N° 16 - Octobre 2003
 
Miroir militant
La décroissance soutenable (oct 03)
Commerce équitable est-il un contresens? (août 03)
Sauvons Port-Mahon (07-08/2003)
Mise à mort de rire (06/2003)
Histoire d'association (04/2003)
Les Dérives du Net 2/2 (04/2003)
Les dérives du net : la pédophilie (02/2003)
Irak, Bush : garde à nous. (02/2003)
José Bové : exemple à suivre (01/2003 et toujours)
Pour Noël, servez donc culture et tolérance (12/2002)
L'impardonnable peine de mort (10/2002)
Le GENEPI : une association militante (10/2002)
De la nécessité de philosopher (09/2002)
Coûts et contrecoups des vacances. (08/2002)
Reprenons la Bastille (07/2002)
La bagnole déboussole. Mais pourquoi donc ? (06/2002)
Le keffieh de la résistance Palestinienne à l'oppression. (04/2002)
Militer : mode d'emploi.
Commerce équitable est-il un contresens? (août 03)

Depuis que l’homme existe, ou bien juste après, m’imaginais-je puisque je n’y étais pas, il doit avoir eu envie de troquer sa peau de bison contre une lance acérée, qui tuerait le double de bisons, jusqu’à ne plus savoir qu’en foutre. Depuis que l’homme existe, je le sens attiré par la possession et suffisamment intelligent pour échanger. On n’a pas beaucoup changé, cherchant alternativement nourriture et confort mais les complications sont apparues : l’invention d’un moyen d’échange, l’argent, l’amalgame entre l’argent et le pouvoir, la publicité, la mode, et toutes ces conneries qui parviennent à créer des besoins (matériels, évidemment) dans l’esprit des plus faibles. Pour mieux comprendre ces phénomènes, je vous invite à lire sans attendre Obélix et Cie.
A comparer à la pauvreté des motivations actuelles en matière de réflexion – philosophie, âme, altruisme, et autres gros mots intello donc démodés – la consommation s’éclate. Elle arrive partout où elle peut remplacer la force et le réconfort. Face à la solitude et au petit ami parti, elle est là. Contre la peur en avion, elle est encore là. Devant le manque d’assurance personnelle, elle est toujours l

 

Son support : le commerce. Mot aussi vaste que le peuple d’Irak est malmené, le commerce regroupe les notions de « vendre » et de « avec ». Un marchand sans client est en effet aussi ridicule qu’un ordinateur sans électricité. Arrivons-en aux faits : les clients, c’est nous ! Nous, peuple aisé de la culture européenne occidentale. Par nos achats, nous devons :
- nous procurer ce dont nous avons raisonnablement besoin,
- décider de ce que le marchand met dans son échoppe, en n’achetant que ce qui nous est convenable, et non l’inverse,
- nous défaire des publicités et autres manipulations mentales consommatogenes…
Par nos attitudes, nous devrions parvenir à démontrer aux dirigeants avares et variés (donc avariés) qu’on ne peut pas tendre vers la croissance indéfiniment. Vouloir s’approcher de quelque chose qui augmente sans cesse s’appelle une fuite en avant. Ce vers quoi l’on peut tendre, c’est l’équilibre.

 

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous apercevoir que la consommation qui nous est proposée ne mène pas à l’équilibre. Alors que l’idée de commerce équitable, dans sa recherche cohérente et humaniste, l’est. Elle ne nie pas le commerce, les échanges mondiaux, ni notre vie aisée et s’attache à respecter chaque être de la planète. Elle double l’humanisme de sa mission avec la préservation de l’environnement. Le mécanisme est naturel : un producteur équitablement rémunéré n’est pas tenté par les méthodes magiques des génético-chimio-dégueulo-scientifiques .
Les produits symboliques de la mainmise du nord sur le sud appartiennent en premier lieu à l’alimentation. Ils comptent en effet dans ce que le nord, climatiquement, ne peut pas produire, ou en quantité insuffisante : café, thé, bananes, cacao, coton, épices.

 

Quant aux objets vendus sous l’étiquette commerce équitable, ils relèvent essentiellement de l’artisanat : décoration ou habillement. Leur labelisation pose plus de problème car il n’existe pas de cours boursier pour les tabourets béninois ou les foulards sri-lankais. Comment estimer les heures passées sur les statuettes africaines ? Il est donc préférable, pour nous, si loin, de se procurer ces objets dans des boutiques dignes de confiance. La plate forme française pour le commerce équitable a vu le jour en 1997 afin d’organiser tout ça. Elle regroupe une trentaine d’organisations qui adhèrent à sa charte et des structures sympathisantes. Vous pouvez consulter ces enseignes engagées sur www.commercequitable.org ou vous balader dans l’un des 100 magasins Artisans du Monde.

Cette invitation à une consommation responsable se voulant pragmatique, voilà quelques autres pistes pour vos courses :
- où trouver des produits Max Havelaar ou Alter Eco par enseigne (avec mention spéciale pour les Monoprix et Cora) LIEN
- des sites variés :

* commercequitable.com
* equiterre.com
* bébé en vadrouille bbenv.com

Pour les suisses terrespoir.com
Et pour les belges, les nombreux magasins du Monde – OXFAM et leur site madeindignity.be

 

Comme une histoire qui se terminerait mal, je termine cette prose en évoquant l’organisation mondiale du commerce même si l’OMC est au commerce ce que G.W. Bush est à la culture : sa honte. Association légale de malfaiteurs, elle s’efforce d’imposer sur l’ensemble de la planète des productions payées le moins possible à des producteurs piégés (le moins onéreux étant l’esclavage, qui ne lui fait pas souci) et vendues le plus possible à des consommateurs piégés. Devant l’étendue de leur cynisme matérialiste, leur oubli de l’indigence, leur brutalité écologique, satisfaisons-nous de nos moindres achats qui leur échappent.
Dans la lutte subtile qu’il serait bon d’organiser, comme les fourmis quand une godasse du 43 écrase leur fourmilière, je vous parlerai, enfin, de José Bové. Il n’est pas de taille, pour sûr, et il s’est parfois fait avoir comme un bleu. Cependant, il est dans nos esprits de renouveau éthique et il a transcendé le Larzac une nouvelle fois, en unissant plusieurs centaines de milliers de personnes. Une nouvelle association « Construire un monde solidaire » nous attend à présent à Millau, pour cette union ou pour la suite. Pour s’informer et soutenir :
* monde-solidaire.org

 

« Et dire qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne marche pas » Meuh oui ! c’est du Coluche et c’est super fort.
bg

 

 


 

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