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La FĂȘte de la Musique. (06/2002)
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Si seule une minoritĂ© est capable de situer correctement l’annĂ©e de naissance de la FĂȘte de la Musique, tout le monde en a entendu parler. FĂȘte populaire par excellence, c’est sous l’impulsion de Jack Lang, alors ministre de la Culture, que cette manifestation voit le jour en 1982.
Une Ă©tude rapporte que cinq millions de personnes, dont un jeune sur deux, jouent d’un instrument de musique en France. Partant de ce constat, le ministĂšre socialiste dĂ©cide de mettre en pratique leur concept : La musique partout et le concert nulle part, en donnant la possibilitĂ© Ă qui le souhaite de descendre dans la rue un jour par an pour faire de la musique. Ce sera le 21 juin, jour du solstice d’Ă©tĂ©, nuit paĂŻenne se rĂ©fĂ©rant Ă l’ancienne tradition des fĂȘtes de la Saint-Jean.
La FĂȘte de la musique est fondĂ©e sur le principe de l’Ă©clectisme : les musiciens amateurs se mĂȘlent aux artistes professionnels, les concerts spontanĂ©s relayent les manifestations organisĂ©es et surtout, tous les styles de musique y sont reprĂ©sentĂ©s.
Mais, avant toutes choses, toutes les prestations scéniques sont gratuites ce jour là .
Tous les ingrĂ©dients sont donc rĂ©unis pour en faire une des plus grosses fĂȘtes populaires française. En 20 Ă©ditions, plus de 800 000 musiciens amateurs et professionnels ont participĂ© Ă plus de 10 000 concerts, et 10 Ă 12 millions de spectateurs se sont associĂ©s, aussi bien en ville qu’en campagne, Ă cette journĂ©e.
Si on a pu constater que cet Ă©vĂ©nement attĂ©nuait les disparitĂ©s gĂ©ographiques, il en va de mĂȘme quant aux clivages sociaux. Il est intĂ©ressant de noter que, contrairement aux comportements sociologiques habituels en matiĂšre de culture, les agriculteurs et artisans-commerçants sont plus nombreux Ă participer que les cadres supĂ©rieurs.
Le caractĂšre festif et gratuit de la FĂȘte de la Musique fait tomber les obstacles qui peuvent entraver l’accĂšs aux Ă©quipements culturels.
Cet appel du 21 juin rassemble aussi les Ă©tablissements scolaires et les Ă©coles de musique. Il permet aussi de faire entrer plus largement la culture dans le systĂšme Ă©ducatif, Ă l’occasion, par exemple, de projets rĂ©unissant plusieurs Ă©coles de villes voisines.
La fĂȘte s’immisce aussi dans des lieux singuliers. Le personnel pĂ©nitentiaire, aidĂ© par des associations, organise dans les prisons des concerts qui procurent aux dĂ©tenus une occasion de « s’Ă©vader ». La fĂȘte de la musique entre aussi dans les hĂŽpitaux et permet aux malades et aux soignants de participer Ă l’Ă©vĂ©nement.
Depuis 1985, la FĂȘte de la Musique a fait des Ă©mules. Elle s’est exportĂ©e dans plus de cent dix pays sur les cinq continents. En Europe, de nombreuses villes ont signĂ© une Charte des partenaires de la FĂȘte europĂ©enne de la Musique : Berlin, Budapest, Barcelone, Istanbul, Liverpool, Luxembourg, Rome, Naples, Prague… Elle est pratiquement devenue fĂȘte nationale dans de nombreux pays du continent africain.
ParallĂšlement Ă tous ces aspects positifs, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de soulever certaines questions. NoyĂ©s sous une masse de chiffres Ă©logieux quant Ă la participation des français Ă la FĂȘte de la Musique, on ne peut que regretter que ce soit la quantitĂ© et non la qualitĂ© qui prime en une telle occasion. En effet, le nombre de manifestations noient les artistes de talent (connus ou pas) au milieu du voisin de palier qui fier de sa guimbarde achetĂ© pour l’occasion se prend pour un musicien.
On peut aussi rester dubitatif devant la rĂ©cupĂ©ration par les mĂ©dias de cet Ă©vĂ©nement qui devrait rester une fĂȘte spontanĂ©e et populaire et non un prĂ©texte commercial Ă une guerre des chaĂźnes.
Et pour conclure, devant un Etat qui nous autorise gĂ©nĂ©reusement Ă faire la FĂȘte dans la rue une fois par an, on peut se demander dans quelles mesures cet Ă©vĂ©nement ne lui sert pas de caution morale pendant qu’il fait pression sur des petites salles aux programmations audacieuses pour rĂ©clamer leur fermeture.
VM & |
Dates clés
1982 : CrĂ©ation de la FĂȘte de la Musique par le gouvernement socialiste. Les musiciens sont invitĂ©s Ă s’exprimer dans la rue de…20h30 Ă 21h ! Mais l’enthousiasme gĂ©nĂ©ral fera dĂ©border la manifestation bien au delĂ de cette demi-heure. Pour cette premiĂšre fĂȘte, l'Orchestre de l'OpĂ©ra de Paris donne la "Symphonie Fantastique" de Berlioz sur le parvis du Palais Garnier.
1983 : Les mĂ©dias rechignent Ă parler de l'Ă©vĂ©nement mais l'enthousiasme reste intact. Jacques Higelin, Ă la tĂȘte de 30 000 personnes, dĂ©file de la place de la RĂ©publique Ă la place de la Bastille.
1985 : Le groupe TELEPHONE joue Ă la prison de Fleury MĂ©rogis. 20 pays fĂȘtent l'annĂ©e europĂ©enne de la Musique
1986 : La fĂȘte est installĂ©e. François LĂ©otard qui arrive au ministĂšre de la Culture maintient la FĂȘte de la Musique. Quarante pays s'associent Ă l 'Ă©vĂ©nement.
1987 : Plus de cinquante pays font la FĂȘte, certains l'officialisent. SOS Racisme organise un concert Ă Vincennes.
1988 : A Beyrouth, plus de 10 000 personnes participent Ă la FĂȘte.
1990 : Au Bataclan, un concert exceptionnel d'artistes judéo-arabes réunit dans une poignée de main symbolique les présidents de Radio Beur et Radio Shalom.
1998 : Deux anniversaires donnent Ă la FĂȘte de la Musique un caractĂšre particulier : les 50 ans de la DĂ©claration universelle des Droits de l'homme et le 150Ăšme anniversaire de l'Abolition de l'esclavage, cĂ©lĂ©brĂ© notamment par un dĂ©filĂ© de 400 percussions dans les rues de Paris. La FĂȘte europĂ©enne de la Musique se dĂ©veloppe dorĂ©navant dans le cadre d'une charte europĂ©enne signĂ©e en 1997 et ouverte Ă tous les nouveaux partenaires souhaitant s'y associer.
1999 : Le cap des 100 pays cĂ©lĂ©brant ce jour-lĂ la FĂȘte de la Musique est dĂ©passĂ©.
2001 : AnnĂ©e anniversaire, c'est la 20Ăšme Ă©dition de la FĂȘte.
Sources : Dossier presse FĂȘte de la Musique du ministĂšre de la culture. |
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