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L'autre son de cloche dont je parlais est le suivant :
"Nous avons la parole, prenons-la.
Tous les feux de l'actualité sont tournés vers nous en ce moment. Il aura fallu du temps certes, et c'est un peu tard, mais l'opportunité qui se présente actuellement est unique.
Rater cette occasion serait impardonnable.
Alors, plutôt que d'annuler les événements les uns après les autres et s'empêcher ainsi la rencontre avec le public, rendez-vous sur tous les lieux de spectacles, sur tous les festivals pour des actions fortes, pour des prises de parole engagées... au devant des centaines de milliers de spectateurs partout en France, au devant des micros et des caméras de télé...
Que cela soit une parole militante, dénonciatrice, politique dans le bon sens du terme.
Les gens qui réfléchissent ont la RESPONSABILITE et le DEVOIR d'ouvrir leur gueule ! Bien plus que des amuseurs publics ou des marchands de rêve, le rôle de l'artiste doit être d'aider à développer une conscience collective, et maintenant plus que jamais.
Maintenant parce qu'il y a urgence. Et maintenant parce qu'il faut profiter de cette tribune que nous offrent les médias (avant que cela ne s'essouffle avec le temps, comme tout le
reste)."
C'est un peu vrai aussi, c'est peut-être un peu optimiste, parce qu'avoir la parole est une chose, être entendu en est une autre, ça fait un moment qu'on essaie de dire tout ça. Cela dit, pas avec autant de visibilité qu'aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, j'ai du mal à envisager de ne pas jouer du tout, que ce soit pour ce que j'ai à dire (ma meilleure arme est quand même mes chansons), pour le public, ou pour ma survie immédiate et future. Par contre, se relayer quand on ne joue pas, par exemple sur une occupation de lieu symbolique, ou annuler une (des) journée entière pour tout bloquer (pourquoi pas le 14 Juillet, y'a des officiels et des défilés et des télés partout), ça me semble non seulement faisable, mais en plus organisable grâce à la coordination que peut peut-être assurer l'asso "public off".
Depuis l'AG, on semble s'orienter vers certaines représentations gratuites (première en particulier), rendez-vous symbolique quotidien (ville bouchée à heure fixe par les artistes couchés dans la rue), et du plus "musclé" encore pas décidé, toutes les troupes ne sont pas sur place.
Quant au laïus avant ou après chaque spectacle, que nous faisons partout depuis un moment, ça me paraît peu réalisable à Avignon justement, devant des gens qui voient plusieurs spectacles par jour pendant plusieurs jours (sauf volonté de débat du public, on peut proposer un temps pour ça).
Si une réelle organisation militante se fait, on peut par contre les en informer et les tenir au courant de où et comment ils peuvent être utiles (ce qui est souvent leur demande d'ailleurs, ils se sentent solidaires MAIS démunis).
Voilà, je crois avoir fait le tour de ce qui me semblait important à débattre, et pour ma part j'aurai un peu la même démarche que Foulquier aux Francofolies : Il ne prend pas la responsabilité d'annuler son festival (car 65% de fonds propres donc si annulation, dépôt de bilan des franco), mais acceptera s'il doit être annulé, en donnant la parole aux délégations, et n'ira pas pleurnicher à la télé. Idem pour moi selon la décision collective qui sera prise.