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Béranger François
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Crédit: François Béranger
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En public
11 titres
Ref : ESC 340 Sorti : 1977 Production : L'Escargot Distribution : CBS
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01 -
Chanson à danser
02 -
La gigue de la reine
03 -
Une ville
04 -
Le monument aux oiseaux
05 -
Natacha
06 -
La fille que j'aime
07 -
Le vieux
08 -
Les oiseaux mécaniques
09 -
Tranche de vie
10 -
Magouille blues
11 -
Manifeste
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01 -
Chanson à danser
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Pour faire rire les jolies filles / pour faire danser les beaux garçons (bis) / on va faire une petite chanson / comme autrefois dans mon canton / C'est pas bien difficile à faire / vous allez voir c'est sans mystère / C'est pas bien difficile à faire / vous allez voir c'est sans mystère (bis) / vous prenez n'importe quels mots / vous les mélangez à de l'eau / vous tournez pendant un quart d'heure / vous rajoutez une noix de beurre (bien frais...) / vous tournez pendant un quart d'heure / vous rajoutez une noix de beurre (bis) / si la chanson est réussie / mettez-y aussi du persil / si la chanson elle est ratée / jetez-là dans les cabinets (noirs ...) / si la chanson elle est ratée / jetez-là dans les cabinets (bis) / et puis bien vite vous ressortez / il faut jamais abandonner / avec d'aut'mots vous r'commencez / pour un beau jour y arriver / avec d'aut'mots vous r'commencez / pour un beau jour y arriver (bis) / ventilateur et poil au coeur / percolateur prédicateur / eau de mélisse et pain d'épices / car de police et sacrifice (ça fait beaucoup de fils ...) / eau de mélisse et pain d'épices / car de police et sacrifice (bis) / anticonstitutionnellement / emmerdements joints de cardan / on est si peu de choses madame / donnez-moi un kilo d'bananes (bien mures ...) / on est si peu de choses madame / donnez-moi un kilo d'bananes (bis) / pour faire rire les jolies filles / pour faire danser les beaux garçons / on a fait une petite chanson / comme autrefois dans mon canton.
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02 -
La gigue de la reine
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Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / On les a comptés par milliers / Ah! Les belles manières! / Dans les avenues et dans les rues / en gabardine en bleu-marine / bien plus nombreux que les curieux / l'oeil aux aguets et soupçonneux / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / J'm'étais perdu bien par hasard / Ah! Les belles manières! / sur les Champs Élysées glacés / par un matin du mois de Mai / avec mon air décontracté / au milieu des milliers de poulets / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / J'me retrouve entre deux gabardines / Ah! Les belles manières! / J'me suis souvent demandé pourquoi / on mettait les flics en civil / puisqu'ils sont plus visibles ma foi / que s'ils n'avaient qu'une feuille de vigne / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / y'avait plus de circulation / Ah! Les belles manières / j'avais un gros rhume des foins / v'la-t-y pas qu'soudain j'éternue / et qu'ça résonne dans toute la rue / dans le silence un grand tintouin / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / un d'mes voisins en gabardine / Ah! Les belles manières! / me dit qu'est-ce qui te prend bon dieu / tu peux pas être plus respectueux / tu veux qu'je te prête mon mouchoir / pour essuyer ta gueule de poire / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / mon aut'voisin en gabardine / Ah! Les belles manières! / me dit la distinction p'tit con / on va te l'apprendre pour de bon / contrôle de l'identité / pour voir si t'es bien enrhumé / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / j'ai répondu un peu troublé / Ah! Les belles manières! / qu'j'étais venu en républicain / pour voir défiler nos symboles / Je n'ai vu qu'un voiture noire / à cent à l'heure sur les boulevards / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / n'allez pas croire mes bons amis / Ah! Les belles manières! / qu'j'en veuille à Couine Elizabeth / avec tous ses soucis d'argent / ni à notre bon président / qui aime un peu trop les agents / Vive les souliers à clous!
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03 -
Une ville
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Construis dans ta tête une ville / dans la chaude torpeur d'un été / Les robes de coton des filles / leurs tresses nattées de fleurs coupées / En riant elles fuient les garçons / Des jardins viennent des flonflons / Construis dans ta tête une ville / dans la chaude torpeur d'un été / Le soir aux terrasses le vin brille / La nuit prend tout Sérénité / Elle fait lever une rumeur / berce les coeurs marque les heures / Dans les cheveux blonds d'une fille / la main qui caressait s'arrête / On se dit non c'est impossible / et pourtant oui ça vient c'est là / C'est gros c'est noir ça hurle ça crache / C'est chenillé armé blindé / C'est surmonté d'un fort canon / et de plusieurs gueules casquées / Ferme les yeux et vois la ville / au matin blême et réprimé / le sang qui passe du rouge au noir / séchant sur les rues labourées / Maisons éventrées et fumantes / Stupeur colère haine cachée / Ferme les yeux entend le ville / d'abord elle pleure puis se reprend / et s'interroge pourquoi comment / qu'avons-nous fait pourquoi ce viol / Et qui sont-ils tous ces truands / Injures Pavés Arbres coupés / Les gars les filles les vieux les jeunes / font une ronde qui rend fous / tous les guignols à cheveux ras / qui ne comprennent vraiment pas / Le monde entier d'abord crédule / en reste assis sur son p'tit cul / Et oui ça y est c'est arrivé / les cosaques ont été défaits / Construis dans ta tête une ville / dans la chaude torpeur d'un été / Faut jamais se réjouir trop tôt / les cosaques reviendront bientôt / Et si demain c'était ta ville / mieux vaut ne dormir qu'à moitié.
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04 -
Le monument aux oiseaux
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Voilà le soleil / on ne l'attendait plus ç'ui-là / qui fait fumer le vieux goudron mouillé / A moins que ce soit les phares d'une balayeuse / qui racle dans la nuit toutes le saloperies / Ca y est je l'ai enfin trouvée / mais je ne sais pas où elle est / Je marche dans la forêt des rues / Je sonne aux portes on croit qu'j'ai bu / Si jamais vous l'apercevez / dites-lui que je l'attends où elle sait / Elle ne pourra pas se tromper / ça fait mille ans qu'on est à se chercher / SOUS LE MONUMENT AUX OISEAUX / SUSPENDU ENTRE DEUX EAUX / DANS LE CIEL / Voilà le bonheur / on ne l'attendait plus ç'ui-là / qui me transforme en gros ballon de joie / A moins qu'ce soit un tour que m'joue mon pote le pot / qui prend mes nerfs pour des cordes à violon / Ca y est j' l'ai enfin trouvée / mais je ne sais pas où elle est / J'ai arpenté tous les quartiers / sauf l'Échangeur et l'Grand Marché / Où es-tu amour que fais-tu / par quel inconnu es-tu retenue / Ta mémoire s'est-elle envolée / que tu ne te souviennes déjà plus / DU MONUMENT AUX OISEAUX / SUSPENDU ENTRE DEUX EAUX / DANS LE CIEL / Voilà le printemps / on ne l'attendait plus ç'ui-là / qui fait vibrer la ville qui dormait / A moins que ce soit / tous les gaz délétères / qui se propagent en pourrissant la terre / Ca y est je l'ai enfin trouvée / mais je ne sais pas où elle est / Le mieux c'est de ne plus marcher / par crainte de m'en éloigner / Je m'assieds dans le terrain vague / là où la lune fait pousser des forêts / Peut-être en y croyant encore / vais-je m'envoler très loin de mon corps / JUSQU'AU MONUMENT AUX OISEAUX / SUSPENDU ENTRE DEUX EAUX / DANS LE CIEL.
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05 -
Natacha
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Natacha, / ton nom c'est déjà un voyage, / à quoi bon dépenser nos sous / à vraiment partir, et pour où ? / A partir, / j’aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus, / où on découvre des merveilles. / Natacha, / ton ventre est une plaine à blé / où le Lion court après la Vierge / dans le soleil de juillet, / Et la plaine, / quand elle finit c'est pour venir / caresser des montagnes douces / où je cueille des fruits délectables. / Natacha, / après les monts, après les plaines, / on arrive dans un pays / où les mots ne peuvent plus rien dire. / Un pays, / où je crois voir ton visage / avec ta bouche qui s'entrouvre, / avec tes yeux qui cherchent l'ombre / Natacha, / L’air que tu respires est le tien, / je me baigne dans les grands flots / de tes cheveux abandonnés. / Nos navires, / selon le temps, selon la mer, / vont calmement ou bien se brisent / mais c'est toujours pour le plaisir. / Natacha, / en toi je fais de longs voyages, / les plus beaux, les plus incroyables, / il me semblait que toi aussi. / Tu t'en vas, / tu t'en vas faire le tour du monde, / le vrai cette fois avec des trains, / des Boeings, des machs, des turbines. / Natacha, / je crois bien que tu reviendras, / non pas que je sois prétentieux, / mais nos voyages c'était bien mieux. / A partir, / j'aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus / où on découvrait des merveilles.
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06 -
La fille que j'aime
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Parfois dans la radio / j'entends ma grosse voix. / C'est pas souvent, faut dire, / enfin ça arrive parfois / Je m'dis qu'avec une voix comme ça, / on peut pas chanter l'amour. / Faudrait plus de trémolos, / du feeling, du vibrato. / La fille qua j'aime, c'est pas la plus belle, / c'est pas la plus moche non plus. / Seulement mystère et boule de gomme / c'est pour celle-là que j'me sens un homme. / Quand elle s'approche de moi, / ça m'fait des frissons. / Quand elle s'éloigne de moi, / j'me retrouve tout con. / Dans son visage, c'est merveilleux, / elle a une bouche et deux yeux. / Et puis aussi un menton / et un nez avec un front. / A gauche une petite oreille / cachée par ses cheveux. / A droite une petite oreille aussi / cachée par les mêmes cheveux. / Quand elle est en pantalon / on voit son derrière tout rond. / Quand elle met une robe, / on l'devine, c'est excitant. / Et puis ses seins qui sont deux, / heureusement qu'ils sont pas trois / sans ca j'aurais jamais assez d’doigts / pour jouer avec quand il fait froid. / Là où c'est super bon, / c'est difficile a décrire. / Les images, les comparaisons, / c'est vraiment jamais dans l'ton. / Autrefois dans une autre chanson, / j'ai dit qu'elle avait un ventre / comme une plaine de blé mur. / Mais ça f'sait agriculture. / Surtout qu' maintenant dans les champs, / c'est vachement mécanisé. / On voit dans les plaines à blé / des moissonneuses-batteuses-lieuses. / C'est pas une chose à souhaiter / qu'elle se trouve sous un engin comme ça. / II vaut mieux pour faire l'amour / ce que la nature a prévu pour. / J'peux pas tout vous raconter, / d'ailleurs ça serait déplacé. / Et puis on va dépasser / la limite des trois minutes / Quand une chanson c'est trop long, / les radios vous la passent pas. / Moi j'ai beau avoir du coeur, / il faut bien qua j'fasse mon beurre. / Celui qu'a fait ces couplets là , / il vous dit pour terminer / que chacun prenne sa guitare / et fasse sa propre chanson. / Quand ce jour-là arrivera, / j'aurais plus à venir comma ça, / vous faire entendre mes discours / et mes chansons d'amour.
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07 -
Le vieux
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Combien d’entre nous ont vu le vieux qui passe dans la rue ? / Epouvantail tout gris que la cité a exclus. / La rue, les gens et le monde vont bien trop vite pour lui. / Dans ses yeux absents d’enfant ne passe que l’effroi du temps. / Pour descendre et remonter six étages d’escaliers, / il faut l’éternité. / Quelle faute a-t-il pu commettre le vieux tout gris / qui traîne ses vieux membres rassis ? / Combien d’entre nous ont fait quoi que ce soit de palpable ? / Un geste, un mot, un sourire, pour le raccrocher à nous ? / La vieillesse nous fait frémir, on ne veut pas croire au pire. / Nos yeux ne retiennent d’elle qu’une image irréelle. / Mon vieux à moi tous les mois va à tout petit pas empocher sa pension. / Il se ménage au retour un détour insolite chez le glacier du coin. / Quand je serai vieux et tout seul demain ou après-demain, / je voudrais comme celui-là au moins une fois par mois, / avec mes sous si j’en ai, m’acheter une glace à deux boules / et rêver sur leur saveur à un monde rempli d’enfants. / Mais peut-être que pour nous, nous les vieux de demain, / la vie aura changé. / En s’y prenant maintenant, nous-mêmes et sans attendre, / à refaire le présent. / Je donne à ceux qui sourient, et qu’ont bien le droit de sourire, / rendez-vous dans vingt, trente ans pour reparler du bon temps.
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08 -
Les oiseaux mécaniques
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Quand les oiseaux n'étaient pas mécaniques / il y'a bien de cela trente ans / Ils chantaient tous de façon anarchique / dans des arbres de trois cents ans / Ils pondaient des oeufs / dans des nids bien à eux / Maintenant grâce à nous les mutants / dans le béton brut plus d'impondérable / ca ne sera jamais plus comme avant / Sur bande magnétique / mon programme tactique / pour relaxation théorique / Quand les oiseaux n'étaient pas mécaniques / il y'a bien de cela trente ans / on nous a montré / au programme scientifique / de la populo vidéo / les ravages iniques de ces être merdiques / qui salissaient les monuments / Sans compter les risques pour la santé publique / contenus dans leurs excréments / Dans la bouteille noire / mélange respiratoire / pour atmosphère saturée / Quand les oiseaux n'étaient pas mécaniques / il y'a bien de cela trente ans / nos technocrates béni soit leur saint nom / trouvèrent la solution pratique / pour supprimer radicalement / tous ces vecteurs de parasites / Ils coupèrent les arbre / ces machins verdâtres / pour y faire pousser du ciment / Pour bonheur des couples / vibromasseur souple / pour orgasmes à répétition / Quand les oiseaux n'étaient pas mécaniques / il y'a bien de cela trente ans / on trouvait éminemment poétique / d'aller souvent perdre du temps / sous les ombrages humides de forêts putrides / à écouter leurs pépiements / On dirait une fable / vraiment bien peu croyable / s'il n'y avait des documents / Où sont mes pilules / pour calmer mes cellules / pour aider à passer le temps / Sur bande magnétique / mon programme tactique / pour relaxation théorique / Dans la bouteille noire / mélange respiratoire / pour atmosphère saturée / Pour bonheur des couples / vibromasseur souple / pour orgasmes à répétition.
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09 -
Tranche de vie
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Je suis né dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sûr entouré de bocages / c'est le village de Saint Martin. / A peine j'ai cinq ans qu'on m'emmène / avec ma mère et mes frangins. / Mon père pense qu'y aura du turbin / dans la ville où coule la Seine / J'en suis encore a m' demander / après tant et tant d'années, / a quoi ça sert de vivre et tout, / à quoi ça sert, en bref, d'être né / La capitale c'est bien joli / surtout quand on la voit d'Passy, / mais de Nanterre ou d'Charenton, / c'est déjà beaucoup moins folichon. / J'ai pas d'mal à imaginer / par ou c'que mon père est passé / car j'ai connu quinze ans plus tard / le mêmes tracas, le même bazar. / J'en suis encore a m'demander, etc... / L'matin faut aller piétiner / devant les guichets d'la main d'oeuvre. / L'après-midi solliciter / l'bon coeur des punaises des bonnes oeuvres. / Ma mère, elle était toute paumée / sans ses lapins et ses couvées. / Et puis, pour voir, essayez donc / sans fric de nourrir cinq lardons. / J'en suis encore a m'demander, etc... / Pour parfaire mon éducation / y'a la communale on béton. / La on fait d'la pédagogie / devant soixante mômes en furie. / En plus d'l'alphabet, du calcul, / j'ai pris beaucoup d'coup d'pied au cul / et sans qu'on me l'ait demandé / j'appris l'arabe et l'portugais / J'en suis encore à m'demander, etc... / A quinze ans finie la belle vie, / t'es plus un môme, t'es plus un p'tit. / J'me retrouve les deux mains dans l'pétrole / à frotter des pièces de bagnole. / Huit-neuf heures dans un atelier, / ça vous épanouit la jeunesse. / Ca vous arrange même la santé / pour le monde on a d'la tendresse. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Quand on en a un peu là -dedans, / on y reste pas bien longtemps / On s'arrange tout naturellement / pour faire des trucs moins fatigants. / J'me faufile dans une méchante bande / qui voyoute la nuit sur la lande. / J'apprends des chansons de Bruant / en faisant des croche-pattes aux agents. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Bien sûr la maison poulaga / m'agrippe a mon premier faux pas / Ca tombe bien, mon pote, t'as d'la veine / faut du monde pour le FLN / J'me farcis trois ans de casse-pipe / Aurès, Kabylie, Mitidja. / Y'a d'quoi prendre toute l'Afrique en grippe. / Mais faut servir l'pays ou pas. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Quand on m'relache je suis vidé, / j'suis comme u p'tit sac en papier. / Y'a plus rien dedans. Tout est cassé / J'ai même plus envie d'une mémé. / Quand 'ai cru qu'j'allais m'réveiller / les flics m'ont vachement tabassé. / faut dire que j'm'étais amusé / à leur balancer des pavés. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Les flics, pour c'qui est d'la monnaie, / Ils la rendent avec intérêt / le crâne, le ventre et les roustons, / enfin quoi vive la Nation! / Le juge m'a file trois ans d'caisse / rapport à mes antécédents / Moi, j'peux pas dire que j'sois en liesse. / Mais enfin, qu'est-ce que c'est qu'trois ans. / J'en suis encore à m' demander, etc... / En taule, j'vais pouvoir m'épanouir / dans une société structurée. / J'ferai des chaussons et des balais. / Et je pourrai me remettre à lire. / Je suis né dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sûr entouré de bocages / c'est le village de Saint Martin. / J'en suis encore à m' demander, etc...
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10 -
Magouille blues
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Tous les sept ans et même parfois avant / on a droit au grand carnaval / au Carnaval de la Magouille / au Grand Défilé des embrouilles / C'est tellement bidonnant / que ça en devient consternant / Le candidat de l'Ordre Moral / avec sa gueule à faire châtrer tous les mâles / il nous parle sans rigoler / de vieilles vertus desséchées / Travail Famille Patrie ça va changer / Le père la pudeur veut nous réformer / Il nous dit dans son programme d'acier / que les mâles doivent se retirer / Lui il a quand même dérapé / trois ou quatre fois dans sa moitié / Il est vrai qu'c'était pour engendrer / des bons français à l'âme bien trempée / Refrain : MAGOUILLE BLUES (répéter 6 fois) / Les autres grands qui s'opposent / viennent tous du même clan / Et c'est d'autant plus marrant / de les voir se casser les dents / en s'envoyant dans le nez / toutes leurs turpitudes passées / Avant qu'l'un d'eux soit président / avant qu'il en prenne pour sept ans / ces messieurs à image sociale / essaient de nous r'monter le moral / Ils iraient même qui l'aurait crû / jusqu'à nous montrer leur cul / Au refrain / Ils n'ont jamais autant de coeur / que quand il leur faut beaucoup d'électeurs / Quand le jour J sera passé / fini les serments fini les baisers / Fini les bonnes résolutions / On r'deviendra tous des pauv'cons / En attendant ils veulent nous faire croire / à des arguments de bazar / Français, françaises soyez réalistes / gaffe aux socialo-communistes / c'est là qu'est le plus grand danger / pour notre vieux pays traumatisé / Au refrain / Moi pour vous dire la vérité / je suis plutôt pour le danger / La seule chose qui m'inquiète / c'est le mec qui s'trouve à leur tête / car plusieurs fois par le passé / il a sa veste retournée / Les seuls qui soient vraiment sympa / qui soient un peu comme vous et moi / Je n'parle pas du royaliste / ni bien entendu du fasciste / c'est ceux qu'auront au bout du compte / deux ou trois pour cent des voix POURQUOI? / Au refrain / Il est vrai que deux ou trois pour cent / ça fait quand même pas mal de gens / Pas mal de gens qui sont fichés / et qui un jour vont s'retrouver / dans un stade militairement gardé / où on pourra toujours chanter / Au refrain.
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11 -
Manifeste
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On m'a dit fais des chansons comme-ci / On m'a dit fais des chansons comme ça / Mais que surtout ça ne parle jamais / de choses vraies tellement vulgaires / Comprenez-vous cher ami entre nous / la réalité faut un peu l'arranger / La réalité vous savez comme c'est / bien souvent dégueulasse / Non dans une chanson pour faire des ronds / il faut créer des images illusion / pour faire avaler aux pauvres couillons / leur ennui quotidien. / Viens mon amour ma joie / sur la colline aux senteurs orientales / On va sûrement rencontrer Jésus-Christ / dans un caleçon à fleurs de Monoprix / Il aura sa plus belle auréole / en plastique à dentelles mécaniques. / Rien jamais sur notre quotidien / sur toutes les choses qui font que l'on est / bien manipulés bien conditionnés / par une bande de requins / Rien de changé depuis la Communale / où pendant des années on bourre le crâne / aux enfants à grands coups de programmes / pour qu'ils soient bien dressés / Rien de changé dans les usines / La gueule des mecs de l'équipe de nuit / qui vont dormir quand le soleil se lève / exténués abrutis / Les p'tites fleurs les p'tits oiseaux / les petites filles de français moyens / les grosse bagnoles et les belles motos / pour superviriliser nos minets / Belle fille heureuse dans son corps / grâce au tampon Higiénix qui ne fuit pas / Rien de changé depuis l'Algérie / sinon que maintenant il est permis / d'en parler et d'gagner des sous / avec des millions de cadavres / Rien de changé depuis un tabassage / à la matraque un quatorze juillet / pour avoir osé chanter et danser / quand c'était interdit / Rien de changé depuis qu'un soir j'ai pissé / sur ma télé tellement c'était chouette / et bien sûr toute l'électricité / m'est passée dans la quéquette / Bonsoir téléspectateurs / ce soir sur la deuxième chaîne couleurs / dans notre série que la vie est belle / notre grande enquête sur les mirabelles / Et puis avant d'aller au dodo / championnat du monde de gros lolos / Rien de changé pour la fille de treize ans / avec ses p'tits seins et son visage d'enfant / qui accouche terrorisée / dans les chiottes d'un lycée / Comme dirait un copain à moi / un peu fou même complètement fou / qu'est-ce qu'on attend pour tout arrêter / tout casser et recommencer / Alors moi vous comprenez / les violons les guimauves les flonflons / je trouve ça tellement anachronique / que ça m'file la colique / Je sais bien qu'une chanson / c'est pas tout-à -fait la révolution / Mais dire les choses c'est déjà mieux que rien / et si chacun f'sait la sienne dans son coin / comme on a les mêmes choses sur le coeur / un jour on pourrait chanter en choeur.
(ad lib les deux dernières lignes)
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