N° 11 - Mars 2003
 
aLBERT
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Crédit: Adavy

 

14 Septembre 2002

[14 Septembre 2002]

C'est dans une brasserie parisienne à côté de la gare Saint Lazare, qu'albert a donné de son temps pour L'art-scène.
 

L'art-Scène :

Etudes de Conservatoire, écriture jazz au CIAM, Fac de musicologie…Le passage à l’acte se fait-il plus naturellement ?

aLBERT :

Oui, c’est comme pour tout. Tu es obligé d’apprendre les bases, comme pour parler. Le CIAM est une école de jazz et le conservatoire une école classique. Et donc, quand tu as le jazz et le classique, je pense que tu peux à peu près tout écrire. En tous cas, tu as les outils
 

L'art-Scène :

Etait-ce une envie depuis tout petit de faire de la musique ?

aLBERT :

Je viens d’une famille de musiciens au départ. Et oui, c’est une envie… Enfin, j’ai souvent refoulé mon truc, mais oui, je me suis rendu compte que c’était ça.
 

L'art-Scène :

Tu as débuté avec le Albert Quartet. Ca ressemblait à quoi ?

aLBERT :

J’étais musicien de jazz. Pendant une dizaine d’année j’ai été saxophoniste de jazz. Et albert quartet, c’était mon quartet.
 

L'art-Scène :

Etait-ce du jazz ou de la chanson ?

aLBERT :

C’était du jazz. Moi, j’écrivais pas mal à côté, et puis un jour il a fallu que je trouve un moyen de mettre en musique ce que j’écrivais. Je fais ce genre de musique plus pour le texte, presque, que pour la musique. J’essaie de m’appliquer et d’utiliser ce que je sais en musique, mais c’est avant tout au service du texte. C’est pour ça que quand on me classe musicien rock… Je veux bien, mais je suis plutôt proche des chanteurs à texte.
 

L'art-Scène :

Quel a été le déclic ?

aLBERT :

Je viens d’une famille de musicien qui m’a toujours prévenu qu’on ne gagnait pas sa vie avec la musique. Donc j’ai refoulé ça jusqu’à mes 20 ans. J’ai toujours fais des choses, comme le conservatoire, mais mes parents tenaient absolument à ce que je fasse des études plus sérieuses, donc j’ai fais philo. Et puis, arrivé à 20 ans, je me suis dis, est-ce que vraiment je veux être prof de philo… ? Et là, je me suis barré à Bordeaux faire le CIAM, et c’est parti de là. Mais c’est ça, c’est refoulé au départ.
 

L'art-Scène :

Qui t’a donné envie de faire ce métier ? Quelles ont été et sont maintenant tes influences ?

aLBERT :

Mes influences, c’est ça qui est assez marrant, c’est que dans ce style je n’ai pas vraiment d’influences, hormis Gainsbourg, que j’ai écouté toute ma vie, tout le temps et en boucle. Mais j’ai surtout écouté du jazz, Coltrane, des trucs comme ça. Et vraiment, j’ai une culture de jazz, parce que j’en ai fait mon métier pendant des années. Et quand j’ai commencé à essayer de mettre en musique mes textes, je me suis vraiment fié à Gainsbourg, voir comment il procédait, et après, une fois que l’album est sorti, là je me suis intéressé et j’ai commencé à écouter Le mouv’ et toutes les radio de la Ferra, pour voir ce qu’il se faisait un peu (rires).
 

L'art-Scène :

Vas-tu continuer le jazz en parallèle avec la chanson ?

aLBERT :

Non, j’ai arrêté. Le jazz c’est un petit peu élitiste. Il y a pas mal de types qui venaient au concert, qui ne comprenaient pas du tout ce que tu faisais, et qui applaudissaient quand même. Et du coup, toi, c’est pareil, voyant que les mecs ne sont pas du tout compétents pour juger, tu te mets à faire n’importe quoi pour voir jusqu’à quel point ils applaudiraient. Donc au bout d’un moment, c’est un énorme foutage de gueule. Donc ce que je trouve sain maintenant dans ce que je fais, c’est que tu as un texte que tout le monde comprend, une musique que tout le monde comprend, même si j’essaie d’avoir une petite originalité.
 

L'art-Scène :

Que t’apportes ce métier ?

aLBERT :

Plein de nanas (rires). Non non, ça m’apporte la même chose que ce qu’apporte un bouquin pour le mec capable d’écrire 250 pages. Ca évite des tas de choses comme la dépression, le suicide ou des choses comme ça. C’est un exutoire. J’ai eu une sale période, comme tout le monde, et ça m’a permis de m’en sortir.
 

L'art-Scène :

Auteur-compositeur-interprète. Est-ce une des explications au côté intimiste de Sobre ?

aLBERT :

Je ne sais pas, je pense que lorsuqe tu joues en trio sur scène, iol se passe vachement de choses, beaucoup plus qu’à quatre… Même si à quatre à dix ou à vingt cela présente un intérêt. Mais après, j’écris le plus sobrement possible, pour aller à l’essentiel. Tout ce que j’ai fuis dans le jazz ce sont toutes le fioritures, les notes en trop, pour arriver au minimum, essayer d’aller droit au but.
 

L'art-Scène :

Tu t’es enfermé un an pour écrire l’album. As tu eu des périodes de créativité intenses ou était-ce un travail plus régulier dans le temps ?

aLBERT :

Je ne suis pas du tout doué, mais je suis un travailleur acharné, et je travaille ma musique tous les jours, comme un mec va au boulot.
 

L'art-Scène :

De quoi te nourris-tu pour écrire les textes ?

aLBERT :

Mon expérience, mon quotidien. Les choses les plus anecdotiques.
 

L'art-Scène :

Si on te dit qu’on ressent une forte influence Miossequienne à l’écoute de Sobre. Ca t’agace ?

aLBERT :

Ca ne m’agasse pas du tout. Je ne sais pas. Ce type là, je l’ai connu après mon album. Je reconnais qu’il y a des coïncidences troublantes. Par exemple, en ce moment, il y a un morceau qui passe en boucle (NDLR : Le Défroqué) avec des rimes en aille. Avant lui, il y a eu Gainsbourg, il y a 15 ans, et j’ai fais un morceau, il y a un an, avec des rimes en aille. Donc voilà, il y a des trucs comme ça, un peu troublant. Mais pour les textes, on est vraiment très loin l’un de l’autre, comme pour la musique. Ca doit être l’intonation de la voix, la manière de chanter. On est tous les deux bretons, et en Bretagne, on a une tendance à prononcer les « r »… Ensuite, il y a notre expérience alcoolique à tous les deux, j’imagine… Et puis surtout, on nous rapproche aussi régulièrement de Tue-Loup, finalement de tous ces mecs quoi ont une voix grave et qui ne font pas de vocalises.
 

L'art-Scène :

Le titre Sobre est-il lui même un clin d’œil au Boire de Miossec ?

aLBERT :

Ca c’est plus ou moins intentionnel. Au départ, je n’avais pas fais gaffe. Et ensuite, quand on m’a dit ça, je me suis dit que c’était pas plus mal, c’est comme si on était une sorte de clin d’œil.
 

L'art-Scène :

Comment fonctionnes-tu avec tes musiciens ?

aLBERT :

Ca fonctionne comme une association. On est évidemment très potes. Mais on évite de s’inviter les uns chez les autres. Cela pour éviter, au bout d’un moment de se marcher dessus, de ne plus faire la différence entre la fête et le boulot.
 

L'art-Scène :

Sobre est sorti chez Musicast. Etait-ce important de faire confiance à une petite structure qui œuvre pour l’auto-prod ?

aLBERT :

Il y a des choses qui sont claires pour moi. Evidemment, je n’aurais jamais voulu bosser dans une grosse structure. Déjà, je ne voulais pas que mon album soit vendu plus de 15 euros, et en plus de ça, je voulais qu’il soit beau. Et donc, c’est quelque chose qui a coûté beaucoup plus d’argent à Musicast qu’un truc plastique. Mais l’avantage, c’est que le type qui l’a, n’a pas que la musique, il a aussi un univers. Et Musicast, c’est une petite structure, et ça me permet d’avoir des contacts humains avec eux. Donc je ne vois pas l’intérêt de bosser dans une grosse structure. L’album part pas mal par le bouche à oreille, on n’a même pas de partenariat, France Inter et d’autres nous ont appelés sans qu’on ne fasse rien, ce qui prouve que lorsqu’un album est bien fait, le bouche à oreille fonctionne. Pour le deuxième album, la personne aura une démarche de nouveau active pour l’acheter.
 

L'art-Scène :

Une réflexion sur la santé politique de la France, avec lepen au second tour et chirac pour président ?

aLBERT :

Chirac a dû comprendre qu’il a été élu par 82% des gens contents de le réélire, d’où la sévérité du gouvernement.
 

L'art-Scène :

Penses-tu qu’un artiste doit avoir un rôle à jouer dans la société, et si oui laquelle ?

aLBERT :

Ben oui. Je jouais au moment d’entre les deux tours, au Sentier des Halles, et j’ai utilisé un morceau qui s’appelle La Glandouille et qui parle justement d’un président de la République qui ne va même pas se présenter devant ses juges… Si ça ce n’est pas de la délinquance.
 

L'art-Scène :

Des projets ?

aLBERT :

Je suis en train d’écrire, pour le deuxième album qui viendra plus tard, et pour enrichir la tournée.
 


MOT DE LA FIN
LÂ’A-S Miossec
albert Dans une mauvaise passe

L’A-S Ferré
albert Un grand anar que l’on devrait écouter plus souvent.

LÂ’A-S Raffarin
albert Ses idées lui ressemblent.

LÂ’A-S Obispo
albert Un type qui a un problème avec sa voix. Un type qui n’assume pas sa condition d’homme et une voix grave… Il se travesti.

LÂ’A-S TF1
albert C’est la facilité.

LÂ’A-S Les Inrocks
albert Je ne connais pas.

LÂ’A-S Renaud
albert CÂ’est la preuve quÂ’il faut un petit truc croustillant pour vendre des millions dÂ’albums.

LÂ’A-S Albert
albert Il est content que le bouche à oreille fonctionne bien.

 


 

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