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Auteur: FA7
Date: 13/12/2002 14:03
Edito de Charlie Hebdo du 6 novembre, Philippe Val
"Porte-avions du spectacle ou intermittent nucléaire ?
Prenons un organisme vivant, un corps humain, par
exemple. Il a besoin d'une certaine quantité
d'éléments nutritionnels pour vivre.
Si l'on juge qu'il dépense trop d'énergie, qu'il coûte
trop cher, ou qu'il prend trop de place, on peut
toujours en retirer des morceaux. Coupez les ongles,
rasez les cheveux, il pèsera un tout petit peu moins
lourd, si par exemple il voyage en avion, même
quelques grammes en moins produiront une légère
économie. Si vous lui retirez un bras, il continuera à
être lui-même, mais il sera plus économique. On peut
également enlever tous les organes que l'on a en
double, poumons, reins, oreilles, l'homme continuera à
vivre. Moins bien, certes, mais enfin, il est tout à
fait possible de réduire son poids de moitié en ôtant
des morceaux qui ne sont pas vitaux.
Dans la gestion de l'état ou d'une entreprise, ce que
l'on appelle la comptabilité analytique procède de la
même logique. Tel service ne rapporte pas assez, ou
alors il coûte, soit on le livre à la sous-traitance,
soit on le délocalise, soit on le supprime.
La comptabilité analytique sert à calculer la
rentabilité d'une fonction particulière à l'intérieur
d'un organisme complexe. Elle n'est qu'un outil
comptable comme un autre, mais elle peut devenir une
idéologie très dangereuse si l'on s'en sert pour
justifier la rentabilité quand elle est considérée
comme un horizon ultime.
Prenons une société humaine comme la France. Elle
vient de décider de se doter d'un second porte-avions
nucléaire. Or, en admettant qu'il en faille deux, on
pourrait se dire : puisque l'Angleterre, qui fait
partie de l'Union européenne, possède également un
porte-avions nucléaire, avec le nôtre, ça en fait
deux, le compte y est. Mais le gouvernement vient de
décider que c'était plus amusant d'en avoir deux bien
à nous. Pourtant, la comptabilité analytique nous
apprend qu'au bas mot ça va coûter 7 milliards d'
euros à la nation. Si nous n'avions pas de
porte-avions nucléaire, le pays vivrait de la même
façon et le train quotidien de chacun d'entre nous ne
s'en trouverait aucunement modifié. Le gouvernement,
grâce à la comptabilité analytique, a donc pris
connaissance du coût, et, bien que l'utilité du
porte-avions à 7 milliards ne saute pas aux yeux, il a
pris la décision de se le payer.
Prenons le cas maintenant de l'assurance chômage des
intermittents du spectacle, qui coûte exactement dix
fois moins cher qu'un porte-avions nucléaire, c'est à
dire 700 millions d'euros Le cogestionnaire de la
caisse, qui est le Medef présidé par Ernest-Antoine
Seillière, en accord avec le gouvernement, a décidé de
doubler les cotisations, en attendant de pouvoir
supprimer le fameux statut des intermittents, ce qu'il
essaye de faire depuis des années. Le patronat et le
gouvernement, grâce à la comptabilité analytique, ont
considéré que l'organe de la société française appelé
" culture " générait un déficit. Ensuite, ils ont
observé que les acteurs de la culture - les artistes,
comédiens, danseurs, musiciens, techniciens, metteurs
en scène de théâtre et de cinéma - ne constituaient
pas, à eux tous, un organe vital de la société. Et
ils ont raison : si nous supprimons les artistes, nous
continuerons à nous nourrir, à digérer cette
nourriture et à en évacuer les déchets dans les
endroits prévus à cet effet. Et l'on peut considérer
que c'est le principal.
On peut même voir plus loin, et se dire que, dans la
mesure où la culture procure à ceux qui en nourrissent
leur esprit un sens critique aiguisé et une liberté de
penser, le pouvoir, s'il ne veut pas être remplacé aux
prochaines élections, a tout intérêt à considérer
qu'avec " Star Academy " et " Télé-foot " le populo en
sait juste assez pour revoter pour les mêmes aux
prochaines élections.
Et si vraiment il y en a qui veulent devenir musicien
ou scénariste, ils n'ont qu'à avoir un bon métier pour
gagner leur vie, et se consacrer à l'art pendant les
week-ends. Combien de dentistes jouent du saxophone
dans les pizzerias, le samedi soir, combien de
notaires écrivent des romans que leur vieille maman
lit avec fierté, combien de coiffeurs exposent leurs
excellentes toiles dans nos crêperies, combien de
gynécologues jouent Knock avec talent devant leurs
amis du Lions Club ? Avec les petites caméras vidéo
que l'on peut acheter partout pour trois fois rien,
les tripiers et les conseillers à la Cour des comptes
peuvent rivaliser avec Comencini en filmant leurs
enfants.
Le système des intermittents du spectacle a trois
fonctions : il permet à des artistes de vivre, tout en
se consacrant entièrement à leur art. Car l'art comme
on dit, est difficile. Il engage toute une vie. Pour
bien jouer un rôle, pour bien écrire un texte, pour
exécuter ou composer un morceau de musique, il faut y
consacrer toute son existence. Comme si l'on ne savait
pas qu'il fallait du temps pour atteindre sinon une
notoriété, du moins une reconnaissance professionnelle
suffisante pour pouvoir en vivre... Sauf à être formé
en un mois par M6. Le bon peuple, tel que le voit le
sinistre Seillière - qui doit posséder des toiles de
maître jusque dans ses chiottes -, aime tellement ces
délicieuses ringardises... Gould s'enfermait pendant
des mois pour mettre au point l'interprétation de
quelques minutes de Bach. Une société qui ne produit
pas de sublime, du " non comptabilisable ", une
société qui se ferme à la vertigineuse et quantifiable
plus value de l'art est une civilisation au bord de la
disparition. Seillière et Raffarin et tous ces
blaireaux qui croient aimer les jolies choses
pensent que l'art se fabrique, les cons. Or, il
s'invente. Ce qui n'a rien à voir. Le temps de la
fabrication se mesure, celui de l'invention est
indéfini. Cela peut paraître dérisoire, on peut s'en
foutre, et la majorité des gens peuvent penser qu'ils
vivraient aussi bien si Léonard de Vinci ou Mozart n'
avaient jamais existé.
Mais ils ont tort. Ce monde, déjà très violent et très
fragile, le serait encore bien davantage sans les
artistes. Et ce n'est pas parce que ceux qui
l'ignorent sont la majorité qu'ils ont raison.
La deuxième fonction du système des intermittents,
c'est qu'il permet de mettre à la disposition des
entreprises de spectacle des artistes professionnels à
des conditions forcément précaires.
Certaines entreprises, d'ailleurs en abusent. Ainsi,
on compte 1200 précaires à France Télévisions et 1000
à Canal +. Çà et là, il y a de la fraude. Çà et là, il
y a des abus. C'est regrettable, on peut y remédier.
Mais la fraude principale, elle vient des entreprises
qui siphonnent impunément l'assurance chômage des
artistes en les payant juste le minimum pour que les
Assedic fassent l'appoint. Et s'il fallait que l'on
supprime tous les organes de la société qui sont
coupables d'échec, d'abus et de fraude, que serait-
il resté de certaines gestions municipales ? Et notre
armée française, qui, sans vouloir l'accabler, depuis
Waterloo, n'a connu que des défaites, nul gouvernement
n'a songé à réviser son statut pour autant. Et Michel
Bon, l'ex-patron de France Télécom, qui a creusé à lui
tout seul un trou de 70 milliards d'euros c'est à dire
cent fois ce que coûte l'assurance chômage des
artistes de toute la France, a-t-il provoqué un
mouvement d'opinion pour que l'on remette en cause la
politique industrielle de la France ?
La troisième fonction est précieuse. Le statut des
intermittents aide à vivre - très chichement, certes,
c'est mieux que rien - des artistes mieux que le
mécénat ou la subvention, car celui qui en bénéficie
est libre de tout projet défini, et peut donc, pendant
un certain temps, se livrer à une recherche purement
gratuite. Sans cette possibilité, pas d'évolution du
langage humain. Sans ces sursis " où les artistes ne
sont pas condamnés à un " résultat ", on condamne
l'art au plagiat, à l'académisme et à la médiocrité
de la répétition.
S'attaquer au statut des intermittents relève à la
fois du cynisme et de la démagogie. Du cynisme, car
jamais la hausse de leur cotisation ne fera descendre
autant de gens dans la rue que la hausse du prix de
l'essence, et de la démagogie, parce que ce genre
de mesure flatte la bassesse qui consiste à penser que
les artistes ne sont que des feignants et des
parasites.
De même qu'un corps peut vivre amputé des jambes et
des bras, un pays peut vivre sans une intense activité
culturelle. Un pays peut n'être qu'un estomac qui se
nourrit et qui rejette ses déchets. Supprimer le
statut des intermittents, c'est accepter d'être les
barbares des lointaines contrées qui regardent, bouche
ouverte, avec un filet de bave qui coule des lèvres,
Athènes édifier le Parthénon. Mais j'exagère. La
semaine dernière, en deux jours, Le Monde a consacré
deux pleines pages à la renaissance intellectuelle
nationale. La première se réjouissait du retour de
Sheila, la seconde incitait à la découverte du nouveau
disque de Johnny. Tout n'est pas perdu.
P.S. je ne suis pas intermittent du spectacle."
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Auteur: FA7
Date: 13/12/2002 14:12
Revue de presse...
LE MONDE - 06/12/02 - Isabelle Régnier
"Vers une refonte du régime d'indemnisation des intermittents du spectacle"
Un rapport aux ministres de la culture et des affaires sociales inquiète les syndicats.
Une dizaine de jours avant l'ouverture des discussions sur le régime général de l'Unedic, un rapport commandé par les ministres Jean-Jacques Aillagon et François Fillon bouleverse les perspectives pour les intermittents du spectacle. Les propositions faites par ses auteurs, Jean Roigt et René Klein, respectivement inspecteur général des affaires sociales et inspecteur général de l'administration des affaires culturelles, impliquent une véritable refonte du système d'indemnisation des professionnels du spectacle (cinéma, spectacles vivants...) entre leurs périodes d'activité.
Ce régime est à l'origine d'un déficit évalué par l'Unedic à 700 millions d'euros pour l'année 2001. La Fesac, Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l'audiovisuel et du cinéma, salue l'initiative. Son président, Jacques Peskine, estime que "les auteurs ont analysé les causes des problèmes et proposé des véritables solutions. Il appartient maintenant aux partenaires sociaux de s'en saisir et de faire des propositions". Il juge notamment très positives l'analyse des effets pervers du système et les propositions qui visent à réduire le champ des activités ouvrant droit à ce régime.
La Fesac demande une réforme profonde du système, dans l'espoir de revenir sur le doublement des cotisations salariales et patronales décidé en septembre dernier. L'organisation patronale attend beaucoup de l'exclusion du travail chez les particuliers (concerts pour les mariages, spectacles d'anniversaires) des périodes ouvrant droit à l'indemnisation : "Il est plus facile de tricher avec des particuliers qu'avec un employeur. Ne prendre en compte ces heures de travail, comme le suggère le rapport, qu'à partir du moment où suffisamment de cachets ont déjà été obtenus chez des professionnels pour ouvrir l'accès aux droits serait un vrai progrès." Ce point de vue est loin d'être partagé par les syndicats de salariés. Pour Michel Gautherin, délégué du Syndicat français des artistes interprètes, "ce sont souvent ces cachets qui permettent aux intermittents d'avoir accès aux droits".
S'il vise à rétablir l'équilibre financier du système, le rapport fait peser l'essentiel de la contribution aux salariés. "La logique du rapport,soutient Jean Voirin à la CGT-Spectacle, est celle du système assurantiel prôné par le Medef. Les principaux bénéficiaires du système seraient la petite minorité qui vit de son travail aux dépens de la logique de solidarité qui avait présidé à l'élaboration de ce régime spécifique." Le rapport précise bien qu'il faut maintenir un régime spécifique pour les intermittents du spectacle, mais l'ensemble des propositions formulées visent à rapprocher ses modalités de celles du régime général.
DEUX RÉGIMES DIFFÉRENTS
En raison, par exemple, de l'absence de contrats de travail à durée indéterminée, les congés de maternité et les congés de maladie qui n'étaient pas pris en charge par les employeurs étaient considérés dans le régime des intermittents comme des périodes travaillées. Le rapport remet cette disposition en question. Il prévoit, en outre, la mise en place de deux régimes différents, l'un pour les techniciens et ouvriers, l'autre pour les artistes et réalisateurs. Les premiers devront faire état d'un diplôme spécifique ou de deux années d'expérience pour bénéficier du régime. Pour eux, l'affiliation n'ouvrirait plus droit qu'à six mois d'indemnisation au lieu de douze. Pour les artistes et réalisateurs, c'est le taux d'indemnisation qui fait l'objet de modifications. "Pour obtenir un taux d'indemnisation de 31,3 % comme c'est le cas actuellement, il est proposé que les salariés travaillent cinq mois au lieu de trois dans l'année ; pour trois mois, ce taux serait ramené à 18 %. Ils n'ont pas touché au sacro-saint seuil minimum de 507 heures qui ouvre le droit à l'indemnisation, mais ils veulent réduire le nombre de bénéficiaires en leur serrant la ceinture", conclut Michel Gautherin. L'impact réel du rapport dépendra de ce qu'en feront ses commanditaires. La position de M. Aillagon est attendue avec attention. Jusqu'à maintenant, le régime d'indemnisation des intermittents, spécifiquement français, était un outil de politique culturelle. La CGT appelle à une semaine d'action du 16 au 20 décembre, au moment même où se tiendront les discussions sur l'avenir de l'Unedic.
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LIBERATION - 05/12/02 - Bruno MASI
"Les intermittents au rapport"
Un document remis hier préconise d'agir sur la durée d'indemnisation.
Le rapport des inspecteurs Roigt et Klein, commandité par les Affaires sociales et la Culture, portant sur la situation financière des annexes 8 et 10 de l'Unedic qui régissent les intermittents du spectacle, a été remis aux partenaires sociaux hier. 103 pages pour tenter de mettre au clair une situation financière souvent contestée et susceptible de peser dans la reprise des négociations mi-décembre.
Système coûteux. Que dit ce rapport ? Dans les méandres de la formulation administrative, le constat est simple : le régime des intermittents doit être maintenu dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle (tout le monde cotise pour tout le monde), mais il est trop coûteux. Au rang des dysfonctionnements, les deux inspecteurs pointent «la porosité croissante» du système, amenant certaines entreprises (publiques ou privées) ayant un lien plus que lointain avec le spectacle ou la culture à s'affilier au régime. Autre effet «pervers» : le caractère «attractif» du régime, qui serait vécu «par ses bénéficiaires comme la reconnaissance du milieu culturel et [...] comme un passeport exigé par nombre d'employeurs pour le recrutement». Enfin, le rapport estime que le système «est insuffisamment encadré en interne», reposant sur le seul principe de déclarations faites par les employés. Rien dans cet état des lieux ne semblerait surprendre les intermittents eux-mêmes, les organisations patronales et les syndicats. Depuis longtemps déjà, ces derniers demandent une clarification du régime et un renforcement des contrôles. C'est plutôt du côté des mesures que la discorde devrait naître. Les inspecteurs préconisent de refonder les deux annexes en fonction des professions : techniciens et ouvriers dans la première, artistes dans la seconde. Surtout, ils proposent d'agir sur la durée d'indemnisation, réduite de moitié ou des deux tiers en fonction des deux simulations proposées, tout en maintenant la dégressivité des allocations et le doublement des cotisations Assedic des employés et entrepreneurs décidés en juin.
Liste suspecte. Le rapport tombe à point nommé pour le Medef à l'aune de la réouverture des négociations. Mais il n'est pas au-delà de tout soupçon. Seules les préconisations à l'encontre des salariés semblent retenues. La liste des personnes auditionnées est plus que suspecte : y figure, en tant que coordinateur du rapport, l'ancien responsable du secteur «assurances privées» du Medef, aujourd'hui membre du cabinet de François Fillon.
Il y a une semaine, l'organisation patronale avait déjà de quoi se réjouir en découvrant un rapport, confidentiel celui-ci et réalisé par la Cour des comptes, dans lequel le statut était fictivement basculé dans l'annexe 4 qui régit les intérimaires. Un vieux fantasme du Medef que les syndicats majoritaires comptent combattre. Semaine de mobilisation prévue du 16 au 20 décembre.
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LEXPANSION.com - 04/12/02 - Thomas Bronnec
"Le régime des intermittents du spectacle à nouveau critiqué"
Le régime spécial d’assurance chômage des intermittents du spectacle semble sur la sellette. Après un rapport accusateur rendu il y a deux semaines par la Cour des comptes, le ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon, a reçu lundi celui qu’il avait commandé à deux inspecteurs généraux, René Klein et Jean Roigt. Lexpansion.com a pu se procurer la copie d’un texte qui juge nécessaire «le maintien d’un régime spécifique dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle», à savoir celui des annexes 8 et 10 de l’Unedic, mais qui préconise une révision musclée de ce dispositif. Au centre des controverses, celui-ci régit les conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle lorsqu’ils ne travaillent pas. Souvent vu comme un régime de faveur, il prévoit que les intermittents doivent justifier de 507 heures de travail par an seulement pour l’ouverture de leurs droits, contre 910 heures pour les autres intérimaires. Elles sont accusées de plomber les comptes de l’Unedic qui, en 2001, a empoché 100 millions d’euros de cotisations mais a reversé 838 millions aux 100 000 bénéficiaires du régime spécial.
René Klein et Jean Roigt pointent tout d’abord les dérives d’un dispositif dont l’attrait «est plus grand pour les personnes qui sont à la périphérie du secteur et veulent y entrer pour bénéficier du régime d’indemnisation, que pour celles dont l’activité est effective, et ressortit de la création ou de la production artistique». Les rapporteurs énumèrent ensuite un certain nombre de propositions propres à améliorer le fonctionnement des annexes. Ils prônent notamment un renforcement des conditions d’accès au régime, et une amélioration des contrôles. Et dressent plusieurs pistes pour «inciter à la création d’emplois durables», par opposition à «l’intermittence organisée». Enfin, ils jugent indispensable une «restructuration des annexes». Ceux relevant de l’annexe 8, c’est à dire les ouvriers et les techniciens, bénéficieraient d’un régime «mieux harmonisé avec le régime général», et ceux relevant de l’annexe 10, c’est à dire les artistes, auraient droit quant à eux à des «règles de fonctionnement plus proches du dispositif actuel».
Ces propositions sont vigoureusement dénoncées par la CGT-Spectacle, qui se revendique comme le syndicat le plus représentatif du secteur et stigmatise «un rapport pourri, qui va dans le sens du Medef». Jean Voirin, son secrétaire général, assure que les propositions «visent à diviser la profession» et craint notamment que les droits à l’indemnisation soient «sévèrement amputés pour le plus grand nombre de professionnels». Et la CGT d’appeler à une mobilisation le 17 décembre devant le siège du Medef, à l’heure où s’ouvriront les négociations pour restaurer l’équilibre financier de l’Unedic, dont le déficit global pourrait atteindre 3,7 milliards d’euros en 2002. La bataille ne fait que commencer.
source :
http://www.intermittents-danger.fr.fm/
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Auteur: Evil Buzzman
Date: 14/12/2002 11:59
Un chiffre à côté duquel tous les votres paraissent bien ridicules : la dette de France Telecom=70 milliards d'euros. Mais alors pourquoi le gouvernement donne-t-il des sous à l'armée et pas aux intermittents du spectacle? C'est bien connu, ce sont eux les premiers à monter au front lorsque la guerre frappe à nos portes. De même que de tous temps ce sont les artistes qui ont su redresser l'économie losrque le pays était au bord de la ruine, tout le monde sait que c'est grâce à eux que nous allons sortir du crash et nous libérer du terrorisme mondial, éviter la guerre en Iraq, réconcilier Palestiniens et Israëliens, abolir l'esclavage, supprimer les maladies, faire qu'il n'y ait plus que des gentils sur le paradis terrestre à venir ou nous partagerions tous la même joie immortelle...
Non mais faut pas déconner, certes le monde artistique en France se trouve six pieds en dessous du niveau de la mer, alors qu'il a rayonné sur le monde pendant plus d'un millénaire. On se doit de le défendre, mais de grâce ne mélangeons pas tout : politique, économie et armée ont, dans notre monde cruel, la priorité sur l'art (elles lui permettent d'exister). Il y a sûrement des arguments plus justes que les votres pour réclamer que l'on mette le budget de la culture à hauteur de ce que devraient être les exigences de notre pays. Malheureusement, si les artistes que vous êtes, ou que vous défendez, ont un si piètre discours, je n'augure rien de bon pour l'avenir proche de notre culture (et donc de notre pays sur la scène internationale). Les artistes n'ont pas su trouver, ces derniers temps, quelqu'un de suffisamment qualifié et raisonnable pour savoir les défendre et les faire aimer . Il suffit, pour s'en convaincre de faire le bilan de l'action de ministres de la culture depuis l'avènement de Mittérand (avant je ne connais pas mais ce n'est sûrement pas réjouissant). Pourtant, en règle générale, quelle popularité auprès du peuple et des artistes! Je crois qu'hélas, les artistes resteront toujours une race d'intellectuels incompris et ne comprenant pas la société, jamais à l'abri du mépris et de la misère, à tout jamais soumis à la prospérité du monde dans lequel ils vivent. Qui a dit, ou voudrait, que la vie d'artiste soit facile!?
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