N° 15 - Sept. 2003
 
NO RAFFARAN !

NO RAFFARAN !

Un premier ministre goguenard déclarant avec ferveur « la France n’est pas encore, dans son chemin du paradis, au purgatoire puisqu’il reste des socialistes ». Vision pleinement populaire, effectivement, d’un paradis peuplé d’UMPistes lepenéisants. Bilan.


Après avoir quelque peu émoussé ses confrères socialistes avec un « vous préférez votre parti à votre patrie », Raffarin, clown number one, remet ça à Strasbourg. Décidément, qu’est ce qu’on se marre avec notre gouvernement ! Mais s’il ne s’agissait que de phrases…NON. Nos parlementaires et ministres ont fait passer cette année plus de réformes que jamais leurs prédécesseurs avaient osé seulement aborder. Vision du paradis.

 

D’abord, la loi, presque votée, sur les étrangers. Plus de charters, moins d’autorisations de séjour, le tout couvert par les bonnes actions du gentleman gouvernemental, le sieur Sarkosy, qui a « aboli la double peine ». Mensonge ! Ne croyons pas certains médias à la botte du pouvoir, la double peine est loin d’être abolie. En effet, la seule avancée a été d’imaginer des catégories protégées. Tu n’expulseras point les hommes nés en France. Tu n’expulseras point les hommes qui sont arrivés avant l’âge de treize ans en France. Tu n’expulseras point les hommes qui ont une famille et qui subsistent à ses besoins. Toutefois, tu pourras expulser ceux qui sont apparentés au terrorisme ou à des deals de produits non manufacturés. Ainsi, Mourad, la trentaine, père d’enfant français, marié à une Française, lui-même né en France mais n’ayant pas la nationalité sera expulsé sans ménagement puisqu’on l’a coincé en flagrant délit de vente de hasch’… Et aucun recours possible aujourd’hui pour les organisations de défense des étrangers car la loi est là. L’année dernière, on aurait pu lui assurer un droit d’assignation à résidence. Aujourd’hui rien, il reprendra l ‘avion. De plus, ces nouvelles catégories dites protégées ne sont en fait que bluff énorme car ces personnes recevaient toute l’attention des tribunaux avant et arrivaient à ne pas être renvoyées dans « leur pays ». La couverture s’effiloche.

Ensuite les flics. On leur offre des flashs-balls (c’est un truc terrible, vous verriez ça, digne d’un engin de Xmen) et une opportunité d’être plus nombreux, plus forts, plus terrifiants. Et ils sortent leur jolie tenue. Petite anecdote. Récemment, je manifestais au côté des intermittents. Mais étonnement à la vue des deux seuls scooters et de la voiture de police qui ouvraient la route. Je m’approche de la voiture, demande à l’homme en bleu pourquoi il y a si peu de forces de l’ordre et que me répond-il le brave ? « On n’est pas assez nombreux pour couvrir tous les rassemblements ». Rire. Je n’y crois pourtant pas. Je vais donc voir un charmant monsieur doté d’un talkie super mini et lui repose la question. Réponse tout aussi charmante : « Les intermittents ont la phobie des flics alors il vaut mieux qu’ils suivent la manif par des rues parallèles et s’il y a un problème, ils rappliquent vite ». « Mais vous, qui êtes-vous monsieur ? » lui demandai-je naïvement, « Ben je suis aussi un policier mais en civil, ça fait moins peur ». Effectivement.

 

Et nous pourrions encore évoquer les retraites. Vous imaginez, vous, un prof, avec moindre salaire puisqu’on a décentralisé son régime, enseigner la littérature française à l’âge de soixante-dix ans à trente gamins lobotomisés par Nice People ? Et ceux qui ne sont toujours pas convaincus et qui pensent que les fonctionnaires sont méga privilégiés et que la réforme est normale n’ont qu’à passer le concours et devenir postier, instit’, ou autres. On conviendra ensuite que ces gens ont une évolution salariale réduite, contrairement aux travailleurs du privé, et que les 35 voire 39h ne sont que doux rêves pour eux…

Voilà le paradis peint par notre gouvernement, élu démocratiquement par le peuple de France. Et ces mots (maux ? ? ?) ne sont qu’exemples. Bientôt, nous redescendrons dans la rue pour préserver la Sécu, pour préserver nos droits de base. Et personne ne nous entendra. Et Raffaclown lancera des boutades aux socialistes. Et nous nous endormirons avec la vision d’un monde de MERDE (je me devais de le dire) pour nos enfants.
Va-t-on endurer ce manège longtemps ?

Emmanuelle EYMARD - Juillet 2003

Crédits :
1- Caricature de Jan Op De Beek
2- Photo source www.lefourneau.com

 

 

Site map L'art Scène Collections

© Copyright 2005-2010 L'art Scène. All rights reserved.
A template of the Vooweb.com Website templates network