N° 14 - Juin 2003
 
Miroir militant
Mise à mort de rire (06/2003)
Histoire d'association (04/2003)
Les Dérives du Net 2/2 (04/2003)
Les dérives du net : la pédophilie (02/2003)
Irak, Bush : garde à nous. (02/2003)
José Bové : exemple à suivre (01/2003 et toujours)
Pour Noël, servez donc culture et tolérance (12/2002)
L'impardonnable peine de mort (10/2002)
Le GENEPI : une association militante (10/2002)
De la nécessité de philosopher (09/2002)
Coûts et contrecoups des vacances. (08/2002)
Reprenons la Bastille (07/2002)
La bagnole déboussole. Mais pourquoi donc ? (06/2002)
Le keffieh de la résistance Palestinienne à l'oppression. (04/2002)
Militer : mode d'emploi.
Mise à mort de rire (06/2003)

Rira bien…

Vous voudrez bien m'excuser pour ce sujet, le rire, posé sur le G8 fort maladroitement. Notre éditorialiste lui-même ne s'en remet pas. Et pouf, pas d'édito. Pourtant, vaut mieux en rire… Car nous sommes bien d'accord avec Hegel sur ce point : le contraire du rire n'est pas le sérieux, c'est la réalité. Huit parvenus, planqués dans une tour d'ivoire, dans le dédain total des andouilles qui les ont élus accordent droit de vie ou de mort à notre si belle planète, où cohabitent encore, pour combien de temps, tigres, girafes, cerisiers, orchidées, humains, et autres millions de races. Ils choisissent l'arme : faim (très efficace), peine de mort (intimiste), sida (en progrès), illettrisme (investissement à long terme), radioactivité (peut mieux faire) ou bombes à fragmentation, si rien ne marche. Voilà la réalité. Voilà le contraire du rire. Voilà ce que nous ne voulons pas.
Sachant que nous sommes mortels (ce qui signifie que l'on va mourir et non que l'on est " trop cool "), sur une planète mortelle, éclairés par un soleil mortel et entourés d'imbéciles, rions plus que de raison. Pour oublier un peu, s'en moquer, garder ses forces, lutter encore. Rions un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Et si vous voyez dans le rire la politesse du désespoir, alors contentez-vous d'être polis.

 

Pourquoi rire ?

On rit avant de savoir pourquoi on rit et, pourtant, c'est souvent avec beaucoup de spiritualité qu'on se marre, pour faire le pitre ou pour dédramatiser, peu importe. L'essentiel est de savoir que ça fait du bien. Rire est un chose sérieuse, qui s'enorgueillit d'une science, rien que pour lui et ses effets sur la santé, appelée guélotologie. Etymologiquement, science des guilis ? ?
Rire détend les muscles du visage, masse, par le mouvement saccadé du diaphragme, les organes abdominaux et produit, Ô miracle, une endorphine magique, qui fait du bien partout et mettrait en faillite les dealers en tout genre. Rire est pacifique et léger. Rire, enfin, apporte de l'esprit là où il en manque cruellement. On ne peut rire sans que cela provienne d'une pensée, grotesque ou moqueuse, subtile ou heureuse, fine ou grossière, matière si rare par les temps qui courent, née d'un esprit qui tourne sereinement. Voilà, quoiqu'il en soit, une bonne nouvelle. Joyeux et léger, la fleur au fusil, nous serons ragaillardis pour construire mieux que la réalité d'un peu plus haut.
Peut-être même pourra-t-on filer un coup de pouce à ceux qui travaillent avec le rire. Envers et contre les tuyaux, les chimio, et autre gros bobo, les clowns du rire médecin donne de leur art pour les enfants hospitalisés. A méditer : leriremédecin.asso.fr

 

Comment rire ?

Comme les manants indigents implorant Louis XVI. " - On a faim ; - Alors mangez ; - On peut pas ; - Forcez-vous ". C'est à la fois simple et compliqué. Simple parce que le mécanisme et les raisons sont en soi mais compliqué parce qu'ils sont cachés, la plupart du temps, par n'importe quelle autre émotion qui passe par-là. Si vous éprouvez de la pitié ou de la colère, vous n'arriverez pas à rire. Il devient alors essentiel de se désinhiber. Faire passer le comique devant et il s'occupera du reste : la détente, les contacts, et tout, et tout. Rire est en effet aussi un geste social enrichissant.
Si vous ne parvenez pas à trouver des occasions poilantes, un indien d'Inde, comme l'oeillet, mais pas aux marrons, le docteur Madan Kataria a inventé une médecine vachement marrante : le yoga du rire (Hashya yoga). Ramené en France, cette discipline est pratiquée dans les clubs du rire sur le principe du rire sans raison. Sans blague, je n'ai pas testé, mais c'est peut-être bon: clubderire.com . On peint le morose en rose et hop, il n'y a plus de gris.


 

De quoi rire ?

Pour Desproges encore, rien de plus clair : rire de tout mais pas avec n'importe qui. Rire de notre monde qui s'y prête si bien : de la bêtise humaine, source intarissable. Si tourner en dérision les événements qui nous pèsent n'est pas très drôle, en revanche, c'est salutaire. D'Aristophane à Bergson, quantité de philosophes a perçu la nécessité de rire chez l'homme, comme instrument social et psychologique. Malade de sa conscience, l'homme aurait sur lui le remède : galéjer (je me suis dit qu'on n'employait pas le mot souvent). La comédie, jouée en Grèce antique, recourait à la dérision pour rendre aux citoyens leur égalité, pour lisser la difformité sociale et faire descendre de leur piédestal, par tous les moyens, les bêtes de scènes qui n'existent que par nous. S'ils usent de tous les moyens pour nous soumettre, nous useront de toutes les raisons d'en rire : caricatures, vices, ridicule, subversion, entartage, grossièretés.
En tout cas, ça change des blagues belges, ou suisses. Vous pouvez aussi vous esclaffer en écoutant Coluche, en regardant pour la huitième fois les Bronzés. En trouvant comment M et Mme Mémélababalle ont appelé leur fille.

Quoiqu'il arrive dans votre vie, riez ou pleurez, mais à pleins poumons ! Le reste n'est que demi-mesure. L'idéal ne souffre pas plus la demi-mesure que l'exception. Na!
bg

C'était Donna Mémélababalle

 

 


 

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