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Béranger François
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Crédit: François Béranger
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Da capo
8 titres
Ref : PL 37 696 Sorti : 1982 Production : L'Escargot Distribution : RCA
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01 -
Da capo
02 -
Le messager
03 -
Ma maison
04 -
Au paradis perdu
05 -
Changement
06 -
Train corail
07 -
Allemagne soeur blafarde
08 -
Dans les arbres
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01 -
Da capo
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Refrain : Da capo Da capo repartir à nouveau / Da capo Da capo éclater en morceaux / Da capo Da capo repartir à zéro / Dans la jungle synthétique à Mégalopolis / j'ai rencontré un rat sur un tas d'immondices / Il m'a craché le secret du philtre de survie / Faut mélanger un litre de semence d'éléphant / avec une douzaine de larmes de caïman / Refrain / Y'a pas d'philtre magique seulement une évidence / une seule voie est possible celle de la vérité / Mensonges complaisances nos cancers sont nommés / Sautez Criez Hurlez Jouissez de vérité / Ravivez la lumière de vos vies mutilées / Refrain / On sent des parfums de création du monde / On laisse loin derrière les marais de l'ennui / Je perds mes colères comme le serpent sa peau / Je passe la frontière du cri vers le silence / en gagnant de vitesse les étoiles retrouvées / Refrain.
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02 -
Le messager
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Dans ma tour en ruines remplie de courants d'air, / j'attends le Messager. / Je parle de celui qui pose / les vraies questions, / les pourquoi essentiels. / Tout est prêt pour qu'il vienne : nos attentes rassemblées, / nos angoisses empilées. / Jour après nuit, espoir. Jour après nuit, attente. / Jour après nuit, colère. / Quelque part au lointain quelques uns se rebellent, / prenant leur vie en main. / L'Ordinateur Central n'admet pas ce programme / il va normaliser. / Dans un bruit infernal de fonte motorisée / roule dans la neige. / Les chenilles qu'il écrase clapotent tendrement / comme des fraises écrasées. / Pour cette fois c'est raté! Encore, encore raté / Où est le Messager ? / Des tubes cathodiques s'écoulent des guimauves / aux couleurs bariolées. / Les ondes sont saturées de mots gélatineux, / de propos filandreux. / Les canards barbotent dans les eaux de vidange / du Grand Egout Cosmique. / Le silence fait peur, la réflexion déprime, / la lenteur est bannie. / Les idéologies barbelées de mensonges / pètent comme des baudruches. / J'entends hurler le fric, gémir les chômeurs, / résonner les tas d'or. / Où est le Messager qui va enfin poser / Les pourquoi essentiels ? / Qui parle de la terre ? / Qui parle du plaisir ? / Qui parle de la vie?
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03 -
Ma maison
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Un jour les pieds usés par l'asphalte des routes, / les yeux crevés par les mirages, / la gorge brûlée par les herbes illusoires, / je verrai me barrant la route / apparaître une maison. / Elle sera chaude et douce, / ronde comme un ventre. / Les fenêtres brillantes. / De ses portes ouvertes / s'échapperont des parfums. / Et je dirai : c'est ma maison / On n'entrera que de bonne foi, l'âme légère, / par ses portes ouvertes. / Lavé de l'inutile, purgé des idées fausses, / dépouillé de nos frimes, / comme aux premiers temps. / Pour vous parler de ça / je devrais être nu. / Mots malins, belles images, / phrases vides s'envolent / comme des feuilles jaunies / Et je dirai : c'est ma maison / Dans l'harmonie des lieux / las pas sonnent sur le sol, / résonnent sur les murs, / se mêlent à des voix / dans une musique inouïe / Les muscles contractés / sous la peau desséchée, / comme des lames d'acier / dans la vieille défensive / Dans la vieille défensive / des combats quotidiens / se dénouent brusquement / et font la fête au corps. / Maison-mère, maison-femme, / maison-fille, maison-vie / chacun de tes replis / secrètement offerts / est un sourire serein. / On y dit peu de mots. / Les regards se suffisent. / Des mains fraîches, en passant, / vous caressent le front. / Vous caressent le front, / Vous relèvent une mèche / Vous guident vars un lit blanc / dans une chambre fraîche. / Couché dans la pénombre le temps n'existe plus. / La présent est tellement présent / qu'il efface le désert de l'attente, / le chaos des remords. / Fournaise des désirs. / Il vous vient une force / A tout recommencer, / se lever, repartir, / à transformer ces rêves / en vraie réalité / et je dirai : c'est ma maison.
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04 -
Au paradis perdu
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Du serpent d'un bandonéon / jaillissent mille cris de lumière / Feu d'artifice fugitif mais éclatant / Mélancolie violente du tango / Tes stridences comme un fouet / me lacèrent de frissons / Dans le sel d'une larme / coule le sel de la vie. / Voyage au Paradis Perdu. / Enfant aux certitudes claires / tu cours seul dans la nuit d'été / vers l'écurie aux odeurs fortes / d'un grand château hors du temps. / Accroupi dans la paille qui chante / tu regardes éperdu de bonheur / l'oeil immense d'une grande jument. / sur la pointe des pieds caresses / ses naseaux noirs dilatés / et repars en riant au ventre / de la nuit, au ventre de ton lit. / Au loin il y a des bruits de guerre / La nuit brûlante de l'été / déverse une horde kaki / qui parle en mâchant de la gomme. / Des G.M.C. des Chevrolet / sautent des hommes sans visage / qui n'ont que des yeux et des dents. / Ce sont des nègres comme dans les livres. / Ils rient très fort en me lançant / de drôles de balles couleur orange. / Ils ne rient plus en me voyant / en croquer une comme une pomme. / Mon Dieu que l'Amérique est amère! / Cousine de la belle saison / tu chantes en marchant devant moi / dans les herbes roses et violettes. / Je voudrais être tes cheveux / caressant ta nuque et tes seins. / Plus tard couché sous un arbre / humides des sueurs de l'été / écoutant nos coeurs se calmer / mes yeux volent sous ta robe. / Ombre secrète de tes cuisses. / Rêvant d'un voyage impossible./ Tu me regardes et tu souris. / Du serpent d'un bandonéon ...
(on reprend au début)
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05 -
Changement
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Au joli mois de Mai, en plein état de grâce, / j'en ai connu plus d'un qui s'est dit, prophétique, / qu'est-ce qu'ils vont devenir nos chanteurs enragés, / les grandes gueules à message,les chanteurs engagés. / Maître François-la-rose sur son trône perché / leur enlève leur fromage (bis) / Maintenant je vais ranger au musée des souvenirs / les mots pour protester, les phrases pour dénoncer, / les cris pour réveiller, les colères pour survivre. / Les temps bénis sont là : terminées les rêveries, / envolée l'utopie, c'est maintenant qu'on vit (bis) / PLACE AU VRAI CHANGEMENT ! (bis) / Et puis comme les saisons, les promesses passent. / Les nouveaux locataires se sont mis en ménage / dans les vieilles pantoufles des occupants d'avant. / Les vrais propriétaires sabotent l'économie. / Font la gueule par devant et se marrent par derrière (bis) / Les lendemains qui chantent, assez de ces foutaises! / C'est maintenant qu'on vit, pas hier ni demain. / Pour vraiment tout changer, faut changer dans nos têtes, / et ceux qu'on a élus devraient montrer la voie. / Où sont les belles idées et la Force Tranquille? (bis) / LE VRAI CHANGEMENT C'EST QUAND? (bis) / Président-à -la-rose, attention au pouvoir! / Ne joue pas au roi d'France, redescends dans la rue. / Fais nous des Panthéons tous les jours si tu veux. / Fais nous vibrer encore. Trouve des mots nouveaux. / Gouverne avec les gens. Redonne-leur la parole (bis) / Dirigeants distingués, servez-vous du pouvoir / pour ouvrir les portes à l'imagination. / Ce bateau est trop vieux, sa coque est pleine de trous. / Abandonnez l'épave, faut en construire un neuf. / Tout est entre vos mains pour changer maintenant (bis) / PLACE AU VRAI CHANGEMENT! (bis)
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06 -
Train corail
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Dans un joli train corail / bercé par le son des rails / je regarde un cinéma / sur la vitre en Sécurit. / Le ciel et les champs vont vite / bousculant les vaches au pré. / Ca sent l'irréalité / ça sent l'absurde à plein nez. / Tiens mes doigts sont des stylos / et mes ongles sont des plumes / Ils s'échappent vers l'écran / sans rien demander à personne. / Personne c'est moi, j'vous signale. / Ca fait drôle de savoir ça. / Sur l'écran inaltérable, / incassable, impitoyable, / je vois nos amours de gare / nos adieux d'aérogare. / Y'a toujours un train qui part / qui traverse des lieux sans nom. / Tu sais, faut vraiment que j'y aille / Je sais pas où, c'est trop con. / je te donne comme seuls gages / mon absence et mon silence. / Mon amour, ma vie, mon coeur / il faut en faire bon usage. / Ce film est vraiment pas bon du tout. / L'absurde est décidément banal. / Dans un vilain train corail / réveillé au bruit des rails / j'en ai marre de subir / cette histoire sans plaisir. / Si tu veux vraiment des trains / des quais, des gares, des départs, / je te dis OK Bibi / mais prenons ce train de nuit / Celui qui a les roues en or / Celui où personne ne dort / Un immense wagon-lit / des amours sur les boiseries. / Et ce train qui cahote sans merci / rythmera nos étreintes infinies. / Dans un joli train corail / bercé par le son des rails / je regarde un cinéma / sur la vitre en Sécurit.
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07 -
Allemagne soeur blafarde
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Allemagne soeur blafarde / tes yeux blancs révulsés ne connaissent plus les larmes / et se tournent vides / vers un ciel envahi de lueurs oranges / Tes narines convulsives / exhalent les vapeurs sulfureuses d'un volcan / Ta gorge râlante / fait un bruit de sanglots et tes fesses pointues / s'agitent sur un trône matelassé d'or puant / Ton cul est lui-même barbelé de diamants / et chaque geste fébrile t'enfonce dans la chair / leurs facettes coupantes / Allemagne soeur blafarde / ton sang est épuisé par un siècle d'histoire / Tes enfants viennent au monde / bardés d'un masque à gaz ceinturés d'électrodes / Celui qui les arrache / doit fuir pour oublier Ou bien demeurer là / et se nourrir de meurtres / plastiquer kidnapper et mourir suicidé / dans tes prisons spéciales à déshumaniser / Aiguise bien les armes de ta super police / Améliore tes gadgets car certains précurseurs / ont enterré la graine des lendemains qui saignent / Allemagne soeur blafarde / ton corps fendu en deux laisse voir tes entrailles / à faire des schizophrènes / Forteresse glacée univers perverti / les cousins d'Amérique / se vautrent dans ton lit un oeil pointé vers l'Est / Fume le cigare frangine / Bois ton schnaps cul-sec aux nouvelles colonies! / Trinque avec le grec le français l'espagnol / Avec délectation tes doigts vont et viennent / du nez du Pouvoir au cul du Capital / Trinque frangine c'est tes enfants qui boivent / Allemagne soeur blafarde / ton fils se vend Banhof Zoo ta fille se shoote / Tes enfants veulent vivre / Comment faire pour vivre en coupant ses racines / Est-ce qu'on peut oublier? / L'oubli n'existe pas Est-ce qu'on peut comprendre? / Savoir ne suffit pas / Pour vivre il leur faut reconnaître leur mère / re grandir dans son ventre Resurgir du chaos / Tes yeux blancs révulsés ne connaissent plus les larmes / Ton ventre a mis au monde ta propre exécution / Allemagne soeur blafarde! Allemagne soeur blafarde! / Soeur si lointaine et si proche, je vois dans ta nuit de cauchemar / une foule immobile et sereine comme une armée de lumière / Le soleil effaçant la nuit / éclaire les jardins de Weimar / Goethe est assis sous son arbre / sa voix retentit sur le monde / Jean-Sébastien au coeur d'enfant / pleure en écrivant la Passion / ses larmes tachant ses partitions / Nietsche chevauche la montagne / la belle Salomé en croupe / Karl Marx lui barrant la route / lui montre le sens de l'histoire / Bertold Brecht au pied d'une passerelle / son billet d'exil à la main / Il monte des quartiers populaires / un choeur de chansons de Kurt Weill / Louis-Deux surgit à la surface / d'un lac noir de Bavière / Plus loin on retire d'un canal / le corps de Rosa Luxembourg / Kleist revolver en main / et Rilke l'âme enchantée / s'envolent sur leurs poèmes / Beckman agitant ses pinceaux / peint la scène sous un ciel terrible / Schumann caresse la Hagen / Ludwig plane chez Amon Duul / La voûte céleste est en folie / L'état de grâce sur vos têtes / Le couchant et le levant brûlent / L'ESPOIR DÉNOUE SON POING (ad libitum...)
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08 -
Dans les arbres
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Des jours entiers dans les arbres / pieds dans la terre tête dans le ciel / Juché sur le plus haut d'entre eux / accroché à son tronc rugueux / Je chevauche la bête centenaire / en regardant les nuages passer / Des jours entiers dans les arbres / à écouter le temps passer / Mes voisins sont des nains géants / émigrés des forêts du Rhin / Les autres tout gris et tout noirs / viennent des grands arbres du Congo / Les grands d'acier et de fureur / s'épuisent contre des dieux anciens / Les petits font pour les calmer / en riant des cris d'oiseaux / Un vieux pygmée tout déplumé / me prend la tête à deux mains / et me chuchote en souriant / sa vérité innocente / Tu es bien plus petit que moi / et bien plus grand que les géants / Libère-toi du désespoir / évite les mirages de l'espoir / Vers le soir les géants se calment / en fumant des herbes magiques / qui font les étoiles plus brillantes / et moi un peu mélancolique / Une géante toujours enceinte / me prête son bâton phallique / pour briser l'armure de la nuit / et entrer dans le lit des rêves / Demain un avion migrateur / tissera dans le ciel un sillage / Ligne blanche sur papier d'azur / pour vous dessiner un message ...
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