N° 7 - Novembre 2002
 
Blankass
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Crédit : Vincent Moya

 

33 minutes par Révolution

Leur premier album éponyme avait été légèrement "surproduit", ce qui les avait, à tort, fait passer pour un groupe à radios généralistes. "L'ère de rien" , leur deuxième effort, à venir en septembre, remet les pendules à l’heure.


Juillet 1998

Entretien avec Guillaume, chanteur, porte-parole et anarchiste convaincu du groupe. Alors que certains musiciens prennent les journées promo pour la pire des galères, les Blankass nous accueillent chez eux, au château de Gouers, lieu même où fut enregistré leur nouvel album. Pour ceux qui n'auraient pas encore saisi le sens de Blankass, l'explication ne tarde pas à venir : blanc-cassis pour tout le monde. Un côté jovial, amical, tout simplement humain, qui fait le trait principal du groupe. "Notre album est basé sur la communication, on a utilisé des peintures rupestres pour la pochette et le livret. A cette époque la, tout était plus simple. Aujourd'hui, on n'ose même plus se toucher et, à force de ne pas connaître les gens, on finit par en avoir peur, on en arrive à des rejets comme le fait le FN.' Si la communication n'est plus ce qu'elle était par les méfaits de la vie urbaine, elle n'a pas pour autant disparu, seuls les moyens changent. Le thème de "l'ère de rien" attaque d'ailleurs ce problème : le manque de communication, ou tout au moins sa prétendue modernisation ("si on oubliait soudain le cyber et le crétin"). "On n'a rien contre internet, mais il ne faut pas en faire une religion. La communication est universelle, elle peut se faire par tous les moyens, par internet ou sur un comptoir. Mais elle sera toujours plus forte si elle se fait "en vrai" plutôt que par l'intermédiaire d'un écran, la révolution ne se fait ni dans un pieu ni sur internet". Révolution et anarchie sont les choses que Guillaume connaît plutôt bien, adolescent avec une vingtaine de "camarades" il avait reformé les fameux 'Chevaliers de la désoeuvrance", mouvement anarcho-fun dont les traces remontent ) plus de deux siècles (un chapitre de "la Rabouilleuse" de Balzac leur est consacré). Graphitant, murant des portes ou reconstituant un cimetière militaire dans un parc. "On est dans la maison de Proudhon, le père de l'anarchie. Il a écrit des choses qui sont encore vrai aujourd'hui. Du genre, l'état ne fait qu'entretenir les choses, les pauvres vont rester pauvres et les riches vont rester riches. C'est éternel… On n'a pas la prétention d'être un groupe politique, on aimerait bien changer les choses sans pour autant délivrer de messages sur chaque chanson. Il y a des matins où tu as envie de prendre une batte de base-ball et de casser quelque chose, je ne veux jamais perdre ce truc." A peine lui parle-t-on d'anarchie que le bonhomme se lève pour entonner "l'internationale", et quand est venue l'heure d'aborder la résistance, il nous parle des Chiapas rencontrés en Suisse : "leur révolution est plus philosophique, ils ne demandent pas de fusils, ils disent simplement que si tout le monde luttait ) son niveau pour la liberté, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. Mais, en France, il y a une perte d'énergie phénoménale. J'ai appelé l'organisation pour leur dire qu'on voulait participer au concert du Zénith, et ils nous ont répondu qu'ils n'étaient pas intéressés. Maintenant, on a contacté les associations pour qu'elles viennent à nos concerts, pour que les dons se fassent directement…" Et Guillaume de conclure : "Francis Blanche et Pierre Dac avaient une phrase superbe : 'je suis pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour", c'est une bonne définition de Blankass"

Maxime Labes
 
Hors série Rock Sound
 

Blankass a la pêche


Septembre 1995

Concert berrichon réussi à 100% pour les Blankass emmenées avec énergie par les frères Ledoux, Issoldunois pur jus. Samedi soir après une entrée en matière plutôt délirante de Tony Truand, le groupe local a fait bondir d'enthousiasme une salle de théâtre archi-bondée. A l'invitation du centre culturel, les places étaient gratuites et les amateurs de belle et bonne musique de tout le Berry ne ses sont pas fait prier. Ils ont pu découvrir des nouveaux titres de Blankass qui viennent de sortir chez nous un album en avant-première nationale sous le titre "la couleur des blés". Une image puisée au paysage du Berry.
Avec les Blankass, on a largué les amarres au son bourré de punch des guitares, et du violon, de la flûte et de l'accordéon, le tout soutenu par une batterie plus que convaincante. Un mélange de rock, de folk, de chansons de marins qui donnent envie de danser, et en français s'il vous plaît ! Sur le devant de la scène certains d'ailleurs ne se sont pas fait prier. Les Blankass : un généreux coup de soleil dans la morosité !
 
La nouvelle république
 

"Blankass: les bistrots avant les studios..."


19 Septembre 1993

Avant l'enregistrement de leur premier album, produit par Warner, les Blankass vont "transformer les p'tits bistrots du Berry en grande salles de concerts". Tournée champêtre et zinc n'roll…

Ni le Bataclan, ni l'Elysée-Montmartre, tout simplement ces p'tits bistrots du Berry qui sentent bon la France profonde. Blankass a en effet décidé de s'offrir, du 30 septembre au 23 octobre, une bonne tournée des bistrots du Berry (lire encadré).

"Notre pari c'est de faire des concerts où il n'y en a pas d'habitude. Amener les gens des villes à la campagne", rigole Guillaume Ledoux, l'accordéoniste-chanteur. Une tournée qui ressemblera bigrement au "trip" champêtre et à la gouaille "rurale" de nos loustics. "On a vraiment envie de faire la fête dans ces troquets", crient d'ailleurs les beaux impatients. Toute une mécanique de promotion s'est mise en branle : affiches spéciales dans tout le Berry, tee-shirt à l'effigie de la tournée…

Les Blankass sauront donner à ces "p'tits" bistrots l'intimité volubile qui chamboule l'esprit. Et puis ces troubadours de l'acoustique ont le don de l'émotion - trampoline. Entre mélancolie et Bourvil, entre Louisiane et ballade Irlandaise, entre Piaf et musette, ces diables de Blankass vont nous jouer la fusion des humeurs rock et franchouillardes. Loin de la ville et de "licence IV", le terroir va bien trinquer. Petite sono mais méga-délires, les libations vont être musicales et si joyeusement "rurales".

ALBUM AU PRINTEMPS

Après cette tournée des zincs, les Blankass enregistreront, en décembre, leur premier album. Un album très attendu qui comptera une douzaine de titres et produit Warner Chapell.
Les Issoldunois en auront la primeur, puisque dès sa sortie, au printemps prochain, les Blankass promettent un grand concert à Issoudun. Une ville qui les entoure d'affection. Ainsi une cassette "Master Blankass" circule dans les studios audiovisuels de l'AFPA ; mieux les étudiants de l'IUT viennent de créer un fan-club Blankass, une association baptisée 'jour de paye" et présidée par Carmen Barclais, un nom qui claque comme un disque. L'association assure en tout cas des déplacements en bus au moindre mouvement des Blankass. La tournée des bistrots en autocar, ça vous dit? Tchin…!

L.F
 
La nouvelle république
 

 


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