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Bénabar
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Crédit: Inconnu
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Bénabar & associés
12 titres
- 40 min 06 Ref : ZB971001 Sorti : 1997 Production : Zébuth Distribution : Zébuth
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01 -
La p'tite monnaie 3,39
02 -
Adolescente 3,09
03 -
Majordome 2.59
04 -
Ali et Felix 2,57
05 -
Tout va bien 2,44
06 -
Le chien 3,18
07 -
Advienne que pourra 3,09
08 -
Le 115 4,18
09 -
Mélanie Patterson 3,37
10 -
Cannibale 2,01
11 -
Les ricochets 2,28
12 -
La valse 5,45
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01 -
La p'tite monnaie
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Un joyeux brouhaha, un chaleureux chahut / Nous retient autour d’une table, la peau du ventre bien tendue / Les vieux finissent l’eau-de-vie, tandis que les jeunes mangent leur pain blanc / En chatouillant les petits qui s’étouffent en rigolant…
Les repas le dimanche midi / Comme j’sais plus qui disait… / Le bonheur ça se trouve pas en lingots / Mais en p’tite monnaie
Une forte tête blonde termine sous la menace / Ses minuscules dés de viandes, en faisant la grimace… / Il en donne un sur deux au chien… moi j’y vois clair dans son petit jeu / Il me supplie du regard, alors je ferme les yeux !
Le bébé en bout de table, sur sa chaise d’arbitre / Surveille d’un œil abstrait l’arbre généalogique / Dire qu’on vénère tellement ce petit incontinent / La grand-mère l’embrasse en rital… j’vous jure que c’est mieux avec l’accent !
Ca me rappelle quand on était gamins / On faisait nos prières en italien… / J’ai longtemps cru que dieu était rital / Maintenant je sais qu’il est américain !
On fait des dunes de sel pour aspirer les tâches / De vin rouge renversé, et des sujets qui fâchent / Les vieux souvenirs de vacances roulent sur la nappe, les miettes de pain / Les blagues plutôt grivoises slaloment entre les bouteilles de vin.
La prune, la poire, la cerise, on va siroter tout le verger ! / Le grand-père sort les cigares… et se les fait tous taxer ! Morceaux de sucre dans l’alcool… raffinement de gastronome / C’est la chasse au canard dans le marc de Bourgogne !
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02 -
Adolescente
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Ta mère t’avais dit : « demande ce soir à ton père » / Il a répondu non, évidemment, comme pour le scooter / T’as eu beau plaider que tes copines l’ont déjà depuis longtemps / « Le téléphone dans la chambre : c’est non ! »
Tu quittes la table en hurlant, vivement que t’aies 18 ans / Ca y est ton père s’énerve, t’as gagné, tu peux être contente / « Avec ta mère, on se serre la ceinture toute l’année / Et mademoiselle en plus, voudrait une ligne privée !! »
Tu claques la porte de ta chambre, couverte d’autocollants / « Do not disturn » des hôtels accroché à la poignée / Tu sors de sa cachette, ton journal intime / Aussi bien planqué qu’un livre de fion dans la piaule d’un garçon.
Derrière la couverture, genre David Hamilton / Tu racontes entre deux larmes, qu’un jour tu vas fuguer / Tu sors d’une autre cachette, un paquet de cigarettes / Hyper light mentholées que tu fumes à la fenêtre.
Mais, il y a Ludovic, et il tÂ’aime et tu lÂ’aime / Ca fera un an dans 10 mois que vous sortez ensemble / Et mĂŞme sÂ’il a tellement de boutons, quÂ’on dirait un clafoutis / Tu peux trop rien dire, Â… des boutons, tÂ’en as aussi !
C’est vendredi dernier, que ta vie a basculée : / T’avais dit à ta mère que tu dormais chez Stéphanie / Manque de bol, Stéphanie a appelé : / Elle voulait savoir ce que tu faisais pour la soirée.
A 5 heures du matin, quand t’es rentrée sans bruit / Surprise ! Tes parents t’avaient attendus toute la nuit / Ils ont remarqué tout de suite que t’étais plus la même… / Ta mère a pleuré : « Ma fille est une femme ! »
Bizarrement, ils t’ont paru moins vieux / Mais toujours aussi cons : pas question de pleurer devant eux / Ta mère a demandé : « t’as pris tes précautions ? » / Ton père a crié : « Mais il s’est tapé ma fille ce p’tit con !! »
Il a fallu vous mettre à deux pour l’désarmer / Il était encore furieux, mais ne parlait plus d’l’émasculer… / Pour penser à autre chose il a rangé trois fois le garage / Il a tondu le jardin… et celui du voisin.
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03 -
Majordome
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Laisse-moi rester avec toi / Tu ne le regrettera pas, je me ferai tout petit, c’est promis / Je serai votre majordome / Fais comme si je n’étais pas là … comme quand tu pensais à lui.
Je saurai me rendre utile / Je vous ferai la cuisine, les carreaux, la vaisselle, et je sortirai le chien / Vous pourrez vivre heureux sans tous ces soucis futiles / TÂ’auras quÂ’Ă te dire que je suis Tamoul ou Philippin.
Même si ton amant me répugne / J’tenterai rien contre lui, je serai souriant et discret / Si j’essaye de l’égorger, n’y vois là aucune rancune / C’est sans faire exprès.
Le soir après mon service / Je partirai sans bruit, pour qu’il te mette au lit… ou ailleurs / Tu retourneras sans moi à nos soirée de jadis / Je cacherai ma douleur de peur que tu me renvoies.
Je lui achèterai des fleurs… pour qu’il puisse te les offrir / Je lui dirai les mots qu’il doit, et ne doit pas dire / Je veux pas aider ce connard à te conquérir / Mais ton bonheur est le plus cher de mes désirs.
Embauche-moi comme majordome / Il te rendra heureuse grâce à tous mes conseils / Et que le bon dieu me pardonne… / Si je l’étouffe dans son sommeil.
Pense à la joie de ton amant / Son rival transformé en fidèle domestique ! / Mais qu’il prévoit des pansements / Et une chambre à la clinique.
Faut quand mĂŞme pas me prendre pour ce que je suisÂ…
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04 -
Ali et Felix
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Une avalanche de légumes en façade / Opulence affichée, comme une barricade / Petit homme frisé brun, à la blouse bleue / A l’accent algérien… épicier rebeu.
Il vend de tout, et à toute heure / Des clopes, des fruits, d’l’alcool et du porc / J’l’aime bien, il est sympa… même s’il me vend des fois / Le pâté « Olida » au prix du meilleur foie gras.
Félix l’épicier d’en face, fait la grimace / « Qu’est-ce qu’il fout ici ? / Qu’il retourne dans son pays / C’est voleur et compagnie / C’est comme ça en bougnoulie ! »
Ali s’en fout, il gagne plus d’argent / Même madame Baro du 5e, là bas, vient chez lui maintenant . Certains contiennent leur colère, seulement le tolèrent / Car il est toujours ouvert, même quand Félix à tiré son rideau de fer.
Ali regrette quÂ’on le confonde avec / Les barbares Ă barbe Ă la haine vagabonde / Est-ce que tous les suisses fabriquent des pendulesÂ… / Peut-on affirmer que-tous-les-grecs-sÂ’encÂ…
Félix l’épicier d’en face attire le client / On vend des produits français, nous, des produits bien d’chez nous ! / Oranges d’Espagne… bien d’chez nous ! / Nems et lasagnes… bien d’chez nous / Pain de campagne… bien chelou… !
Quelqu’un a brûlé l’épicerie d’Ali / Félix, bien sûr, a un alibi / Il se réjouit et se frotte les mains / « Sans Ali, je vais faire fortune, c’est certain ! »
A la place d’Ali, on voit de loin / Un grand carrefour : 60 magasins… / Félix l’a dans l’cul, il a plus d’client / « Mais bordel, carrefour, c’est français !… Pourtant. »
Félix maintenant, regrette son vieux concurrent / Il a compris, mais trop tard, que l’ennemi, c’est pas Ali / Mais les grands qui mangent les petits / Les grands qui mangent les petits / Petits comme Ali… et petits comme lui : tant pis pour lui !
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05 -
Tout va bien
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Boule Quies, fric et vague à l’âme pour rien / Cholestérol, mais défilé d’mannequins / L’existence en peau de chagrin / Au son des karaokés, on se soutient / Barbecue, lacrymo, survêtement / Couleur des yeux, taille, poids déterminant / La joie en supplément / La détresse et le chagrin payables comptant.
Roulez jeunesse, la vie nÂ’est quÂ’une kermesse / Il faudra que cela cesse, mais rien ne presse / Car tout va bien, tout va bienÂ…
Quinte de toux pour les vieux supermans / Quête de toux pour les jeunes pyromanes / Pilotes de courses hystériques / Carambolages historiques, mais pas de panique / Disneyland, amour, joie de vivre… c’est louche / Revolver, barillet et cartouches . Tout va à vau-l'eau / Même la calotte s’mèle de capote, ces vieux puceaux.
Roulez jeunesse, la vie n’est qu’une kermesse / Héritiers de Damoclès, il faudra bien qu’on serre les fesses / Mais tout va bien…
Ils nous préparent la prochaine surboum / Bienvenue à tous dans le sanglant cartoon ! / Notre bon vieux navire / Ne deviendra que l’Titanic ou le Bounty / Crack boursier, société en faillite / Pourriture que nos sociétés suscitent . Malgré les points de suture / Même si la foi se régénère les plaies suppurent.
Roulez jeunesse, la vie n’est qu’une kermesse / Allumez vos feux de détresse et soyez dimanche à la messe / Car tout va bien, tout va bien.
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06 -
Le chien
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Le chien s’est redressé, comme fou, quand l’homme a enfilé sa veste / Il a sauté, renversé presque tout, quand l’homme a secoué la laisse.
La femme est restée dans la cuisine, faisant semblant de nourrir la gamine / L’homme a dit « à ce soir »… Le chien pouvait pas savoir.
Pourtant le chien s’est dit « bizarre, c’est pas le trajet rdinaire… / C’est con, mais on pourrait croire qu’on va chez le vétérinaire ! ».
Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu, de temps en temps / Y’a les « nous » et y’a les autres, et y’a les chiens…
L’homme regardait droit devant lui / Il repensait quand le chien était petit / Bien avant son mariage, son enfant… / Tout le remue-ménage.
Les banquettes de la voiture… bectées ! / Les chaussures à 100 sacs… baisées ! / Les dimanches en forêt, le freesbee, le chien qui se barrait… / Il passait sa journée à le chercher.
Le chien était devenu vieux et méchant / Il boitait un p’tit peu et il grognait tout l’temps / « Pas question de s’en séparer ! » disait l’homme fermement / « C’est mon chien fidèle ! » seulement…
Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu, de temps en temps / Y’a les « nous » et y’a les autres, et y’a les chiens…
« Qu’est-ce qu’il t’as pris pépère, j’ai rien dit quand t’as mordu la voisine / Cette fois, j’ai rien pu faire, fallait pas t’en prendre à la gamine.
« Et me regarde pas comme ça ! » aboyait l’homme. Les passants ne comprenaient pas / Le chien était surpris aussi, il avait même pas fait de conneries, aujourd’hui…
Le chien a compris, trop tard… en voyant la silhouette blanche du véto / Et, dans son regard, il n’y avait que de l’affection pour son bourreau.
Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu… un peu tout l’temps / Y’a les « nous » et y’a les autres, et y’a les chiens… condamnés par nos soins.
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07 -
Advienne que pourra
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La nature, je le constate, a des filles préférées / T’es faite comme un complot, un colis piégé / Insouciante gamine, bombardée canon / Le soleil qui t’illumine choisit ses plus beaux rayons.
Elle est pas belle la vie / Advienne que pourra, InchÂ’ Allah Youpi !
Encore toute étourdie par le reflet gracieux / Que te renvoient, le soir, les miroirs amoureux… / Et quand les courtisanes t’en veulent ou t’envient / Nous deux on s’envole sous les draps en tipi.
Les talons en piédestal… et les trottoirs en estrades / Moi, fier comme un paon, à ton bras je parade… / T’es comme un pêché mortel, bonne comme une pâtisserie / C’est pourquoi je dis « adieu » aux filles qui font tapisserie.
Même si la vie c’est moche / Comme une rentrée des classes, une saison de la chasse / Même si la vie c'est moche / Comme une génuflexion, une extrême onction.
La vie, c'est joli aussi / Comme un 14 juillet et des vacances au ski / La vie c'est joli aussi / Comme un p'tit animal et un bateau Ă voile / La vie, c'est joli aussi / Comme une fille toute nue dans un litÂ…
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08 -
Le 115
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On a passé la nuit à jouer au poker / Vider des cendriers et des canettes de bières / J'ai perdu 1000 $ en jetons nacrés / Cette fois y'en a marre, Kamel doit tricher.
Puis Patchol m'a emmené dans une boite à la mode / "Soirée privée!" Je suis rentré à pied / Faut pas traiter les videurs de pédale, j'ai l'épaule droite déboîtée / Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis !
Sami a préparé des accras de morue au gout de gésier / J'ai bien fait de pas manger ! / Le voisin du dessous n'aime pas le sport / Il ne veut plus qu'on joue à la pétanque la nuit.
J'ai vu Patrick et Seb, on a parlé de toi / J'ai fait celui qui s'en fout / Quand les larmes sont montées, ils ont regardé ailleurs / Genre on a rien vu du tout / Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis!
C'est pas facile de faire semblant / Sourire sur les photos, pleurer entre temps / C'est dur de faire bonne figure partout / Comme ceux qui fontÂ… Celui que s'en fout.
J'ai bouffé chez des gens qui parlaient d'Internet / D'Au-delà du réel, de Nova magazine.. / J'ai renoncé à pister une espèce de conne / Qui trouve "hyper fin de siècle" mon mauvais caractère !
Olivier et Sylvie vont avoir un gosse / Qu'on a célébré en polyphonies corses / A quatre heures du matin, les flics on insisté / Pour qu'on les suive au poste... / Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis!
Je ne serai pas de ceux qui se lamentent pour une demoiselle / Cajolant leur chagrin qu'ils prétendent éternel / Pour les beaux yeux d'un jolie salope / Ils ne se mouchent plus, ils écopent ! / Le mot bourreau n'a pas de féminin… / Comment nommer les femmes cruelles? / J'ai bien pétasse, morue et charogne… / Mais ça rime pas terrible / Tu vois ça va, qu'est-ce que tu crois, je refais ma vie… Youpi !
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09 -
Mélanie Patterson
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Ecoutez l'aventure / D'une petite hirondelle victime de vertige / C'est l'histoire absurde, mais véridique / d'un oiseau névrosé, privé de voltige.
Tous les psychiatres s'interrogeaient… / Car elle ne décollait jamais / Pour quelle raison, pour quel secret ? / Mélanie Patterson, elle s'appelait.
Il y avait eu des cas presque identiques / Lion végétarien, chien qui miaulait ! / Et au fond de l'océan Arctique / Une baleine retrouvée noyée.
Les mots "looping", "rase-mottes" et "piqué" / Lui faisaient perdre connaissance / Parachute ou pas, impossible de voler / Elle devait marcher, cruelle sentence.
Mais le pire reste Ă venirÂ… / Car venant septembre, pour l'Afrique / Les hirondelles durent partir / L'abandonnant Ă son destin tragique.
Et ce fût la descente aux enfers / Désespérée, elle sombra dans l'alcool… / Abandonnée, sans père ni mère / On dit même qu'elle sniffa d'la colle…
Après une cuite monumentale / Elle décida de les rejoindre / Elle était peut-être anormale / Mais elle verrait l'Afrique avant de s'éteindre.
Elle prit ses disques des Bangles / Son couteau suisse et ses chaussures / Elle mit son badge "Say no to drugs" / Et partit pour l'aventure.
Non stop, pendant de longs jours / Elles fonça, tailla la route / Elle ne s'arrêtait que pour / Manger, et réparer son scoot.
Emprisonnée au Tchad, elle s'évada… / Dépouillée au Zaïre par des matelots / Le Zambèse en pirogue jusqu'au Botswana / Elle ne dût sa survie qu'à sa lacrymo.
Imaginez son désespoir / Lorsqu'arrivée à destination / Malheur il était trop tard… / C'était le printemps, le voyage fût trop long !
Le campement déserté / Les hirondelles avaient fait demi-tour / Papiers gras, sacs poubelle éventrés / Mélanie décida de mettre fin à ses jours.
Mais les contes ne se terminent jamais mal / Les enfants sont formels / Je dois trouver, moi aussi, c'est normal / Une fin plus traditionnelle.
Alors voilà la phrase habituelle… / Mélanie rencontra le prince charmant : / Monsieur Rico l'éléphant ! / Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants…
Moitié hirondelle, moitié éléphant / Je vois dis pas la gueule des enfants !…
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10 -
Cannibale
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Dans les maternelles / Les néophytes, le nez aux fenêtres / Adulent les adultes / et se languissent du jour où…
Ils seront de grandes personnes / Tout comme nous : d'illustres inconnus/ Quand enfin la cloche sonne / ils se confient dans la cour / Ce qu'ils deviendront un jour.
Ne croyez pas ce qu'on vous dit / Sur nous, sur tout et sur la vie / Faites demi-tour, et vite, avant que le temps qui passe, cannibale / Ne vous dévore tout cru / Le cœur et les entrailles, les cheveux, les amygdales / Le crâne et le rectum, ça fait mal.
N'écoutez pas les hauts parleurs / Refusez de devenir majeurs / Minables, désolants, lamentables, pitoyables et miteux… mais stables / Refusez la soupe, boudez nos conseils/ Evitez coûte que coûte de grandir pareil.
Vous espérez sûrement / Sauver la veuve et l'orphelin / Devenir pilote de formule 1 / Aventuriers ou magiciens.
Mais vous ramperez comme nous / Pour un petit bout de rien du tout / Evitez l'âge où tout dérape / et reculez même à quatre pattes / Déjà les années vous rattrapent !
Ne passez surtout pas votre vie à graver sur la pierre tombale / Votre ennui, vos envies : triste épitaphe somme tout banale / Vos espoir dissipés, sous terre d'ici peu / Fermez les yeux et faites le vœu de ne jamais devenir vieux.
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11 -
Les ricochets
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On allait en forĂŞt, au lac / Faire des ricochets / Tu trouvais super / Qu'elles coulent pas, les pierres Â…
Oui mais voilà , un peu plus tard, un peu plus tôt / Tous les cailloux finissent au fond de l'eau / Même les supers galets… bien ronds, bien plats, faits exprès…
Certains se sont vantés d'l'avoir lancé de l'autre côté / Mais ils avaient triché, le lac était gelé ! / Alors toi, qui n'avais qu'un pavé, il a fait quelques rebonds… Et t'as coulé.
Pour pas qu'elle coule ta pierre / Il aurait fallu lui mettre une bouée… / Ou que je t'apprenne à lancer / Mais je m'occupais trop de on galet.
Déjà enfant, ton cartable, quand tu l'oubliait pas, cachait mal le dossard / Le tennis les samedi, et les vacances au ski / "Assidu" disaient les professeurs… / T'avais tout pour réussir.
J'y suis pour rien, j'étais pas là / J'ai un alibi et même des témoins / Il n'y a qu'une victime, pas de coupable / Sauf la poutre du grenier… et le reste, tout le reste. Et ceux qui restent…
Maintenant je sais que les fantômes existent / Mais ils sont pas méchants / Ils sont juste un peu tristes / Ils veillent sur ceux qui les aimaient. Les fantômes sont pas rancuniers.
Le lac de la forêt maintenant est comblé d'ordures / Y'a comme une petite île, mais c'est les capot d'une voiture / Plus de ricochets, plus de gosses, seulement des souvenirs et le tétanos.
Maintenant je sais que les fantômes existent / Contre l'amnésie, ils résistent… / Ils veillent sur ceux qui les aimaient / Surtout la nuit, pour qu'on repose en paix…
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12 -
La valse
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Elle a mis le temps, la valse, à rédiger la préface / Où l'alchimie éphémère, du désir opère.
Elle Ă mis le temps, la valse, pour que tu me regardes / Et qu'enfin, tu accepte la joyeuse galipette.
Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me dises "oui / J'ai dĂ» en faire des grimaces, avant que tu viennes dans mon lit ! / Elle a mis le temps, la valse, Ă vouloir trop en faire / Pour souligner la farce de notre histoire ordinaire.
Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me voies tel que je suis / Et pour que tu en déduises des conclusions qui me nuisent…
Elle a mis le temps, la valse, tu n'étais qu'une métaphore / J'ai vu ton vrai visage, bien après ton joli corps.
Elle a mis le temps, la valse, à réduire les amants / A des ombres sans vie, qui dansent au son de l'ennui.
Elle a mis le temps, la valse, Ă pourrir les sentiments / Des enfants qui balbutient des "je t'aime pour la vie !"
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