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Anselme Wladimir
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Dessin : Wladimir Anselme
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Les Trains
2 titres
- 9 min Ref : LFB039 Sorti : 2000 Production : Le loup du faubourg Distribution : Mélodie
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01 -
Les Anatoles 3'06
02 -
Les trains 5'54
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01 -
Les Anatoles
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Je faisais la queue à l'agence matrimoniale
Quand je suis tombé sur ton curriculum vitae
Il y avait tes idées et puis ton thème astral
Les relectures prônaient notre complexité
J'ai acheté des fleurs et un gentil complet
J'ai chaussé mon sourire et mes plus belles dents
J'ai sonné à ta porte tu avais une blan-
-che robe de mariée déjà tu m'attendais
Nous vivions des jours parfaits
Dans notre appartement
nous avions des enfants
Et une machine à laver
Tu souriais sans cesse en repassant mes chemises
Tu racontais toujours les pigeons de Venise
Je ne te trompais pas et nous avions un chien
Je n'étais pas chômeur et nous étions terriens
Nous vivions des jours parfaits
Dans notre appartement
nous avions des enfants
Et une machine à laver
Puis nous avons vieilli par usage du temps
En nous félicitant de vivre tout simplement
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02 -
Les trains
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Petit matin des mondes
Les toits penchés des usines les châteaux d’eau
Brive – correspondance en autocar
Qui se souvient encore des trains quÂ’on nÂ’a pas pris ?
Les criminels balançaient allègrement les cadavres par la fenêtre des trains
Et Lawrence d’Arabie faisait les 100 pas sur les toits des wagons de tête
La France paisible verdoyait paissait et bocageait
Les rayons du soleil ouvraient lentement les nuages comme une apparition de Dieu dans un Turner
Et vous lisiez mademoiselle dans un hebdomadaire de centre gauche les derniers régimes amincissants
Le train par ses cahots nous balançait régulièrement sur les parois ensanglantées des couloirs
Dans les compartiments la conversation ne s’engageait toujours pas Des yeux méfiants roulaient sur la crête du Bild et d’El Pais accablés par les dernières péripéties du Nasdaq
Quelle foutre ambiance
Les nourrissons pleuraient parce qu’ils avaient réellement avalé un poisson – arête
Les commis voyageurs pestaient infiniment contre un café infect servi par la SNCF
Les petits scouts d’Europe ravalaient leur muguet Et nous les rudoyions gaiement leur assénant des coups sur la petite tête farcie de merde avec le Livre Noir du Capitalisme – ce bottin
Cependant mademoiselle vous déchaussiez vos lunettes pour me considérer
Parce que sans doute vous m’aviez reconnu à la page de votre horoscope
Et moi timide j’étais dans vos lunettes
(plus tard je les ferai pendre entre vos seins)
Par ailleurs j’avais d’autres chats à fouetter J’achevais une lettre de rupture avec mon cabinet dentaire et annotais la dernière mouture de ma 4ème Symphonie du Malheur
Mais comme ne me venaient que des mots d’amour je les ai prononcés
A voix haute
Et vous les avez cueillis
Par quelle force du hasard quel concours inouï de circonstances nous sommes – nous ainsi rencontrés ?
(Â…) ai-je dit
Et c’était cavalier
Mais vous m’avez répondu câline Sans doute l’érotisme se passe - t’il des mots se passe des regards et de l’échange tactile et tient tout entier dans une tension une situation sur une aiguille
Nos voisins de compartiments observaient un silence gêné
Soudain lÂ’un dÂ’eux nÂ’y tenant plus sortit son revolver
Votre mari ou votre amant ou votre fils ou votre père ou lambda
Je vous dois la vie qu’il me reste mademoiselle parce que vous avez bien voulu faire un rempart de votre corps à la trajectoire de la balle
J’emploierai ces jours à célébrer les joies les + infimes de l’existence en votre mémoire
Ou peut-être le coup n’est pas parti
Ou peut-être n’ai-je jamais pris ce train
On ne se rencontre jamais vraiment que lorsquÂ’il est vraiment trop tard
Tous les textes sont de Wladimir Anselme
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