N° 14 - Juin 2003
 
Reflet alternatif
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L'audiovisuel indépendant : Zaléa TV
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Baudelaire ou la douleur de vivre (04/2003)
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LUZ : Claudiquant sur le dance floor (02/2003)
Pouvoir de Lire et Droit de Dire (02/2003)
La Punkitude (01/2003)
Philippe Caubère : Présentation (01/2003)
Philippe Caubère et la politique (01/2003)
Philippe Caubère: 68 selon Ferdinand (01/2003)
Philippe Caubère: repères chronologiques (01/2003)
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Labels et la BĂŞte. (12/2002)
Woody Ă  tout prix (12/2002)
Fermin Muguruza (12/2002)
Autour d'Orsay et des impressionnistes. (11/2002)
Le Festi' Val de Marne. (11/2002)
Le Rock Identitaire Français (11/2002)
Le Glaz'art. (11/2002)
Jacques Prévert ou la bonne parole. (10/2002)
Au Limonaire. (09/2002)
Les Frères Brothers. (09/2002)
La rentrée théâtrale 2002. (09/2002)
Festisis 2002. (09/2002)
ATTENTION ! Salles en voie de disparition. (08/2002)
Une journée avec la Ruda Salska (08/2002)
La chaleur d'Avignon. (08/2002)
Histoires de vies brisées : les doubles peines de Lyon. (07/2002)
Renaud: Le mauvais sujet repenti. (06/2002)
Virginie Despentes ou l'art de toujours surprendre ! (06/2002)
La FĂŞte de la Musique. (06/2002)
Demandez le programme ! (04/2002)
La rentrée théâtrale 2002. (09/2002)

Après ses devoirs de vacances, L’art-scène a prĂ©parĂ© soigneusement cette rentrĂ©e 2002/2003. Il a sorti son cartable, ouvert son cahier tout neuf et pris un de ses plus beaux crayons. L’angoisse de la page blanche ne l’a pas saisi. En revanche, l’hĂ©sitation fut longue, le choix, douloureux… Quels spectacles aller voir cette annĂ©e ?
Si vous, non plus, vous ne rĂ©sistez pas Ă  l’appel d’un parterre plongĂ© dans le noir, dont les mille yeux pĂ©tillants restent rivĂ©s sur ces planches, qui soutiennent l’effort et les paroles de ces comĂ©diens dĂ©vouĂ©s Ă  leur mĂ©tier et leur art, laissez L’art-scène vous prendre la main et vous mener au seuil de votre choix.

Les trois premiers spectacles, prĂ©sentĂ©s ici, ne sont pas (encore) programmĂ©s sur Paris, par contre, les Théâtres Nationaux, les Centres Dramatiques Nationaux ou les Théâtres privĂ©s de province seront amenĂ©s Ă  les programmer au cours de cette saison. L’originalitĂ© et la justesse de ces trois spectacles mĂ©ritent de faire un dĂ©tour sur ce qui fit leur force et leur engouement dans le Off d’Avignon.

 

La contrebasse
De Patrick Suskind
Mis en scène et joué par Michel Bernier


La contrebasse est un instrument de musique imposant, grave et puissant. Dans le monologue de Patrick Suskind, l’Ă©loge de cet instrument bascule très rapidement vers la critique sĂ©vère et amère.
L’instrument entier par sa forme, son poids et sa tonalitĂ© cristallise toutes les passions du contrebassiste et toutes les frustrations de l’homme. D’abord, elle n’est pas un instrument noble comme le violon. Ainsi, elle relègue le musicien au fond de l’orchestre loin derrière les autres instruments. Et puis, elle est une encombrante compagne. Il la dĂ©teste, la fustige, la maudit.
Ce quadragĂ©naire, fonctionnaire d’Etat - car musicien dans l’Orchestre National – nous entraĂ®ne dans son univers pour nous confier ses aspirations musicales et sentimentales. Il rĂŞve de sa vie sans sa contrebasse, sans l’Orchestre National mais avec cette jolie chanteuse soprano dont il est fou amoureux.
De rĂ©flexions personnelles sur la Musique et la vie de l’Orchestre National jusqu’aux mĂ©lodrames fantasmĂ©s avec la chanteuse soprano, ce contrebassiste nous guide dans les mĂ©andres de sa cinglante solitude. Cette contrebasse, occupante principale du petit salon insonorisĂ©, reste muette aux paroles de son musicien. Elle est de bois lorsque l’archer effleure avec dĂ©licatesse son vaste cou ; lorsque son musicien l’enlace avec le dĂ©sir d’un homme pour une femme. Elle n’est tout simplement pas humaine. Elle n’est pas la jolie chanteuse soprano.
Si ce contrebassiste se permet quelques fausses notes voulues lors de reprĂ©sentations de l’Orchestre, la mise en scène et le remarquable jeu de Michel Bernier, eux, n’en dĂ©voilent pas. Il n’y a pas de place Ă  l’ennui, aucune baisse de rĂ©gime, aucun essoufflement.
Le spectacle est finement orchestré et intelligemment interprété. A ne pas manquer.

 

Le petit violon
De Jean-Claude Grumberg
Mise en scène de Christophe Lidon, avec Bruno Abraham-Kremer.


Le petit violon est un joli conte sur l’amitiĂ© et la solitude ; des thèmes chers Ă  Grumberg. L’auteur de l’Atelier ne nous sert pas ici son meilleur texte mais le spectacle est tel qu’on se laisse prendre au jeu de l’esthĂ©tique et de l’intelligente simplicitĂ©.
Entre cirque et théâtre, le jeu d’acteurs est sobre et touchant. LĂ©o, le camelot – brillamment campĂ© par Bruno Abraham-Kremer - homme seul sur les routes, recueille une fillette muette du cirque voisin. Sa vie d’errance et de solitude se remplit alors de joie. Mais la fillette puis la femme lui sont enlevĂ©es deux fois. Par l’Ă©ducation dans une grande Ă©cole d’abord, par l’amour ensuite. Julie Turin - la fillette muette - comĂ©dienne trapĂ©ziste donne de la grâce au spectacle comme cette fillette donne du sens Ă  l’existence de LĂ©o.
Si on peut reprocher un lĂ©ger martèlement quant aux valeurs exprimĂ©es dans la pièce, on peut, en revanche, saluer la mise en scène, le dĂ©cor et les lumières qui ne manquent pas de poĂ©sie. Ce spectacle est idĂ©al pour les enfants et pour les adultes qui ont gardĂ© leurs âmes d’enfants.

 

Pierre et Papillon
De Murielle Magellan
Mise en scène de Christophe Luthringer.


Pierre et Papillon c’est l’histoire simple de deux vies qui se croisent.
Pierre – Caillou, comme l’appelle Papillon – est taciturne, inquiet et renfermĂ©. Il n’aime pas que l’on bouscule ses habitudes, ses manies et ses convictions. Pierre est tombĂ© dans les filets de Papillon dès leur première rencontre dans une cours de rĂ©crĂ©ation. A l’opposĂ©, Papillon respire la vie. Elle dĂ©borde d’Ă©nergie et s’investit dans ce qu’elle aime.
La vie tour Ă  tour va les rĂ©unir, les opposer, les faire s’aimer et se quitter. Le langage courant prend souvent l’image d’une route ou d’une ligne droite pour signifier la vie. Les vies de Pierre et de Papillon sont des carrefours Ă  rĂ©pĂ©tition.
Le point de dĂ©part de la pièce est la sĂ©paration officielle du couple devant le juge. En mĂŞme temps mais dans des pièces sĂ©parĂ©es, Pierre et Papillon expliquent leur histoire grâce Ă  un enchevĂŞtrement dĂ©licieux de paroles. Plus qu’un point de dĂ©part, il est le point d’attache, le noeud central sur lequel le spectateur est ramenĂ© pour expliquer, par des flash-backs successifs, une autre pĂ©riode de vie, un autre croisement, une autre sĂ©paration.
La mise en scène est d’autant plus originale qu’elle utilise avec intelligence deux volumes de bois comme deux gros lĂ©gos pour tout dĂ©cor. Durant les flash-backs, ces lĂ©gos prennent vie sous les formes successives de barricades, d’un lit d’hĂ´pital, d’un bureau avec ordinateur ou encore d’un salon d’appartement.
Tels ces lĂ©gos, la mise en scène de Christophe Luthringer, sobre et pertinente, s’emboĂ®te Ă  la perfection avec le texte de Murielle Magellan. Ce texte moderne et ciselĂ© est d’autant plus efficace qu’il est servi par deux acteurs remarquables : Mathilde Wambergue et Franck Mercadal. Nous traversons avec et grâce Ă  eux des Ă©motions diverses entre la profondeur et la lĂ©gèretĂ©. Ces comĂ©diens poussent les personnages de Pierre et de Papillon au plus haut de leur sincĂ©ritĂ© et de leur rĂ©alisme avec un jeu juste, simple et naturel. Chez Christophe Luthringer comme chez Murielle Magellan, le mot simplicitĂ© n’est pas galvaudĂ©, il est synonyme d’intelligence, d’essentiel.
De jeux de mots en rebondissements verbaux, on rit, on est Ă©mu… On vit. A ne pas manquer.

 

Concernant la programmation parisienne de cette rentrée, voici quelques pistes dont vous entendrez certainement parler.

Knock
De Jules Romains
Mise en scène de Maurice Bénichou, avec Fabrice Luchini
.
Fabrice Luchini, pour cette rentrĂ©e, rompt avec la tradition de ces dernières annĂ©es, celle d’un homme seul sur scène invitant le monde dans les 4 murs du théâtre. En effet, après avoir dĂ©diĂ© ces 6 dernières annĂ©es Ă  des rĂ´les en solitaires - CĂ©line, Flaubert, Nietzsche, Baudelaire et Jouvet - Fabrice Luchini joue Knock dont Jouvet - qui endossa 1883 fois le rĂ´le - disait « Qui est-il ? Je n’en sais rien. Je n’ai jamais pu avoir avec lui la moindre conversation, le plus petit dialogue ».

Du 18 septembre au 23 novembre 2002
Théâtre de l’AthĂ©nĂ©e – Louis Jouvet
Square de l’OpĂ©ra-Jouvet, Paris 9°
01 53 05 19 19


Octobre et Avignon
De et avec Philippe Caubère
Octobre et Avignon sont les deux parties du spectacle comique écrit, mis en scène et joué, en alternance, par Philippe Caubère
Octobre 68 à Aix-en Provence, Ferdinand débarque au Cours Molière, rebaptisé Studio 35 en raison des récents évènements politiques. Nous voilà partis dans une évocation du théâtre de ces années-là. Et puis, se prétendant « fils d'une petite bonne atrocement exploitée par des patrons abjects », Ferdinand se voit confier la responsabilité d'une création collective qui doit relater les évènements ayant agité le dernier Festival d'Avignon....
Philippe Caubère n’en finit pas de nous raconter son « roman d’un acteur ». Pour notre plus grand plaisir, il est vrai. Ceux qui connaissent l’acteur ou les anciens spectacles de Caubère savent reconnaĂ®tre le formidable jeu et les prouesses physiques que ce comĂ©dien livrent dans chacun de ses spectacles.

Du 5 novembre au 31 décembre 2002
Théâtre du Rond Point
Salle Renaud-Barrault
2bis, avenue Franklin D.Roosevelt
75008 Paris
01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr


Le syndrome de la page 12
De et par Fellag
Fellag revient avec le personnage de PhilĂ©as, "l'as de la filature" qui rĂŞve d'ĂŞtre auteur de polars. Tout est prĂŞt dans sa tĂŞte : assassinat, intrigues, suspense, seulement, malgrĂ© ses efforts, Ă  la page 12 l’assassin est dĂ©couvert.
Fellag, ce clown philosophe qui nous a offert en 1999 et en 2000 deux trĂ©sors d’humour et d’humanitĂ© : « Djudjurassic Bled » et « un Bateau pour l’Australie ».

Du 13 au 28 décembre 2002
Théâtre du Rond Point
Salle Renaud-Barrault
2bis, avenue Franklin D.Roosevelt
75008 Paris
01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr


Le Théâtre des Bouffes du Nord
Plus qu’un seul spectacle, il faudrait, pour ce théâtre, parler de l’ensemble de la saison. En effet, l’excellence des programmations du Théâtre des Bouffes du Nord n’est plus Ă  dĂ©montrer. Pour cette rentrĂ©e, Peter Brook nous propose un voyage entre rĂ©pertoires classiques (Shakespeare et Sophocle) et contemporains (Kane et Rocamora). A noter la prĂ©sence, cette saison, de deux immenses comĂ©diens : Michel Piccoli et Isabelle Huppert. A ne pas rater non plus, l’extrait du Mahabharata de Jean-Claude Carrière.

Quelques éléments de cette programmation :

Psychose
de Sarah Kane avec Isabelle Huppert, mise en scène Claude Régy
du 1er octobre au 9 novembre 2002 à 20h30, matinées les samedis à 16h, relâches dimanches et lundis
.

La mort de Krishna
de Jean-Claude Carrière, mise en scène de Peter Brook
du 26 décembre au 29 décembre 2002 à 20h30, et, du 11 janvier au 27 janvier 2003, matinées les samedis à 15h.


La TragĂ©die d’Hamlet
de Shakespeare, mise en scène de Peter Brook
du 7 janvier au 13 avril 2003 à 20h, matinées les dimanches à 15h30


Je prends ta main dans la mienne
de Carol Rocamora d’après la correspondance d’Olga Knipper et Anton Tchekhov, mise en scène de Peter Brook, avec Michel Piccoli.

Théâtre des Bouffes du Nord.
37 bis, boulevard de la Chapelle, Paris 10°
métro : la Chapelle
Tél : 01 46 07 34 50
Site : www.bouffesdunord.com


Enfin, trois spectacles qui ont fait les beaux jours du festival In d’Avignon cette annĂ©e :

La Vie de Galilée
De Bertolt Brecht
Mise en scène de Jean-François Sivadier.

Théâtre de Gennevilliers.
41, avenue des Grésillons
92230 Gennevilliers
01 41 32 26 26

Minetti
De Thomas Bernard
Mise en scène de Claudia Stavisky avec le formidable Michel Bouqet.

Théâtre de la Ville
2 place du Châtelet, Paris 4°
01 42 74 22 77
www.theatredelaville-paris.com

La Trilogie de la Villégiature
De Goldoni
Mise en scène de Jean-Louis Benoît (spectacle diffusé sur Arte en direct au mois de juillet 2002)
.
Théâtre Nanterre Amandiers
7, avenue Pablo picasso
92000 Nanterre
01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

Un dernier mot avant de remballer papier et crayon : vous, les jeunes parisiens de moins de 26 ans, le théâtre, pour vous, c’est seulement 10 euros ! Alors, n’hĂ©sitez plus et profitez-en… Quant Ă  vous les Ă©tudiants, munissez vous de vos cartes d’Ă©tudiants, il y a des prix spĂ©ciaux pour vous dans tous les théâtres de France.

Marion Dieuloufet

 

 


 

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