Il y a environ 639 millions d’armes légères en circulation aujourd’hui dans le monde. Huit millions sont produites chaque année. Seize milliards de munitions sont fabriquées chaque année, soit plus de deux balles pour chaque homme, femme ou enfant sur la planète.1
Outre le manque d'éthique et de légalité, le commerce d'armes engendre de nombreux problèmes. On déplore ainsi le manque de transparence, c'est-à -dire l'origine d'une arme, ou encore le but dans lequel un pays cherche à se la procurer. Souvent, on ignore également sa destination finale.
Les droits humains sont particulièrement menacés : chaque minute, une personne est tuée, victime de la violence armée, tandis que bien d’autres subissent des atteintes à leurs libertés fondamentales et de graves blessures.
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Quelques exemples :
Le Japon, dont la législation interdit pourtant l'exportation d'armes à feu à usage militaire, est l'un des plus gros vendeurs mondiaux d'armes à feu "non militaires" (fusils de chasse et armes de tir, par exemple). Or, le gouvernement nippon ne publie aucune statistique particulière sur ces exportations, ce qui rend très difficile tout contrôle.
Les États-Unis fournissent aux forces armées colombiennes des fusils militaires et des mitrailleuses, bien que de telles armes soient régulièrement utilisées pour commettre des atteintes aux droits humains. Pendant l'année 2001, plus de 4'000 civils colombiens ont été tués pour des raisons politiques, la plupart par des groupes paramilitaires opérant avec le soutien des forces armées.1
Pendant l'année 2000, la France a fourni au Sénégal des munitions d'armes de petit calibre. Or Amnesty International a relevé dans ce dernier pays, tout au long des années 1990, des atteintes aux droits humains commises à l'aide d'armes légères. Des civils ont notamment été tués ou blessés par balle par les forces de sécurité sénégalaises.2
Au moins les deux tiers de tous les transferts d'armes réalisés dans le monde entre 1997 et 2001 provenaient de cinq pays : les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
La "guerre contre le terrorisme" s’est traduite par une augmentation des exportations, notamment pour les États-Unis et le Royaume-Uni, vers de nouveaux alliés (tels que le Pakistan, l’Indonésie et les Philippines), sans considération des droits humains, ni des questions liées au développement.
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Afin de faire face à ces problèmes, trois organisations internationales, Amnesty International, Oxfam et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) ont uni leurs efforts pour lancer une campagne dans plus de 50 pays à travers le monde. "Control Arms" a pour objectif de limiter la prolifération des armes et leur utilisation abusive, mais aussi de faire pression sur les gouvernement et les convaincre d’adopter le projet de convention internationale pour le contrôle du commerce des armes (Arms Trade Treaty - ATT). Ce traité prévoit la mise en place de mécanismes de contrôle juridiquement contraignants et vise à s'assurer que les états se soumettent aux mêmes normes internationales de contrôle.
L'idée de cette campagne est, à l'origine, celle de plusieurs lauréats du Prix Nobel de la Paix comme Oscar Arias, le Dalaï Lama, Rigoberta Menchu, Desmond Tutu, ou encore Amnesty International.
Ainsi, la "pétition-photo" sur le thème "Un million de visages !" a démarré. Cet appel massif, lancé dans le monde entier par la société civile aux gouvernements est déjà en bonne voie, puisque bientôt 200'000 personnes auront mis leur portrait en ligne.
Le fonctionnement est très simple : il suffit de se prendre en photo (le travail est plus aisé avec un appareil numérique) et de se rendre sur le site de Control Arms pour y déposer ses coordonnées et son portrait.
Dans la galerie de photos en ligne, seuls le prénom et le pays de provenance de l'image seront indiqués. Pour les personnes qui ne souhaitent pas que leur portrait soit diffusé sur le web, possibilité leur est offerte de choisir un modèle standard (silhouette). Les dessins et les caricatures sont également acceptées. Les mineurs de moins de 16 ans peuvent prendre part à l'action uniquement avec le consentement écrit de leurs représentants légaux.
Au niveau international, seules deux poses sont acceptées : soit avec une main face à l'appareil pour dire "stop" (on écrit alors dans la paume de sa main son prénom et son pays), soit avec une pancarte portant un slogan tel que "Contrôlons le commerce des armes", "Les armes coûtent des vies", "Halte à la folie des armes".
Le site Control Arms est disponible en anglais, en français et en espagnol. N'hésitez pas à joindre le mouvement !
véro.
[le site de Control Arms]
1 source : Amnesty International, POL 30/018/2003
2 + 3 source : Amnesty International, POL 30/001/2003
crédit photo 2 : Chris Stower / Panos Pictures |
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