N° 19 - Jan. 2004
 
Les Ogres de Barback
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Crédit: site officiel

 

Irfan (le héros)
16 titres - 50.49
Ref : voyag778
Sorti : 1999
Production : Auto-produit
Distribution : Irfan le label


01 - Contes, vents et marées 3.59
02 - Little Gentleman 3.20
03 - Yo squatt bel 2.41
04 - Peuple du moment 3.17
05 - Printemps 3.09
06 - Lahoyasrha 3.01
07 - De rien! 3.08
08 - Grand-mère 3.40
09 - Matelot 4.05
10 - Banan 0.37
11 - Irfan le héros 1.35
12 - Solène de Grenoble 3.21
13 - Rêve d'enfant 2.11
14 - Niev nietch nievitch 4.13
15 - Petite hypocrite 3.28
16 - Voyageur 4.46

 
 
01 - Contes, vents et marées
Extrait sonore


Contes, vents & marées/Sait-on jamais où les vents nous mènent ?/Moi ils sont venus me mettre un matin, /hélas sur la route de Rennes, /mauvais destin !/C'est là-bas que j'ai perdu tous mes biens /en trahissant naïvement tous les miens,/mais ne vous l'avais-je pas prédis, vous mes amis ? /: Cette chanson vous est un peu dédiée,/me laissant une chance de me justifier/sur ce temps /qui vous fit, d'ailleurs, bien des soucis./Preuve quand même que rien n'est jamais perdu,/qu'y a toujours une place pour le traître vaincu,/pour moi l'ami qui jours après jours devînt inconnu./Rappelez-vous, c'était y'a pas si longtemps, /un soir décidé j'ai changé de camp /mettant dans le grenier de l'oubli mon utopie./Moi la grande gueule des chemins rebelles, /une nuit mes idéaux se sont fait la belle,/pour des yeux marrons des cheveux bruns, bref, pour une belle./Qui avait la couleur des promenades, /la douce odeur du parfum des grenades, /qui justifiait son titre de bombe, de grenade./Mais prière, ne lui en voulez pas trop, /autant vrai qu'elle m'ait retourné le cerveau, /je fus moi-même juge, condamné, coupable, truand, bourreau./Enfin donc un soir j'ai changé de peau,/j'ai mis une écharpe, des gants, un chapeau. /Et malheureux j'ai consciemment perdu la mémoire./J'ai pris le ticket pour le triste bateau,/celui qui vous dérive au fil de l'eau /et vous mène peu à peu dans un bien triste brouillard./J'ai pas fait semblant de toucher le fond,/bien sûr j'ai pris l'alcool pour compagnon./Juste à gauche de la nuit les poches pleines de hasard /: j'ai joué le rôle du pilier de comptoir, /l'alcoolique de service des fins de bars, /celui qui traîne, ment et mendie deux trois coups à boire./C'était Fredo le rigolo du quartier./Le gentilhomme, le brave, le bien aimé. /Celui qui a toujours le sourire mais qui nous fait pitié./Mais un soir un homme m'a sauvé la vie,/c'était pas Jésus, c'étais pas Dieu, pardi,/juste un homme de passage qui avait bien vécu : un sage./Il connaissait mon prénom, quel hasard !/Puis il m'a dit : "je t'échange une histoire contre ta liberté" /assurément j'ai accepté ! /Et j'ai mis du temps à me rendre compte que,/comme m'a dit ce sage à la fin du conte, /quand t'as touché le fond /soit tu crèves, soit tu remontes./J'ai pris la meilleure solution, /abandonnant toutes mes ambitions, /celles qui un beau matin /au coin d'la gueule vous insultent./Celles qui au fil des expériences,/du vécu des atouts des vues de sa science, /celles qui sans prévenir vous fait devenir adulte. /Le pire le comble de cette fin sombre, /m'en revenant du pays des décombres,/tous mes amis avaient également disparu. /J'ai bien eu du mal à les reconnaître, /dû au sérieux de leurs tristes yeux peut-être, /je me suis aperçu qu'ils l'étaient tous devenu./Alors sait-on jamais où les vents nous mènent, /moi ils se sont bien moqués de ma peine !

 

02 - Little Gentleman


C'est un little gentleman qui se promène/sur tous les boulevards,/de Paris ou de London,/de toutes les capitales./Lassé d'sa super woman/il fuit dans le noir,/à ses yeux il abandonne/son domicile conjugal./Pendant un jour ou deux dans un wagon/il vagabonde, comme un vagabond./Il fait des bonds quand il est réveillé/par le contrôleur de pensée/de rêves et de gaîté /qui vient montre à l'heure contrôler/qu'son humeur n'est pas évaporée/il en a marre c'est con, pas drôle,/il se met à pleurer./Dans un moment de poésie/il repense quand même à son lit/à l'enrobage des mamelles de sa femelle./A son visage complexé/qui se tord quand il est vexé/et aux caresses, douces caresses avec ses fesses./C'est un little gentleman qui vagabonde/au cœur de mes pensées,/avant il était un peu mythomane,/avec la première blonde qu'il a rencontrée./Il s'est marié il a fait trois gosses et il les a r'gretté./Il arrête pas d'se prendre des bosses... et il est bien emmerdé !/C'est un little gentleman qui vagabonde/dans une bande dessinée,/avant il était un peu mythomane,/avec la première blonde qu'il a rencontrée./Il s'est marié il a eu trois gosses et il les a r'gretté.

 

03 - Yo squatt bel


Retrouves ton enfance /avec l'espoir que t'as dans l'cœur !/N'as-tu pas vu la chance des gens /qui nagent dans le bonheur ? /Prends ta guitare et dis-toi bien /que tout peut arriver, toi tu es toujours partant /cette histoire vient de loin. /Je sais bien qu'ça peut faire rêver /toi, tu n'as peur de rien ? /On est allés si loin écoute moi à présent :/Ah, ce soir c'est décidé, j'vais faire une chanson pas triste. /Avec des mots et des idées qui n'seront pas anarchistes, /p'têtre bien qu'ça parl'ra d'amour, /p'têtre bien qu'y aura des beaux yeux./Tout l'monde l'aimera dans tous les faubourgs /ça y est c'est parti j'suis heureux !/J'commence par admirer sur l'chemin la terre le soleil, les oiseaux, /puis j'croise bien sûr mine de rien une fille crac !/J'me casse la gueule de haut, /tendrement elle s'approche /"vous n'vous êtes pas fait mal monsieur ?" /: j'perds ma langue dans sa poche /en voyant son sourire j'suis heureux !/Son père s'ra pas comme tous les autres,/militaire, con, bien au contraire./Sa famille me dira des nôtres, /je sens déjà que j'vais leur plaire./Elle sera aussi moche que moi avec ça pas d'jalousie,/nos cœurs battront à la foi l'amour pour la vie/j'suis heureux !/Et on s'aim'ra sur l'même chemin /et on chantera sur l'même refrain, /celui qui commence en guitare /et qui termine sur cette histoire, /qui se relance sur un accord comme un accord d'accordéon, /si t'es d'accord on joue nos corps /si tu m'dis oui j'te dis pas non./Cette histoire est si jolie /qu'j'vais la chanter toute la nuit /avec vous, tout seul, j'm'en fous /la fin c'est celle-là et c'est tout.

 

04 - Peuple du moment


On a vécu sans histoires, nous, /femmes peuple du moment,/portons en nous, par hasard, /le portrait d'un drôle de tourment./Si votre dieu nous a fait sans âme, /qu'il serait fort cruel mes enfants,/de brandir contre nous la lame, /de votre religion de perdants./Ô femmes de tous pays, /c'est pour vous que cette chanson, /humblement fut écrite par un homme, /triste situation. /Honte sur moi la honte de leur route, /tous ces mauvais bougre aigris,/qui jamais, non jamais,/ne doutent que Dieu puisse être une femme aussi !/Qu'ont-ils donc à se méprendre, /qu'ont-ils donc à lire de travers,/ces fous, fanas prêts à se pendre /pour la volonté d'une prière./Il me semble très difficile d'imaginer un seul instant, /que tous ces milliers d'imbéciles /puissent naître de votre corps si charmant./Petite fille d'Algérie, belle femme d'Arménie, /je me veux de votre pays, /je me veux de votre sexe aussi./J'aimerais dans la rue tout comme vous /descendre défier les plus fous,/les musulmans, juifs ou chrétiens, /intégristes du petit matin./Messieurs, pardonnez-moi,/j'essaie d'être le plus sincère, /savez-vous que, si ma foi un jour vécut, /ce fut pour ma mère. /Moi jamais je ne suis certain, /et je doute pour le moindre refrain,/je ne prône aucun message, /juste un conseil sans faux-héritage./Qu'un jour vos maudites religions /admettent sans fausses intentions,/qu'il n'y a de plus beau pays /que celui qui leur est interdit./Qu'une femme vaut bien plus qu'un homme, /qu'une femme vaut bien mieux que ça, /que même leur chagrin monotone /est plus noble que vos combats.../Qu'une femme vaut bien plus, /en somme que les hommes qui se battent ici, là, /et que leur chagrin pour les hommes/me fait aimer les femmes ici-bas.

 

05 - Printemps


Ca sent l'printemps et ses couplets/qu'a jamais trahi son secret/ça sent les champs verts et fleuris/quand on retrouve ses amis/ça sent le retour d'un ami/qu'était parti chercher l'oubli/d'une fille dont il était morgane/Ca sent les mômes pleins les trottoirs/qui jouent au foot les genoux en dang/et qui s'demandent sans croix ni croire/qu'est ce qui s'ront le prochain printemps/et ça sent les naissances par ci/et ça sent les mariages par là/et le bonheur celui qu'est parti/et l'autre bonheur celui qui reviendra/Ca sent les nomades en fêtes/dans une usine désaffectée/qui font des rêves et qui s'projettent /dans l'plus merveilleux des étés/ça sent la bâche crade et pourrie/d'un pauvre chapiteau en fait/qui d'un dernier souffle refleurit/pour quelques lascars qui s'entêtent./Et moi en cette saison entre hiver et été j'me souviens/ça fait déjà un an qu'tu m'as quitté./Et j'crois qu'je vais avoir du mal à t'oublier.

 

06 - Lahoyasrha



 

07 - De rien!


Tu as réussi ton enfance tu es ma sœur de sang./Comme la chance ne tourne pas dans tous les sens du vent ! /Souviens-toi du son, de cette chanson, de notre errance./Pleure, petite soeur, /ne vas pas croire la différence est là./S'il est un chagrin inconsolable : /existe celui-là ? /Mais ne lui veut pas plus qu'il n'en faut pour vivre ça !/Et vivant des heures creuses, /ma mère ne demande plus pourquoi./Les yeux vers le ciel plus une larme coule de cette vie cool,/déjà vingt ans et pourtant le chagrin d'antan s'effacera./Si le diable croisa le chemin des yeux de l'ignorance. /Par un bien triste butin il ne put chaparder l'espérance./A peine deux ou trois gouttes, /de peur et de sueur, un instant de douleur./Mais lui sa vengeance intelligente fut sa fierté de gueux./Surpasser l'altitude de ceux qui,/même ne dépassant un pied ou deux, /décident l'avenir, les suicides ou les rires des gens des cieux./Servons nous l'un contre l'autre,/serrons-nous et apôtres, parcourant les chemins./Bien heureux des rivières, des montagnes, du désert /et servant les refrains. /Moi je te défie d'ennui /je te prends comme ami à tort et à perte./Enfin, la tête dans les nuages, /tutoyant les mages décidant mon soleil mon orage. /Et, ayant réussi une seconde d'une vie,/ami... merci !

 

08 - Grand-mère


J'vous préviens qu'si y'a la guerre,/arrêtez-moi tout de suite, /venez voir dans mes affaires /dans mon logement dans ma suite,/y'aura deux trois déserteurs,/des polissons réformés,/qui chanteront la main au cœur /des chants d'ukrainiens bourrés./Et si y'a révolution arrêtez-moi tout de suite, /venez-voir l'habitation qui entoure ma suite,/y'aura de bonnes préparations, /des cocktails façon maison, /des tire-flemme et des lance-cœur /et des pistolets porte-bonheur. /Mais faudra pas venir pleurer/si après vous êtes tous tués /et que nous, même emprisonnés/on soit tous en train de chanter./Et j'vous préviens qu'si y'a combat,/arrêtez-moi tout de suite,/venez-voir en bas d'chez moi, /dans le jardin de ma suite. /Les ch'veux longs pour armement, /des slogans à tout bras l'vent :/faites l'amour le plus souvent /et pas la guerre évidemment ! /Mais faudra pas venir pleurer /si après vous êtes tous tués et que nous,/même emprisonnés,/on soit tous en train de fumer la ganja./Et j'vous préviens qu'si y'a manif,/arrêtez-moi tout de suite, /venez-voir là où j'habite, /dans ma maison sans calife./Où il fait bon préparer /des chants pour manifester, /avec des paroles anarchistes /et des refrains je-m'enfoutistes. /Mais faudra pas venir pleurer /si c'est bien ensoleillé /et qu'on préfère picoler /à la terrasse d'un café./Et si y'a une trahison, /cherchez pas plus loin qu'ma suite,/prenez l'adresse de ma maison/et rendez-y vous très vite,/moi et mon frère on est espions /et mes sœurs c'est des bouffonnes, /les secrets d'état mon fion /contre un coup à boire on t'les donne. /Mais faudra pas venir pleurer,/si on vous ment à volonté /et qu'pour fausse information,/vous soyez tous dégradés./Et même si on r'monte le temps, /arrêtez-moi tout de suite, /venez voir l'appartement qu'était là avant ma suite,/y'aura bien sûr toutes les sorcières,/les crânes tondus, les juifs allemands,/Jésus, Judas et mon grand-père, /celui qu'a déserté lâchement. /Mais faudra pas venir pleurer,/si votre époque elle est ruinée /et qu'on puisse lire /notre vie dans toutes vos encyclopédies./Et j'vous préviens qu'si y'a la paix, /arrêtez-moi tout de suite,/venez-voir dans le palais qui orne ma suite, /y'aura tous les clandestins,/les zonards et les cousins,/les matelots anarchistes/et les pédés trapézistes./Mais faudra pas venir pleurer, /si on est tous en bonne santé /et qu'dans votre dictocratie, /on y foute l'anarchie.

 

09 - Matelot


C'est r'parti pour trois mois de galère en bateau, /j'me présente : je suis moi, /un sacré matelot./Fils d'ivrogne militaire /moi j'ai dit non aux armes,/et ma famille en larme /j'l'ai quittée pour la mer. /Y'a des soirs comme ce soir /j'arrive pas à dormir, /alors je fouille ma mémoire /et me revient ce sacré souvenir./Ah, c'te sacrée cabane /où l'on rêvait se foutant bien du monde,/nous on fumait les lianes /et on s'bourrait la gueule à bière blonde./Ouais c'te putain d'cabane /où se jouait du pipeau et parfois du couteau,/c'est là qu'on ramenait nos femmes /et toutes la nuit on parlait de bateau /Mais voilà, c'est fini,/les temps ont bien changé,/plus j'avance plus j'suis pourri,/j'navigue plus qu'pour le blé./Ca devient un cauchemar, mon navire va couler /et tous mes potes m'ont dit au r'voir /et j'dégueule chaqu'fois qu'faut naviguer./Ce n'est pas mes habitudes /de penser faut s'flinguer alors, pour fuire la solitude,/je remue bien le fond de mes pensées./Ah ! c'te sacrée cabane /où l'on rêvait se foutant bien du monde,/nous on fumait les lianes /et on s'bourrait la gueule à bière blonde./Ouais, c'te putain d'cabane /où se jouait du pipeau et parfois du couteau,/c'est là qu'on ramenait nos femmes /et toute la nuit on parlait de bateau /Un poivrot avachi voilà c'que j'suis dev'nu,/garçon, un aut' demi ! naviguer je peux plus./Alors l'soir sur les ports, /c'est la tournée des rades,/où je traîne jusqu'à l'aurore /au violon dingue où la Guinness se brade./Et j'reste collé des heures /à r'garder cette photo qui me rappelle mon bonheur,/c'est le temps d'quand j'étais marmot avec Marco/Ah, c'te sacrée cabane /où l'on rêvait se foutant bien du monde,/nous on fumait les lianes /et on s'bourrait la gueule à bière blonde./Ouais c'te putain d'cabane /où se jouait du pipeau et parfois du couteau,/c'est là qu'on ramenait nos femmes /et toutes la nuit on parlait de bateau !

 

10 - Banan



 

11 - Irfan le héros



 

12 - Solène de Grenoble


J'vous l'raconte comme ça, si j'avais été jolie fille./Tous les grands mecs, tous les beaux gars,/j'les aurais pris entre mes quilles./J'aurais fait de mon lit une sorte de banc public /où l'on peut s'asseoir pour prendre du bon temps. /Car en fait, pour ces beaux gars la vie est beaucoup trop facile./Suffit qu'ils claquent du doigt pour qu'ils attrapent de belles filles,/mais moi qu'on, dans la rue, ne remarque pas./Mon âme je l'ai perdue et mon amour n'en parlons pas./Et si par chance ou par malheur, /quelques hommes ont croqué mon cœur./C'est sans adieux, mais pile à l'heure /qu'ils ont tout pris de mon bonheur./J'aurais tout fait moi pour eux, moi, j'aurais fait n'importe quoi,/moi, mais à faire n'importe quoi, bah... tous ces hommes ne sont plus là.../Et si je n'peux plus pleurer, si je n'peux plus rien regarder, /sans que mon cœur ne pense à eux, que vais-je donc faire de mes yeux ?/Ah, mais si ! Peut-être les vendre, comme j'ai vendu mes mains. /Qui ne faisaient plus qu'attendre celui qui jamais ne revient. /Ô mon Dieu pardonne moi, je voudrais être une diablesse./Le peu qu'il reste de ma foi, je te l'échange contre une caresse/et mille hommes venus d'ailleurs qui se mettent à mes genoux, /et qui ne pensent d'ailleurs qu'à se pendre à mon cou./Une diablesse, une traîtresse, la reine de l'adultère,/la fille facile aux belles fesses, peu m'importent les commentaires. /Je me couche pour un sou, un poème, un compliment,/je me couche et c'est gratuit et j'y mets tout mon talent./Si je reste uune semaine, deux ou trois heures, deux minutes./Bien avant le premier je t'aime, je suis déjà comme une pute/à parcourir les trottoirs, /à chercher une autre histoire qui n'aura d'autre suite que mon éternelle fuite./Et si l'autre reste à pleurer je n'en suis que plus contente,/moi la vie ne m'a rien donné, j'ai toujours été dans l'atteinte. /C'est une vengeance facile, je ne pourrais en profiter./Car il n'y a que les belles filles qui prennent un cœur pour en jouer./J'adorerais le silence, je briserais les mots d'amour,/je ferais pour ça, je pense, bien plus que l'on ne puisse en retour./Et cette chanson qui est un pêché, je ne la chanterai pas, /elle ne fait que me rappeler que j'ai gâché ma vie pour toi.../Mais j'vous l'raconte comme ça, si j'avais été jolie fille, /mais hélas, je n'le suis pas.../je ne suis qu'une nonne dans la ville.

 

13 - Rêve d'enfant


Toutes nos chansons sont du pareil au même/Un pauv' clochard dans un bar qu'personne n'aime/Alors j'vais essayer d'changer, parler d'un bourge bien aimé/Même qu'un jour en s'promenant il vit une fille aux yeux charmants/Comme il avait plein d'argent elle s'approcha tendrement,/Un p'tit sourire une caresse sur la main après on n'vit plus rien.../Après bien sûr ils se sont mariés : pas plus d'deux gosses faudra bien les élever/Ils reprendront nos métiers c'est ainsi qu'ils en ont rêvé/Et l'soir devant la télévision elle lui prépare des huîtres et du saumon/Venant la nuit lui souffletant je t'aime il lui répond mon p'tit chou à la crème/T'es plus jolie qu'une BM de série telle est sa poésie.../La suite ça sert à rien d'la raconter, de toutes façons tout le monde la connaît/C'est vraiment pas intéressant d'parler des bourges en chantant/On les entend d'jà assez dans les émissions télévisées, la la la !

 

14 - Niev nietch nievitch



 

15 - Petite hypocrite


Le soir où tu m'as appelé, ce n'était pas pour mes grands yeux bleus,/ce n'était pas pour mes secrets, ni pour moi, j'n'étais pas si malheureux... /Tu n'avais pas tant besoin d'aide, ton dos n'était pas tant fatigué,/que pencher tes deux mains dans la merde, ne t'aurait pas trop abîmée. /Moi j'ai accouru bien vite, maintenant je sais, j'aurais dû me méfier, /car tes deux lettres, petite, sont nées de la médiocrité./Puis j'ai construit tes bâtiments, à ce jeu-là c'est vrai,/mes grands parents m'avaient légué précisément /ce qu'il y avait de plus fort en ce talent./Mais il y a eu moins drôle quand il fallu combattre tes voisins,/tu m'as donné le mauvais rôle, là encore j'ai sali mes mains./Et j'ai transpiré bien vite, maintenant je sais, j'aurais dû pleurer,/sur tes deux lettres petites, ressurgites d'un sombre passé./Et qu'as-tu trouvé à mes os, qu'as tu pensé pour les croire aussi solides,/quand tu m'as tout mis sur le dos, sitôt que sont venues tes premières rides./J'ai senti là comme un malaise, à qui la faute, tu as accusé la mienne, /tu m'as mis entre parenthèses quand j'ai voulu prouver les tiennes. /Tu croyais me mourir vite, maintenant je sais, tu voulus me crever,/pendant tes deux lettres petites, au nez de ta triste fierté./Si hélas mon père en est mort, d'avoir défendu ta liberté,/mon frère presque du même sort, s'est épuisé sur tes chantiers./Il n'y a pas de mauvais sort, juste un dupeur, juste un dupé. /Qui des deux est le plus fort ? Je te laisse le soin de juger./Mais ne réfléchis pas trop vite, maintenant je sais,/comme lorsque tu as fait tes deux lettres, petite, nées de la haine et du danger./Pour ma part il n'y aura pas vengeance, je n'en ai ni l'envie ni le courage,/je m'en vais retrouver l'absence, de mon histoire il manque bien des pages./D'ailleurs à bien y réfléchir, mon peuple lui-même aurait-il accepté /d'avouer qu'il avait dû mentir, d'avoué qu'il avait profité./De ce qu'il y a de pire ensuite, maintenant je sais, /lui aussi aurait fait ces deux lettres, petite hypocrite, nées de la fatalité./Permets-moi de juger, malgré mon âge, cette chanson courte mais suffisante, /que je te laisse en maigre héritage, en cadeau des heures accueillantes . /N'oublie jamais qu'il y eut en ton pays un peuple sage que l'on a trahi, /dis à tes enfants qui je suis si le besoin s'en prenait à leur vie./S'ils devaient me rendre visite, maintenant je sais,/de force ou de plein gré, ils découvriraient , petite, ces deux lettres, bien embêtés. /S'ils devaient me rendre visite, ils seraient à leur tour immigrés/et ces deux lettres pourtant si petites le leur en feront bien baver.

 

16 - Voyageur



 

 


 

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