N° 9 - Janvier 2003
 
Miroir militant
José Bové : exemple à suivre (jan 03 et toujours)
Pour Noël, servez donc culture et tolérance (déc 2002)
Religion: interview exclusive (nov 2002)
L'impardonnable peine de mort (10/2002)
Le GENEPI : une association militante (10/2002)
De la nécessité de philosopher (09/2002)
Coûts et contrecoups des vacances. (08/2002)
Reprenons la Bastille et ouvrons la cage aux oiseaux. (07/2002)
La bagnole déboussole. Mais pourquoi donc? (06/2002)
Le keffieh de la résistance Palestinienne à l'oppression. (04/2002)
Militer: mode d'emploi.
Pour Noël, servez donc culture et tolérance (déc 2002)

Ah, j'oubliais, j'ai un truc à faire autre qu'un achat pour décembre. Un simili discours d'exhortation à un monde meilleur, c'est-à-dire où il y a moins de malheureux, un discours, un de plus, pour dénoncer, finalement, toujours la même chose : la nouvelle religion, obscurantiste ou commerciale, ou les deux, celle qui tue la culture des peuples.
 

Je l'aborderai, en ce mois symbolique, au travers du showman number one, l'idole des générations qui défilent, le messager supersonique, celui de qui on connaît l'âge tous les jours en écrivant la date : j'ai nommé Jésus Christ.
Ils sont peu, somme toute, les personnages dont on fête l'anniversaire 2000 ans après leur mort, qu'on croit en eux ou pas !
Pour l'occasion, du coup, tout l'or du monde se met à briller dans les rues et dans les tiroirs-caisses. Dans ce moment précis de recueillement, on oublie tout et c'est paradoxal. Tout y compris pourquoi on fait ça, qu'a fait cet homme, quelle pensée cultiver ?
Le 8 mai, on se souvient de l'extrême cruauté de l'histoire, mais le 25 décembre, pfouit…

 

Dommage ! Nous oublions notre culture. Nous méprisons ce personnage fondamental qui a fait ce qu'il a pu pour sensibiliser les peuples à l'amour du prochain alors que la peine pour y parvenir avec les humains est inhumaine. Oui Jésus Christ est révolutionnaire, un juste de Palestine (déjà la Palestine…), inventeur de la tolérance.
Il s'avérerait bon de revenir à ses idées, à sa personne, pour son anniversaire. S'éloigner du lobby religieux, abreuvé d'obscurantisme et d'idées courtes et fuir à tout prix le lobby commercial, dont on mesurera les dégâts quand tout le monde crèvera de faim ou de pollution (là, ils ne sont que 30000 morts par jour de malnutrition, c'est insuffisant pour le remettre en cause !).

 

Ne vous demandez-vous pas quelle mouche me pique pour louer la vedette de ce 25 décembre ? Dans mon ouverture aux différences, je vis, aujourd'hui, baptisée chrétienne et entourée de juifs et de musulmans. La providence m'a offert ce cadeau. Je conjugue tous les jours les verbes connaître et tolérer. Bien sûr, l'idéal voudrait que notre peuple soit le monde entier mais vu la taille du monde et la taille de l'homme, on ne peut trouver d'universalité ni d'homogénéité dans l'humanité. Or appartenir à un groupe avec des règles est une base de notre vie d'animal social. Nous vivrons alors toujours un parmi une multitude de groupes, condamnés à cohabiter.
 

Mon cadeau providentiel me permet de comprendre les musulmans, groupe associé injustement à l'intolérance, écrasé économiquement, déraciné parfois de son lieu d'origine, bafoué pleinement, qui ne désire qu'être reconnu et se bat, tout aussi pleinement. Attaqués par les intérêts du commerce à l'occidentale, ils construisent, face aux consommateurs, des soldats.
J'ai compris le peuple juif, chassé d'une façon ou d'une autre depuis plusieurs millénaires donc radicalisé dans son auto-protection et son repli de survie.
J'ai compris enfin où étaient mes racines. Car si je les oublie dans un tel mélange, je ne suis plus. Je ne peux pas adhérer à leurs cultures car elles ne sont pas miennes et si je renie la mienne, je n'en ai plus. Alors que mes racines soutiennent mon cadre, que la solidité de mon cadre m'autorise, sans peur, à la découverte des autres, différents.

 

Vraiment, bonnes gens, il vaut mille fois mieux une culture religieuse éclairée que pas de culture. Il vaut mieux croire en quelque chose, avoir une foi (en l'homme, le soleil, soi, un dieu, l'égalité, l'amour…) que croire en rien. La culture, autant que la connaissance, concourent au passage du barbare au citoyen. Les extrémistes détruisent la religion éclairée, puis tuent la culture, c'est pourquoi ils retournent à l'état de barbare.
 

Alors pour Noël,
peu de fric,
pas de crise de foie,
ni de foi,
juste un bon repas
chaleureux et culturel.

bg

 

 


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