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Etienne Gauthier : "La musique est une autre forme d'émotion" (11/2003)
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ETIENNE GAUTHIER : « LA MUSIQUE EST UNE AUTRE FORME D’EMOTION »
Membre actif de l’équipage de LuLu Borgia, Etienne Gauthier, en solitaire, se lance dans une aventure musicale parallèle. C’est les deux pieds et les deux mains dans l’électronique qu’il a conçu Poumzzz, son premier 6 titres prometteur. Avant de voir plus grand car le jeune homme déborde de projets.
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L’art-scène : Tu viens de concevoir le Poumzzz CD, un CD 6 titres de musique électronique. Que signifie ce mot « Poumzzz » ?
Etienne Gauthier : Poumzzz, avec trois « z », est un terme onomatopéique destiné à susciter chez la personne qui le prononce - ou l’entend - une émotion sans précédent... Et ça marche tout le temps. Oh la vache ! (rires)
L’art-scène : Va-t-il être commercialisé ce Poumzzz avec trois « z » ?
Etienne Gauthier : Ce n’est pas encore prévu mais j’aimerais bien.
L’art-scène : Tu as tenté d’approcher des labels ?
Etienne Gauthier : Je suis à la recherche d’un label. Le projet que tu as en mains circule dans les tuyaux et autres couloirs des bas-fonds estampillés « musiques électroniques ». Le CD suscite beaucoup d’intérêt mais je n’ai pas de réponses concrètes pour l’instant. Je pense que le fait que le marché du disque ne soit pas au mieux actuellement n’est pas étranger à une certaine tiédeur de la part des labels. |
L’art-scène : Penses-tu tirer profit de cette période de recherche de label pour faire évoluer ton 6 titres en véritable album ?
Etienne Gauthier : Je le souhaite profondément. J’ai d’autres titres qui sont terminés depuis peu pour compléter cet album. Mais je travaille déjà sur un deuxième album et le troisième est déjà dans ma tête. Ces trois albums constitueront un triptyque autour des musiques électros. Le premier est plutôt lounge, le deuxième prend des allures house et le troisième se profile pour être du «texte électro» si l’on peut dire.
L’art-scène : Comment qualifierais-tu ta musique ?
Etienne Gauthier : Je ne suis pas très bien placé pour juger ou qualifier. Mais je pense que ce projet d’album tourne autour d’une musique hypnotique et «délassante».
L’art-scène : Quelles sont tes influences, tes références musicales ? Plutôt électro, plutôt jazz, les deux ?
Etienne Gauthier : Mes influences sont vraiment multiples et sans borne. En électro, on trouve Pan American, Kruder & Dorfmeister, Massive Attack,
Squarepusher. En jazz, Joe Zawinul ( Weather report ), Keith Jarret, Erik Truffaz, mais bien d'autres encore me font vibrer et m’influencent. Je me dois de préciser que tout m'influence mais ne me détourne pas de mon chemin. Je reste toujours avec les « feuilles » grandes ouvertes. J’aime profondément la musique classique par exemple. Toutes les musiques me plaisent dès l’instant qu’elles sont bien faites. |
L’art-scène : Comment as-tu travaillé sur Poumzzz ? Seul ou en équipe ?
Etienne Gauthier : J’ai tout fait seul, sauf sur un titre Denied où Pascal Heinrich – qui est un ami d’enfance avec lequel j’ai partagé les premières notes de musique à l’age de 15 ans - a pausé sa batterie. Le reste est de la cuisine interne, du « home Cooking », de la bidouille, du bricolage à la maison. Pour ce qui est de ma méthode de travail, je dirai que des émotions fortes me servent souvent de déclencheur. Cela dit, je n’ai aucune convention de travail en ce qui concerne l’ébauche des morceaux.
L’art-scène : Depuis combien de temps mûrissais-tu ce projet ?
Etienne Gauthier : Depuis toujours je crois. C’est à dire que j’ai le sentiment d’avoir composé un camion de morceaux pour ne conserver au final que l’équivalent d’une Smart. Il y a des années que j’expérimente des titres, jusqu’au moment où je me suis dit « bon allez, avance, sors, montre, fais écouter, etc. » et voila le résultat.
L’art-scène : Que cherches-tu à atteindre artistiquement par le biais de ta musique ?
Etienne Gauthier : Si je pouvais atteindre, c’est à dire émouvoir, un maximum de monde sur cette terre, je crois que je serais heureux. |
L’art-scène : Tu bosses avec Lulu Borgia dans ce qu’on appellerait « la chanson-rock », en parallèle tu poursuis un parcours solo dans l’électro. Qu'est-ce que cet éclectisme, ce brassage de genres t'apporte ?
Etienne Gauthier : En premier lieu, Lulu est une personne humainement exceptionnelle. De plus, nous avons une complicité à toute épreuve. Pour ce qui est de la musique et le côté artistique nous sommes en constante complémentarité, nous sommes tous deux en pleine conquête en quelque sorte. Lulu fait partie des artistes qui ont une vraie générosité sur la scène et dans la vie, elle me fait progresser artistiquement. C’est pour tout cela que je l’aime. Ensuite, mon rapport à la chanson n’est pas né d’hier. J’aime la chanson depuis tout gosse. Mes frères et sœurs écoutaient Ange, Hubert-Félix Thiéfaine, Brel, Jean-Patrick Capdevielle, bref, les années 80. Par la suite, pour ma part, Jonasz et Nougaro, m’ont fait aimer le texte et la belle écriture. Il m’arrive assez souvent de poser ma plume sur une feuille, mais je garde tout pour moi... ou pour la poubelle. En ce qui concerne la musique électro et les machines, je crée dans mon laboratoire, puis Lulu goûte mes fioles si je puis dire. Ensuite, vient le moment tant attendu de la rencontre avec le public et là tout explose. Il faut que je précise que j’aime par-dessus tout travailler sous la contrainte, les défis me permettent de dépasser à chaque fois un peu plus mon univers. |
L’art-scène : Ton disque est plutôt instrumental. Pour toi la musique seule est porteuse de sens, se suffit à elle-même ?
Etienne Gauthier : Oui, à mon sens. Je viens de là avant tout. La musique seule laisse libre interprétation à la personne qui l’écoute. Il m est arrivé souvent de parler de ma musique avec le public qui vient me voir. Je reste toujours impressionné par la divergence des témoignages. C’est incroyable de constater à quel point une musique peu laisser libre cours à toute une variété d’interprétations. Quelle imagination ! Différents paroliers m’ont d’ores et déjà sollicité pour des collaborations. Pourquoi pas, mais il nous faudra bien penser ce projet. Pourquoi pas aussi adapter mes propres textes mais je pense que de ce côté-là il y a encore du travail…
L’art-scène : La musique est-elle une autre forme de langage ?
Etienne Gauthier : La musique est pour moi une autre forme d’émotion. Il ne m'est pas rare d’avoir des frissons, les yeux qui rougissent quand je suis en concert. Que ce soit lorsque je joue mais également lorsque je vais assister à un concert en tant que spectateur. Mon émotion est à ce moment-là à fleur de peau. Je parlerai donc plus volontiers d’une autre forme de sensation plutôt que de langage.
Propos recueillis par David Desreumaux
Etienne Gauthier sera en concert au théâtre de Vanves le 29 novembre 2003 à 22 heures. L’entrée est gratuite.
Théâtre Le Vanves
12, rue Sadi Carnot
92170 VANVES
Le site officiel : [Etienne Gauthier] |
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