N° 13 - Mai 2003
 
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Crédit: Youri Lenquette

 

Brûle
12 titres - 36 min
Ref : PIASB 051 CD
Sorti : 2001
Production : [PIAS]
Distribution : [PIAS]


01 - Brûle 2'38
02 - Tendre S 3'02
03 - Ainsi soit-elle 2'09
04 - Dom-Tom 2'43
05 - Pourquoi ? Parce que ! 2'56
06 - Madame 3'24
07 - Tonnerre 3'14
08 - Le défroqué 3'14
09 - Neige 3'13
10 - Consolation 3'08
11 - Pardonne 3'11
12 - Grandir 3'07

 
 
01 - Brûle


Tout luit tout brille mais rien ne brûle / Tout brille tout scintille mais rien ne se consume / C'est comme ça c'est ainsi tout s'envie / Tout a un prix tout se calcule / Tout brille tout scintille mais rien ne brûle / Même l'amour a un prix même le désir se calcule / Même quand on sait jouer des poings / Et beaucoup moins des virgules / Tu ne m'as peut-être pas compris tant pis je récapitule / Tout brille tout scintille même au crépuscule / Même l'envie parfois s'envie ça en devient ridicule / Bien sûr on peut en rire tout a un prix / Tout se ternit tout se dissimule / Tout brille tout luit mais rien ne brûle / Même quand il est plus de midi et même quand arrive la canicule / Même quand on fait de l'esprit et même quand on s'allume / J'avais sans doute rien compris / Alors tant pis je me crame je me brûle / Tout luit tout brille mais rien ne brûle / Tout brille tout scintille mais rien ne se consume
Inspiré d'une phrase d'un article de Philippe Lançon paru dans Libération

 

02 - Tendre S


Ma très chère et tendre S / Ce n'est pas par paresse / Si mes lettres vous paraissent / Ecrites comme on blesse / Serait-ce que le bonheur ne finit pas par S / Je vous le confie et même vous le confesse / Ma tendre S ma tendre S / Vous savez ce n'est pas par faiblesse / Si certains de mes faits vous blessent / Mais il ne faut croire mes caresses / Qui mentent comme elles respirent car est-ce / Possible d'éprouver aujourd'hui de la tendresse / Amicalement et de façon chevaleresque / J'embrasse votre joli front ma tendre S / Si depuis quelques temps je vous délaisse / C'est que de vous rien il ne reste / Hormis une paire de bas des laisses / La fessée n'aura duré que le temps d'une messe / Trois nuits deux jours mais est-ce / Encore possible de nourrir de l'allégresse / Le goût du gras très peu pour moi je le confesse / Je suis plutôt du genre cuisses qu'on fesse / Cuisses qu'on fesse ma tendre S / Est-ce que le bonheur ne finit pas par S / Je vous le confie et même vous le confesse / Amicalement et de façon chevaleresque / J'embrasse votre joli front ma tendre S / Ma tendre S ma tendre S

 

03 - Ainsi soit-elle


Oui, nous ferons l'amour ensemble, / Et je te clouerai sur le lit / Et je mêlerai mes membres / Aux tiens, ma petite amie. / Oui, cela ferons ensemble / Et je te prendrai la main / Comme un enfant pour descendre / Dans le ravin. / Nous jouirons de nous surprendre / Ainsi liés oui c'est promis / Et caresserons nos cendres / Avec mépris. / Nous regarderons en face / Nos deux pauvres corps meurtris / Sans y voir malice, et fasse / Que le bon dieu n'y soit. Ainsi / Laisse-moi souffrir ma belle, / Moi je laisse aller mon cœur. / Ainsi le navire appelle / L'ancre. Ainsi l'âme sœur, ma sœur
D'après le poème " Ainsi Soit-Elle " de Georges Perros

 

04 - Dom-Tom


C'est vraiment ici que je voulais finir / Sous un soleil qui n'en finit pas / Ici je deviens l'homme que j'aurais voulu devenir / Et à vrai dire je ne crois pas qu'il te plaira / Il passe son temps à réinventer ses souvenirs / Même si au fond de lui il ne t'oublie pas / Même s'il essaie jour après jour de s'endurcir / De ne plus avoir le cœur au bout des doigts / A la mémoire de nos larmes au nom de tous nos rires / Au nom de tout ce qu'on aurait pu devenir / A la mémoire de nos larmes au nom de tous nos rires / Au nom de tout ce qu'on n'a jamais su se dire / Ici on oublie tout tout même l'avenir / C'est un endroit où l'on ne se retrouve pas / C'est un bon endroit pour ceux qui aiment s'enfuir / Ici du passé on en fait un feu de bois / Où les souvenirs peuvent aller se faire cuire / Sous un soleil qui n'en finit pas / Cette année le cyclone est encore long à venir / Et toi dis-moi est-ce que tu reviendras ? / A la mémoire de nos larmes au nom de tous nos rires / Au nom de tout ce qu'on aurait pu devenir / A la mémoire de nos larmes au nom de tous nos rires / Au nom de tout ce qu'on n'a jamais su se dire / Au nom des hommes qui ne pensent qu'à s'enfuir

 

05 - Pourquoi ? Parce que !


Pourquoi les chansons parlent-elles toujours d'amour / C'est un sujet inabordable / Pourquoi se toucher rend-t-il sourd / A-t-on des preuves irréfutables / Pourquoi faire les courses au Carrefour / Me rend l'humanité infréquentable / Pourquoi les fruits tombent-ils toujours / Quand on ne secoue pas l'arbre / Pourquoi ceux qui t'ont déjà fait l'amour / Ne me paraissent pas si désirables / Pourquoi suis-je devenu si lourd / Regarde je m'enfonce dans le sable / Comme on ne pose jamais les bonnes questions / Pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ? / Comme on ne pose jamais les bonnes questions / Pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ? / Pourquoi les chansons parlent-elles toujours d'amour / C'est un sujet indécrottable / Pourquoi n'as-tu jamais crié au secours / Quand tu étais encore fréquentable / Pourquoi faut-il que je savoure / Tes larmes te rendent si désirable / Comme on ne pose jamais les bonnes questions / Pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ? / Comme on ne pose jamais les bonnes questions / Pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ? / Pourquoi faut-il que tu coures / Après des hommes si vulnérables / Pourquoi t'ai-je donc fait un jour la cour / Mon sens de l'humour est lamentable

 

06 - Madame


Elle était de ces femmes qu'on embrasse sur les yeux / Dont on tombe sous le charme comme on tombe sous le feu / Elle était de ces femmes qui ne laissent pas les hommes silencieux / Dont on tombe sous la mitraille rien qu'en croisant ses yeux / Elle était de ces femmes qui ne semblent pas craindre le feu / Ni le bûcher ni les flammes tout en elle vous rendait heureux / Elle était de ces femmes qu'on prie pour qu'elle vous remarque un peu / On plongerait dans ses flammes pour seulement effleurer ses yeux / Elle était de ces femmes dont un sourire vous rend heureux / Pour elle j'aurais maudit mon âme, pour elle j'aurais maudit le bon dieu / Elle était de ces femmes dont on aimerait laver les cheveux / Dont on aimerait embrasser l'âme c'est le plus grand de mes vœux / J'ai rien dit devant cette femme même pas "au fait est-ce qu'il pleut ?" / Et l'enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux / Elle était de ces femmes qui n'ont pas le regard bleu / Dont les yeux ont versé trop de larmes pour croire encore aux cieux / J'ai rien dit devant cette femme même pas "au fait est-ce qu'il pleut ?" / Et l'enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux

 

07 - Tonnerre
Extrait sonore


On vouvoie le paradis mais on tutoie l'enfer / On adore la pluie mais on lui préfère le tonnerre / Tout tout tout ce qui vous fait oublier la terre / On joue avec le feu on se roule dans la poussière / On boit du sang on dévore de la chair / On ne craint plus la foi on en connaît trop le calvaire / On ne croit plus en l'infini seulement en l'éphémère / On n'est jamais en paix mais toujours en guerre / On adore le désordre on n'est que des mammifères / Alors on court après vos sœurs et on emmerde vos frères / On ne fait pas d'économie on est toujours dans la surenchère / On ne connaît plus trop la loi on est bien trop en colère / Je ne sais pas si tu me crois nous sommes toujours en guerre / On est si inconscient que l'on se jette dans les rivières / Où nous amènera le courant on en a vraiment rien à faire / On connaît l'histoire par cœur elle a le goût de la poussière / On n'a même plus de maman on n'a même plus de père / On se demande même où sont passés tous nos frères / On vouvoie le paradis mais on tutoie l'enfer

 

08 - Le défroqué


J'ai déserté les champs de bataille / Les nuits que je connaissais trop bien / Je ne fais plus dans la canaille / Je suis plutôt devenu du matin / Et pendant que je baille / Je repense à tous mes Verdun / A mes Chemins des Dames / A mes Trafalgar de rien / J'ai perdu le goût des représailles / Que mes victimes en soient témoins / J'ai dû sans le savoir combler des failles / Des précipices des crevasses des ravins / J'ai même perdu le goût des funérailles / Et des larmes au petit matin / Quand il fait froid et que tout déraille / J'aimerais tant tenir ta main / Je n'ai plus le cerveau en pagaille / Mon cœur est devenu lui aussi plus serein / Je ne supporte plus la mitraille / Même quand je l'entends de loin / Faudrait pas que quelqu'un braille / Sinon je ne réponds plus de rien / J'ai de la place pour des médailles / Tu sais je ne veux que ton bien / J'ai déserté les champs de bataille

 

09 - Neige


Cette année la neige devrait tomber plus tôt / On la voit déjà au sommet des cimes / Cette nuit des frissons ont parcouru ta peau / Et dans mon corps tant d'adrénaline / Qu'on a pris peur de se lever trop tôt / Et de voir que plus rien n'est sublime / On n'a pourtant touché que nos peaux / Ce n'est d'habitude qu'une simple routine / Je crois que je suis l'homme qu'il te faut / Il ne faudrait pas qu'un jour je t'assassine / Laisse-moi encore toucher ta peau / Je ne veux pas que tu sois ma prochaine victime / On est monté cette nuit si haut / Qu'on a pu voir le fond de l'abîme / On est monté cette nuit si haut / Qu'on a pu voir le fond de l'abîme / Cela nous a paru soudain si beau / Cette année la neige devrait tomber plus tôt / Cette nuit il ne pleut pas il bruine / Je me suis levé pour tirer les rideaux / Pour ne plus redescendre au fond de la mine / Cette année la neige devrait tomber plus tôt / On la voit déjà au sommet des cimes / On est monté cette nuit si haut / Qu'on a pu voir le fond de l'abîme / On est monté cette nuit si haut / Qu'on a pu voir le fond de l'abîme / Cela nous a paru soudain si beau

 

10 - Consolation


Je préfère que tu me prennes pour un con / Que pour quelqu'un qui pourrait t'expliquer / Je ne connais pas la théorie de la fusion / Ni même celle des femmes mariées / Je n'en ai jamais touché le fond / J'ai pourtant essayé de creuser / Et je n'ai trouvé que des désillusions / Des rêves depuis longtemps avortés / Où s'en va la mer à marée basse ? / Où s'en va le désir quand il trépasse ? / Notre besoin de consolation / Est impossible à rassasier / C'est pour ça relève-toi donc / Ne reste donc pas agenouillée / Ne me dis pas que tu croyais qu'on / Avait pour nous l'éternité / Cinq ans six jours c'est déjà si long / La moyenne est largement dépassée / Où s'en va la mer à marée basse ? / Où s'en va le désir quand il trépasse ? / Notre besoin de consolation / Est impossible à rassasier / Et le désir une illusion / Un instant que l'on voudrait faire durer / Après on lui enfile un nœud papillon / Et une jolie robe de mariée / Pour enfin se persuader qu'on / Est bel et bien arrivé / Où s'en va la mer à marée basse ? / Où s'en va le désir quand il trépasse ?

 

11 - Pardonne


Quand les coups de feu ont claqué rouge est devenu le plafond / Quand les sirènes ont hurlé toute la ville a fait un bond / Quand j'ai vu que ç'était perdu j'ai quand même avancé un pion / Quand on s'est enfin regardés nous n'étions plus si jeunes, si bons / Quand la neige a fondu tout est devenu marron / Quand la tempête s'est levée ce n'était plus le même horizon / Quand l'étang fut asséché il y avait une décharge au fond / Quand le soleil s'est couché les ombres ont soudain eu raison / Réveille-toi et ne vois-tu pas / Que la nuit est tombée et que je suis toujours là / Réveille-toi et ne vois-tu pas / Qu'on n'a plus vingt ans depuis longtemps déjà / Quand la brume s'est dissipée on a pu se voir pour de bon / Quand tes larmes ont coulé noir est devenu ton menton / Quand les arbres furent élagués on n'en vit plus que le tronc / Quand les blés furent coupés apparurent enfin les sillons / Réveille-toi et ne vois-tu pas / Que la nuit est tombée et que je suis toujours là / Réveille-toi et ne vois-tu pas / Qu'on n'a plus vingt ans depuis longtemps déjà / Quand la mer s'est retirée on a pu marcher sur le goémon / Quand ton ventre s'est mis à gonfler je t'ai demandé pardon

 

12 - Grandir


Tous les bons moments que tu rates / Tu verrais comme il a grandi / Il ne marche plus à quatre pattes / Tu verrais comme il me sourit / Tu ne crois donc pas que tu te déboîtes / T'as perdu le nord égaré le midi / Tu sais aujourd'hui ce qui me frappe / C'est que je te plains mon pauvre ami / T'as tellement peur que ça soit bien / T'as tellement peur que ça s'arrête / T'as tellement peur de croire au bien / T'as tellement peur de la défaite / Regarde un peu comme le temps se gâte / Quand je t'ai connu t'étais plein de vie / Et regarde-moi comme tu te détraques / Si tu voyais comme il a grandi / Toi, du moment que l'on se tache / C'est que l'on est encore en vie / Alors tu t'éloignes tu te détaches / Ton seul bonheur c'était ici / T'as tellement peur que ça soit bien / T'as tellement peur que ça s'arrête / Que tu te contentes de trois fois rien / T'es vraiment pas doué pour la fête

 

 


 

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