N° 21 - Mars 2004
 
Reflet alternatif
Molière, le choix d'en rire (03/2004)
Molière, le renouveau de la farce (02/2004)
Interview LoĂŻc Da Silva et Pierrot Ruda (02/2004)
Jean-Baptiste Veujoz: rencontre avec un poète troubadour (01/2004)
Bérurier Noir: même pas mort ! (12/2003)
Doisneau : l'oeil du poète (12/2003)
Rencontre avec Michel BĂĽhler... (12/2003)
Hubert-Félix Thiéfaine : Premières balises avant mutation (11/2003)
Delphine Courtois : "L'art, c'est un don que tu fais aux autres" (11/2003)
Un air de Bacri/Jaoui (11/2003)
Etienne Gauthier : "La musique est une autre forme d'émotion" (11/2003)
La double vie de François Villon (10/2003)
Quelques questions au Bel Hubert... (10/2003)
Un petit tour du côté du Mont-Soleil Open Air Festival (10/2003)
Avignon par Intermittence (09/2003)
L'héritage Ferré (07/2003)
Céline Caussimon : "Je marche au bord" (07-08/2003)
”Eungenio” Salvador Dali (1904-1989) (06/2003)
Oshen, L'héritage Mitsouko (06/2003)
L'audiovisuel indépendant : Zaléa TV
Nicolas Jules : "J'essaie de me surprendre". (04/2003)
Baudelaire ou la douleur de vivre (04/2003)
Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt (04/2003)
Un chiffon propre dans le grenier (04/2003)
Branagh in Love (03/2003)
Nicolas Bacchus vitupère au Point (03/2003)
LUZ : Claudiquant sur le dance floor (02/2003)
Pouvoir de Lire et Droit de Dire (02/2003)
La Punkitude (01/2003)
Philippe Caubère : Présentation (01/2003)
Philippe Caubère et la politique (01/2003)
Philippe Caubère: 68 selon Ferdinand (01/2003)
Philippe Caubère: repères chronologiques (01/2003)
Juliette GRÉCO (12/2002)
Labels et la BĂŞte. (12/2002)
Woody Ă  tout prix (12/2002)
Fermin Muguruza (12/2002)
Autour d'Orsay et des impressionnistes. (11/2002)
Le Festi' Val de Marne. (11/2002)
Le Rock Identitaire Français (11/2002)
Le Glaz'art. (11/2002)
Jacques Prévert ou la bonne parole. (10/2002)
Au Limonaire. (09/2002)
Les Frères Brothers. (09/2002)
La rentrée théâtrale 2002. (09/2002)
Festisis 2002. (09/2002)
ATTENTION ! Salles en voie de disparition. (08/2002)
Une journée avec la Ruda Salska (08/2002)
La chaleur d'Avignon. (08/2002)
Histoires de vies brisées : les doubles peines de Lyon. (07/2002)
Renaud: Le mauvais sujet repenti. (06/2002)
Virginie Despentes ou l'art de toujours surprendre ! (06/2002)
La FĂŞte de la Musique. (06/2002)
Demandez le programme ! (04/2002)
Interview LoĂŻc Da Silva et Pierrot Ruda (02/2004)

Loïc Da Silva joue La Ruda (encore Salska à l'époque) est un disque aussi atypique que réussi. Reprendre le plus grand groupe de rock français actuel, juste à l'accordéon, pouvait s'apparenter à un suicide organisé, voire un ratage programmé. Mais les craintes et les peurs font très vite place nette pour laisser place à l'une des réussites les plus enthousiasmante de l'année 2003.

C'est à l'occasion de leur passage le 13 janvier dernier à la Flèche d'or que Loïc et Pierrot ont répondu aux questions L'art-scèniennes.

 

Loïc, à quel age as-tu commence l’accordéon ?
Loïc:Ca fait treize ans, j’ai commencé à l’age de neuf ans. C’est mon oncle qui joue de l’accordéon, et plusieurs personnes de ma famille jouent d’un instrument ou chantent. Ca s’est donc fait naturellement.

Et pourquoi avoir choisi l’accordéon ?
Loïc:Je n’avais pas à choisir entre des instruments, je n’étais pas obligé de faire de la musique…d’ailleurs, je n’aurai pas du faire de la musique. Du coup c’est moi qui ai choisi de faire de l’accordéon et plus tard de me mettre aux claviers et d’autres instruments en parallèle.

L’accordéon c’est une passion pour toi Pierrot ?
Pierrot:Ah non non, je n’ai pas une passion pour l’accordéon. Ce que je trouvais intéressant, c’était de détourner la Ruda qui est un groupe de rock’n’roll par cet instrument. C’est une façon de voir la Ruda sous un autre angle. Et j’ai trouvé ça d’autant plus intéressant que ça permettait en plus de les tester, de savoir si elle pouvait supporter ce traitement là. Mais sinon, évidemment qu’on aime bien l’accordéon, on ne se serait pas torturé les oreilles non plus ! On aime bien l’accordéon et toute l’imagerie qui va avec, la chanson française, la valse-musette. L’accordéon a un charme bien à lui. C’est toujours un rire amer et ça dégage beaucoup d’émotion.
C’est un peu le hasard qui nous a fait attaquer ce projet. Car on a rencontré Loïc qui nous avait déjà proposé des versions de la Ruda à l’accordéon. Ca nous avait séduit et on a décidé de franchir le pas et d’en faire un album.

Au niveau de la sonorité pure, l’accordéon sied parfaitement à la Ruda finalement…
Pierrot:Bien sur oui ! Déjà c’est un instrument qui a l’avantage de pouvoir allier beaucoup de mélodies ce qui est intéressant avec une musique comme la notre, où il y a la mélodie de la voix, des cuivres…Et puis Loïc y met une certaine énergie et s’attache à jouer sur les rythmes donc c’est vrai que c’est un instrument qui se prêtait à dégager un peu l’esprit de la Ruda.

L’accordéon ce n’est pas non plus l’instrument qui correspond le plus à l’univers Ruda ?
Pierrot:Oui, ce n’est pas un hasard. C’est vrai qu’on puise beaucoup dans le patrimoine de la chanson, des séries noires, des films donc c’est un son qui ne nous est pas inconnu et dans lequel on se plait bien à se retrouver.
Et puis c’était aussi un moyen de remettre à l’honneur un instrument qui a souvent été décrié, même s’il l’est de moins en moins, et qu’il reprend beaucoup de lettres de noblesse.

LoĂŻc, pourquoi avoir choisi la Ruda pour tes reprises ?
Loïc:J’avais une époque où j’aimais beaucoup le ska-rock, même si maintenant j’en écoute un peu moins. Et à cette époque-là, je m’amusais à reprendre des groupes rock et à les rejouer à l’accordéon. Donc à la base c’était pour délirer. Du coup, je les ai enregistrées et elles sont tombées dans les mains de Pierre.

 

Entre 98 et l’intro de concert à l’accordéon et 2003 et la sortie de l’album, ça fait cinq ans. Pourquoi ce laps de temps ?
Pierrot: Au départ on n’y songeait pas. Le projet s’est installé petit à petit car l’accordéon prenait un peu à revers tous les concepts du rock’n’roll, donc pour nous c’était intéressant. Ca l’était aussi plus pour nous de faire des remix à l’accordéon que de tenter des remix dub qui sont plus classiques, et faits et refaits. Ca s’est également imposé qu’à la création de notre asso/label qui produit nos disques, on avait envie de produire un disque et donc c’était le bon moment car ça nous permettait de produire assez facilement le disque. On voulait vraiment faire un objet. On en a tiré 3000 et on est très très content car ils se sont tous vendus quasiment.

Et pour le choix des morceaux, vous ĂŞtes vous mis dÂ’accord ?
LoĂŻc: On sÂ’est dit quÂ’on allait prendre trois morceaux de chaque album. Et lÂ’album fini par une compoÂ…officiellement cÂ’est Pierre et moi, mais moi jÂ’ai lÂ’impression que cÂ’est plus Pierre et que jÂ’ai fait plus de lÂ’arrangement.

Et accompagner Loïc en concert, c’est un choix qui s’est imposé ?
Pierrot: Au départ, on n’avait pas du tout prévu de faire de concerts. On n’imaginait même pas ce que ça pouvait rendre en public. Et puis finalement à la fête de la musique on s’est jeté à l’eau…et puis bon, on a plus un rôle d’ambianceur, on ne va pas soulever les stades avec ça.
Et moi ça me sortait aussi du créneau du rock. Ca me permettait de repartir un peu à zéro. Ca m’intéressait de me tester, d’avoir peur, même si dans la Ruda je ne fais jamais le fier…mais là, honnêtement, j’avais un peu peur de ne pas être couvert pas beaucoup de bruit derrière et d’être un peu à nu.

Sur le texte de présentation, ça insiste bien que ce n’est pas un disque de karaoké…ça vous tenait à cœur ?
Pierrot: Ouais…ben ça c’est l’humour de Cédric ! (rires) (ndlr: Cédric est aussi le manager de la Ruda)


Propos recueillis par VM le 13/01/04 à la Flèche d'or

 

 


 

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