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Kiemsa, l'interview (05/2004)
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C'est après leur concert parisien à la Flèche d'or que Martin, chanteur des Kiemsa, a répondu à nos questions.
Peux-tu brosser l'histoire du groupe?
Martin:Kiemsa a commencé comme un groupe de lycée. Pour la plupart on se connaît depuis que l’on est tout gosse. On a grandi ensemble sans jamais penser à monter un groupe…jusqu’au jour où ! On est parti comme ça donc, à 16 ans, insouciants.
Après 2 mois d’existence, on a fait notre premier concert avec Spook and the Guay, devant 600 personnes, à Laval, et avec Chinois, l’ex-ingé son de la Mano Negra aux manettes du son !
Donc tout le début de Kiemsa, ça reste de souvenirs très drôles, car c’est clair qu’on était pas prêt, mais on l’a fait quand même, donc c’était marrant !
Et quelle est l'origine du nom ?
Martin:On a trouvé le nom Kiemsa, en cours en faisant les débiles. On faisait des listes et des listes interminables et on a fini par tomber sur ce nom.
Donc avec un tel nom tu imagines bien quÂ’on a eu droit Ă tous les jeux de mots du mondeÂ… : Kiemsa ? Personne ! Kiemsa ? On sÂ’demande !
Par contre ça veut dire quelque chose en japonais ! Ca s’écrit exactement pareil, et en gros ça veut dire : la puissance qui t’explose ta gueule ! C’est une des attaques de Dragon Ball Z.
La formation actuelle a-t-elle toujours été la même ?
Martin:Il y a eu 2 vagues. Un premier guitariste est parti à cause de ses études à Marseille et le batteur a changé aussi puisque l’ancien batteur est aujourd’hui ingénieur du son.
Musicalement, on entend de nombreuses influences dans votre son. Ca vient de quoi, est-ce une nécessité pour vous ?
Martin:Chacun a sa spécialité, mais il est clair que tout le monde écoute vraiment de tout. Et la raison est simple :lorsque l’on compose un nouveau morceau, on a envie qu’il soit différent de l’autre. Donc forcément ça donne l’album, une sorte de ballade à travers les styles.
Il y a aussi des invités de marque sur l'album comme la chanteuse de Candie Prune...
Martin:C’était une super rencontre car Saoli, la chanteuse de Candie Prune, a tout de suite bien aimé ce que l’on faisait. Mais quand on lui a proposé un featuring, elle avait une image de rock festif, du clown…et ce n’est pas son trip. Mais elle a trouvé quelque chose de différent chez nous qui lui a plu. Et donc elle a été d’accord puisque la chanson qu’on lui a proposé était aussi son morceau préféré. |
Pour la promo, allez vous développer une street marketing comme la Ruda par exemple?
Martin:Oui car c’est très important pour les gens qui suivent le groupe, car du coup ils sont dans le bain et sont informés au jour le jour. Donc nous on essaye de le faire, on a un petit fanzine qui s’appelle « la gazette du fou furieux », avec des rapports date par date, des photos, et que l’on met sur internet. On ne le maile pas encore car on est en train de monter la mailing liste. Et en fait, nous, on fera toujours tout pour privilégier ce rapport groupe/public. On est en train de monter une street team avec des invits, stickers…Le rapport entre le groupe et le public, c’est super important, il ne faut pas se la jouer à la Indochine.
Vous êtes signés chez Demain La Veille, un label indé. Ca vous apporte quoi de bosser avec un indépendant ?
Martin:L’avantage d’un jeune label comme Demain la veille, c’est qu’ils connaissent le métier et surtout ils n’ont que nous. Ils croient beaucoup en nous, car de toute façon ils n’ont que nous pour l’instant. Et nous on croit beaucoup en eux puisque l’on sait qu’ils n’ont que nous. Et du coup, il y a une grosse entre-aide entre notre tourneur/manageur « L’igloo » à Angers, Demain la Veille à Paris, et le distributeur Tripsichord. Et ça se passe très bien pour l’instant, donc tout le monde est content, on est en famille.
Et l'Igloo?
Martin:Ils sont notre tourneur et notre manager. Il nous ont découvert très très tôt, fin 2001, à peine un an et demi d’existence. Ils nous ont fait confiance très vite, très tôt…ils nous ont laissé le temps d’évoluer.
Pour finir, un coup de coeur?
Martin:Kick Ass! Cherchez sur le net pour ceux que ça intéresse. C’est un magazine type Rock Sound avec un CD sampler en plus qui est vendu 5 €. Ca se trouve sur Paris, partout, il faut le demander car il n’est jamais en facing mais il y est ! C’est un mag qui se bouge le cul pour parler de la scène indé surtout française, internationale aussi, mais surtout française. Il y a beaucoup d’interview, le cd est vraiment intéressant avec plein de groupes à découvrir dans tous les styles. Ils en sont au numéro 3 et à chaque numéro ils ont peur de ne pas pouvoir sortir le suivant. Et c’est dommage car c’est un super magasine fait par des passionnés qui ont réussi à trouver des thunes pour lancer leur mag. Et il ne faut pas que ça s’arrête car c’es trop rare ! Donc Kick Ass ! |
Chronique de Nuits Rouges:
En à peine trois ans, deux maxis, deux prix (Léo Ferré et prix public du concours européen des Musiques Actuelles), Kiemsa déboule dans les bacs avec Nuits Rouges leur premier album. La rythmique terriblement efficace, soutenue par des grosses guitares, des cuivres (saxo, trombone, trompette) survitaminés et quelques machines, permet à Kiemsa de s’illustrer dans une fusion qui n’hésite jamais à plonger dans les influences les plus diverses : rock, punk, jazz, ska,…
L’univers textuel est assez théâtral, revendicatif et mettant en scène des créatures tour à tour inquiétantes, détraquées ou simplement attachantes. On remarque avec grand plaisir les présences de Saholy Diavelana (ex-Candy Prune) sur Acida B2 ainsi que celle de Bring’s (Freedom For King Kong) sur Apparence(s).
Ecrite en une nuit, la reprise hommage aux « grands frères » de Salut à toi est modifiée en un salutaire Salut à toi (l’intermittent) dont le final débordant de fougue et d’énergie est envoyé tel un direct au foi de l’âne aillagon.
Avec plus de cent concerts au compteur et bien aidés par l’excellente production de Nuits Rouges, l’année 2004 sera forcément celle de la révélation –ô combien méritée- pour les mayennais.
VM
Kiemsa - Nuits Rouges - Demain la veille / Tripsichord - 2003
[Kiemsa, le site] |
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