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Big Mama [15 Mars 2003]
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C'est dans le confort de la loge de Big Mama que Stéphane nous a reçu avant sa montée sur les planches de Rueil Malmaison.
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L'art-Scène : |
Pourquoi vous êtes-vous lancez dans une tournée si longue ? |
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Big Mama : |
On ne peut pas dire que ce soit une tournée dans le sens où tu pars 3 mois. On joue tous les week-ends et ça toujours été plus ou moins comme ça. Et puis avec la notoriété grandissante et le fait qu’on ai un tourneur depuis un an ( Eddy de WCM )…Et dans la démarche dans laquelle on se place, c’est le meilleur moyen de se faire connaître, c’est là où l’on s’amuse le plus et c’est aussi là où on travaille ce qu’est le groupe. On enregistre les concerts, on essaye de voir ce qui fonctionne ou pas.
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L'art-Scène : |
Quel bilan tirez-vous du second album ? |
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Big Mama : |
Là , on doit être à 8000 disques…et donc c’est bien car on a pas les moyens d’une multinationale derrière ; et c’est de plus en plus dur d’imposer la présence des disques en magasins pour les groupes non marquetés par le biais d’une major.
L’accueil des chroniqueurs, que ce soit sites,…, est super bon. Les gens ont vu qu’il y a une évolution, que ça a progressé.
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L'art-Scène : |
Et un public de plus en plus nombreuxÂ… |
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Big Mama : |
Oui, là on voit qu’il y a une vraie différence entre la vie du disque en magasin et les concerts. On est « reconnu » comme un groupe ayant déjà fait un album puis un deuxième…mais on galère toujours autant pour que les cd soient dans les bacs…mais bon ce n’est pas grave, on fait plus de concerts, les gens qui ont aimés le premier ont bien aimé celui-ci. On essaye d’avancer avec humilité car l’on estime qu’on apprend, qu’on a encore beaucoup à apprendre…
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L'art-Scène : |
Et cette évolution, dans le futur, sera-t-elle encore plus rock ? |
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Big Mama : |
Oui, oui et le prochain sera encore plus rock. Le truc c’est qu’on écoute plein de choses différentes et au bout d’un moment tu te connais plus, il y a une vraie identité propre au groupe qui se créée et donc là n se rend compte que l’on tend vers des choses de plus en plus rock….à notre sauce, on ne sera jamais Exploited, mais ce sera plus rock, toujours avec du reggae, ska, funk.
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L'art-Scène : |
On retrouve toujours plus d’influences dans votre musique. Avez-vous peur d’être prisonniers d’une étiquette, d’un style ? |
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Big Mama : |
C’est pas trop calculé. Vu qu’on écoute pleins de trucs, on se ferait chier je pense à faire toujours la même chose. Et moi quand j’écoute le dernier Exploited, après j’ai envie d’écouter un Skatalites ou quelque chose qui se complète. Donc Big Mama ça fonctionne un peu pareil…Mais après on essaye de faire de nos influences quelque chose de personnel. Donc on espère que ce seront des influences qui arriveront dans notre style à nous, plutôt que de faire un morceau typiquement funk, un autre reggae,…ce qui était le défaut de notre premier disque.
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L'art-Scène : |
Est-ce la raison de la disparition de la chanteuse et du percu ? |
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Big Mama : |
Le percu s’était différent puisqu’il n’était pas là tout le temps, et que dès le départ s’était un truc en plus…et puis à un moment il ne pouvait plus, et ça prenait vachement de place, ça nous faisait chier (rires). Par contre pour la chanteuse, on n’avait plus les mêmes envies. Elle était plus délire funk/paillettes/délires…en même temps elle aimait bien les trucs qui dégageaient, mais elle étaient de gueuler pour se faire entendre…mais il n’y a pas eu de galères, chacun à pris des chemins différents.
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L'art-Scène : |
Les paroles mélangent toujours légèretés et engagements. Pourquoi ce besoin de mélange? |
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Big Mama : |
Elles sont plus personnelles dans le second album, il y a moins de chansons engagées…elles sont moins premier degré. Et s’il devait avoir encore évolution ce serait d’écrire des choses qui tentent de développer une idée de manière moins bourrine, moins premier degré, même si c’est parfois agréable. Ca vient avec l’age aussi…mais c’est comme dans la vie : si tu te prends que la tête….à l’inverse si tu passes ton temps à t’éclater, te dépouiller…faut choisir entre la cirrhose et la corde ! (rires !)
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L'art-Scène : |
Vous défendez le "Do It Yourself". Pourquoi, que vous on fait les majors? |
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Big Mama : |
Ce n’est pas un truc par rapport aux majors. Rapidement, on s’est dit qu’il fallait faire soi-même, car si tu te prends pas en charge toi-même, il y a peu de chance pour qu’un producteur vienne te voir et te dire « j’aime beaucoup ce que vous faites ». Donc on a décidé de monter notre label. Et après les majors…bon, nous on fait de la musique, eux du commerce avant-tout. Donc quand t’es arrivé à un stade de vente et de notoriété intéressant pour eux, tu deviens un produit intéressant…mais sinon la musique il n’en ont rien à foutre. Ils font du commerce et dans notre société capitaliste, vendre des disques ça reste une activité commerciale. Donc il faut les prendre pour ce qu’ils sont : des outils.
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L'art-Scène : |
Pourquoi avoir commencé par sortir des compiles et non par votre propre album ? |
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Big Mama : |
Ben il n’était pas prêt. Et chez le distributeur pour lequel je bossais, il y avait deux mecs qui ont montés leurs labels. Et je me suis demandé quel était le lien de tous les groupes que j’aime bien…et c’était le reggae, toujours à leur sauce, ils se servent du reggae. Donc je me suis dit que ce serait pas mal de sortir une compil’ de groupes influencés par le reggae. Et rapidement c’est devenu la plus grosse vente du distributeur alors que je pensais en vendre 1000. J’étais ultra-motivé, mais là on doit être à 150.000 ventes les 3 réunis et je n’imaginais pas ça une seconde.
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L'art-Scène : |
Outre le fait que les FRP aient connus un large succès et aient servis de tremplin à de nombreux groupes, était-ce aussi un moyen de prouver qu’on peut faire 1cd ou un double-cd de qualité et à moins de 100balles ? |
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Big Mama : |
C’est toujours ça d’ailleurs puisque notre cd est volontairement à moins de 100 francs en magasin. Pour ça, on gagne moins de sous dessus, mais on s’en fout, ce n’est pas le plus important. Et le public qui s’intéresse à cette musique là est jeune et n’a pas les moyens. Et un cd n’a aucune raison d’arriver à 140 fcs en magasin. Je sais ce que ça coûte de le fabriquer…et il y a des gens derrière qui doivent gagner leur vie…mais ces gens-là , le cd ne leur coûte que 10/15fcs…et après on s’étonne que ça grave. Mais c’est normal quand tu vois le prix des disques !
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L'art-Scène : |
Les sorties et le succès de ces compiles ont-elles directement servis au groupe Big Mama ? |
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Big Mama : |
Oui. Tous les groupes présents sur ces compils ça les a boustés et fais connaître auprès des labels et programmateurs. Et nous, ça nous a aidé car notre cd était attendu.
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L'art-Scène : |
Stéphane, tu es directecteur de BMR, et de Small Axe…Est-ce plus facile pour sortir ses cd ?
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Big Mama : |
Bien sur…mais en même temps, je suis pas tout seul, mais oui !
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L'art-Scène : |
Small Axe s’impose véritablement comme LE label indépendant. N’y a-t-il pas de crainte de devenir l’incontournable, la major des indés? |
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Big Mama : |
Oui c’est vrai…de toutes façons, nous on a plus d’exigence…mais ce n’est pas une major dans la mesure ou le but n’est pas de se faire de la thune sur le dos des groupes. Ce qu’il faut souhaiter c’est qu’il y en ai d’autres qui se montent.
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L'art-Scène : |
On retrouve une cohérence dans l’état d’esprit des groupes distribués par Small Axe. Est-ce une condition absolue et suffisante pour être distribuée par SA ou faut-il être dans une certaine mouvance musicale ?
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Big Mama : |
Il faut que les groupes soient structurés, qu’ils tournent toute l’année et qu’ils aient un certat état d’esprit « Do it yourself »…mais pas de style particulier, au contraire.
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L'art-Scène : |
Penses-tu qu’elle va durer ou que comme chaque mouvement elle est appelée à s’éteindre ? |
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Big Mama : |
Je pense que ça redescend déjà …il y a des groupes qui vont rester et ceux qui surfent juste sur la vague…et eux ça ne va pas durer : il y a une sorte de sélection naturelle….c’est pareil pour le rock des année 80, tu cites toujours les 5/6 mêmes groupes alors qu’ils étaient bien plus nombreux !
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