| |
 |
Parabellum
|
|
|

Géant Vert Inc.
|
|
Parabellum [11 Septembre 2002]
|
|
Ils étaient tous là (excepté Olive qui avait un mot d'excuse) pour faire le point sur Bunker, le groupe, et la société.
|
|
L'art-Scène : |
L’équipe semble avoir été modifiée. Est-ce que la partie « Historique » peut présenter les petits nouveaux ? |
|
Parabellum : |
Oh ben ouais ! Y’a Olive qui est arrivé en au printemps 1998. Roland est descendu du bus, et c’est avec grand bonheur qu’on accueille Olive, le super super bassiste. On en attendait pas autant. C’est un super gars, belle personne. Pour la petite anecdote, on avait deux concerts à faire et on a tous pensé à Joe, l’ancien bassiste de la Mano, qui joue maintenant avec les Wampas, mais qui est aussi avec le Royal Deluxe. Joe nous a dit « C’est avec un grand bonheur que je viens, mais je ne peux faire que les deux prochains concerts. Mais je connais un bonhomme qui va faire l’histoire pour Parabellum ». Donc je ne te parle pas des deux super concerts qu’on a fait avec Joe à la Cave à Musique à Macon et le Transbordeur à Lyon. Donc Joe nous dit qu’il connaît le mec qu’il nous faut. Et donc on l’a essayé et c’était vendu…enfin c’est pas avec le fric qu’on se fait qu’on peut dire ça mais…(rires).
Sinon il y a eu le départ de Patrick qui a été remplacé par Zed. Excellente personne, excellent batteur, une énergie formidable. Vraiment un très bon camarade…mais qui malheureusement est parti…il est mort. Et Schultz a dit « Je connais le meilleur batteur du monde » et voilà c’est Xavier.
|
|
L'art-Scène : |
Est-ce que cela a été difficile de retrouver une cohésion avec les nouveaux arrivants ? |
|
Parabellum : |
Il y a du travail, on a beaucoup travaillé. Au niveau humain, ça va assez vite. Le petit avantage c’est qu’on a rencontré pas mal de gens, et après tu les essayes et tu sais tout de suite si celui-là tu vas le mettre dans le camion ou pas.
Mais au niveau humain, ça capte, c’est bien parti, tout de suite ça a fonctionné.
|
|
L'art-Scène : |
Avez-vous fait le point avant de partir à l’assaut de ce nouvel opus ? Cela s’est-il fait dans la continuité, ou la manière de procéder a-t-elle été chambouler (notamment avec le départ de Géant Vert) ? |
|
Parabellum : |
C’est différent ce que l’on peut dire Schultz ou moi (ndlr : Sven), que ce peut te dire Xavier. C’est à dire que Schultz et moi donc, on a commencé un album avec Patrick, on en était à maquetter 6 ou 8 morceaux. Après il y a Zed qui est arrivé, on s’est remis à travailler avec du matériel complètement neuf. Et ensuite Xavier est arrivé. Donc c’est vraiment à partir du moment ou Xavier est arrivé que ce que tu écoutes là (ndlr : Bunker) a été fait. Il n’y a pas de morceaux de Patrick, de morceaux de Zed. Donc grosso modo, c’est un boulot d’un an, un an et demi. C’est la première fois qu’on maquette un disque avant de l’enregistrer.
|
|
L'art-Scène : |
Comment s’est passé la composition ? Quelle est votre recette ? |
|
Parabellum : |
Sur ce disque là , ce sont les quatre ensembles. Ca n’a pas toujours été le cas mais sur ce disque là , c’est ça.
|
|
L'art-Scène : |
Pourquoi Géant Vert a-t-il décidé de ne plus faire partie de l’aventure Parabellienne ? |
|
Parabellum : |
Géant Vert est parti avant l’enregistrement de cet album. Mais Géant Vert c’est qu’il fait pleins de truc. Il filme sur les Pistols, il écrit chez Rock’n folk, il écrit des bouquins et il y avait un maximum de taf pour lui et un album ce n’est pas quelque chose de…c’est soit un boulet, soit un pied d’estale. J’exagère un petit peu mais ce n’est pas loin de ça. Et donc il y a eu un moment où ça n’allait plus à ce niveau là et donc voilà , on a repris chacun nos libertés.
Donc c’est le groupe qui a fait les paroles. C’est une première pour Parabellum. C’est Xavier qui a produit l’album, qui l’a arrangé, il a énormément bossé sur l’album.
|
|
L'art-Scène : |
Le son de Bunker est vraiment différent de celui entendu sur les albums précédents (même sur Bordel Inside). Cela vient-il du producteur ou d’une envie de vous renouveler tout en misant sur une certaine continuité (riff, breaks, …) ? |
|
Parabellum : |
C’est à tout les niveaux. Déjà quand on a commencé à composer les nouveaux morceaux, on s’est dit que ce serait bien si Parabellum prenait un virage un petit peu plus « moderne ». On s’est rapproché d’un son avec un petit coté métal à l’intérieur du punk-rock, tout en gardant la griffe Parabellum. Mais c’est ça, c’est ce que t’as dis tout à l’heure, c’est exactement ça. (ndlr : du gros son) On a travaillé dans cette optique là , les compos étaient formatées dans l’optique de gagner en puissance. Après c’est la puissance et l’énergie qui est sont importantes. Après s’il faut choper le tampon plus métal ou je ne sais pas…bof…Parabellum ça reste un groupe de rock et parfois il y a du ‘n roll dedans !
|
|
L'art-Scène : |
L’arrivée de boucles d’électroniques est aussi une chose nouvelle. Ca vous a paru naturel de vous en servir ? |
|
Parabellum : |
Ca fait parti du virage, du challenge. Tant qu’à se fendre la gueule, autant aller jusqu’au bout. On avait tous envie de ça par rapport à ce qu’on écoute et ce que l’on a envie d’écouter de nous. C’est comme s’il y a trente ans, on avait utilisé de la wha wha et de la fuzz…C’est une autre wha wha, une autre fuzz…On n’est pas passeiste, dans le sens, il faut que ce soit carré comme ça avec telle borne, surtout ne pas dépasser la ligne du parti…(rires)
|
|
L'art-Scène : |
Pouvez-vous nous parler des rencontres avec Saï Saï et Svinkels ? |
|
Parabellum : |
C’est le hasard de la vie. Ce n’est pas la première fois qu’on a envie de collaborer, mais c’est la première fois que ça se concrétise. Donc ça c’est une bonne chose de ce disque, c’est qu’il y avait pas mal de choses qu’on voulait faire à d’autres moments et qu’on a réussi à faire sur ce disque. On a peut être pas réussi à avoir toutes les collaborations qu’on aurait voulu, fautes de moyens en fait. J’aurais bien aimé faire un truc avec les guitaristes d’OTH parce que ce sont des gens qu’on aime, mais bon ça, ça n’a pas pu se faire. J’espère que ça se fera un jour, parce que bon, il y en a pas tant des gratteux de notre génération…
Saï Saï ils sont venus nous voir en répet’, et ils nous ont dit « ce morceau nous intéresse, la dessus on peut faire quelque chose ».
Pour Svinkels, on a directement fait la proposition d’Anarchie en Chiraquie, si ça leur disait de faire une version 2002. Car nous on ne se voyait pas refaire un Anarchie en Chiraquie 2002…ça aurait pu nous percuter, mais ça nous a pas fait monter au plafond. L’histoire c’est que Flor del Fango partageait l’affiche avec les Svinkels. Et en regardant leur concert, Napo et Daniel me disent « ça c’est des mecs, voilà ! Ce sont des mecs, il faut qu’ils rencontrent Parabellum ! » Et on a sympatisé et quelques temps plus tard, Olive rencontre une copine des Svinkels…en gros voilà , c’est comme ça que c’est fait la vraie jonction.
Et il y a un aspect, c’est qu’au delà des styles musicaux, il y a des gens qui se rencontrent, et c’est vraiment ce qu’il y a de plus important la dedans. Il y en a qui font du ragga, d’autres du hip-hop et on se rencontre sur un projet commun et ça, ça n’a pas de valeur. Et maintenant ou tout est catalogué, chacun est dans sa case, avoir des projets comme ça en commun c’est inestimable. Et l’on rêve d’une scène commune. On ne sait pas encore comment ça va se concrétiser, mais on rêve de faire au moins une date parisienne avec les trois groupes.
|
|
L'art-Scène : |
Est-ce FGL qui a produit et distribue l’album ? |
|
Parabellum : |
C’est Wagram qui distribue, mais ils sont en contrat.
|
|
L'art-Scène : |
Vous êtes toujours chez FGL. Est-ce un choix et une priorité que de faire confiance à un label indépendant ? |
|
Parabellum : |
Il y a les deux. Déjà il y a un contrat de disque ou tu signes pour plusieurs disques. Et c’est aussi parce que FGL c’est une petite structure, et que ça a les avantages d’une petite structure. T’es pas dans la 52ème page des sorties de chez Universal. Et ils ont été aussi d’une relative bonne patience avec nous. On a quand même mis un an et demi à pondre ce disque. On n’a pas été mis le couteau sous la gorge, dans 6 mois il faut un album. Ils ont attendu que l’album soit là . Et ça c’est extrêmement respectable.
|
|
L'art-Scène : |
Que vous a inspiré la mort de Boucherie et le rachat du catalogue Pigalle et GB par Universal ? |
|
Parabellum : |
Je peux me gourer, mais pour nous, tout ce mouvement là s’est barré en couille à partir du moment ou des groupes comme Parabellum, OTH, Bérurier Noir ont splittés fin 80 début 90. C’est là que c’est arrêter c’est histoire là , enfin pour nous en tout cas. Après Boucherie, il a peut être réussi à durer plus longtemps.
C’est plus la fin d’une époque qu’autre chose, malheureusement. Mais bon en malant Boucherie a quand même réussi à faire sortir des groupes. Voilà c’est le boulot d’une maison de disque. Et puis au niveau de la liberté artistique, il n’y a pas beaucoup de maison de disque qui pourra se targuer d’en avoir fait autant.
|
|
L'art-Scène : |
Etes-vous nostalgiques de toute cette époque ? |
|
Parabellum : |
Je dirais plutôt qu’on a de bons souvenirs. Nostalgique ça a un côté négatif. Ce n’est pas nostalgique car je pense que personne ici ne regarde vers le passé, mais on l’a vécu quand même…Tu peux te rendre compte quand même qu’il y a dix ans tu avais une bonne guitare et que maintenant tu en as une moins bonne, c’est pas de la nostalgie. Tu te rends compte que le business a pris le pas sur l’artistique. Le business a gagné. Donc le mot nostalgie ce n’est pas ça. Disons qu’il y a dix ans une barricade a été franchie et que maintenant il faut attendre la prochaine. En attendant on continue.
|
|
L'art-Scène : |
Qu’écoutez-vous actuellement ? |
|
Parabellum : |
Des trucs assez différents. C’est très éclectique. Classique, rock, variété, jazz, métal. Tout ce qui est fait avec passion.
|
|
L'art-Scène : |
Que vous inspire les groupes qui en étant dans une major, s’en prenne à son fonctionnement comme Noir Désir? |
|
Parabellum : |
C’est pas mal, car vu que tout ce que tu va faire maintenant ça va être au sein d’une grosse structure. Se battre à l’intérieur du système, c’est un peu ça, c’est vrai….Même NTM, ils gueulent alors qu’ils sont chez Sony Music et bon il n’y a pas tellement d’autres alternatives.
Et Noir Désir, vu le nombre d’albums qui vendent, ils ont un poids. Et ça doit foutre les boules des gens chez qui ils sont. Et ils critiquent pour que ça évolue, que ça change. Ils utilisent en plus leur thune en ouvrant par exemple d’énormes salles de répet’ sur Bordeaux. Et donc il garde leur intégrité, et s’ils peuvent faire évoluer de l’intérieur, ce n’est vraiment pas plus con.
|
|
L'art-Scène : |
Une réflexion sur la société actuelle française, avec un Lepen au second tour des élections présidentielles et une chiraquie pour 5 ans encore ? |
|
Parabellum : |
Je sais pas, c’est De Gaulle qui a dit « les français sont des veaux ». Il doit y avoir de ça quand même. Avant De Gaulle il y avait aussi Henri Barbusse qui était un coco qui disait « le français, il n’est pas méchant, mais il est bête, mais bête… ».
On a encore un peu la chance d’avoir un pays qui peut assez facilement descendre dans la rue.
Regarde aujourd’hui, 11septembre. On parle dans le monde entier de l’hommage aux victimes des attentats de l’année dernière. J’ai lu dans le journal que depuis le 11 septembre il y a eu autant de morts dans la population afghane. Depuis la fin de la guerre du Golf il y aurait 1 500 000 gosses qui seraient morts en Irak que ce soit par la guerre ou les privations due à l’embargo américain. Il faut relativiser, mais on n’aime pas les américains, bien que la proportion de con soit la même. La majorité de la population ne vit pas en Occident.
|
|
L'art-Scène : |
Votre vision par rapport au statut d’intermittents du spectacle qui semble de plus en plus menacé? |
|
Parabellum : |
C’est surtout de rogner au maximum le pognon sur les services publiques. La caisse chômage en l’occurrence, c’est qu’on essaye de rogner au maximum le pognon sur le téléphone, la poste, bientôt la santé, la justice, c’est à dire tout ce qui n’est pas rentable à priori et qui est là pour faire fonctionner une société.
Et l’intermittence ça me permet de faire ce que je fais aujourd’hui. Je le ferai de toute façon et je l’ai fait sans et je le ferai de tout façon, mais ça permet à un musicien de vivre, de répéter…C’est un pays qui jusqu’aujourd’hui défendait ses artistes.
|
|
L'art-Scène : |
Les projets? |
|
Parabellum : |
Tourner !!!!!!!! On va déchirer la route !!
|
|
MOT
DE LA FIN
|
|
L’A-S : Les Sales Majestés
Parabellum : C’est bien qu’ils soient lÃ
L’A-S : Bérurier Noir
Parabellum : Une histoire d’amour.
L’A-S : Renaud
Parabellum : Fourgonnette.
L’A-S : Chirac
Parabellum : Faut écouter notre disque
L’A-S : Brassens/Brel/Ferre
Parabellum : La poésie française. On leur doit qqe chose.
L’A-S : TF1
Parabellum : Voter Chirac, voir lepen. On abrutit les gens pour les faire consommer
L’A-S : Zebda
Parabellum : Super! Bravo. Beaucoup de courage et d’énergie.
L’A-S : Obispo
Parabellum : Belle calvitie.
L’A-S : The Clash
Parabellum : Grands frères. Bonne claque dans la gueule.
L’A-S : Mano Negra
Parabellum : Des potes
L’A-S : Sex Pistols
Parabellum : Un déclic
L’A-S : Parabellum
Parabellum : Notre chemin à nous.
|
|
|
|
|