N° 9 - Janvier 2003
 
Agitation Verbale
Tribune Libre sur L'art-scène: mode d'emploi.
(David Desreumaux / 08 juin 2002)
Comme un cargo rouillé
(S. Perrin / 13 décembre 2002)
Compte rendu de l'affaire Mass Hysteria
(Ruda Salska / 24 juillet 2002)
Où sont les jeunes ?
(David Langlois-Mallet et Gaëlle Bohé pour Politis n° 705 / 20 juin 2002)
Les partis extrêmes dans le même sac !
(Paco Tizon / 17 juin 2002)
Louange à la Vème république
(Paco Tizon / 07 mai 2002)
Quatre textes pour une actualité
(Vincent / 07 mai 2002)
Pour une gauche de gauche.
(Pierre Bourdieu / 24 avril 2002 (08/04/98))
Présidentielle 2002 : Le sens de la bataille !
(David Langlois-Mallet / 23 avril 2002)
Soleil noir.
(David Desreumaux / 22 avril 2002)
Qui sème le vent sécuritaire récolte la honte lepéniste!
(Réseau contre la fabrique de la haine / 21 avril 2002)
Grande vaisselle et arrières-goûts
(Nicolas Bacchus / 5 avril 2002)
Pa(c)s de vagues
(Nicolas Bacchus / 5 avril 2002)
La peur
(Nicolas Bacchus / 23 mars 2002)
Comme un cargo rouillé
- 13 décembre 2002

Comme un cargo rouillé
Jeté dans le typhon
Qui ne peut s'amarrer
A d'instables limons
Je sombre lentement
Prisonnier du ressac
Et n'entends à présent
Que les hublots qui claquent
L'eau salée qui déferle
Et irise mes cernes
De dérisoires perles
Pour cette vie en berne
Me revient l'évidence
Qu'on ne peut conjuguer
L'affection et l'absence
L'avenir au passé
De vieilles fleurs flétries
Des vases renversés
D'immondes eaux croupies
Salissent mes pensées
Je me cogne à des rêves
Qui n'étaient que chimères
Refusais une trêve
Qui a un goût amer
Passent les jours sombres
Infernales avancées
Au milieu des décombres
Des espoirs envolés
Les crocs étaient tranchants
La blessure est béante
Malgré le drapeau blanc
Volonté évidente
D'épargner les blessés
D'éviter les abîmes
Pour enfin retrouver
Le possible sublime
Mais le dessein final
Préféra l'hécatombe
Ignorant le signal
Craignant que lui incombent
D'impossibles efforts
Pour celui qui pourtant
Aimé hier encore
Se tenait implorant
Ne recherchant qu'un pas
Une main un premier geste
Plutôt que le fracas
De ce délire funeste
Mais la faux a coupé
Les espérances vaines
La boue a dévasté
Les chemins de ma peine
Il me faudra vomir
Cette bouillie infâme
Qu'on n'oserait servir
A aucune chère âme
Ne l'ai-je pas méritée
Que pourtant elle m'échoit
Il me faut donc expier
Plus aucun autre choix
Je reste là sonné
Mon estomac se serre
Et ne peut avaler
Que ces noires vipères
Dont le poison puissant
Sans cesse salivé
Décuple mes tourments
Et me laisse assommé
Ne demeure que le fruit
Du sang de mes entrailles
Murmurant dans la nuit
Les seules phrases qui vaillent
Lui l'unique rempart
A ma désespérance
Qui pourra veiller tard
Même sur mes silences.

 

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