N° 13 - Mai 2003
 
Béranger François
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Crédit: François Béranger

 

Dit "La chaise"
9 titres - 37 min.
Ref : 159 022
Sorti : 1974
Production : Futur Acoustic
Distribution : Musidisc


01 - Rachel 3'13
02 - La fille que j'aime 3'43
03 - Tango de l'ennui 4'10
04 - Le vieux 4'00
05 - Chanson à danser 2'45
06 - Nous sommes un cas 3'25
07 - Le balayeur d'Amérique 6'10
08 - La gigue de la reine 2'45
09 - Manifeste 6'05

 
 
01 - Rachel


Refrain : Rachel Rachel / si les p'tits cochons te mangent pas / Rachel Rachel / il en restera p't'être pour moi / Je suis tout seul dans ma maison / le chien dort sur le paillasson / La grosse horloge distille le temps / très lentement trop lentement / Les objets familiers / soudain me sont étrangers / Refrain / L'amour tu sais ça prévient pas / ça vous arrive avec fracas / Ca vous r'tourne comme un vieux manteau / avant qu'on ait courbé le dos / Ca fait mal, c'est banal / Parfois c'est très bon aussi / Refrain / Cette chose en moi c'est encombrant / ça me remplit tous les dedans / Mais en même temps c'est stupéfiant / j'ai l'impression d'être vivant / D'être un grand bateau blanc / plein de rires et plein de chants / Refrain / Tu vois j'suis complètement cinglé / J'me prends pour un bateau doré / qui roule en Méditerranée / vers des rivages ensoleillés / Y'a des îles azurées / et des beaux marins bronzés / Refrain / Quand j'ouvre mes yeux fatigués / par les insomnies de l'ennui / je vois ma table toute encombrée / d'un amas de feuilles griffonnées / Dans le ciel un orage / Je voudrais être avec toi / Refrain / Pendant c'temps toi tu es là-bas / avec un marin dans tes bras / L'orage sûrement tu t'en fous / car il est grand et beau et doux / Le monde s'est arrêté / Pourquoi donc il tournerait? / Dernier refrain: Rachel Rachel / je voudrais être les p'tits cochons / Rachel Rachel / et te manger tout en entier.

 

02 - La fille que j'aime


Parfois dans la radio / j'entends ma grosse voix. / C'est pas souvent, faut dire, / enfin ça arrive parfois / Je m'dis qu'avec une voix comme ça, / on peut pas chanter l'amour. / Faudrait plus de trémolos, / du feeling, du vibrato. / La fille qua j'aime, c'est pas la plus belle, / c'est pas la plus moche non plus. / Seulement mystère et boule de gomme / c'est pour celle-là que j'me sens un homme. / Quand elle s'approche de moi, / ça m'fait des frissons. / Quand elle s'éloigne de moi, / j'me retrouve tout con. / Dans son visage, c'est merveilleux, / elle a une bouche et deux yeux. / Et puis aussi un menton / et un nez avec un front. / A gauche une petite oreille / cachée par ses cheveux. / A droite une petite oreille aussi / cachée par les mêmes cheveux. / Quand elle est en pantalon / on voit son derrière tout rond. / Quand elle met une robe, / on l'devine, c'est excitant. / Et puis ses seins qui sont deux, / heureusement qu'ils sont pas trois / sans ca j'aurais jamais assez d’doigts / pour jouer avec quand il fait froid. / Là où c'est super bon, / c'est difficile a décrire. / Les images, les comparaisons, / c'est vraiment jamais dans l'ton. / Autrefois dans une autre chanson, / j'ai dit qu'elle avait un ventre / comme une plaine de blé mur. / Mais ça f'sait agriculture. / Surtout qu' maintenant dans les champs, / c'est vachement mécanisé. / On voit dans les plaines à blé / des moissonneuses-batteuses-lieuses. / C'est pas une chose à souhaiter / qu'elle se trouve sous un engin comme ça. / II vaut mieux pour faire l'amour / ce que la nature a prévu pour. / J'peux pas tout vous raconter, / d'ailleurs ça serait déplacé. / Et puis on va dépasser / la limite des trois minutes / Quand une chanson c'est trop long, / les radios vous la passent pas. / Moi j'ai beau avoir du coeur, / il faut bien qua j'fasse mon beurre. / Celui qu'a fait ces couplets là, / il vous dit pour terminer / que chacun prenne sa guitare / et fasse sa propre chanson. / Quand ce jour-là arrivera, / j'aurais plus à venir comma ça, / vous faire entendre mes discours / et mes chansons d'amour.

 

03 - Tango de l'ennui


Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Je mesure aujourd'hui combien favorisé / j'étais, quand j' travaillais chez P'tit Louis. / A Billancourt-sur-Seine, dans l'entreprise modèle, / je participais à l'expansion. / A six heures du matin, lever comme un aveugle, / se laver, avaler son café. / S'enfoncer dans le froid, prendre le bus d'assaut, / piétiner dans l'métro, c'était l'pied. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie / S'engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer, / enlever sa casquette devant l'chef. / Faire tourner la machine, baigner toute la journée / dans l'huile polluée : quelle santé! / Surtout ne pas parler. Mais ne pas trop rêver / c'est comme ça qu'les accidents arrivent. / Enfin, le soir venu, repartir dans l'aut'sens / pour le même enthousiasmant voyage. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Heureusement un jour, sur Pont-de-Sèvres-Montreuil, / dans le bain de vapeur quotidien, / dans la demi-conscience, au hasard d'un chaos, / j'ai senti dans mon dos tes deux seins. / Je me suis retourné, je t'ai bien regardée / et j'ai mis mes deux mains sur tes seins. / Tu m'as bien regardé, et tu n'as pas bronché. / Bien mieux tu as souri et j'ai dit / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Tu t'appelais Honorine, ou peut-être Ernestine, / mais moi je préfère Anastasie. / On a été chez toi, ça a duré des mois. / J’ai oublié d'aller chez P'tit Louis. / Qu'est-ce qu'on peut voyager dans une petite carrée / Tu m'as emmené partout où c'est bon. / Et puis un jour, comme ça, pour éviter l'ennui, / on a décidé d'se séparer. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / La morale de c'tango, tout-à-fait utopique, / mais c'est pas interdit de rêver / c'est qu'si tous les prolos au lieu d'aller pointer, / décidaient un jour de s'arrêter, / pour aller prendre leur pied où que ça leur plairait, / ca serait bien moins polluant que l'ennui. / Y'aurait plus d'gars comme moi, comme j'étais autrefois, / qui s'répétait tout le temps pour tuer l'temps / Anastasie, l'ennui m'anesthésie !

 

04 - Le vieux


Combien d’entre nous ont vu le vieux qui passe dans la rue ? / Epouvantail tout gris que la cité a exclus. / La rue, les gens et le monde vont bien trop vite pour lui. / Dans ses yeux absents d’enfant ne passe que l’effroi du temps. / Pour descendre et remonter six étages d’escaliers, / il faut l’éternité. / Quelle faute a-t-il pu commettre le vieux tout gris / qui traîne ses vieux membres rassis ? / Combien d’entre nous ont fait quoi que ce soit de palpable ? / Un geste, un mot, un sourire, pour le raccrocher à nous ? / La vieillesse nous fait frémir, on ne veut pas croire au pire. / Nos yeux ne retiennent d’elle qu’une image irréelle. / Mon vieux à moi tous les mois va à tout petit pas empocher sa pension. / Il se ménage au retour un détour insolite chez le glacier du coin. / Quand je serai vieux et tout seul demain ou après-demain, / je voudrais comme celui-là au moins une fois par mois, / avec mes sous si j’en ai, m’acheter une glace à deux boules / et rêver sur leur saveur à un monde rempli d’enfants. / Mais peut-être que pour nous, nous les vieux de demain, / la vie aura changé. / En s’y prenant maintenant, nous-mêmes et sans attendre, / à refaire le présent. / Je donne à ceux qui sourient, et qu’ont bien le droit de sourire, / rendez-vous dans vingt, trente ans pour reparler du bon temps.

 

05 - Chanson à danser


Pour faire rire les jolies filles / pour faire danser les beaux garçons (bis) / on va faire une petite chanson / comme autrefois dans mon canton / C'est pas bien difficile à faire / vous allez voir c'est sans mystère / C'est pas bien difficile à faire / vous allez voir c'est sans mystère (bis) / vous prenez n'importe quels mots / vous les mélangez à de l'eau / vous tournez pendant un quart d'heure / vous rajoutez une noix de beurre (bien frais...) / vous tournez pendant un quart d'heure / vous rajoutez une noix de beurre (bis) / si la chanson est réussie / mettez-y aussi du persil / si la chanson elle est ratée / jetez-là dans les cabinets (noirs ...) / si la chanson elle est ratée / jetez-là dans les cabinets (bis) / et puis bien vite vous ressortez / il faut jamais abandonner / avec d'aut'mots vous r'commencez / pour un beau jour y arriver / avec d'aut'mots vous r'commencez / pour un beau jour y arriver (bis) / ventilateur et poil au coeur / percolateur prédicateur / eau de mélisse et pain d'épices / car de police et sacrifice (ça fait beaucoup de fils ...) / eau de mélisse et pain d'épices / car de police et sacrifice (bis) / anticonstitutionnellement / emmerdements joints de cardan / on est si peu de choses madame / donnez-moi un kilo d'bananes (bien mures ...) / on est si peu de choses madame / donnez-moi un kilo d'bananes (bis) / pour faire rire les jolies filles / pour faire danser les beaux garçons / on a fait une petite chanson / comme autrefois dans mon canton.

 

06 - Nous sommes un cas


Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas pathologique / Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas anachronique / Nous avons bien trop tardé / à faire nous aussi du sud-américain / Nous avons bien trop tardé / à grossir les rangs de tous les faux indiens / Quand on fait de la musique / faut avoir l'esprit pratique / il faut savoir exploiter / le goût immodéré / des gens pour l'exotique / Surtout pas se mettre en tête / originalité et authenticité / Aïe! Aïe! Aïe! Aïe! / Voilà les grands mots lâchés / Aïe! Aïe! Aïe! Aïe! / Si on fait dans les idées / on va sûrement être exclus / de la fraternité des chanteurs à succès / A la place d'un tas d'dollars / on va tout juste avoir / sifflets et quolibets / Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas pathologique / Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas anachronique / la musique des indiens / ou celle des mexicains / ou celle des colombiens / ça nous dit seulement misère / sécheresse de le terre / pouvoir des militaires / Peuples écartelés / villages abandonnés / bidonvilles surpeuplés / avec plein d'enfants bien sous-alimentés / et les prisons infernales / ou sévissent tortures / carnages et pourriture / Aïe! Aïe! Aïe! Aïe! / c'est pas ça qu'il faudrait dire / Aïe! Aïe! Aïe! Aïe! / On ne va pas s'en sortir / On ne va pas réussir / à faire la chanson / qui donne envie de partir / La chanson publicitaire / pour remplir les charters / de joyeux vacanciers / Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas pathologique / Nous sommes un cas, nous sommes un cas / un cas anachronique / à travers cette chanson / complètement débile / où notre esprit fragile / s'est donné du bon temps / on voulait simplement / dire salut en passant / aux peuples écartelés / aux villages abandonnés / aux bidonvilles surpeuplés / avec plein d'enfants bien sous-alimentés / et aux prisons infernales / ou sévissent tortures / carnages et pourriture.

 

07 - Le balayeur d'Amérique


Je suis un simple balayeur / dans une petite ville d'Amérique / Je viens de voir le gouverneur / qui sortait de chez le coiffeur / avec son gros cigare / Salut mon pote le gouverneur / hier soir j'ai slurpé ta soeur / derrière la gare des autocars / On en reparlera ce soir / dans ta belle demeure / Il faut vous dire que depuis / dix ans à la même heure / je vais souper tous les lundis / chez le gouverneur / Je suis un drôle de voyageur / J'connais toute la planète par coeur / J'ai vu Hongkong San Francisco / Dublin LeCap et Toronto / et la Nouvelle Zélande / Dans les cinés à la télé / dans les bouquins à six-cents balles / dans l'évasion à bon marché / de nos journaux spécialisés / qui ont d'belles couleurs / Et parfois même ça m'empoigne / c'est plus fort que tout / je vais vraiment par moi-même / jusqu'au Sacré Coeur / J'ai été de Versailles à Bièvre / en passant par Chaville et Sèvres / A Meudon j'ai cru tout lâcher / car mon fidèle perroquet / était incommodé / Mon verdâtre psittacidé / qui passe sa vie sur mon épaule / avait bouffé toutes mes valeurs / ma carte de train mon porte-monnaie / et mon plan de banlieue / Enfin le comble dans l'métro / à minuit moins vingt / j'ai perdu mon sac / avec tous les bouquins de Kérouac / Pour en revenir au gouverneur / de cet état d'mon Amérique / dont je connais très bien la soeur / et la géographie physique / et les courbes de niveau / Je vais lui emprunter du fric / pour organiser un week-end / dans la forêt de Fontainebleau / avec mes copains de boulot / et leurs petites amies / A nous la grande aventure / du coeur sans limite / Laissez passer les échappés / des murs bétonnés.

 

08 - La gigue de la reine


Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / On les a comptés par milliers / Ah! Les belles manières! / Dans les avenues et dans les rues / en gabardine en bleu-marine / bien plus nombreux que les curieux / l'oeil aux aguets et soupçonneux / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / J'm'étais perdu bien par hasard / Ah! Les belles manières! / sur les Champs Élysées glacés / par un matin du mois de Mai / avec mon air décontracté / au milieu des milliers de poulets / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / J'me retrouve entre deux gabardines / Ah! Les belles manières! / J'me suis souvent demandé pourquoi / on mettait les flics en civil / puisqu'ils sont plus visibles ma foi / que s'ils n'avaient qu'une feuille de vigne / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / y'avait plus de circulation / Ah! Les belles manières / j'avais un gros rhume des foins / v'la-t-y pas qu'soudain j'éternue / et qu'ça résonne dans toute la rue / dans le silence un grand tintouin / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / un d'mes voisins en gabardine / Ah! Les belles manières! / me dit qu'est-ce qui te prend bon dieu / tu peux pas être plus respectueux / tu veux qu'je te prête mon mouchoir / pour essuyer ta gueule de poire / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / mon aut'voisin en gabardine / Ah! Les belles manières! / me dit la distinction p'tit con / on va te l'apprendre pour de bon / contrôle de l'identité / pour voir si t'es bien enrhumé / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / j'ai répondu un peu troublé / Ah! Les belles manières! / qu'j'étais venu en républicain / pour voir défiler nos symboles / Je n'ai vu qu'un voiture noire / à cent à l'heure sur les boulevards / Vive les souliers à clous! / Quand la reine est venue chez nous / Ah! La belle fête! / n'allez pas croire mes bons amis / Ah! Les belles manières! / qu'j'en veuille à Couine Elizabeth / avec tous ses soucis d'argent / ni à notre bon président / qui aime un peu trop les agents / Vive les souliers à clous!

 

09 - Manifeste


On m'a dit fais des chansons comme-ci / On m'a dit fais des chansons comme ça / Mais que surtout ça ne parle jamais / de choses vraies tellement vulgaires / Comprenez-vous cher ami entre nous / la réalité faut un peu l'arranger / La réalité vous savez comme c'est / bien souvent dégueulasse / Non dans une chanson pour faire des ronds / il faut créer des images illusion / pour faire avaler aux pauvres couillons / leur ennui quotidien. / Viens mon amour ma joie / sur la colline aux senteurs orientales / On va sûrement rencontrer Jésus-Christ / dans un caleçon à fleurs de Monoprix / Il aura sa plus belle auréole / en plastique à dentelles mécaniques. / Rien jamais sur notre quotidien / sur toutes les choses qui font que l'on est / bien manipulés bien conditionnés / par une bande de requins / Rien de changé depuis la Communale / où pendant des années on bourre le crâne / aux enfants à grands coups de programmes / pour qu'ils soient bien dressés / Rien de changé dans les usines / La gueule des mecs de l'équipe de nuit / qui vont dormir quand le soleil se lève / exténués abrutis / Les p'tites fleurs les p'tits oiseaux / les petites filles de français moyens / les grosse bagnoles et les belles motos / pour superviriliser nos minets / Belle fille heureuse dans son corps / grâce au tampon Higiénix qui ne fuit pas / Rien de changé depuis l'Algérie / sinon que maintenant il est permis / d'en parler et d'gagner des sous / avec des millions de cadavres / Rien de changé depuis un tabassage / à la matraque un quatorze juillet / pour avoir osé chanter et danser / quand c'était interdit / Rien de changé depuis qu'un soir j'ai pissé / sur ma télé tellement c'était chouette / et bien sûr toute l'électricité / m'est passée dans la quéquette / Bonsoir téléspectateurs / ce soir sur la deuxième chaîne couleurs / dans notre série que la vie est belle / notre grande enquête sur les mirabelles / Et puis avant d'aller au dodo / championnat du monde de gros lolos / Rien de changé pour la fille de treize ans / avec ses p'tits seins et son visage d'enfant / qui accouche terrorisée / dans les chiottes d'un lycée / Comme dirait un copain à moi / un peu fou même complètement fou / qu'est-ce qu'on attend pour tout arrêter / tout casser et recommencer / Alors moi vous comprenez / les violons les guimauves les flonflons / je trouve ça tellement anachronique / que ça m'file la colique / Je sais bien qu'une chanson / c'est pas tout-à-fait la révolution / Mais dire les choses c'est déjà mieux que rien / et si chacun f'sait la sienne dans son coin / comme on a les mêmes choses sur le coeur / un jour on pourrait chanter en choeur.
(ad lib les deux dernières lignes)

 

 


 

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