N° 12 - Avril 2003
BLANKASS

5 ans. 5 ans que l’on attendait la sortie du nouvel album des Blankass. C’est donc avec émotion que L’homme fleur est posé dans la platine…les questions se poussent s’entrechoquent et s’entrelacent…Qu’en sortira-t-il ? Surprendra-t-il comme L’ère de Rien avait pu le faire ? Un groupe peut-il évoluer, bien qu’il fut longtemps brimé de scène et de production discographique, la faute aux méthodes douteuses et honteuses utilisées par UniverSal ( qui n’a jamais aussi bien porter son nom ). A tout ses doutes, les Blankass répondent en 13 chapitres, en 52 minutes.
Les deux premiers morceaux déstabilisent quelques peu tout en rassurant : ce ne sera pas un Ere de Rien bis. Mondiale Idées et Anna s’ouvrent sur de surprenantes mélodies plutôt pop. Mais l’une comme l’autre vont se défaire avec habileté et talent de cette étiquette trop étriquée pour être honnête et suffisante. Résultat un final grandiose, à grand renfort de trompette pour Mondiale Idées et de piano pour Anna.
La croisée, les Miens, C’est Moi, Roule, l’Homme Fleur sont le métissage des deux premiers albums, à la croisée, non pas des grands soirs, mais de la chanson et du rock. L’exercice est parfaitement réussi, maîtrisé et promet de grands moments live.
Dans leur précédent opus, les berrichons s’étaient fait plaisir en reprenant Death or Glory des Clash. L’exercice est renouvelé dans L’homme Fleur où le combo s’attèle à un autre mythe: Another Brick in the Wall des Pink Floïd. Pour la peine, ils se font aider par Spider Stacy, ex-Pogues…et quand deux talents de cette envergure se rencontrent, ça donne forcément une reprise originale et enlevée.
Que reste-t-il à dire alors ? Et bien il reste à parler de deux bijoux : Pour la lumière et Sur la branche. Deux chansons dont l’orchestration épurée n’a jamais tant mis en exergue la voix chaude et accueillante de Guillaume. Ses textes, définitivement orientés vers la communication, la chaleur et la vie, se retrouvent eux aussi mis en avant comme jamais. Et devant tant de sensibilité, d’utopisme et de valeurs positives, les cœurs se réchauffent ; forcément.
A une époque où le tout-sécurité est prôné, à une époque où l’on veut faire croire qu’il y a une France d’en haut et une France d’en bas, à une époque où les intérêts financiers ont résolument pris le pas sur l’Humain ( quitte à déclencher une busherie ), L’homme Fleur s’érige comme un épouvantail contre le rejet et l’exclusion, comme une alternative à l’hiver, une échappatoire à la solitude et l’ennui.
VM

Blankass - LÂ’homme Fleur - Avril 2003
Production: Up Music
Distribution : Warner Music France
Infos : [blankass]

THOMAS FERSEN

Tôt ou Tard a la joie de vous annoncer la sortie du 5ème album de Thomas Fersen. Fond de pochette rose, typographie des grandes circonstances de l’état civil, un Thomas Fersen posant assis, tout en noir, une tête de cochon sur les genoux (une tête de lard ?). Au-delà d’un dandysme manifeste, tout est réuni pour faire de cette Pièce montée des grands jours une réussite parfaite. Et c’est le cas !
Pour ce nouvel album, Thomas Fersen donne donc dans le péché de gourmandise, laissant quelque peu entre parenthèses son célèbre bestiaire des albums précédents au profit de la métaphore pâtissière. Quelque peu seulement car l’on y croise tout de même une araignée dans un harmonium, « énorme et velue qui devrait s’épiler » (Rititi Ratata), ainsi qu’un Chat Botté qui vend des mules en reptile. Histoire de vérifier que le lexique de Thomas reste intact, décalé et que la critique littérale a toujours ses faveurs comme sur Croque où il déroule le récit d’un croque-mort se régalant des nourritures terrestres dévorant son « croque-monsieur » et buvant « comme un trou. »
Comme une pareille pâtisserie ne se déguste pas seul, Thomas Fersen invite Marie Trintignan à partager cette Pièce montée des grands jours. Un duo fort réussi pour cette chanson éponyme où deux voix singulières se répondent autour « d’une brioche fourrée avec une pioche », de « 10 mètres de corde dans la dinde aux marrons », « d’une pelle dans la mortadelle », « une lime dans le pâté en croûte », « un vilebrequin dans le ragoût », etc.
Si Thomas Fersen conserve le sens de la mélodie accrocheuse qui a contribué à son succès, on est à la fois surpris et enchantés de découvrir des titres qui suivent de véritables progressions rock soutenues de guitares parfois lourdes mais contenues avec élégance. (Deux pieds, Pièce montée des grands jours, Diane de Poitiers) De même, on demeure sous le charme de l’orgue de Rititi Ratata - morceau le plus long de l’album (7’ 16 ‘’) – dont les envolées harmoniques semblant venir oxygéner les mots ne sont pas sans rappeler le fameux Time out of mind de Bob Dylan.
Désormais, à la question « fromage ou dessert ? », exigez une Pièce montée des grands jours. Vous ne serez pas déçu !
d.d.

Thomas Fersen : Pièce montée des grands jours - Tôt ou tard – Sortie le 8 avril 2003

Thomas Fersen en concert :
Du 11 au 22 novembre 2003 à La Cigale
La Cigale
120, Boulevard de Rochechouart
75018 PARIS (M° Pigalle)
Tél. : 01.42.23.15.15
Tarifs : 25,30 € et 27,50 €

DANIEL HELIN

Sans se faire mousser, Daniel Hélin sort Les Bulles, son deuxième album.
Quel drôle d’énergumène que ce belge-là ! Diplômé d’Art dramatique, avant d’en venir « sérieusement » à la chanson, Daniel Hélin a bourré un CV à ras bord : théâtre, marionnettes, monocycle, trapèze, etc. C’est donc tout naturellement que Les Bulles (album enregistré et sorti en 2001 en Belgique et distribué en France aujourd’hui) s’inspire et puise allègrement dans ces univers de référence.
De son expérience du cirque, Daniel Hélin retient l’aspect fanfare présent sur plusieurs titres et le jeu d’équilibriste auquel il se livre dans les textes. Des textes, sur deux rimes pour la plupart, où il laisse libre cours à sa boulimie verbale, où transpire la jubilation du créateur de mots-sons.
Du théâtre, Daniel Hélin conserve le goût de la mise en scène ainsi qu’un style très proche du parlé, où l’on pense parfois à l’album L’homme à tête de chou de Gainsbourg, notamment sur Clarisse renvoyant directement aux Variations sur Marilou du regretté Gainsbarre. « Ô délicissime Clarisse / Dans ta fontaine je m’immisce / Dans ton petit cri d’entrecuisses / Une blessure sans cicatrice » déclame-t-il avant de conclure non sans poésie, « Cette chanson s’éteint complice / comme la vie d’un clin d’œil qui plisse ».
Assurément, Daniel Hélin aime la vie. Il va même, sur fond de tango enlevé, jusqu’à meugler furieusement son amour pour « sa vache », prend fait et cause pour Le cochon dans un vacarme de kermesse avant de s’attendrir sur le triste sort d’un Dragueur de piscine « qui surnage penaud en attendant l’amour ».
C’est ça le petit monde de Daniel Hélin : des histoires un peu dérisoires pour vaincre la dépression complaisante. Un bestiaire où l’animal mérite autant d’égard que l’humain. Rien de surprenant alors que Daniel Hélin ait choisi le Zèbre de Belleville pour amorcer sa tournée…
d.d.

Daniel Hélin : Les bulles - Tôt ou tard – 2003

Daniel Hélin en concert :
Jusqu’au 26 avril au Zèbre de Belleville à 20 heures.
Relâche les dimanches et lundis.
Zèbre de Belleville
61-63, Boulevard de Belleville
75011 PARIS (M° Belleville ou Couronnes)
Tél. : 01.43.55.55.55
Tarif : 16,50 €

FRED ALPI

Deux ans après Ici & Maintenant, Fred Alpi remet de l’huile sur le feu de ses colères en sortant un second album sur son propre label, Niostang.
Sur fond de pochette rouge et noire, tel un brocart, Les Chiens mangent les Chiens ne s’embarrasse pas d’équivoques. Auto-estampillé « rock libertaire », Fred Alpi livre avec ce disque une manière de « pack militant ». A l’image de son auteur qui enseigne également le Kung Fu, l’album, tout en muscles, sent la bonne sueur généreuse. La forme musicale retenue - guitare-basse-batterie – bien que minimaliste s’avère efficace. Un punk-rock énergique au son rude et âpre à l’image des textes de Fred. Des textes libertaires, sans concession à l’égard d’une société capitaliste déliquescente.
En 13 titres et 55 minutes, Fred dresse un inventaire forcément sombre, grinçant de la gangrène « mondialisationiste » qui nous asphyxie. Ses textes acérés, écrits au scalpel, ouvrent sur une lucarne salutaire, décrivant tantôt l’horreur des guerres de religions (Maigre comme un couteau), brossant tantôt le portrait du consommateur exemplaire (Jean-François B., social-démocrate), rendant hommage à Joe Hill militant de l’AIT assassiné par la machine d’Etat, ou bien pointant du doigt une société qui s’étiole dans la « connerie » comme sur Un philosophe sans pensée : « C’est le fist-fucking de l’esprit / Camouflé en gendre idéal / Dont la connerie tricéphale / Affirme « je vous ai compris » ».
Des chansons libertaires, certes, mais qui ne riment pas avec « primaires ». C’est assez rare pour être souligné. On espère qu’il n’est pas né celui qui obligera Fred à se taire.
d.d.

Fred Alpi : Les chiens mangent les chiens - Niostang / FairPlay - SED – 2003
Album disponible sur le site de Fred Alpi : [Fred Alpi]

Fred Alpi en concert :
Le dimanche 13 avril 2003 à 16 heures
Théâtre Sylvia Monfort
Parking de la poste
95300 St Brice Sous Forêt

Le samedi 17 mai à 20 h 30
Centre Culturel Libertaire
4, Rue de Colmar
59000 LILLE

BORIS ET LES QUINCAILLIERS

Boris et les Quincailliers c’est de la chanson. Mais pas seulement, parce c’est aussi un peu de la danse contemporaine, un peu du théâtre, un peu des ombres chinoises…
C’est ainsi qu’on ne va pas à un concert de Boris et les Quincailliers ; on va à une performance !
Musicalement, l’instrumentation très acoustique –accordéon, contrebasse, violoncelle, percussions- pourrait laisser croire à quelque chose qui aurait le goût des Têtes Raides et l'odeur des Ogres de Barback, enfin quelque chose de pas bien original finalement. Mais il n’en est rien, BELQ ont parfaitement réussi à se créer leur propre univers enchaînant les arrangements modernes voir jazzy aux morceaux dont l'esprit est plus "chanson française".
Si l’on rajoute que Comète, malgré sa maturité affichée, n’est que le tout premier disque des héraultais, on se demande pourquoi vous n’êtes pas déjà chez votre disquaire péféré !
VM


Boris et les quincailliers - Comète - 2003
Production: Petits boulons production
Distribution : Mosaïc

SIMON GERBER

Le premier album de Simon Gerber sent bon la nostalgie. C'est l'enfance retrouvée, la fraîcheur ou la mélancolie, des histoires simples mais belles. Il y a même une chanson en suisse allemand qui ne fait pas mal aux oreilles.
La voix de Simon ? Elle fait tout. Elle peut être poussée à l'extrême, toute proche du cri, elle est aussi parfois entraînante et triste juste quand il faut.
C'est grâce à tout ça que Simon Gerber a reçu, en 2001, le prix Nouvelles Scènes. Avec une telle qualité, la chanson suisse n'a pas de souci à se faire pour son avenir. Et c'est ni Sarclo, ni le Bel Hubert qui vont me contredire. Cet album, c'est simplement un tout p'tit bout d'bonheur !
véro.

[le site de Simon Gerber]

LA MAIN GAUCHE

Disons-le tout net, La Main Gauche, c’est vraiment clean. Y a pas un poil qui dépasse ! Ca sonne et tombe impec’ comme le doigt sur la couture du pantalon au point que la pureté et la qualité instrumentales le dispute à la justesse des voix.
Victorieux du premier tremplin Georges Brassens en 2000, le duo créateur du groupe (Caroline et Olivier) enregistre son premier album dans la foulée (août 2001). Puis, viennent se greffer à cette Main Gauche deux doigts supplémentaires, Timothée et Jocelyn. Une Main à quatre membres où l’on retrouve Timothée au basson, Jocelyn aux flûtes et au basson, Caroline au chant, à l’accordéon et à la flûte à bec, puis Olivier au chant et à la guitare.
Olivier, c’est aussi lui qui écrit les textes et apporte les mélodies des chansons. Des chansons trempées dans une veine façon La Tordue, une voix proche de celle d’Axel des Tit’ Nassels. Des chansons – aux paroles tantôt en français, tantôt en espagnol - qui cheminent entre ballades mélancoliques et enthousiasme latin.
Si les trouvailles mélodiques jointes à la qualité d’interprétation demeurent le point fort d’Olivier, la finesse de sa plume n’a pas à rougir. « Je renais au monde d’une force étrange / Et la grande faucheuse peut toujours / S’accrocher à la queue des pendus / Les armées peuvent s’écarteler les phalanges / Plus rien n’entravera ce chant » écrit-il dans Muse à nu. Une Main Gauche qui n’est pas maladroite du tout.
d.d.

La Main Gauche : La Main Gauche - autoproduit – 2001

La Main Gauche en concert :
Le mercredi 7 mai 2003 à 21 heures
LÂ’Attirail
9, Rue au Maire
75003 PARIS (M° Arts et Métiers)
Entrée libre

ORNICAR

Ornicar, ce n’est pas forcément un cours de français…c’est aussi depuis 2002 un groupe de la région parisienne qui vient de sortir leur premier album Sorti d’usine. Musicalement ça balance un reggae/ska-rock qui n’hésite pas à laisser une bonne place aux arrangements funk. Original donc, mais expérimenté aussi puisque les 4 membres de bases viennent de Mix&Match, groupe qui avait plus de 80 concerts à son actifs. Pas étonnant alors que le cd soit composé de deux tiers de live pour seulement un petit tiers de versions studio. Il reste juste la place pour y inclure un bonus vidéo qui laisse entrevoir les coulisses du groupes.
Alors, amis parisiens, on ne saurait trop vous conseillez de courir le 25 avril à l’Estaminet voir Ornicar en compagnie de Fizcus ?!, groupe de ska-rock bien connu pour leurs prestations lives enflammées !
VM

Ornicar - Sortie dÂ’usine
Auto-produit
Contact :
Infos: [ORNICAR]
Management et scène : Greg : 06.81.66.01.16
Presse : Pierre : 06.24.55.44.41

Concerts Ornicar:
25/04 : LÂ’estaminet (Magny les Hameaux) avec Fizcus ?!
20/06 : Douves du château de Beynes (78) pour la fête de la musique

Concerts T2F Koué :
24/04 : Festival des Vibrations du Monde – Université de Cergy Pontoise à 12h
04/06 : Le Festicolor Meung/Loire (45)
07/06 : Le Macadam Fleury les Aubrais (45)

PUNK EN FRANCE

Voilà un cd qui s’adresse à tous ceux qui ont eut un jour ou l’autre une épingle à nourrice sur leur cuir, ou sur leur jean déchiré, à tous ceux qui ont eut un jour ou l’autre une coupe de cheveux tendance iroquoise…enfin à tous les keupons d’un jour / keupon toujours.
Et oui, Remedy Records sort en ce joli mois d’avril une compilation sur 4 cd retraçant l’histoire de la musique punk made in France, de 77 à 2003. Ca représente rien de moins que plus de 5 heures de musique et 100 morceaux. Et comme un p’tit keupon n’a pas forcément la bourse du prince Albert de Monaco, cette quadruple compilation sort bien évidemment à prix spécial !!!
Pour parler des groupes présents, ils sont tous là (si l’on excepte les Bérus) : LV88, Shériffs, Cadavres, Rats, LSM, Garçons Bouchers, Parabellum, Wampas, Metal Urbain, Oberkampf, OTH, LSD,…enfin bref vous l’aurez compris, Punk en France est LA compilation à posséder absolument pour tout amateur de musique keuponne qui se respecte.
VM


Punk en France - Compilation - Avril 2003
Produit par Remedy Records
Distribué par Wagram Music

GERARD MOREL

Oh ! Maryse, premier album studio de Gérard Morel, est sorti voilà près d’un an. Mais il n’est pas trop tard pour dire tout le bien que l’on pense de ce presque quinquagénaire venu à la chanson sur le tard.
C’est en 1997 qu’il commence à sévir sur scène avec ses facéties, ses chansons si ciselées comme ces serpents qui sifflaient sur la tête de Racine. Maniaque du verbe, parent proche du regretté Bobby Lapointe, Gérard Morel affûte ses textes de façon presque pathologique. C’est subtil, c’est jubilatoire. La brioche Olga n’aime pas / Les éclairs si ! / Astiquer, ça la gêne pas / Mais laver si ! / Ajaccio, Olga connaît pas / Mais Calvi si ! clame-t-il sur Olga, titre en voie de devenir un classique et déjà repris sur scène par Entre 2 Caisses et Nicolas Bacchus.
Habillées chaudement en toutes saisons par un piano, un accordéon et des cuivres, les chansons de Gérard Morel – comédien de théâtre de formation – ont un quelque chose de dionysiaque. Gaies, parfois cruelles mais toujours enthousiastes à l’image de leur géniteur à la bonhomie contagieuse.
Oh ! Maryse est une belle incitation à découvrir Gérard Morel sur scène. Pour plagier Coluche on peut avancer que Gérard c’est comme le pinard, ça devrait être obligatoire.
d.d.

Gérard Morel (et les garçons qui l’accompagnent) : Oh ! Maryse - Archipel Chanson / L’Autre Distribution – 2002

Sur scène :
Gérard Morel et les garçons qui l’accompagnent seront au Café de la Danse le lundi 28 avril à 21 heures.
Café de la Danse
5, Passage Louis Philippe
75011 PARIS (métro Bastille)
Le site du [Café de la Danse]

Réservations : 0.820.800.400
Prix des places : 16 € - réduit : 11 € (+ frais de location)

Contact :
Le site de [Gérard Morel]

ARNAUD METHIVIER

Arnaud Méthivier ne se contente pas de servir ses confrères (Moustaki, Kent, Leprest, etc.), il est avant tout un musicien. Un musicien curieux et avide d’expérimentations musicales. Une sorte d’Einstein de l’accordéon. Dans cette logique, il a entrepris un projet d’exploration autour de son instrument, avec le désir et la volonté de le réactualiser, de le réinventer en l’utilisant dans la chanson actuelle sous toutes ses formes. Son pari : sortir un disque tous les 6 mois, comme un témoignage de l’évolution du travail accompli, de ses recherches.
Après Bombaïdo et [speis] parus l’an dernier, Arnaud Méthivier sort sa troisième production : Ouadigambé. Un album de 7 titres prenant le relais des précédents.
Ouadigambé s’affiche comme une suite narrative, une danse traditionnelle contant l’histoire d’un sans papier venu de l’Atlantique Nord. Emprisonné, depuis sa fenêtre, il livre sentiments et observations.
Méthivier use du pertinent recours à Paul Verlaine (Le ciel est par dessus le toit, Il pleut doucement sur la ville) ainsi qu’à celui de Kent (Vive la vie, lent le temps) pour ajouter en émotion. Sa voix fragile au service de l’évanescence des textes apporte un contrepoint à la puissance de l’accordéon.
L’exercice est à nouveau réussi. Là où l’on pourrait craindre une froide création de laboratoire, Arnaud Méthivier réalise un album à la croisée du monde musical et de l’œuvre littéraire. Une belle saveur.
d.d.

Arnaud Méthivier : Ouadigambé - Le Bleu du Ciel - 2003

Contact :
Le Bleu du Ciel:
Tél : 02.38.77.18.84
Mob : 06.83.02.11.17
E-mail :

Arnaud Méthivier en concert :
Mercredi 9 avril 2003 à 20h30
La Maroquinerie
23, Rue Boyer
75020 Paris (M° Gambetta ou Père Lachaise)

 

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