N° 13 - Mai 2003
 
Ramsès
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Crédit : Flavie Girbal

 

Genoux à terre
12 titres - 43 min
Ref : PIASF 027 CD
Sorti : 2000
Production : Miz' Ampli
Distribution : [PIAS]


01 - J'ai un trou dans ma tête 3'32
02 - Pantalon sale 3'58
03 - Le cul entre deux chaises 3'16
04 - Dix ans 2'32
05 - Les p'tits manèges 3'42
06 - Les passants passent 4'59
07 - Et caetera 2'30
08 - Dernière danse 4'26
09 - Le charlatan 4'11
10 - Vatch' 2'32
11 - Rue des volières 3'17
12 - Funambule 3'29

 
 
01 - J'ai un trou dans ma tête


J’ai un trou dans ma tête
Et par ce trou les jours de fête
Je vois passer d’un pas pressé
Une foule hagarde de gens heureux
Une foule hagarde de gens pressés
Qui sans façon demandent mieux
Qu’un défilé.

De ce trou cette fenêtre
De cette cachette au fond de ma tête
Blotti dans mon isolement
En solitaire malicieux
JÂ’entends les rires incessants
JÂ’entends les rires orgueilleux
De trop de gens.

J’ai un trou dans ma tête
Et par ce trou souvent je guette
Les mots qui passent à ma portée
Propos acerbes et furibonds
Propos fort mal intentionnés
Mais qui en vérité ne font
Que défiler.

 

02 - Pantalon sale


Beaucoup de bruit, de fantaisie
Une cour d’école, que de paroles
Genoux à terre, pantalon sale
Ah c’qu’il ‘ l’air, bien peu bavard

Occupation trop inutile
Lamentation cÂ’est tout un style
Genoux à terre lui est égal
CÂ’est en efforts quÂ’il est avare

Beaucoup de cris de facéties
Sans vocation sans illusions
En rêvassant pour être heureux
Les fainéants font leurs aveux

Et pendant ce temps il s’affaire affalé
A regarder passer les vaches
Vivons cachés, vivons heureux, vivons cachés
Mais vivons mieux, mais vivons mieux

On rafistole on en découd
Aucune histoire ne tient debout
Alors on bricole. Alors en recoud
Il en faut bien pour tous les goûts.

 

03 - Le cul entre deux chaises


Le cul entre deux chaises
On regarde passer les mouettes
On sÂ’emmerde de temps en temps
On aurait le cœur à la fête
SÂ’il en passait plus souvent

Tel un tableau inachevé
Tant de couleurs enchevêtrées
On peint et on dépeint
Les couleurs vives dÂ’un jour de mai

Sans un esprit dÂ’abdication
Tel un missionnaire ambitieux
On joue notre vie sans mission
En un jour de Toussaint pluvieux

Sans sÂ’en remettre au fatalisme
Se jouer des saints du satanisme
Comme replonger dans son enfance
Et découcher dans la souffrance

Le cul entre deux chaises
On regarde passer les mouettes
On sÂ’emmerde de temps en temps
Ils reviendront les jours de fête
C’est tellement drôle d’être vivant…

 

04 - Dix ans


JÂ’ai pris dix ans pour vol dÂ’oiseaux
La foule vocifère à défaut
De savoir voler des oiseaux
Que j’me suis trompé de chemin.

JÂ’ai pris dix ans pour vol dÂ’oiseaux
Dix ans cÂ’est peu pour un salaud
C’est la corde ou bien l’échafaud
Ca ne vaut pas plus quÂ’un assassin.

J’ai pris le vent comme témoin
JÂ’ai pris le temps il le faut bien
JÂ’ai pris dix ans cÂ’est pour mon bien
Il faut bien punir les salauds

JÂ’ai pris du plomb dans la cervelle
Un croc-en-jambe aux sentinelles
Qui me voyaient pousser des ailes
Mais c’était un poil dans la main.

 

05 - Les p'tits manèges


Des p’tits manèges, des p’tits manèges
Ca fait plaisir aux pÂ’tits enfants
Des grands manèges, des grands manèges
Ca fait plaisir aux grands enfants.

En chaque enfant vit un soldat
Soldat de plomb ou d’opérette
Un uniforme et des galons
Ca peut en faire tourner des têtes.

Si des parents ou des tontons
Vantent la nation en prophètes
Hurlent à la mort comme un poison
Un ennemi de marionnettes.

En chaque enfant vit un prophète
Un famélique ensoutané
Le crucifix de ses aînés
Ca peut en faire tourner des têtes.

A la baguette avec un doigt
Un doigt de plus sur la gâchette
Une soutane en apparat
Ca peut en faire tomber des têtes.

Devant l’homme de tête
Sont apprêtés deux couverts
Le foie d’un évêque
Et la cervelle dÂ’un militaire.

L’individu fait la tête
Celle qu’on s’apprête à faire tomber
Si par trop de fierté
Il nÂ’opte pas pour une assiette.

Les abats du vicaire
Ou l’encéphale guerrier
Trahison du Saint Père
Désertion des tranchées.

QuÂ’on me fasse gravir
Sous la lame dÂ’acier
Je préfère réfléchir
A tête reposée.

Des p’tits manèges, des p’tits manèges
Ca fait plaisir aux pÂ’tits enfants
Des grands manèges, des grands manèges
Ca fait tomber les pÂ’tits enfants.

 

06 - Les passants passent


Les passants passent le regard fier
Les passants passent indifférents
A l’exception de ces rombières
Qui me saluent nonchalamment.

L’eau écarlate de mon flacon
S’est répandue sur mon veston
Regarde à terre pour un instant
Retardataire pour un moment.

Et lÂ’orchestre qui joue
Un air de trop dÂ’ennui
De ces airs que lÂ’on joue
Pour les chiens endormis.

Les passants passent le regard fier
Les passants passent indifférents
Peut-être n’ont-ils rien d’autre à faire
Que dÂ’passer leur vie simplement.

La ville mue à cent à l’heure
Cité de charme et de couleurs
Citez moi donc ces quelques vers
De ces mots simples et ordinaires.

L’eau écarlate de mon flacon
S’est répandue sur mon veston
Regarde en lÂ’air pour un instant
De ce regard dÂ’adolescent.

La ville mue à cent à l’heure
Cité de crasse et de sueur
Citez moi donc ces quelques vers
Y avait-il un flacon dÂ’ouvert ?

Les passants passent le regard fier
Les passants passent indifférents
A l’exception de ces rombières
Qui me saluent nonchalamment.

L’eau écarlate de mon flacon
S’est répandue sur mon veston
Regarde à terre pour un instant
Retardataire pour un moment.

Et lÂ’orchestre qui crache
Un ultime tango
Une dernière valse
Pour les derniers badauds.

 

07 - Et caetera


Instrumental

 

08 - Dernière danse
Extrait sonore


Au carnaval des tristes mines
Corso fleuri qui sÂ’achemine
Les fleurs explosent à votre gloire
Couronnes de roses, confettis noirs.

Les meilleurs partent toujours premiers
Veuillez ne mourir que d’un œil
Quand le cortège vient arroser
Votre victoire dans un fauteuil.

Les pleurs qui pleurent sur les rimmels
Qui coulent s’écoulent en ribambelles
Viennent redorer votre blason
Au carnaval des moribonds.

Au défilé des grands éloges
Vous v’là placés aux premières loges
Les mots s’emballent et ça radote
Chacun déballe son anecdote.

O grands gisants, ex-vivants
Faites patienter l’éternité
VÂ’nez voir passer les boniments
A cheval sur vos qualités.

Les pas qui passent sur les consciences
Qui foulent, défoulent les croyances
Viennent consacrer l’être-alibi
Au défilés des « vieux amis ».

Au bal funèbre des lèche-mémoire
Les violons pleurent sur vos histoires
L’orchestre moite paie la dernière
La mise en boîte vaut bien une bière.

Vos pieds dépassent du linceul
Venez danser nos derniers pas
Les invités font tous la gueule
Même ceux qui vous appréciaient pas.

Le glas qui glace avec sa valse
Qui roule, déroule sa menace
Vient là brandir votre silence
Au bal funèbre des apparences.

Debout les morts. C’est la dernière danse
Danse de folklore. De toute évidence
En beau costume. Suivis de près
Hommage posthume. Attention, prêts ?
Debout les morts.

 

09 - Le charlatan


Moustache postiche
Chemise en soie
Un chapeau chic
En peau de chat
Une serviette
A chaque bras
Le charlatan
Choisit sa proie.

Homme public
Homme de droit
Sans polémique
SÂ’offre le droit
Petits larcins
Petit accroc
Le gentilhomme
Se fait escroc.

Quand lÂ’embonpoint
Fait lÂ’apparence
Quand il sÂ’affiche
Dans les finances
Quand vient le vice
Et les couteaux
Courent la justice
Et ses barreaux.

La cour est pleine
NÂ’en jetez plus
Et que justice
Soit rendue
Le charlatan
Aux pas de chat
SÂ’en est rendu
Quoi quÂ’il en soit.

Quand les jurés
Seront vidés
Quand le malfrat
Sera jugé
JÂ’irai vider
Sans avoir lÂ’air
Ma bière au fond
Des pissotières.

 

10 - Vatch'
Extrait sonore


On a chanté tous les héros
On a crié tous les salauds
Mais personne n’a vidé
Les poubelles.

Tu sors ton chien sur le trottoir
Et tu le noies dans le lavoir
Tu n’veux plus voir traîner
Ses gamelles.

On a chanté les caniveaux
On a crié sur les soûlauds
Mais personne nÂ’a sorti
Les poubelles.

Tu passes ta vie sur le trottoir
Tu passes ta vie à l’urinoir
Mais jamais plus dÂ’un fond
Dans ta gamelle.

On a chanté dans les bistrots
On a crié des noms d’oiseaux
Mais c’qui n’a pas bougé
CÂ’est les poubelles.

Tu joues ton rôle d’épouvantail
TÂ’as tout perdu dans la bataille
Ce soir tu dormiras
Dans les ruelles.

 

11 - Rue des volières


En passant rue des volières
J’ai salué tous les oiseaux
En bifurquant rue des salauds
Les badauds m’ont lancé des pierres.

Sur la place du temps perdu
Tout un cortège d’individus
Décorés d’la légion d’honneur
S’font les éloges de leurs grandes heures.

« Moi m’sieur j’ai r’fourgué des morales
Pour le compte d’un vieux général
Qui jouait les grands sans compassion
Pour les bons comptes de la nation.

Des soubresauts des galipettes
Des croque la mort et des pirouettes
Des bicyclettes à bon marché
Pour tous les enfants du quartier. »

Alors j’ai ôté mes sabots
Massicoté mes bouts de mégots
Merci encore pour la séance
J’ai apprécié vot’ numéro.

Lorsque les pieds sur le trottoir
Forment un aveu de bonne conduite
Lorsque l’on vend des marées noires
Pour échapper à la faillite.

On s’regarde en chien d’faïence
Les yeux embrumés d’arrogance
Les plus mal vissés tombent d’abord
Il faut bien faire un peu dÂ’efforts.

Mais jÂ’ai perdu connaissance
A vouloir trop savoir
JÂ’ai perdu mon silence
A n’être pas bavard
JÂ’ai perdu mes croyances
A force de trop y croire
Mais ma dernière offense
M’a laissé dans le noir.

 

12 - Funambule


Un funambule unijambiste
Marche sur le fil du rasoir
Admiratif devant lÂ’artiste
On se précipite pour le voir

Danseur de corde en suspension
S’enivrant de son numéro
Jouant de l’envie de l’émotion
Fascinant de ses soubresauts

Le fantaisiste nÂ’avance plus
Qu’en un équilibre illusoire
Ses illusions suspendues
Sur le fil du rasoir.

Tous les titres, Paroles & Musique de Ramsès. Sauf Dernière danse, Paroles de Philippe Thivet.

 

 


 

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