N° 19 - Jan. 2004
 
Ruda Salska
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Crédit: La Ruda Salska

 

28 Juin 2003
25 Novembre 2001

Furia Sound Festival [28 Juin 2003]

C'est après leur prestation au Furia Sound Festival, que Pierrot nous a donné quelques minutes afin de parler de Yelen, Loïc DaSilva et du futur album.
 

L'art-Scène :

On peut un peu parler de l'organisation du festival, avec la grosse coupure de son, le fait de faire 4 heures de queue pour aller chercher une bière… est-ce que pour vous, c'était aussi décevant ?

Ruda Salska :

Bein, c'est une 1ère édition je crois, non ?
 

L'art-Scène :

Non, la 7ème…

Ruda Salska :

Ah oui ! C'était hier, c'était à Nancy la 1ère édition !… Bein il faut qu'ils travaillent !!! Mais bon, c'est toujours un peu compliqué de faire un festival.
 

L'art-Scène :

Mais une coupure de son en pleine chanson, ça n'arrive pas tous les jours… C'était dû à quoi, finalement ?

Ruda Salska :

J'en sais rien, j'en sais strictement rien. A mon avis, on envoie trop fort, alors même le matériel ne peut pas supporter une telle puissance ! (rires)
L'organisation n'est pas forcément très huilée, m'enfin bon, faut pas s'attacher à ces détails là. Mais bon, nous, on est du bon côté, on est privilégiés : on a la bière à l'œil, on peut pas se plaindre ! Mais après, au niveau du public, je sais pas comment se passe l'accueil, tout ça… Je serais un peu mal placé pour en parler, vu que nous, on a pas tellement de repère par rapport à ça.
 

L'art-Scène :

La Ruda n'est plus chez Yelen. Ca s'est fait de manière un peu brutale, en plein enregistrement du nouvel album. Y a-t-il une explication à ça ?

Ruda Salska :

Ca ne s'est pas tellement fait de manière brutale, en fait. Dans le sens où la situation s'est gangrenée assez sur le temps finalement. On a eu des grands moments avec Yelen, ça s'est très bien passé, on a beaucoup marché "à l'humain". Et puis finalement, la façon de fonctionner, la façon de voir les choses nous ont séparés. L'humain ne fonctionnait plus, à la fin, on ne communiquait plus que par fax, donc c'était assez pathétique. Le courant ne passait que très moyennement et puis, à l'écoute de notre maquette, le courant n'est plus passé. Yelen ne se reconnaissait plus dans notre musique, en tout cas n'avait plus la motivation. Alors ça s'est traduit par un recommandé dans la boîte aux lettres. C'est un peu idiot de dire ça, parce que les choses sont plus simples que ça, en fait on ne s'entendait plus, ça fait partie de la vie musicale, ce n'est qu'une péripétie. C'est un mal pour un bien, eux sont soulagés qu'on se prenne plus la tête, nous aussi. Nous, ça nous permet de rebondir avec des gens qui sont remotivés et puis voilà. Là, maintenant, on est tout seuls.
 

L'art-Scène :

Comme vous êtes en train d'enregistrer, ça veut dire que vous allez être producteurs du prochain album ?

Ruda Salska :

Oui, tout à fait.
 

L'art-Scène :

Vous avez des pistes pour des futurs labels de distribution ?

Ruda Salska :

Oui, ça ira, ça ne sera pas un problème.
 

L'art-Scène :

Là, vous faites une "tournée" de 3 dates. Pourquoi faire que 3 dates plutôt qu'aucune ou alors en faire plus ?

Ruda Salska :

Parce qu'on autoproduit notre disque, on a besoin de sous… Parce que ça fait 7 mois qu'on a pas joué et on a envie quand même de profiter un peu de l'été 2003, alors on fait quelques dates, mais c'est vrai que notre actualité n'est pas là, on est concentrés sur l'album, et t'es tellement dans ton truc que ça fait du bien de lâcher, de se trouver sur une scène, de se libérer un peu… Là on est vraiment à fond dans l'album, la semaine dernière on a enregistré 4 titres à Lyon, la semaine prochaine on en enregistre d'autres à Paris. L'enregistrement va durer tout l'été, c'est vraiment ça notre projet, donc voilà, entre-temps, on s'est permis une petite récré.
 

L'art-Scène :

Et l'évolution pour le nouvel album, y aura-t-il des chansons un peu à contretemps ou est-ce que ça continue dans la lignée ?

Ruda Salska :

Nous, ce qui nous intéresse, c'est de faire des bonnes chansons, on est pas des maîtres du contretemps. On finit par bien se connaître et on sait que sur scène, on est un peu des branleurs, on aime bien que ça envoie, voilà, on aime bien quand ça déborde. D'une façon générale, on a ce besoin que ça aille vite, que ça aille fort, que ce soit dans l'impact. Qu'on soit le contretemps comme des respirations, mais dans l'âme, la Ruda Salska, c'est quand même du rock'n roll, dans le sens large, très large, du terme.
 

L'art-Scène :

Le projet Loïc Da Silva, le CD avec de l'accordéon, ça s'est fait comment ?

Ruda Salska :

Ca a découlé très logiquement. C'est quelqu'un qui nous avait envoyé des morceaux de la Ruda à l'accordéon, comme ça, pour savoir ce qu'on en pensait. Evidemment, ça nous a séduit, puisque c'est un univers qui nous plaît bien, l'accordéon, la chanson, le musette. Donc c'est pour ça qu'on avait utilisé une version de Root ska good à l'accordéon en intro de concert et ça ne nous branchait pas tellement de faire un album remix de nos chansons, au sens où on peut l'entendre aujourd'hui. Mais des versions à l'accordéon, c'était quelque chose qui nous touchait. Et maintenant qu'on a les mains libres, on s'est dit, avec notre petite asso, qu'on allait se faire ce plaisir là, de se payer 9 morceaux à l'accordéon de reprises de la Ruda. On a rajouté un petit inédit, pour se faire plaisir. Voilà, c'est pas plus bête que ça, c'est juste dans une envie musicale, de s'ouvrir… c'est à la fois loin et proche de nous, cet univers-là.
 

L'art-Scène :

Y a-t-il des chances que vous l'ameniez en tournée, pour des premières parties ?

Ruda Salska :

Ah oui, c'est tout à fait crédible ! Ce serait dans la logique des choses !
 

L'art-Scène :

Et sinon, tu veux nous parler des intermittents ?

Ruda Salska :

Bein là on est à fond dedans, on a plus qu'à faire le signe de croix. Ca va être de plus en plus dur. La culture n'est pas la priorité du moment, on l'a bien compris, ça fait longtemps que c'est en suspens. Bon, là les choses sont rétablies. On est en colère. Ce qui me met en colère, c'est la droite, c'est aussi la gauche qui aurait dû prendre ses responsabilités avant, parce que y'avait un problème. Ils considèrent que c'est un système qui a été fait en 70 qu'il aurait fallu rationaliser de façon cohérente, ça aurait dû être fait avant. Là, c'est sabordé, c'est pas très sérieux. Ce que je retiens, c'est que TF1, Gaummont, toutes les grosses entreprises, les amis du MEDEF, ceux qui sont contre l'intermittence, c'est eux qui emploient des intermittents au lieu de leur faire des contrats, parce que ça les arrange bien : on prend des intermittents et on ne leur propose pas de contrat. Leur bénéfice, ils préfèrent le faire passer sur la solidarité nationale, alors ils crachent dessus mais ils s'en servent. C'est là-dessus qu'il fallait rationaliser, c'est-à-dire qu'il y a des cameramen qui devraient être employés. Il y a des trucs qui étaient évidents à rationaliser, maintenant on taille dans le lard. Il y a toujours cette notion de faire comprendre que si on fait un concert, il y a un temps de préparation et que ça ne vient pas de rien, qu'il faut bien gagner sa pomme. Si on fait les maïs ou qu'on ramasse les champignons, on a pas le temps de le faire. Ca va mener au fait que ce sont ceux qui sont en haut qui auront le loisirs de faire un spectacle mais ceux qui commencent, eux n'auront plus temps, donc la relève ne sera plus forcément assurée.
 

L'art-Scène :

Ce sera aussi la recherche du tube pour être sûr de survivre…

Ruda Salska :

Ca existe déjà, mais ça sera encore renforcé. Il y a des problèmes dans l'intermittence, il y a des excès. Mais là, ça va renforcer les excès, au détriment de ce qu'on aurait besoin. Et ça va saborder plein de choses, voilà.
 


 


 

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