N° 13 - Mai 2003
 
Têtes Raides
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Crédit : Tôt ou tard

 

Les oiseaux
14 titres - 42.22
Ref : 9031-77645-2
Sorti : 1992
Production : Tôt ou tard
Distribution : Tôt ou tard


01 - Les gens 0.11
02 - Gino 4.35
03 - Aurélie 1.14
04 - Les p'tites gueules 4.14
05 - Austerlitz 2.03
06 - Luna 5.31
07 - 9h2 2.45
08 - Barcelona 1.38
09 - Le grand bal 3.32
10 - La comptine 3.21
11 - Le phare 3.20
12 - La p'tite dernière 4.20
13 - Les gens 1.57
14 - Emily 3.03

 
 
01 - Les gens


A mis son manteau à l’envers / Ohhhh / Il a mis ses yeux dans la terre / Mais y sait pas / Que tous les gens le regardent

 

02 - Gino


Sortant d’un bar de trop / Il perdit son oiseau / C’est drôle quel temps fait-il / Il vend des oiseaux / Sur un coin de trottoir / Il vend des oiseaux / Aux enfants qui mangent trop / Il vend des oiseaux / On vend bien de la musique / Je me suis associé aux oiseaux du quartier / De toutes les cages ils ont la clef / C’est celle qui attendait / Le bateau sur le quai / en criant son costaud / Il ne revient pas / Et crachant sur la mer / Il ne revient pas / Elle est couchée par terre / Il ne revient pas / C’est un gars du Pacifique / Et maudissant les flots qui n’en ont rien à faire / Sans nos marins t’es rien que d’l’eau / Pour se consolater / La veuve pris un moineau / Qu’elle acheta à Gino / Elle ne savait pas / Qu’il s’envolerait si tôt / Elle ne savait pas / Qu’elle en tomberait pour Gino / Elle ne savait pas / Qu’on pouvait crever et revivre à nouveau / Aller viens mon Gino danser dans mon château / Je veux t’aimer / Mais au matin tout est fini / Et les oiseaux où sont-ils ? / Gino s’enfuit mais cette fille / Couchée là dans ces dentelles / Au delà d’un silence / Qui s’évertue / A tout foutre en l’air / Il ne savait pas / Ils ont mouru de faim / Il ne savait pas / Courant dans le matin / Gino ne savait pas / Que d’aimer / Ca tue les oiseaux / Va-t-en vieille putain / A la mie d’pain / sans pognon / Y-a pas d’oignons

 

03 - Aurélie


Quel plaisir de vous voir là Aurélie / Donc il s’est pris l’aiguille / De l’horloge sur la tête / c’est drôle une horloge / surtout sans aiguille / C’est bizarre / Depuis qu’elle n’est plus là / Le temps n’avance plus / C’est pas qu’il pleuve / Mais il n’avance plus / Alors on débat / On prie / On se réunit / Mais il pleut / Quelle envie de te prendre là Aurélie / J’ai un copain il s’appelle chat / Mon papa il l’aime pas et il a peur / J’ai aussi un cheval en bois / Qu’a une jambe usée / C’est papa qu’a tué le chat / Et mon cheval il est usé / C’est l’aiguille / Ou le temps / il l’aime pas / Mais il pleut / Que c’est dur de vous voir Aurélie / Aurélie a peur des orties

 

04 - Les p'tites gueules


Ne pleurons pas sur ce qu’il reste / Dans les faubourgs ça continue / De se raconter dans l’ivresse / Et les pleurs en suspendu / Mais dans les cours des arpentis / Y’avait qu’à brûler le temps / De se les voir dans leur p’tite vie / Qu’on choisit pas ce s’rait trop …con / Ne restons pas prenons les routes / On s’fait bandit pour que ça coûte / Prenons les ronds et les bicyclettes / Et les autres ça continue / Ils veulent que ça c’est pour trembler / On pourrait dire qu’ils savent déjà / A leur p’tites mines / Les gars d’la vrille ont peur de rien / Surtout pas des chevrotines / Ils vont loin mais le cœur mal en point / C’est pas sain d’être seule / Dit la traiteuse à la blanchisseuse / Ca se termine dans le vin / Ou les mots d’un écrivain / Repartons et sans le doute / Ne laissons rien / Et toi Marlo qu’en a que foutre / Un p’tit brin de vent et tout va bien / C’est toujours drôle te voir à Pantin / Se croyant vivre à Hambourg / Les p’tits moment à s’dire l’amour / Qu’on choisit pas ce s’rait trop …con / Les tire – d’ailes les escarmouches / Les tu m’as vu et les vauriens / Crient les chevaux le clop en bouche / Dans le vide du lendemain / Ils veulent que ça c’est pour trembler / On pourrait dire qu’ils savent déjà / A leur p’tites mines / Les gars de la vrille ont peur de rien / Surtout pas des chevrotines / Ils vont loin mais le cœur mal en point / Heureusement il y a les copains / Qui préparent un casse à Pantin / Eux au moins ils pensent aux cousins / Les gars de la maréchaussée / Et dans le feu sans les détours / Le flingue en main ça continue / Les morts pour rien de nos beaux jours / Que l’on salue dans la cohue / C’est pour éviter un cousin / Marlo nous offrit le canal / L’auto toussa son dernier râle / On en riait c’était si …beau / Et tous les gens s’écrient bravo / Sur les cadavres de la vrille / La chaussée cache un sanglot / Les p’tites gueules en exil

 

05 - Austerlitz


Entre Austerlitz et la Rapée / Y a un fossé mais le bitume / Sans quoi nos cœurs ne saigneraient pas / Entre les doigts tout se répand / Adieu les quais / (Je t’aimais tant) / Les fleurs de toi les pensées / Se noyaient dans l’ombre / Le pont du passé / Et jeter qui verra / Le bouts de papier / Les courants les tranchées / C’est la coterie de la voirie / Qui a permis de voir Rosie / Entre nos corps y avait pas rien / Et suspendus les bras du ciel / Sans quoi des cheveux t’en aurais pas / Entre les doigts tout se répand / Adieu Rosie / (Je t’aimais tant) / Les pleurs de toi ont passé / Se noyer dans Londres / Le pont des baisers / Et puis y a le pont de nos rêves / Et y la pont des pompiers / Et y a le pom / Et le pom pom pom / Entre les chiards et les vieillards / Entre le temps qui nous est dû / Tu sais là où les cœurs saignent tant / Entre les gens on s’aime pas bien / Adieu les gens / Je pars content

 

06 - Luna


Eloigne-toi plus encore / Que les bords du ciel / Les draps protègent tes chairs / Que les plis font si tendres / Où viendront déferler / Les jours opprobres / Des poussières de silence / Tes bras qui s’épanchent / Les lignes de ta main / Sois sans le doute / Sans perler d’eau salée / Des hérons qui se moquent / Les braillardes s’en vont / Déplorer la nouvelle / Survolant les salants / Et l’usure de nos mains / Une poule c’est con un jour c’est long / Un entrechat sur ta sépulture / Les cannes en l’air dans la Tour Magne / Luna… / Quant à la pluie / Qui nous racole / L’immensité des plafonds / Et nos cœurs qui décollent / Le soleil d’hiver / Et les corbeaux sur la blanche / Font brûler mes yeux / De vous les voir / Vois là dans les yeux / D’une autre route / Les vents nous vivent les heures / Du trois-quart de frisson / Et la part qu’il nous reste / Sois-en certain / Nous emmènera demain / Séculaire mémoire / Une poule c’est con un jour c’est long / Un entrechat sur ta sépulture / Les cannes en l’air dans la Tour Magne / Luna… / et ce jour où je viendrai / Oh Luna pleurer dans vos bras

 

07 - 9h2


Il est 9h-2 / Debout devant la porte / Fixé du rendez-vous / C’est l’heure d’être sérieux / Les autobus déversent / Un flot de gens nerveux / Des parfums d’abreuvoir / Des yeux s’apercevoir / Il est 9 h 33 / J’ai perdu l’embauche / Ca ira / Faut qu’ça aille / Ca ira / Ca ira mieux demain / S’il pleut ça ira / Faut qu’ça aille / Ca ira / Ca ira mieux demain / On s’ra plus vieux / Le temps d’se dire adieu / De se faire une histoire / Dans l’fond on vaut pas mieux / Il est 5 h et quart / La ville a tout perdu / Elle s’est jouée ce soir / sa vertu son oseille / Qu’elle a gagnée la veille / Il est 3 fois l’heure que je rentre / J’ai perdu ma route / Ca ira / Faut qu’ça aille / Ca ira ça ira mieux demain / S’il pleut / Ca ira faut qu’ça aille / Ca ira / Ca ira mieux demain / On s’ra plus vieux / Un jour on f’ra le tour / On ira voir là-bas / Si on vend de ce vin / Qui nous plante au matin / Sur l’océan heureux / De n’être pas mon frère / De n’aimer que la mer / Qui renvoie dans nos gueules / Les vapeurs trop amères / D’un chien mort y-a cent ans / Sur ce vieux bâtiment / Du haut de nos falaises / On s’amuse à se dire / Qu’on vivra pas longtemps / Et la ville rigole en se cachant / Ca ira / Faut qu’ça aille / Ca ira / Ca ira mieux demain / S’il pleut / Ca ira / Faut qu’ça aille / Ca ira / Ca ira mieux demain / Tu s’ras plus vieux / En attendant le temps / De n’avoir plus de dents / De marcher dans la soupe / Sans savoir qu’on est dedans / Et puis les langues ridées / Du cœur qui se lamente / Attendant d’être payé / D’avoir payé / D’être là / Merci d’être avec vous…

 

08 - Barcelona


Apareció en un nube industrial / Me saludó / Me dio miedo / Sabía que ya había sido amada / Pero supe en séguida que / Cantaba para mí / No intentaste seducirme / Fuiste simple acogedora e real / Ningún gran efecto nada inútil / Ni preparado sincera / Todo en verdad / No sabía que existías / No sabía donde estabas / Te encontré / y ahora tengo ganas de conocerte / ma ofreciste tu techo / De mí no esperabas nada / Tun parecer feliz y sereno / Me quitó todo complejo / Daría mucho para volver a pasar otra noche / en ti contra ti quizás en tus brazos / Apareció en una nube industrial / Me saludó / Me dio miedo / Sabía que ya había sido amada / Pero supe en seguida / Que contaba para mí

 

09 - Le grand bal


Je vous laisse les machines / Que l’on appelle des canons / Je vous cède ma voisine / Et ses poils au menton / Les parures esthétiques / Et les germes de demain / Je revend mes aventures / D’hier et mes factures / Mais les vieux ne pleurent plus / Même en épluchant les oignons / Alors je vous laisse aussi les pilliers de la nation / Mais je garde les distances / Et les fleurs aux inconnus / Les bouts d’existence / Et ce soir j’ai tout persu / Ca s’fait prendre par la main / Des ballades infortunes / Quand j’ai faim j’ai faim / Alors tant pis bonjour fortune / Les voilà ni une ni deux / A bruler tous leur kopeks / Les v’là partir je n’sais où / S’faire du vent et d’la trompette / Et l’on s’aime si fort dans la télévision / Alors je vous laisse aussi le droit et l’opinion / Je n’prend pas les affluences / Ni la cousine à René / Elle a voulu un bout de moi / Je lui offris mes chaussettes en bois / Alors on aura tout vu / Ah les filles en rebrousse poil / Et les malentendus / Quand les gars tournent au gazoil / Mais on s’demande un p’tit bout / Pourquoi si les vieux sanglotent / En oubliant qu’on y s’ra / T’as la peau qui se ressère sur ton corp déjà froid / Alors j’te laisse aussi le bonheur que tu crois / Mais je garde le silence / De nos corps éperdus / Les affres de nos sens / Et le vent m’a dit / On ne joue pas avec la mer d’ailleurs on ne joue avec rien / Y’a qu’les enfants d’la terre mais la terre n’y est pour rien / C’est le train de plus qui nous sâoulera les mots / Le regard de mieux qui nous trouera les os / Et l’on fait tourner sa bière / Et l’on fait tourner son cœur / Et l’on fait tourner ses heures / Je vous laisse les ornières / Allez c’est pour ce soir / Tes robes de gala les musiciens sont là / Fis-nous voir ton grand bal / Je laisse cette chanson / On n’est pas musicien / Mais ça nous est égal / Fais-nous voir ton grand bal

 

10 - La comptine


J’ai retenu / Ma peur au condamné / Il n’en voulait pas / Il me l’a dit / Le bourreau pleure / Qui l’emporte avec lui / C’était son amant / Il me l’a dit / Au fil du temps / Entraîné par le vent / Un cerf-volant / Je me suis enfui / Et laissant là mes amours et René / Je me cache au village / Où je suis / Dans mon réduit / Me reviennent aujourd’hui / Toutes ces roses / Qui n’ont pas servi / Ma peur au condamné / Qui l’emporte avec lui / Entraîné par le vent / Mes amours et René / Me reviennent aujourd’hui / Qu’avons-nous fait / De nos envies ? / Dans ce pays / Il n’y aura pas d’hiver / C’est les gens du village / Qui me l’ont dit / Y en aura plus / C’est la peur d’aujourd’hui / On a traîné / Les maisons vers le Nord / Les fumées / Les fardés de la cité / Je repense à René / Qui m’avait souri / Et on s’disait / Mais alors c’est où le Nord ? / Dans notre décor / On en riait / Encore un verre / Et j’irai gueuler dehors / Qu’il n’y aura pas d’hiver / Dans ce pays / Il n’y aura pas d’hiver / C’est la peur d’aujourd’hui / Les fardés de la cité / Mais alors c’est où le Nord ? / Et j’irai gueuler dehors / Qu’avons-nous fait / De nos envies ? / Dans ma cavale / Ca f’sait bien 3 tours de terre / Que je courrais / Après mes envies / Dans mon envie / Les mots n’y ont plus rien à faire / Je te le dis / C’est pour ça que je crie / Si je chante / Toi mon bourreau que j’aimais tant / Je te le dis / Toi qui fus mon amant / Dans ce vent / Dans ces hivers sans finir / Tu n’savais pas / Je te le dis / Dans mon pays / Y-a qu’des enfants qui ont envie / De nous faire mal / Ca f’sait bien 3 tours de terre / Les mots n’y ont plus rien à faire / Toi mon bourreau que j’aimais tant / Dans ces hivers sans finir / T-a des enfants qui ont envie / De nous faire rêver / Je te le dis / Ma peur est une envie / Les mots sont en hiver / Le Nord est dans le vent / E tles sirènes au printemps

 

11 - Le phare



 

12 - La p'tite dernière


En entrant dans la ruelle / l’amour qui se vend aux passants / Elle ne croit pas être cruelle / Quand elle te prie en passant / Les amants sont toujours des passants / Quand les chiens s’aiment toujours dans la rue / Allons voir si les filles du port / Sont toujours si dévêtues / La porte qui se referme / Et nous voilà tous les deux / Se croyant être fidèles / La mort n’est pas loin de nous deux / Les amants sont toujours des passants / Quand les chiens s’aiment toujours dans la rue / Allons voir si les filles du port / Sont toujours si dévêtues / De ma fenêtre y-a le pays / A se devoir toujours trahi / Au stand de tir et de la chance / A ceux qui n’en eurent jamais / On reviendra pas vous voir / De ma fenêtre il pleut un peu / Enfermés dans nos armoires / On n’est plus là pour s’aimer / En sortant de la ruelle / L’amour qui n’a plus de raison / Toutes les fleurs du côté des poubelles / Se sont fait une raison / Mais les fleurs ont mille fois raison / Quand l’béton pousse toujours dans la rue / Allons voir si les enfants du nord / Ont la peau comme il est prévu / Ca m’étonne plus vraiment / De mourir à vingt ans / Quand ta peau est si belle / Et puis qu’on a le temps / Ca m’étonne plus vraiment / De mourir à vingt ans / Mais ça m’étonne vraiment / D’avoir passé mes vingt ans

 

13 - Les gens


Quel drôle d’endroit / Pour un dimanche / C’est pas pour le tronc / Mais pour la Manche

 

14 - Emily


Au café d’la marine / Y’a un cap’tain / Il a le sang Pilsen noire / C’est un bateau qui se perd / Dans la bière au comptoir / Au café d’la marine / On raconte des vies / C’est du temps qui passe / Au café d’la marine / Le cap’tain r’ Pilsen noire encore brûlé / C’est comme l’encre sur le papier / Mais y sait pas lui comprendre ça / Au café d’la marine / On parle de la mort / Violent femme / Pleure ton amant au comptoir / Déchirure de ton corps / Au cfé d’la marine / Le cap’tain y repartira / C’est des océans de bière / Et nous on regarde

 

 


 

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