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Bihl Agnès
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Crédit: Inconnu
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La terre est blonde
14 titres
- 51 min Ref : 360832 . MMD / 470 Sorti : 2001 Production : Auto-produit Distribution : Mosaic Music
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01 -
L'enceinte Vierge 3'20
02 -
La Rebelle aux Bois Dormant 2'28
03 -
Tarpé diem 3'11
04 -
Les enfants des morts 2'52
05 -
Viol au vent 2'58
06 -
Dieu d'artifice 4'11
07 -
Le joli mois de mai 4'11
08 -
RATP humanum est 2'40
09 -
A tes souhaits 3'08
10 -
L'amour en poudre 4'06
11 -
Les p'tites misères 3'39
12 -
Psychose toujours 2'37
13 -
La fleur du Large 5'09
14 -
Comprend qui peut 3'20
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01 -
L'enceinte Vierge
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Dans les cités, les bidonvilles / Le pape bénit la pauvreté / Ca passe le temps, ça tient tranquille / Ceux qui n’ont plus rien à becqu’ter / Et puis, le très Saint-Père a dit / De faire des gosses, même séropos / Ils iront vite au Paradis / D’façons ici, y a pas d’boulot / Oh dis, Monsieur qu’est-c’qui s’pass’rait / Si la Sainte Vierge, elle avortait / Sans l’Paradis, ce s’rait p’têt mieux / S’te plaît, fais-moi rêver un peu / Partout on crève mais c’est une chance / Et puis faut bien s’faire une raison / Au moins, ça limite les naissances / Sans cette damnée contraception / Bien sûr les viols font une moyenne / Faut s’résigner, surtout rien dire / Que naissent les gosses de la haine / Pourvu qu’ils soient faits sans plaisir / Refrain / On parle de vice et de péchés, / Et on excise des gamines / Pourvu qu’il y ait frigidité / On peut pas dire qu’ce soit un crime / Mais c’n’est pas non plus d’l’esclavage / Puisqu’elles ont le droit de prier Dieu / Dans les liens sacrés du mariage / Si ça fait mal, qu’elles ferment les yeux / Refrain / Faire des mômes, c’est pas un loisir / Faut qu’les mères pondent sans conviction / Mais si elles peuvent pas les nourrir / C’est plus prévu par la r’ligion / D’façons elles n’ont qu’à s’laisser faire / Et se soumettre au testament / Se montrer dignes de leurs ovaires / Et s’laisser engrosser sagement / Refrain / Ceux qui ont d’la moralité / Montent des gangs des commandos / Pour faire naître ceux qu’ils vont taxer / Plus tard d’être des enfants d’salauds / Les bien-pensants, les bonnes chrétiennes / Vont s’occuper d’ces petites garces / Le temps qu’éclosent leurs mauvaises graines / Qu’on oublie après à la Dass… / Refrain / Ils se protègent sous leur tonsure / Et revendiquent leurs p’tites calottes / Sous doute pour eux que c’est plus sûr / Que d’nous laisser mettre des capotes / Pas la peine d’avoir ton certif’ / Pour nous faire docil’ment gober / Qu’Satan est séropositif / Comme tous ceux qui l’ont bien cherché ! / Refrain / Le seul virus qui soit bien vu / C’est l’église, c’est la religion / Fais gaffe à toi si tu l’as plus / On t’pardonne mal ta guérison / Ces malades-là sont sanctifiés / Au ciel y a plus d’phase terminale / Et Martyr c’est bien mieux payé / Que d’crever seul à l’hôpital ! / Oh dis, Monsieur qu’est-c’qui s’pass’rait / Si la Sainte Vierge, elle avortait / Sans l’Paradis, ce s’rait p’têt mieux / S’te plaît, fais-moi rêver un peu / Hé ! dis Monsieur je te crois pas / T’oublies qu’aujourd’hui c’est dimanche / Jamais la Vierge n’avortera / On l’a faite Sainte, pas faiseuse d’anges… !
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02 -
La Rebelle aux Bois Dormant
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Maint’nant que les siècles ont passé / Et que tout l’monde connaît l’histoire / On peut enfin vous l’révéler / Le Prince charmant s’est fait avoir / C’est la plus belle des escroqu’ries / Et c’est l’arnaque de tous les temps / Car pendant que la Belle roupille / Le Prince charmant, ben… il attend ! / Mais qu’est-ce qu’elle a, qu’est-ce qui lui prend / A la Belle au bois dormant ? / Le Prince charmant n’est pas content / C’est pas possible, elle fait semblant… / La vérité j’vous la confesse / Le Prince va drôlement poireauter / C’est pas marrant mais la Princesse / Elle s’est gavée, bourrée de cachets / Mais qu’est-ce qui s’passe, c’est quoi c’traqu’nard / Se dit le Prince en arrivant / Avec cette môme qu’est dans l’coltard / J’n’aurai que des z’emmerdements… ! / Bon ben tant pis ou même tant mieux / Se dit le Charmant plein d’espoir / Puisqu’elle roupille, j’peux faire c’que j’veux / Et le v’là qui s’fourre dans l’plumard / Pendant des heures il fait c’qu’il peut / Il est crevé, cassé, vidé / Mais la gosse n’ouvre même pas les yeux / Et il commence à être vexé… ! / Refrain / Au moins, elle sort pas trop d’conneries / J’ai pas à m’plaindre, j’peux être content / Elle risqu’ pas de m’dire des vacheries / Ni d’me tromper ni d’foutre le camp / Elle est charmante c’te p’tite femme-là / Qu’est-ce qu’on s’amuse et qu’est-ce qu’on s’marre / Question ambiance tu r’passeras / Soupire le Prince un peu hagard / Plus les heures filent plus l’temps avance / Et l’Prince est de moins en moins charmant / C’est l’insomnie c’est la nuit blanche / Près d’la Rebelle au bois dormant / C’est pas marrant les contes de fées / Hurle le Prince au désespoir / La v’là qui s’est mise à ronfler / … y a pas d’morale à cette histoire / Refrain
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03 -
Tarpé diem
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Le r’gard trop maquillé / Et la bouch’ déguisée / Colombine est rebeu / Pour pas fair’ comm’ ses vieux / Rebelle brune, les yeux noirs / Pour tenir d’quelque part / Colombine a seize ans / Pour pas fair’ comm’ les grands / Et dès qu’elle pète un joint, pétard au creux d’la bouche / Ca fait aller, faut faire tourner pour mieux tirer / Colombine à coup sûr fait la belle et fait mouche / Mais rackette d’amour les cœurs de la cité… / Et Pierrot est fou d’elle / Faut bien t’nir la chandelle / C’st l’ombr’ de ses talons / Puisqu’il y a des bouffons / Il la grignotte des yeux / Mais comm’ faut jouer un peu / Elle lui donne que des miettes / Y a toujours des coquettes / Et dès qu’il pète un joint, pétard au creux d’la bouche / Ca fait aller, faut faire tourner, pour mieux tirer / Elle lui jure de l’aimer, l’jour de la Sainte-Nitouche / Et le cœur de Pierrot rêve au cœur de la cité… / Mais voilà Arlequin / Faut bien qu’y ait des béguins / Pour rendr’ les Pierrots tristes / Puisqu’ y a les injustices / Colombine vient l’aimer / Sans cueillir de pensées / Juste leur marguerite / Pour mieux aller trop vite / Et dès qu’ils pètent le feu, pétard au creux d’la bouche / Ca fait aller, faut faire tourner pour mieux tirer / Arlequin s’met à g’noux, colombine se couche / Et jette à cœur perdu les cœurs de la cité… / Ainsi font beaucoup d’peine / Ainsi font et ils s’aiment / Bien plus vite que leur ombre / Pour mieux fair’ comm’ tout l’monde / Et puisqu’on a seize ans / Faut qu’arrive l’accident / Chemin du septième ciel / S’annonce Polichinelle / Et dès qu’ils pètent un câble, pétard au creux d’la bouche / Ca fait aller, faut faire tourner pour mieux tirer / Elle a peur d’avorter, il a peur qu’elle accouche / Y a deux cœurs qui jouent plus, cœurs lourds sur la cité… / Et Pierrot met les bouts / D’cette terre d’asile de fous / Avant sa première ride / Après son premier vide / Et c’t’au clair de la terre / Que zone le cœur de Pierre / Et c’t’au clair du béton / Que ça meurt, les bouffons / Voilà qu’il pète son joint, un pétard dans la bouche / Faut s’en aller, mais ça tourne au moment d’tirer / Y a sa trouille qui fait mal, son chagrin qui fait mouche / Y a un cœur qui s’bat plus au cœur de la cité…
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04 -
Les enfants des morts
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Taulards enterrés bien à l’ombre / Tourne la ronde des prisonniers / Au trou, mais dans la pire des tombes / Ce mort, c’est mal vu d’le pleurer / Et y a son môme qui reste là , / Qu’on laisse enfermé dans la rue / Genre l’orphelin qu’on console pas / Sans père et déjà perdu de vue / Si les absents ont toujours tort / Du fond de la cour de leur prison / C’est la ronde des enfants des morts / Qu’ont un père qu’a pas eu raison / Contre un père qu’a pas eu raison / Ca traîne en bande, ça pleure tout seul / Ça joue au dur l’cœur en cavale / Ça crie, ça hurle, ça grogne, ça gueule / Bref ! ça a l’air d’un gosse normal / En attendant d’rentrer en classe / On lui a appris qu’il faut jouer / Faire la course au fond d’une impasse / Et bien profiter de sa récré / Refrain / Bien au creux de sa plus mauvaise note / Il coince la bulle de ses zéros / Y s’tourne les pouces dans ses menottes / Il frime un max, mais se sent d’trop / Il fait l’merdeux de toutes d’ses forces / A croire qu’il veut s’faire j’ter la pierre / Mais on oublie qu’dans l’cœur d’ce gosse / Y a d’jà un casier judiciaire / Refrain / S’la joue branleur bien dans ses grôles / La grande gueule que rien n’peut toucher / Comme ça au moins il a un rôle / A défaut d’une identité / D’façons il fait l’con comme il veut / On dira rien à la maison / Un gosse qui n’a qu’une moitié de vieux / N’a même plus le droit aux punitions / Refrain / Alors il reste con-paumé / Avec un cœur qui tourne en rond / Qui sait plus trop sur qui cogner / Sur les autres ou l’Autre en prison / Qu’est presque mort que c’est plus rien / Qu’est enterré sans enterrement / C’est pas gagné d’être orphelin / Avec un père encore vivant / Refrain
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05 -
Viol au vent
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L’enfer sans bruit, sans faire de cris / Et rien à dire sauf à hurler / C’t’un sale quart d’heure au coin d’une vie / Quelques s’condes de cauch’mar bâclé / Ça c’est passé à toute violence / Très vite, très mal, tâché, torché / Et sans un mot et en silence / La haine ça n’se dit pas, ça s’fait… / Ça s’joue à la queue leu leu / Pique et pique et sans raison / Ainsi font et sauve qui peut / Trois p’tits coups, et puis s’en vont… / Et s’récurer, s’essuyer l’cœur / Passer par le pire de l’hygiène / S’désinfecter de l’intérieur / Et s’rhabiller là où ça saigne / C’est tout c’qui reste d’un rire plein d’sang / Gratter, frotter, sécher ses bleus / Des cuisses qui veulent serrer les dents / Et l’ventre qui peut qu’fermer les yeux… / Ça pirouette à la sauvette / Pique et pique et sans raison / Piquent niquent et galipettes / Trois p’tits coups et puis s’en vont… / Plus qu’une sueur panique à punir / Plus qu’un silence sourd à tue tête / Peut-être hurler, surtout rien dire / Juste se taire jusu’à perpète / Et pour un flirt avec l’enfer / Y reste qu’un deal avec le pire / Et pour 3 secondes de foutre en l’air / C’est plus qu’une vie de haine à jouir… / Ça s’tire d’elle à bout portant / L’estomac dans l’pantalon / Ainsi font le viol au vent / Trois p’tits coups et puis s’en vont… / Plus qu’à prendre sa rage à deux mains / Sa honte dans l’autre, sa rogne en poche / Torcher son amour propre à rien / Et s’interdire d’être aussi moche / Et s’interdire d’être aussi crasse / C’est que d’l’injustice à soi-même / Et surtout se regarder en face / Surtout laisser purger sa haine… / Ça s’joue à la queue leu leu / Pique et pique et sans raison / Ainsi font et sauve qui peut / Trois p’tits coups, et puis s’en vont… / Trois p’tits coupables en prison / Bisque rage et garde fous / Trois p’tits cons n’enfermeront / Triple tour et puis c’est tout
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06 -
Dieu d'artifice
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La nuit venue dans son berceau / Une petite graine de gitan / Rêve de cirque et chapiteau / De clowns, d’étoiles, de singes savants. / Il est heureux, petit bonhomme / Il jongle avec des fleurs de dune / Des billes, des bonbons ou des pommes / Des rires, des c’rises, des noyaux d’lune / Entrez mesdames et messieurs, / Sous l’chapiteau du temps qui rêve / Venez vous réchauffer les yeux / Devant les heures qui s’achèvent / Vous y verrez danser sur piste / Sur l’monocycle de la vie / Le plus grand des illusionnistes / Sous l’chapiteau du temps qui fuit… / Sur le chemin de son école / Il s’imagine le nez en l’air / Sur un trapèze qui s’envole / Sur piste, au milieu des panthères. / Il est heureux, petit manouche / De faire frémir tout l’chapiteau / D’être salué par mille bouches / Et d’vivre au rythme des BRAVOS / Entrez mesdames et messieurs, / Sous l’chapiteau du temps qui pleure / Venez vous aggriper les yeux / Devant la folle ronde des heures / Vous y verrez danser sur piste / Sur l’monocycle de la vie / Le plus grand des illusionnistes / Sous l’chapiteau du temps qui fuit / Au bistrot de ses vingt muguets / Voilà que ses rêves s’allument / Joyeux, il trempe dans son café / Le plus joli des croissants d’lune / Il est heureux petit lutin / Il grime ses plus jolis mots / Il fait des rêves de magicien / Poète… voilà son numéro / Entrez mesdames et messieurs, / Sous l’chapiteau du temps qui passe / Venez vous agresser les yeux / Venez faire frémir vos audaces / Vous y verrez danser sur piste / Sur l’monocycle de la vie / Le plus grand des illusionnistes / Sous l’chapiteau du temps qui fuit / Assis à sa table de bureau / Il n’a plus d’fil, pauvre pantin, / Surpris, il voit le numéro / Du temps, le plus grand des magiciens. / Le p’tit homme est d’venu triste / Il a raté son tour de vie / Il n’ira jamais sur la piste / Voilà , le spectacle est fini… / Entrez mesdames et messieurs, / Sous l’chapiteau du temps passé / Venez donc faire pleurer vos yeux / Tous nos numéros sont fanés / Celui qui nous met tous en piste / Va venir bientôt vous saluer / Ventriloque et Dieu d’artifice / C’est l’chapiteau du temps mort-né
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07 -
Le joli mois de mai
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V’là tout d’abord le 1er mai / La jolie fête du Saint Boulot / Ceux qui en ont, baisent toute la journée / Vont à la pêche, lavent leurs autos / Oui, c’est l’bonheur, c’est les vacances / Y a pas à dire, c’est l’paradis / On en oublie ceux qu’on pas d’chance / Les Rmistes, les sans-abri / Quel jour joli, le 1er mai / C’est chômé, sauf pour les chômeurs / Ceux-là , ils vendesnt des brins d’muguet / Vu qu’y paraît qu’ça porte bonheur / Ah ! le joli mois de Mai / Le joli mois d’mes couilles, si j’en avais / Tous les cinq ans, au mois de mai / On joue au jour des élections / On nous dit qu’tout va s’arranger / Sauf le racisme et l’exclusion / Alors on part en campagne / Electorale de préférence / Mais pas question d’faire dans l’social / Y a des limites dans les finances / Tous les cinq ans, joli mois d’mai / L’taulier d’l’état fait l’amnistie / Toutes les bagnoles peuvent se vautrer / Vu qu’ces années-là , c’est gratuit / Refrain / Le 8, il faut bien y penser / On commémore la fin d’la guerre / Grâce aux nazis c’est jour férié / On fait la fête aux militaires / On processionne et on défile / Même si l’fascisme est toujours là / Ce genre de fête, c’est bien utile / Pour oublier qu’on marche au pas / Quel jour joli que le 8 mai / On l’a promis, c’tait la dernière / Mais dès qu’c’est question d’bombarder / Y paraît qu’c’est d’l’humanitaire / Refrain / Et puis c’est l’printemps au mois de mai / Au moins ça, ça r’monte le moral / Ils sont en fleurs, les brins d’muguet / Il a éclos le front national / C’est vrai qu’maint’nant on fête Jeanne d’Arc / Y en a qui sont très inventifs / On peut voir fleurir les matraques / D’ceux qui font saigner les manifs / Joli soit l’printemps du mois d’mai / On défile sur les coqu’licots / C’est l’temps des cerises écrasées / On s’en va cueillir du bicot / Refrain / Y a la Pent’côte au mois de mai / Et puis aussi la fête des mères / D’un côté, le jour des curés / De l’autre, l’idée d’un militaire / Et puis l’mois d’mai, c’est 68 / Un grand coup d’gueule qui s’est perdu / En y pensant, on s’roule un stick / Puis on r’tourne pointer au chomdu / Joli soit-il le mois de mai / Toutes ces fêtes, tous ces souvenirs / Moi j’ai pas d’larmes à vous chialer / Juste un peu d’rage à vous offrir / Refrain
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08 -
RATP humanum est
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Il était contrôleur, il le faisait exprès / Damned, zut ! et malheur pour un’ fois qu’elle fraudait… / Elle était contractuelle et faisait pas semblant / Mais ça, c’est le principe des nazes communicants / Comme un verre de contact et un ver solitaire / Comme un aphrodisiaque et un affreux diptère / Hagard et mal garé, malgré tous les usages / Leurs cœurs gargarisaient « Sous les PV la plage »… / Sous les PV la plage / Remplis d’égards de l’est en ouest / Sous les PV la plage / RATP HUMANUM EST / A l’article de l’amour, quand on périt du râle / Rester pro c’est dur, aïe !, rester pro c’est verbal / Et ils partent la main courante dans la main / A la conquête des spasmes, du transport en commun / Comme un pull sans over et un tricot stérile / Comme un sexagénaire génère un sexe à piles / Pour ses yeux en amande, pour ses prunelles sages / Il s’remet à chanter « Sous les PV la plage »… / Sous les PV la plage / Remplis d’égards de l’est en ouest / Sous les PV la plage / RATP HUMANUM EST / Il lui chante des complaintes contre x au clair de lune / Mais bientôt se rend compte qu’ils s’aiment pour des prunes / Il danse, elle contredanse ‘vec un mélo d’retard / Mais sortir d’l’aubergine, c’est pire que les beaux-arts / Car elle est contractuelle !!!… car il a une voiture !!!… / Et un air con, sensuel, qu’il préfère aux factures / A tout prendre, son pied du mur ou son courage / A lui la vie d’ordure !!!: »Sous les PV la plage ».. / Sous les PV la plage / Remplis d’égards de l’est en ouest / Sous les PV la plage / RATP HUMANUM EST / Moralitude : Loin de la nuée d’amour, ce fut la ruée vers l’or… / …Odateur quand il a dit : « On est ami à mort ! » / On est ami à mort / Remplis d’égards de l’est en ouest / On est ami à mort / RATP HUMANUM EST
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09 -
A tes souhaits
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Petit bonhomme éternue toutes ses larmes / P’tit bonhomme tousse bien son gros malheur / Petit homme plein de microbes plaint son âme / P’tit bonhomme, allez va, mouche ton cœur ! / Allez souffle ta peine, que ça parte un bon coup / A tes souhaits, tes amours, que ça parte comme elles / Vas-y, remue-toi l’cœur, il a pris froid partout / Oublie ce p’tit bout d’’flamme et tiens bon la chandelle / D’un fruit vert plein d’pépins, tu n’avais vu qu’une pomme / Et d’un courant d’air blond, t’avais fait une vision / Qui pousse à ne pas voir, pour un tout p’tit bonhomme / Que cet amour en solde n’était qu’une occasion / Refrain / Vas-y souffle, allez serre ton mouchoir et tes poings / A tes souhaits, faut guérir ton bout d’coeur enrhumé / Y a des jours où vaut mieux bien couvrir son chagrin / Gelé, glacé, grippé, trop tout dur à soigner / Mais maint’nant, p’tit bonhomme ,n’a besoin qu’de pans’ments / Et rhabille ses bobos d’une grosse boîte de Kleenex / Pour éponger un peu son gros mal en dedans / Cacher sa peine au chaud, la cracher tout au sec / Refrain / Allez souffle ta peine, j’vois bien qu’tu la renifles / Et crache une fois pour toute ce pauvr’ glaire amoureux / Tends donc l’autre joue d’ton cœur, puisque t’as r’çu une gifle / Pour une autre gourmandise qui te bouff’ra des yeux / Car bientôt, t’en fais pas, ton petit rhume de cœur / Guérira, t’oubliera, et s’en ira bien loin / Du printemps d’tes envies et de tes nouvelles fleurs / Qui t’feront découvrir l’bonheur du rhume dans le foin… / Refrain
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10 -
L'amour en poudre
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Il y a une forme au fond du square / Qui ne bouge pas depuis longtemps / C’est pas un bac, une balançoire / Ni un manège, un toboggan / Un épouvantail, ça se tient droit / Et c’est trop p’tit pour être un arbre / Les statues ça n’a jamais froid / Et les fontaines, jamais de barbe / C’est un jeune homme très âgé / Mais l’âge dort au fond de lui / Fruit vert, traité ou retraité / Tout le monde s’y trompe…et moi aussi… / Ce qu’il attend ce vieux brin d’homme, / Choque bien les dames du banc d’en face / C’est chaque jour une jolie môme / Qui vient le voir après la classe / Ces dames murmurent , les bancs bourdonnent / D’voir ce vieux cœur qui s’est trompé / Qui ose fleurir en son automne / Croquer la vie à plein dentier / Et tous les jours, la cloche sonne / Il sait qu’elle ne va pas tarder / Sous sa casquette, sa pipe rayonne, / Ils vont pouvoir se partager / Elle lui raconte ses p’tits bobos / Ses rêves, et puis ses mauvaises notes / Lui, il devient papa-gâteau, / Sort des bouts d’rire du fond d’sa hotte / Car l’âge dort au fond de lui / Tout le monde s’y trompe…et moi aussi… / Mais v’là qu’au détour d’une année / La gosse a grandi tout à coup / Et sans l’savoir, ni l’faire exprès / A oublié son rendez-vous / Et le vieil homme aux yeux d’bohême / Comprit alors du fond d’son banc / Qu’quand on s’appelle Mathusalem / On n’a pas l’droit d’avoir vingt ans / Pou / tant et tant de temps d’entente / Voilà qu’il ne lui reste plus rien / Pour tant et tant de temps d’attente / Plus de poupée pour le pantin / Il sait qu’elle ne reviendra pas / Que c’est une fausse idée de croire / Que les bourgeons ne s’envolent pas / Que les vraies fleurs sont dans les squares / Mais l’âge dort au fond de lui / Tout le monde s’y trompe…et moi aussi… / Et chaque jour des heures qui passent / Le trouvent penché sur son balcon / Pensant s’balancer comme un piaf / Passer la rampe comme un pigeon / Mais à cet âge il n’est plus d’mise / De refuser les lendemains / Fini le printemps des cerises / Pour l’été de la Saint Martin / Sa pauvre vie est toute trouée / C’est même plus la peine de la r’coudre / Elle cassée, voûtée, glacée / Et tout en miette, et toute en poudre / Maint’nant il a l’air de c’qu’il est / D’un vieux cœur froid aux yeux trop bleus / Voilà c’que c’est que d’semer / Que de jeter de la poudre au vieux / Et l’âge dort au bord de lui / Tout le monde s’y trompe…et moi aussi… / Il y a une forme au fond du square / Qui ne bouge pas depuis longtemps / C’est pas un bac, une balançoire / Ni un manège, un toboggan / Un épouvantail, ça se tient droit / Et c’est trop p’tit pour être un arbre / Les statues ça n’a jamais froid / Et les fontaines, jamais de barbe / C’est un vieil homme très âgé / Même l’âge est mort au fond de lui / Chrysanthème ou brin de muguet / Personne s’y trompe…moi si !
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11 -
Les p'tites misères
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Tous les matins devant sa glace / Elle s’regarde sous toutes les coutures / Sa terreur, c’est un ongle qui s’casse / Un sein qui pend comme un fruit mûr / Elle a très peur des cheveux gris / Du cheveu blanc, d’celui qui tombe / Tout ça lui cause bien du souci / Elle sent venir la fin du monde ! / Elle a très peur de c’qu’elle a l’air / P’têt qu’elle ressemble à une sorcière / C’est tous les jours la même galère / Les p’tites misères… / Elle s’badigeonne de maquillage / Se peinturlure à tour d’pinceau / Pour séduire des zoziaux d’passage / Pas trop s’emmerder au boulot / C’est pas tell’ment qu’elle aime les hommes / Mais comme elle est très conservée / Elle fait semblant d’croquer la pomme / D’être à peine mûre sans être fanée / C’est pas pour les jeux d’pattes en l’air / D’façons les mecs savent pas y faire / Elle passe l’amour en passagère / Les p’tites misères… / S’passionne aussi pour les étoiles / Mais pas parce qu’elle trouve ça magique / C’est un p’tit peu sa quête du grâal / Son engagement astrologique / Elle déteste tous les jeux de cartes / Mais s’prive jamais d’son p’tit tarot / Pour servir la cause du zodiaque / Rien n’est trop cher, rien n’est trop beau / Personnellement elle désespère / Son drame à elle, c’est d’être cancer / Elle s’sent bannie de sa bannière / Les p’tites misères… / Elle a la gueule de sa voiture / Mais se prend pour une écolo / L’essence sans plomb ça la rassure / Vu qu’elle raffole des animaux / On peut lui parler de Koweit / Pas des gosses qui meurent en Afrique / Elle leur préfère la vie des bêtes / Au moins ça fait pas d’politique / C’est pas qu’elle a un cœur de pierre / Mais elle s’méfie d’l’humanitaire / D’façons, elle n’a pas qu’ça à faire / Les p’tites misères / Elle n’a jamais voulu d’enfants / Paraît qu’c’est mauvais pour la ligne / Seul’ment voilà , dans deux trois ans / La ménopause lui f’ra un signe / Pour aller bien, pour t’nir le coup / Elle se console en regardant / Ses beaux seins fermes, sans gosse au bout / Son ventre lisse, sans môme dedans / Y a des moments où elle se perd, / Ça lui aurait p’têt plu d’être mère / C’est dur à vivre un cœur impair / Les p’tites misères / Alors elle reste devant sa glace / A faire le plein de superficiel / Pour tuer l’temps du temps qui passe / Qui sème ses graines de poivre et d’sel / Son existence est pleine de tiques / Et elle a la vie d’une vieille fille / Mais elle cède pas à la panique / Pour ça, elle s’trouve bien trop jolie / Même sous terre, elle s’ra terre à terre / Fardeau fardé sous les paupières / Pour être la plus belle du cimetière / Une misère !
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12 -
Psychose toujours
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Sans arrière goût d’arrière pensée / Faudrait qu’tu fasses un p’tit effort / Puisque j’suis v’nue m’faire pardonner / Tu pourrais t’taire un peu moins fort ! / Maint’nant qu’j’ai fait le premier pas / T’as plus qu’à r’venir sur les tiens / Si tu t’jettes pas à l’eau, j’me noie / J’te menace pas, je te préviens… / Croix d’bois, croix d’fer / Si j’mens, faut pas t’en faire / J’avoue c’est vrai, j’t’ai fait du mal / Un mal de chien dans mon jeu d’fille / Mais qu’t’en profite pour t’faire la malle / J’trouve ça mesquin et trop facile / Si t’étais pas d’si mauvaise foi / P’têt que tu s’rais moins rancunier / Si j’reviens, c’est quand même pour toi / Moi à ta place, je s’rais flattée… / Croix d’bois, croix d’fer / Si j’mens, faut pas t’en faire / J’t’en ai fait voir d’toutes les couleurs / A part peut-être la vie en rose / Mais moi, ça comptait pour du beurre / Et c’tait pas du tout la même chose… / Je suis venue t’dire à genoux / Que j’te march’rai plus sur les pieds / T’auras plus b’soin d’me passer tout / Seul’ment ta vie à mes côtés ! / Croix d’bois, croix d’fer / Si j’mens, faut pas t’en faire / Je suis pas venue te faire une liste / De tout c’que j’ai à t’reprocher / Mais si t’étais moins égoïste / T’oublierais la peine que j’t’ai fait… / Si j’t’aimais d’amour et douche froide / Au moins j’t’aimais de quoi tu t’plains / Pis si j’mentais comme une malade / C’tait juste du mystère féminin… / Nanananère, / Si j’mens, faut pas t’en faire / Au bord du gouffre et du suicide / Au bord des larmes et d’mon balcon / Fais c’que tu veux, t’es un homme libre / Mais c’est d’ta faute si j’ai raison ! / C’est pas mon genre d’faire du chantage / Mais si tu m’jettes, je fais pareil / Même que ce s’ra du 6ème étage / Y a pas d’menaces, y a qu’des conseils ! / Crois-moi, bras d’fer / Si j’meurs, faut pas t’en faire
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13 -
La fleur du Large
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J’suis la fille d’un brigand / J’suis la fille d’un corsaire / J’vais par mers et par vents / Faire la terre buissonnière… / Plutôt pirate, peut-être viking / J’ai peur de rien sauf des rivages / J’me bats en mer comme sur un ring / Tout l’monde m’appelle la Fleur du Large / Et à la mer comme à la mer / Je hisse ma vie, ça tourne la tête / J’suis cap’taine au log courant d’air / J’sème le vent et j’parle aux tempêtes / Sans cesse barrer, sans cesse partir / J’ai compris qu’faut être toujours prête / Que bon vent ne saurait mentir / Qu’la Liberté s’apprend sans Maître / J’me fous bien, si j’me noie, que l’eau soit bonne ou pas / S’il y a un temps pour tout, j’en veux du gros pour moi / Et j’me pousse en dérive toujours la plage au ventre / Loin des îles, trop faciles, sur la j’tée, j’jette pas l’ancre / Avec moi le déluge, je suis toute au naufrage / Sur mon radeau j’méduse les hommes d’équipage / Et leur cargo prend l’opinion publique qui parque / Leur morale bateau contre qui mène sa barque / Et sans fin, j’carapate de frégate en galère / Je ne suis que pirate et qu’une aventurière / J’suis la fille d’un bandit / J’suis la fille d’un corsaire / Les hommes, quand je les fuis / M’appellent la Sorcière… / Mais moi, j’les r’fuse à cœur perdu / Ces faux mutins qui s’veulent mutants / Qui pour ma fleur, m’montrent leurs écus / Pour m’payer en amants contents / Trop fière pour leur servir d’joujou / Qui geint quand eux ne le sont pas / Fille soumise mise sous un homme saoul / Bobonne à rien et bon appât / Et eux qu’essayent de me séduire / S’contentent, et tentent de m’mettre en cage / Moi comme château, j’vois qu’mon navire / Comme bijoux, j’veux qu’les coquillages / Et dès que je pose pied sur c’bout d’terre à terre / Je deviens miss Anguille et je me fais mystère / J’suis toute à la rivière, comme une carpe j’fais la muette / Dès qui m’jettent à la joue leurs pauvr’s embruns ‘causette / Mais je n’leur donne rien, je reste dans ma coquille / Et eux, qui m’postillonnent leur triste embrun d’ennui / Ils médisent, ils méprisent et bien sûr m’crachent dessus / Ça les distrait d’leur vie, d’leur pauvr’gagne-pain perdu / Et toujours je dois fuir leur morale des terres / Dardant vers l’horizon mon corsage de corsaire / J’suis la fille d’un pochard / J’suis la fille d’un poch’tron / J’suis qu’une serveuse de bar / Mes voiles, c’est mon torchon… / C’est toujours drôle une fille d’corsaire / Qu’on peut faire chanter au pourboire / Une fille qui n’sert qu’à s’laisser faire / Tant qu’y a d’la vinasse, y a d’l’espoir / Mais faut bien nourrir mon pirate / Celui qui tangue de bar en bar / Et contre un sucre, v’là qu’j’donne la patte / Pour payer l’verre où il s’amarre / Et j’reste là , la mer dans l’âme / L’ancre jetée sur le comptoir / J’le vois se noyer dans une larme / Du fond d’son verre, d’sa mort à boire / Je n’suis qu’une fille de peine, je n’suis qu’une fille de joie / Car l’ivrogne devient prince quand le client est roi / Et chaque soir, je taquine, je coquine et mutine / Pour gagner les bonnes graisses de ces marins d’cuisine / Mais qu’un jour vienne au port le corsaire que j’attends / Pour qu’enfin je puisse en avoir pour mon amant / Que ces moussaillons voient qu’c’est une autre paire de hanches / Que celles qui les menaient au fond de leurs nuits blanches / Il s’ra mon capitaine par mon seul command’ment / Et j’arrêterai enfin d’vivre dans l’erreur du temps / J’s’rai la femme d’un brigand / J’s’rai la femme d’un corsaire / Fleur du Large en plein vent / J’f’rai la terre buissonnière
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14 -
Comprend qui peut
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Oyez un peu ceci, petits pochards de France / L’histoire teinte de whisky, de JB et d’potence / D’un jeune gars du milieu, un caïd, un balaise / Et d’la fille d’à côté, qui elle, aimait l’Bailey’s / Buvons donc ces paroles et trinquons cette chanson / Où en têtes de litotes, y a des rimes sans raison / Car si mes vers sont pleins, ils manquent peut-être de pieds / Mais j’m’en fous moi d’façons, j’laisse les sophistes tiquer / Il boit des demis pour oublier sa moitié / Une vraie gueuze, une fausse blonde, une bécasse qui s’fait mousser / Y s’fourre du pif dans l’nez, vu qu’ça dégage l’ennui / Il boit des kros de jour et des p’tites mutzigs de nuit / Il était jeune et beau, 25 ans dira-t-on / Mais c’tait un mac Arthur, oh oui, quelle vocation / Un pauv’petit mac, arrondissant ses d’émoi / Et son trop plein de sens dans les fonds de calva / Quel bien triste métier, et quelle bien triste vie / Pour lui, qui poétait plus haut que son QI / Et rêvait d’un amour pur, hein, immaculé / Son turbin, donc Arthur, ben le laissa tomber / Pour se consacrer complètement à sa quête / Qui bien plus qu’une enquête semblait une conquête / Refrain / Il rencontra Lucie, sage fille de pasteur / « Une amante religieuse, voilà donc mon bonheur ! / Tu n’es pas vilaine, vierge, ensemble gagnons le ciel / J’suis pas un triste sire, viens dîner aux chandelles… » / La mignonne dit : « oui » ensemble ils se marièrent / Mais Arthur ignorait qu’en laissant Lucie faire / La belle dév’lopperait son goût pour le goulot / L’amante n’étant pas une amante aimant l’eau / Ah ! quelle cérémonie devant monsieur l’curé / Que le mariage d’Arthur et d’sa promise cuitée / Refrain / Plaignez donc bien Arthur et son malheureux sort / Car de lui, sans arrêt, Lucie médit à tort / Elle en fit tant et tant, que le pauvre homme craqua / Car il avait l’sang bleu, même si rose était l’foie / Et donc arriva l’jour où il dit avec rage / Que s’il était marri, c’était de son mariage / Il lui dit donc qu’entre eux, il fallait une coupure / Hélas !, c’t’à l’anévrisme qu’eut lieu la rupture / Ainsi finit l’histoire, ainsi finit le drame / Alors quoi, allez-y ! Versez-moi donc une larme / Refrain / L’désespoir pour la soif, c’t’à la fin du chapitre / « mon verre est vide hélas, et j’ai bu tous les litres !» / car prise de remords et en proie au regret / Lucie sans nul répit, de vache, se traitait / S’il finit dans la bière, mortuaire, c’la va sans dire / Elle s’y mit elle aussi pour noyer son martyr / Elle pleura tout son saoul, et puis le redevint / Mais dans son verre y avait comme un dépôt d’chagrin / (Chœur) : OIE – POULE – OIE – POULE – TRUIE – PORC / Refrain
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