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Polo
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Crédit : Flavie Girbal
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04 Octobre 2002
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04 Octobre 2002
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POLO SOLO [04 Octobre 2002]
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Polo nous reçoit chez lui, à Ménilmontant. C’est pour lui l’occasion de s’expliquer sur son parcours solo.
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L'art-Scène : |
Comment ton premier album a été accueilli par le public et plus particulièrement par les initiés des Satellites ? |
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Polo : |
Plutôt pas mal, pas tellement par les initiés des Satellites qui ne s’y sont pas vraiment retrouvés, je dirais. En fait tu as plusieurs sortes d’initiés des Satellites… Tu avais ceux qui aimaient le côté vraiment rock : il fallait que ça bouge, que ça fasse poum t’chak et pogoter et tout. Ce qui est très bien et que je respecte. Et puis il y avait ceux qui s’intéressaient un peu aux paroles aussi. Ceux-là généralement ont plutôt bien accueilli l’album, et les autres ne s’y sont pas intéressés ce que je peux très bien comprendre.
Par contre, le deuxième album a été beaucoup moins bien accueilli, parce que je me suis retrouvé en porte-à -faux avec des gens qui avaient vu dans le premier des trucs un peu acoustiques, jazz, limite rétro et le son du deuxième album, les arrangements que j’ai voulu faire avec des machines, des trucs plus électroniques, les gens qui écoutent de la musique électronique, ça les intéressait pas, et les gens qui écoutent de la chanson ça ne les intéressait pas non plus. Là , je me suis retrouvé vraiment un petit peu comme les immigrés qui ne se sentent pas vraiment français et pas vraiment non plus de leur pays. Qui sont entre les deux.
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L'art-Scène : |
Mais justement, ce changement de style entre tes deux albums, parce qu’il a dans Polo à Paris, une pluralité musicale, une pluralité de registres de langage, une pluralité de tons. Pour toi ça a été une envie de rompre avec le premier album ou une sorte de retour aux sources, quand on sait que les Satellites alliaient aussi plusieurs genres et que la transition vers la chanson t’avait fait passer d’un style musical en marge à une création ancrée dans une tradition ? |
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Polo : |
C’était un peu tout ça. C’était surtout le désir de changer parce que je n’aime pas faire deux fois les mêmes albums, bien que ça aurait été plus intelligent de refaire un deuxième Bienvenue dans l’Univers au niveau commercial… En fait, on m’a reproché d’avoir été arriviste ou commercial, alors qu’en fait il s’est passé exactement le contraire. Je me suis complètement enterré commercialement parlant. C’était sincère, parce que je n’aime pas que le jazz, j’écoute toutes les musiques. Du rock, de la house… Et puis je m’intéresse aux machines etc. Alors pour moi c’était tout à fait sincère, j’avais envie de faire un album comme ça. Et puis c’était un peu une époque où je les ai découvertes un peu ces machines, alors tu vois, au début, quand tu commences à découvrir les trucs, c’est une sorte de jubilation de s’en servir. Et aujourd’hui d’ailleurs, je l’aime bien ce deuxième album. Je sais qu’il n’a pas du tout été bien accueilli.
Et puis c’était aussi comme tu dis exactement, un album de retour aux sources, un truc un peu plus énergique, mais c’est pas non plus du Rock’n’roll.
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L'art-Scène : |
Non mais Les Satellites alliaient le Funk etc. |
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Polo : |
Je sais pas j’ai voulu tenter, et voilà , c’est fait…
Le prochain par contre, en ce moment j’ai découvert la joie de chanter uniquement avec une guitare. En ce moment les derniers concerts que je fais sont vachement à base de ça, y’a un violoncelle aussi, mais il est discret. Et en fait, je crois que le prochain album, ça sera encore différent, mais ça sera très très simple et très acoustique. Il n’y aura même pas de batterie. Il y aura des chansons très épurées.
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L'art-Scène : |
Dans A Paris, quelle intentionnalité tu as mis dans l’utilisation du mot comme « meuf » ? |
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Polo : |
Parce que c’était un mot qu’on entendait souvent. J’ai trouvé qu’il sonnait bien tout simplement. Une « meuf » je trouve que ça sonne bien. Là sur les chansons que j’ai faites à cette époque, ça collait bien, c’était rigolo. Dans Minuscule petite meuf, j’ai trouvé ça bien d’intégré ce mot à un texte un petit peu alambiqué. Une « minuscule petite meuf » je trouve ça mignon. Et Caniche d’une meuf, ça c’est une chanson drôle. On dit tout le temps « ma meuf », je sais pas, j’aime bien ce mot. C’est vrai qu’il y a des gens qui y voit une référence un peu macho, parce que c’est vrai que ça se dit un peu dans les cités… Si on perçoit ça chez moi, tant pis pour moi, mais je ne pense pas que ça soit ça.
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L'art-Scène : |
On le dit dans ta cité ? ( rires ) |
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Polo : |
Non mais tu vois le mot « meuf », c’est du verlan, c’est du langage de jeune un peu. J’en utilise pas tellement en plus du langage de jeune, c’est le seul mot que j’aime bien en plus je crois, c’est « meuf ».
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L'art-Scène : |
Et justement, par rapport au Caniche d’une meuf, c’est un peu ton Auteuil-Neuilly-Passy à toi ? C’est pas du gâteau d’être le caniche d’une meuf ? |
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Polo : |
Oh c’était une plaisanterie, je pense qu’il y a beaucoup de mecs qui vont se reconnaître dans cette chanson et beaucoup de filles aussi. Je pense que le but c’est surtout de rigoler mais en même temps ça correspond à une réalité, tout le monde sait de quoi je veux parler dans cette chanson Caniche d’une meuf. Ce sont les rapports qui s’instaurent dans des couples. C’est pas forcément sur moi, je me suis servi d’expériences que j’ai eues moi, mais aussi de gens que je vois autour de moi et qui arrivent dans des couples… Enfin le côté un peu caricatural des couples dominant-dominé, où les gens passent leur temps à s’enlever mutuellement leur Liberté. Liberté qui les avait séduits dans un premier temps. Et puis qu’ils cherchaient à s’enlever. C’est quand même curieux.
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L'art-Scène : |
Dans tes influences, enfin dans ce que tu aimes, tu viens de le dire, tu cites des opposés pratiquement. Tu parles de l’influence de la tradition de la chanson, tu cites aussi Claude François, sans vouloir dire que c’est un opposé, pour moi ça l’est un peu… |
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Polo : |
Parce que c’est de la variété en fait ? Parce qu’on fait la nuance… Je sais pas, je cherche ce que c’est la différence entre la chanson et la variété… La variété c’est peut-être mieux fait ( rires ) Je trouve que les chansons de Claude François, techniquement, sont superbes parce quelles ont toujours une bonne ouverture… La première phrase d’une chanson de Claude François… « Regarde ta montre / Il est déjà 8 heures / Embrassons-nous tendrement / Le taxi… » On est tout de suite dans une situation, on a envie de connaître la fin. Et je trouve aussi qu’il y a un univers dans les chansons de Claude François, un univers un peu porno, tu as l’impression de voir les histoire de cul d’un espèce de cadre supérieur dans les années 70. Je sais pas, qui trompe sa femme. C’est vachement bien foutu quoi. Je viens dîner ce soir « je me suis encore mal garé / pour l’acheter des fleurs » C’est génial. Je trouve ça presque littéraire, c’est bien écrit, les clichés qui sont dedans ont une sorte de patine, On y est quoi on y croit. Je sais pas… Je trouve que c’est un personnage intriguant, je l’adorais quand j’étais petit en plus, je suis allé le voir au bassin d’Arcachon. J’ai toujours beaucoup aimé Claude François. Ce n’est pas du snobisme, c’est vraiment sincère.
Et en général, j’aime bien la variété, j’aime bien l’univers de la variété, les paillettes, les chanteurs de variet’. Ça me fait assez rêver, ça me fait plus rêver que certains trucs glauques de chanson rive-gauche. Tout simplement.
Mais, je ne cite pas que Claude François, j’adore Yves Montant, j’adore Léo Ferré, le classique quoi, Brassens, Ferré, Montant, Brel, Piaf etc. Et puis même d’autres chanteurs. Jacques Higelin par exemple, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup influencé. Et puis dans les jeunes, il y en a des sympas aussi : Matthieu Boogaerts c’est marrant ce qu’il fait je trouve. Ou Néry, un de mes meilleurs amis. On est assez proches tous les deux aussi, des fois on peut être assez proches dans les univers qu’on a.
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L'art-Scène : |
Dans Polo à Paris, Les griffes du Disco, ça faisait partie de quel délire ? |
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Polo : |
Ça je me le demande encore en fait… La chanson me plait, mais par contre je me demande pourquoi je l’ai foutu dans cet album. Ça franchement, je n’arrive toujours pas à comprendre… Mais par contre, la chanson me plait beaucoup, elle me fait vraiment marrer… Parce que c’était déjà le plaisir d’enregistrer une copine qui s’appelle Géraldine Franck, qui chante super bien. Puis il y avait le Rockcollection Que Laurent Voulzy a fait pour les années 60, mais j’avais envie de faire un truc plus sur le Disco, les années 70. Des trucs que j’écoutais à la radio, le Hit Parade, Boney M… J’ai toujours adoré le Disco en fait. J’avais envie de faire un truc qui envoyait bien. Qui, au niveau du son, pouvait passer dans un boîte. Et ça je pense que c’est réussi. C’est dommage qu’il ne soit jamais passé dans une boîte quelconque mais en tous j’aimais bien quoi. Par contre, c’était sûrement une erreur de le mettre dans cet album parce qu’elle a vraiment rien à y foutre, ça fait tache d’huile.
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L'art-Scène : |
T’en as un tout petit peu parlé, mais j’ai cru comprendre que les sons étaient très importants pour toi quand tu écrivais une chanson, mais concrètement, comment te viennent tes chansons ? |
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Polo : |
La musique ? Les chansons je les fais à la guitare comme ça.
A l’époque du deuxième album à Paris, j’ai fait beaucoup de chansons en utilisant des samplers, en faisant des maquettes, en m’amusant à faire des musiques, des trucs déjà à échafauder et mettre des voix dessus et refaire parce qu’il y a un bout qui est bien là . Enfin ça c’est une méthode de travail… Et aujourd’hui j’écris beaucoup de choses et il peut m’arriver de mettre un texte en musique alors que je ne l’avais pas fait du tout pour ça. Et là j’aime bien parce que j’obtiens des résultats beaucoup plus imprévus et beaucoup plus riches. Alors qu’avant, j’avais tendance à faire uniquement des chansons quand j’entendais la musique dans ma tête. Et donc ça donne au bout d’un moment une empreinte mélodique de laquelle il est difficile de se détacher. Donc aujourd’hui pour varier un peu plus… Déjà je travaille avec un compositeur qui s’appelle Olivier Daviaud *** Et donc on fait beaucoup de choses ensemble. Il fait des musiques, j’en fais aussi. Le fait de faire de la musique à deux, de s’échanger des textes des musiques, des choses, ça ouvre beaucoup l’esprit.
Et il y a ce que je te dis, Un texte que j’aime bien je vais trouver une musique dessus etc. Et là je vais arriver dans des choses complètement imprévues.
Ce que je fais aussi un petit peu contre mon gré, parce que la maison de disque Atmosphériques a un petit peu gelé ses projets parce qu’elle a eu une grosse restructuration, des changements de partenaires et tout… On a pratiquement rien fait pendant deux ans – pas d’album etc. Donc j’ai joué mes nouvelles chansons sur scène, là j’en ai beaucoup beaucoup. Une vingtaine. Et je les joue toutes sur scène. Ça ne m’arrivait pas avant de chanter de nouvelles chansons si je ne les avais pas enregistrées. Là , je m’aperçois que c’est vraiment bien parce que le fait de les confronter au public fait voir leurs points faibles, ce qui marche, ce qui ne marche pas, tu comprends bien ce qu’il faut faire en fait… C’est une méthode de travail qui évolue toute une vie… On dit toujours « il faut travailler, il faut travailler », c’est vrai… Mais ce qui est surtout important, le secret, c’est pas le travail, c’est de trouver une méthode de travail… C’est plus important encore que travailler je crois.
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L'art-Scène : |
Que représente la scène pour toi ? C’est à dire que tu as un besoin de te produire ? C’est une aisance ? |
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Polo : |
Là , ça représente déjà ma seule source de revenus pour l’instant parce que là il n’y a vraiment plus rien. Au bout d’un moment tu vois, après le deuxième album, on a fait des petites tournées. Ensuite j’ai commencé à écrire pour en faire un troisième et essayer de repartir un peu parce que c’est vrai qu’il n’a pas fait des records de vente. Et avec les problèmes qu’a connu la maison de disque ( dont je t’ai parlé tout à l’heure ) je me suis retrouvé devant un truc où c’est fin du coup, y’a plus rien qui se passe, plus personne n’appelle, il ne se passe plus rien : plus de tournée, plus de concert etc. Donc qu’est-ce que tu fais ? Tu te dis, c’est reparti là . J’ai recommencé à contacter des gens et patin-couffin, je me suis refait une sorte de petit circuit pour faire des concerts ? Je me suis dit : « ben écrivons, jouons, essayons de toucher deux-trois sous avec ça »
Je pense que quand tu es dans mon cas, que tu as quand même une période assez creuse, c’est vraiment un moyen d’exister de faire des concerts. Parce qu’un artiste, s’il ne fait pas de concert, il est où ? Où est-ce qu’on le voit ? S’il fait pas de disque, s’il ne fait pas de concert qu’est-ce qu’il fait, c’est qui ? Plus personne ne le connaît. C’est là d’ailleurs qu’on se rend compte à quel point c’est totalement indispensable de faire des concerts. C’est une manière d’exister, et je vois que petit à petit, même sans album, il y a des choses qui se mettent en place depuis quelque temps. On a fait le Cabaret du grand poulet avec Nery, ça a vachement bien marché – on a eu beaucoup de couvertures de presse. Je sais pas, je recommence à voir mon nom un peu à droite à gauche, ça fait plaisir.
Et puis il y a les jeunes, les groupes et c’est super. Parce que je sais qu’il y a vraiment un respect et une entraide de la part des jeunes groupes, des jeunes chanteurs… Très souvent je suis invité à participer à des concerts, donc c’est vraiment chouette. Je ne pense pas qu’on ai foncièrement besoin de maisons de disques et de choses comme ça. Bien sûr c’est beaucoup plus pratique, mais c’est très rassurant de voir qu’il y a quand même une vie en dehors des maisons de disque. Parce qu’il y a quand même un tas d’artistes qui n’arrivent pas signer, ni à faire d’album. C’est vrai que c’est de plus en plus terrible ce qui arrive, les maisons de disques sont 9 cas sur 10 obnubilées par faire des sous avec des disques à court terme, et puis alors avec cette nouvelle mode de faire des disques avec des gens qui ne sont même pas des artistes mais qui viennent Star Academy ou du Loft Story alors là ça devient terrible… On ne se reconnaît plus tellement quoi. Moi je m’en fous, ça ne me dérange pas du tout, mais je ne fais pas le même métier, et pour les vrais artistes, ils n’arrivent pas à trouver de maison de disque, c’est quand même incroyable. Enfin bref, on peut pas refaire le monde.
Mais donc c’est bien de voir qu’il existe une vie hors de paillettes et des médias. Qui sont un peu sans intérêt il faut bien le dire.
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L'art-Scène : |
D’un côté il a les maisons de disques qui rechignent assez des concerts-plateau qui invitent des artistes de bords différents, parce qu’il n’ont pas signé ensemble etc. alors que ce sont des actions bénéfiques pour tout le monde en fin de compte. Les gens viennent en voir un et découvrent l’autre etc. Mais en même temps on a l’impression que tu es un peu le spécialiste de ce genre de collaborations, puisque tu es invité partout… |
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Polo : |
Ecoute-ça me fait plaisir, les gens m’aiment bien… je crois qu’il y a un effet, je ne sais pas si c’est la mode à Paris ou quoi… Nous on a commencé à faire le cabaret du grand poulet, c’était une idée qu’on avait avec Néry. J‘ai toujours fasciné par les cabarets de Prévert dans les années 50, où les mecs tournaient avec Francis Lemarque et tout ça. Les frères marc , Jacques Prévert tout ça ils faisaient des décors en 5 minutes, des trucs en papier bouilli avec trois francs six sous. Il y avait des mecs qui arrivaient pour lire une poésie, d’autres qui arrivaient avec une guitare et qui chantaient, y’avait un numéro avec la femme avec des couteaux, enfin je ne sais pas, des conneries. Et les gens adorent ça ! C’est vrai qu’aller au Cabaret c’est génial et voir des trucs qui s’enchaînent et qui s’enchaînent comme ça, c’est toujours rarement raté… Et surtout les cabarets de bric et de broc montés avec trois francs six sous… La grande idée, c’est d’y mêler de la poésie, beaucoup de poésie je dirais… Et donc on a fait ce cabaret du grand poulet qui était un peu une référence à ça ( qui y faisait référence ) On a fait une première partie avec Néry où on cuisine sur scène, ça veut dire plein de choses et puis c’est rigolo. Les gens mangent notre omelette et tout. Et ensuite on reçoit des invités, qu’on a contacté. Et déjà on a été surpris de voir comment les gens acceptaient facilement de venir. Pour les petits groupes, c’est normal ; ils sont contents. Mais aussi des gens vachement connus, des gens comme Catherine Ringer, Jacques Higelin, c’est un copain donc ça va. Et en fait qui étaient ravis de faire ça. Et ça s’est fait très facilement parce que c’était le bordel total. Il n’y avait pas de maison de disque là dessous, il n’y avait rien. C’était vraiment une entreprise.
Et donc j’ai trouvé vraiment magique ce truc là et m’intéressant à ça je vois qu’il a beaucoup de choses qui se font dans ce goût là . Bah ce Cabaret des Ogres, par exemple hier, c’est un peu la même histoire… Et y’a ça donc en ce moment, je trouve que c’est bien. Il faut essayer de le développer. Nous on va essayer de faire d’autres cabarets du grand poulet. Je trouve ça vachement intéressant parce que ça enlève les choses de l’ordre de la concurrence entre artistes etc. La rivalité à la con. Alors que là au contraire, on s’aperçoit que lorsque des artistes sont ensembles sur une scène, au lieu de se concurrencer, ils se mettent en valeur les uns les autres. Et on découvre plein de choses. Je sais pas, quand tu vois un artiste chanter la chanson d’un autre, et que les deux sont là , la chanson tu la perçois complètement différemment dans la bouche d’un autre. Enfin je trouve ça très rigolo. Et généralement, les artistes qui ont participé, ça les a fait réfléchir sur ce qu’ils font eux aussi. Et avancer d’une certaine manière. Je sais que tous là ils sont prêts, on les appelle, ils viennent tous refaire le grand poulet. Ils étaient ravis.
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L'art-Scène : |
Pour revenir aux collaborations : c’est énorme pour un artiste, c’est pas si courrant que ça. |
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Polo : |
Bah je ne sais pas, il doit y avoir des gens qui m’apprécient. Je ne peux pas te dire autre chose. Mais tu vois pour moi c’est bien parce que sinon je ne ferais rien… Il y a tout ça, mais je fais aussi pas mal de concerts par moi-même. Parce que quand tu arrive à une situation comme celle où je suis arrivé, c’est vraiment les rats quittent le navire. Tu n’as plus de tourneur, plus personne ne te connaît. Donc tu as intérêt à vraiment te démerder. Donc c’est bien de voir qu’il y a des artistes aussi, mais c’est souvent des amis, alors je trouve ça normal en même temps.
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L'art-Scène : |
Je sais que tu fais partie du festival du sentier des Halles en décembre, mais autrement quels sont tes projets ? |
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Polo : |
Mon projet c’est vraiment d’enregistrer ce troisième album. Mon projet le plus cher. Et donc là , comme atmosphérique viennent enfin de signer avec un partenaire financier, ça risque de se décanter assez vite. Bien qu’avec les maisons de disque tout aille toujours très lentement. En tous cas, le projet principal c’est ça, parce que c’est un peu la clé de voûte de tout. Une fois que tu as un nouvel album, tu as des articles, de la promo, des machins. Tu peux faire une tournée, parce que les tourneurs veulent qu’il y ait l’actualité d’un album. Parce que si tu leur dis : « je fais des concerts mais je n’ai pas de nouvel album, ils ne vont pas mettre deux francs six sous pour te faire venir. Donc voilà . Un nouvel album ça veut dire qu’on fait des tournées, des concerts, on fait des choses, on passe à la radio. C’est bien, on a les assedics, on est de nouveaux intermittents. C’est super.
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