Numéro 4 - Août 2002
 
Sarclo
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Crédit: F. Vernhet pour Chorus

 

SARCLO REMET SA TOURNEE
Sur les routes depuis novembre, Sarclo se promène seul avec ses guitares et ses chansons mais emmène parfois de vieux complices - comme Denis Margadant - avec lui.

04 Avril 2002 Fully (La Belle Usine)
05 Avril 2002 Bienne (Théâtre de Poche)
06 Avril 2002 Riddes (La Vidondée)
11 au 13 Avril 2002 Sion (Petithéâtre)
20 Avril 2002 Fribourg (La Spirale)
24 au 26 Avril 2002 Yverdon (L'Echandole)
27 Avril 2002 Moutier (Café de l'Ours)
28 Avril 2002 Genève (Chapelle de Collex)
18 Mai 2002 Treyvaux (Festival)
21 Mai au 08 Juin 2002 Genève (La Gavotte)
19 Juin 2002 Echandens (Caveau)
05 au 28 Juillet 2002 Avignon (La Tache d'Encre)
13 Juillet 2002 Saint Victor sur Loire (42) (Festival - concert à 13 h 00)

« JE NE SUIS LA QU’EN RESIDENCE »
Antidote à l'ennui, entre provocation et tendresse, Sarclo raconte sa vie, ses joies, ses peines, ses colères. On est séduit.
Sarclo n’est pas un chanteur français de qualité. Il est suisse. Mais pas trop. De retour au Sentier des Halles – mais cette fois pour 5 semaines – il balance un spectacle solo impeccable. L’amour est un commerce mais la décharge est municipale.
Une heure trente d’inventaire à la Prévert où le chanteur passe ses états d’âme à la moulinette.
Il est heureux Sarclo avec ses 4 guitares et ça se voit. A sa façon, comme il nous y habitue depuis plusieurs années, il fait passer le public par toutes les couleurs, ne lui laissant jamais le temps d’apprivoiser un sentiment durable. La tristesse succède au rire, les coups de gueule aux coups de blues, la plume au plomb et le tout entrecoupé de ses « baratins » tantôt grinçants, tantôt délirants.
Car, pour parler, il parle. De l’amour surtout. De l’amour mais avec ses mots à lui, ces mots qui font que la grossièreté dans la bouche de Sarclo devient un art subtil. Pas des mots niais sortis d’une rengaine mièvre d’Yves Duteil. De l’amour de l’amour et de l’amour de ses filles qui le rendent heureux quand elles « dispersent son pognon », de Gaston sa fiancée qu’ « il ne faudrait pas prendre pour une conne / pour une paire d’épaule de cochonne » et puis lorsqu’il nous a fait suffisamment rire, il évoque la disparition d’un être cher et livre une « petite chanson d’automne » qui jette un humide brouillard dans tous les regards. Une « juste belle » comme il dit avec cette pudeur, ce charme malhabile. Puis, comme pour s’excuser d’être un vrai tendre, il s’en retourne pourfendre la bonne vieille bêtise tenace, comme celle des militaires par exemple. Il égratigne, griffe, se moque, s’engage mais avec un regard éclairé. Avec cette signature d’artisan en quête permanente du grain des choses.
Provocateur, Sarclo l’est manifestement. Il suffit de le voir taquiner son public encore à peine chaud, encore timide en demandant si « l’austérité qui règne ce soir est due à la présence de protestants dans la salle ». Une manière d’autodérision en somme. Une façon hors du commun de briser la frontière entre acteur et spectateurs. Une mise à l’épreuve qui aboutit à un climat de confiance entre les deux parties.
Sarclo impose alors sa cadence chamarrée sur un velours, dispensant sans compter de pleines poignées de poésie et de bons gros mots choisis à ranger précieusement au fond de vos poches. Par les temps qui courent, ça peut toujours servir.

 


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