au bal des fanatiques
Avec vos Thoras vos cantiques
De martyrs devenez bourreaux
Pour imposer votre credo
Et vous les allumés d'Allah
Venez venez petits mollahs
Venez faire saigner le chrétien
Car « dieu » reconnaîtra les siens

Venez tous au bal du malheur
Plus on est de fous plus on meurt
On meurt partout où la foi règne
Plus il y a de dieux plus ça saigne

Venez tous au Bal des fafas
Dans les salons du Lutetia
Chanter « Maréchal nous voilà !»
En astiquant vos svastikas
Dans la lueur des miradors
Danse le spectre de la mort
Un vieil orchestre à moitié naze
Joue le tango des chambres à gaz

Venez tous au bal du malheur
Plus on est de fous plus on meurt
Plus on est blond plus on est beau
Venez tous au bal des Fachos

Venez rejoindre la manif
« Dehors les nègres ! A bas les juifs ! »
Pour la pureté de la France
Ne tolérons plus la nuance
Aveuglés comme des phalènes
Venez avec des chrysanthèmes
Venez venez petits Nazis
On enterre la démocratie

Venez tous au bal du malheur
La merde a toujours de l'odeur
Venez venez petits nazis
On enterre la démocratie


Unis
La ruda Salska
( Extrait de Le prix du silence sorti en 1996 )

Qu'on naisse rouge autant que l'Apache
Qu'on naisse noir quand le soleil passe
Qu'on naisse blanc autant que je sache
On reste "sang" pour "sang" dans la masse

Tous sur la même terre et ce n'est que le pile ou face
Qui décide du reste mais bien humaine est notre race.
Tous sur la même terre et ce n'est que le pile ou face
Soyons solidaires, soyons habiles et faisons face

Con n'est-ce pas ?/Protestant ou pas
Con n'est-ce pas ?/Catholique ou pas
Con n'est-ce pas ?/Musulman ou pas
Con n'est-ce pas ?/D'en venir aux armes

Tous sous la même terre et ce n'est que le pile ou face
Qui décide du reste mais bien humaine est notre race
Tous sous la même terre quand la folie reste en surface
Dans les cimetières les morts s'empilent non ne s'effacent

Qu'on naisse Russe ou Américain
Qu'on naisse Suisse, Asiatique, Indien
Qu'on naisse Serbe ou Monténégrin
Qu'on naisse Belge, Africain, Cubain

Tous sur la même terre et ce n'est que le pile ou face
Qui décide du reste mais bien humaine est notre race.
Tous sur la même terre et ce n'est que le pile ou face
Soyons solidaires, soyons habiles et faisons face

La naissance est le seul fruit du hasard
La gloire la gloire...des batards !!!
La naissance est le seul fruit du hasard
La gloire des bâtards
Ils n'ont qu'un paramètre « être ou ne pas être »
Ils n'ont qu'une distinction « être ou ne pas être »

Tous munis de l'envie d'exister
Tout s'unit dans ce lit qu'est l'humanité
Tous mais de l'envie d'exister
Tous unis dans ce lit qu'est l'humanité
Unis unis unis unité

Tel homme telle peau
Mais de la terre est l'essence
Tel homme telle peau
Tout est critère de naissance
Tel homme telle peau
Mais de la terre est l'essence
Tel homme telle peau
Un seul drapeau celui de la tolérance
Mais les salissures de l'histoire
Sont bien dures sont si dures à ravoir
L'existence est notre unicité
Tolérance en nos diversités
Unis, unis, unis dans nos sens
Unis, unis, unis dans l'essence
Oui, candide mais je m' plais à le penser
Plus sordides seront les plaies à panser
Solidaires dans la danse...dans l'existence...


L'identité
Têtes Raides / Noir Désir
( Extrait de Gratte poil sorti en 2000 )

Les clans des rues les clandestins
Les cris des chiens hurlent à la ronde
J'suis pas inscrit sur la mappemonde
Y a pas d'pays pour les vauriens
Les poètes et les baladins
Y a pas d'pays
Si tu le veux
Prends le mien

Que Paris est beau quand chantent les oiseaux
Que Paris est laid quand il se croit français

Avec ses sans-papirs
Qui vont bientôt r'partir
Vers leur pays les chiens
On a tout pris chez eux y a plus rien

De rétention en cale de fond
J'en ai même oublié mon ombre
Je promène moi dans vos décombres
On m'a donné un bout de rien
J'en ai fait cent mille chemins
J'en ai fait cent
J'en ai fait un

Un chemin de l'identité
L'iditenté l'idétitan
L'y tant d'idées à la ronde
Et dans ce flot d'univériens
J'aurai plus d'nom j'aurai plus rien
Dis moi c'est quand tu reviens
Que Paris est beau quand chantent les oiseaux
Que Paris est laid quand il se croit français

Avec tous ces champs d'tir et tous ces fous du tir
Y visent pas que les lapins
C'est plus du gros sel
C'est des tomawaks
Ou des missiles sol-air
Ou des skuds
Et moi avec mon pistolet à bouchon
Je pars au front

Paris sera beau quand chantera les oiseaux
Paris sera beau si les oiseaux
Mais non Paris sera beau car les oiseaux

Paris sera beau

 

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