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Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt (04/2003)
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BAS LES WATTS ! CABARET DESINVOLT
Depuis trois ans, l’association Tempo installe tous les mois son cabaret au Théâtre Rutebeuf de Clichy. Dans la petite salle du théâtre, elle invite des artistes à relever un défi : faire un concert sans aucune amplification. Un vendredi par mois, les concerts de Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt se déroulent dans une ambiance bon enfant. L’entrée est à 6,5 €, la programmation proposée par Tempo et la formule totalement acoustique ont fait le succès de Bas les Watts ! Franck Monnet, Sanseverino ou encore la Grande Sophie ont participé à l’aventure, et on meurt d’impatience de connaître quels seront les prochains. Jeudi 20 mars 2003, nous rencontrions Thierry Grolleau, coordinateur et directeur artistique de Tempo dans les murs du Théâtre Rutebeuf. |
L’art-scène : Pourrais-tu nous présenter Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt ?
Thierry Grolleau : La particularité de Bas les Watts ! est de faire venir des artistes issus des musiques actuelles – rock, funk, blues, pop etc. – et de leur demander de jouer leur répertoire habituel sans utiliser aucune forme d’amplification. Ni micro, ni guitare électrique, ni synthé etc. C’est une proposition qui est pratiquement inédite. Les artistes que nous contactons sont toujours surpris parce que c’est une pratique qui, même en répétition, n’a plus cours. C’est donc à chaque fois une soirée exceptionnelle pour un artiste et son public, parce que c’est une version complètement inédite de leurs chansons.
Cabaret desinVolt, c’est aussi un grand souci de convivialité, et justement, le souci de restituer une ambiance de Cabaret. Cela passe par l’absence d’amplification parce que cette contrainte crée entre le public et les musiciens une grande complicité et une grande écoute. Mais la convivialité du Cabaret est aussi dans l’accueil. Nous transformons la salle de façon à ce qu’on puisse boire un verre, s’asseoir etc. On met des cousins par terre, on peut s’allonger, être tout près de la scène...
Pour résumer, Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt est donc un endroit de convivialité, de proximité, et un endroit où on écoute des artistes talentueux, méconnus, pas ou peu médiatisés mais qui ont tous accepté de relever un défi qui est d’interpréter leur répertoire sans ampli, sans micro.
L’art-scène : Y a-t-il des limites à la performance acoustique ?
T.G. : Il est difficile de proposer à un DJ de venir jouer son répertoire en acoustique. Mais pour moi, il n’y a pas de limite pour peu que les artistes acceptent de relever le défi. Une bonne chanson peut sonner avec un orchestre symphonique, ou avec un groupe de rock, un groupe de jazz, tout seul à la guitare. L’appréhension principale est pour le chanteur ou la chanteuse qui doit chanter sans micro… |
L’art-scène : Les artistes que vous invitez sont issus de la scène du cabaret ?
T.G. : Certains d’entre eux ont écumé les bars mais la version totalement acoustique reste pour tous inhabituelle. Jouer sans sono, je dirais que c’est le lot de peut être tous les artistes qui n’ont pas percé tout de suite. La Grande Sophie, que nous avons invitée, elle jouait seule à la guitare sur les plages de Marseille. Sanseverino a beaucoup tourné dans les bars. En tous cas, pour ce qui est de la sélection, les artistes que nous faisons venir sont ceux dont on apprécie avant tout le travail au-delà du style et au-delà du parcours.
La formule acoustique est une angoisse pour tous les artistes. Plus la date approche, plus nous sommes obligés de les rassurer. Ils nous demandent : « on ne peut vraiment pas brancher un petit micro ? Juste un petit ampli. » Mais une fois le concert passé, tous sortent de l’expérience en disant : « c’était super, on a vécu quelque chose de différent avec le public, mais aussi entre musiciens. » C’était particulièrement vrai en février avec Santelli qui fait du rock. Ses musiciens habituels ont joué en acoustique, accompagnés d' un violon et d'un violoncelle. Bas les Watts ! lui a permis de se rendre compte que ses chansons existaient hors du cadre rock qu’il avait donné jusqu’à présent à son répertoire. |
L’art-scène : Bas les Watts ! a fait naître des envies de rejouer en acoustique chez certains artistes ?
T.G. : Certains d’entre eux ont manifesté l’envie de renouveler l’expérience. Pour l’anecdote, lors du passage de Franck Monnet au cabaret, son guitariste était absent. Franck Monnet et sa violoncelliste Sarah ont adoré jouer sans sono et ont rendu le guitariste jaloux de ne pas avoir pu participer. Aussi l’occasion s’est présentée pour le guitariste et Franck Monnet de jouer tous les deux en acoustique. Et comme cette fois-ci la violoncelliste était absente, ils ont attendu une troisième opportunité pour jouer une date complètement acoustique cette fois-ci à trois.
L’art-scène : Vous avez 8 dates, un spectacle par mois d’octobre à mai, comment sélectionnez-vous les artistes ?
T.G. : Nous sommes 4 à nous réunir pour décider de la programmation. On reçoit beaucoup d’albums. Cependant, comme nous organisons du spectacle, on privilégie la découverte des artistes en concert. Effectivement le choix est difficile parce qu’on a finalement très peu de dates à programmer et qu’il y a beaucoup d’artistes. De plus, nous essayons d’éviter les redites sur une même saison. Si beaucoup de groupes sur le même registre nous plaisent, on n’en choisit malheureusement qu’un. De manière générale, on a une préférence pour la chanson française au sens large. Du blues, du funk peu importe, pour moi c’est de la chanson française si les textes sont en français. Cependant, il nous arrive aussi de programmer des groupes de World Music, brésiliens, irlandais etc. |
L’art-scène : Le Cabaret DesinVolt est-il la seule activité de Tempo ?
T.G. : Depuis trois ans, grâce à une équipe motivée de bénévoles, Tempo anime le Cabaret mais aussi le bar du théâtre quels que soient les spectacles qui sont joués au théâtre Rutebeuf. L’association a pour optique de travailler sur des lieux de culture où la convivialité existe. Actuellement, la ville de Clichy fait appel à nous pour l’organisation d’autres spectacles comme des bals, des concerts etc.
Au-delà de ces programmations ponctuelles, notre association a deux gros projets. Le premier est de reconduire pour la fête de la musique 2003 l’expérience de la Batucada, musiques brésiliennes qui, avec quelques rudiments peuvent être facilement accessibles au plus grand nombre - Même un novice peut immédiatement rejoindre un défilé. Il s’agit de redonner son sens originel à la fête de la musique : proposer aux gens de faire de la musique plutôt que d’être simple consommateur. L’année dernière, 300 personnes ont assisté aux ateliers de préparation - notamment en milieu scolaire . Le jour de la fête, beaucoup de personnes ont rejoint le cortège dans le boulevard Jean Jaurès. Cette année nous avons ré-organisé les ateliers, notamment en partenariat avec une association d’alphabétisation à qui cela permet d’avoir des rapports différents avec ses stagiaires tout en conservant un travail sur la parole – Un formateur est présent et donne des indications. Le second projet a un nom provisoire « Une Rentrée en Fanfare » : L’objectif est d’organiser tous les ans une semaine autour de la fanfare pour lancer la saison culturelle à Clichy. Une fanfare serait invitée durant une semaine et interviendrait aussi en milieu scolaire. A la fin de la semaine, tous les participants se retrouveraient pour jouer ensemble. C’est un projet en gestation mais ça devrait avoir lieu dès l’automne prochain. |
L’art-scène : Pourquoi l’association Tempo œuvre exclusivement sur Clichy ?
T.G. : Tempo a été créée il y a cinq ans à Clichy par des passionnés de musique qui voulaient monter un lieu de spectacle. L’expérience leur a montré qu’ouvrir un lieu de spectacle est très long et pas si simple. Ils ont commencé en organisant des concerts dans les bars de Clichy et ont fini par travailler avec le Théâtre puis la ville de Clichy sur quelques projets, dont Bas les Watts ! Grâce à Bas les Watts ! Tempo est devenue un interlocuteur régulier en terme de programmation pour la ville de Clichy.
L’art-scène : Comment l’association Tempo fonctionne-t-elle ?
T.G. : Je dirais que Tempo est une association qui fonctionne grâce à des motivations et des enthousiasmes de bénévoles et grâce à des compétences professionnelles. Concrètement, l’association est constituée d’une quinzaine de bénévoles qui accueillent le public et tiennent le bar du théâtre une trentaine de dates par an. Tempo c’est aussi quatre personnes qui font parti du comité de pilotage de l’association ; Ils décident des projets que nous menons, de la direction artistique qu’on souhaite suivre et de la programmation du Cabaret. Mais c’est aussi des artistes salariés par l’association, embauchés ponctuellement pour une date. Et enfin, il y a une personne qui est salariée à plein temps par l’association et s’occupe de tout organiser. C’est-à -dire moi.
L’art-scène : Tu as une formation d’acteur à l’origine. Qu’est-ce qui t’a poussé à agir dans le milieu de la musique ?
T.G. : J’ai toujours été attiré vers le monde du spectacle et il y a longtemps que la musique est une passion pour moi. Le jour où j’ai décidé que j’en avais assez de mon expérience de comédien professionnel, j’ai fait une formation de gestion d’entreprise culturelle à l’AGECIF. Je ne connaissais rien en manière de gestion de projet et ça m’a vraiment ouvert plein horizons. |
L’art-scène : C’est une exigence que vous avez dès le début de rémunérer les artistes ?
T.G. : Oui, dès le départ notre exigence a été de payer les artistes mais aussi de les déclarer. Cela signifie qu’on s’adresse strictement à des artistes professionnels. Et dans la mesure où en engage des professionnels, on a cherché à obtenir les moyens pour les payer. Ça passe forcément par des subventions. Notre politique tarifaire est très basse et les recettes des spectacles ne nous permettraient pas ne serait-ce que de donner un cachet convenable aux artistes, et ne couvriraient pas nos frais. Il y a trois ans on avait mis l’entrée à 40 francs comme une place de cinéma. Je n’étais pas allé au cinéma depuis longtemps, leurs prix ont augmenté, nous nous s’avons pas changé de tarif. On est actuellement à 6,5 €, on peut difficilement faire moins pour aller voir un spectacle.
L’art-scène : Votre politique de prix parvient à encourager les clichois à sortir dans leur ville ?
T.G. : C’est ce qu’on recherche, inciter les gens à faire preuve de curiosité. Notre association est locale et a pour objectif de promouvoir les sorties de proximité. Ça c’est une vraie fierté. Aujourd’hui, après trois ans et grâce à la persévérance de Christian Rizat, le directeur du Rutebeuf, on est passés de 30 personnes à pratiquement une centaine. La moitié du public est un public de fidèles, des gens de Clichy qui nous font confiance. Mais notre cible n’est pas exclusivement clichoise, tout le monde est bienvenu à venir voir les artistes que nous programmons.
L’art-scène : A l’avenir, vous compter augmenter la fréquence des concerts du Cabaret DésinVolt ?
T.G. : C’est question un peu épineuse. Est-ce qu’il faut faire plus de date actuellement alors qu’on fait salle comble et que le public s’est habitué à ce que nous organisions un concert par mois ? C’est un peu prématuré. Faire sortir les gens une fois par mois a été une gageure. Ça n’est pas une critique, parce que même pour nous qui sommes habitués à sortir, on a du mal à faire preuve de curiosité lorsqu’il s’agit d’artistes qu’on ne connaît pas. Il n’est pas encore temps pour nous de faire un concert tous les quinze jours. Peut-être qu’on peut proposer aux gens autre chose que Bas les Watts !
Propos recueillis par Flavie Girbal |
Prochains rendez-vous de Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt :
- Luna Misterio (hispano pop) : vendredi 25 avril 2003 Ă 21 heures.
- Life is not a Picnic (Big band cosmopolite) : vendredi 16 mai 2003 Ă 21 heures
Les concerts sont à 21 heures au Théâtre Rutebeuf
16/18, allées Gambetta
92 110 Clichy-la-Garenne
M° Mairie de Clichy
Réservations : 01 55 90 52 39
Tarif unique : 6,5 €
TEMPO
43, rue du Landy
92 110 Clichy-la-Garenne
Tél. : 01 39 18 02 69
Mobile : 06 63 55 82 79
Mail :
Pour recevoir la programmation de Bas les Watts ! Cabaret DésinVolt, adressez leur un mail. La saison redémarre le 17 octobre 2003. |
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