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01 -
Badaboum 3'53
02 -
Je cours 3'22
03 -
Le Manneken Pis 1'46
04 -
Mauvais Ouvrier 3'45
05 -
L'averse 1'43
06 -
Intermède de qualité 0'29
07 -
Côté Punk 3'35
08 -
Aux étoiles 3'09
09 -
Deux mains 2'19
10 -
Capitaine de Marie-Salope 4'43
11 -
A l'attaque 1'52
12 -
Majid 3'07
13 -
A travers temps 4'44
14 -
Je renais 2'18
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01 -
Badaboum
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On a du brouillard dans lÂ’cigare
Mais on refuse d’être dans l’cirage
Quand dans le bordel on s’égare
C’est pas qu’on essaie pas d’êtr’sage
On en trouve encore à nous dire
Qu’on n’a rien compris à la vie
Arrête un peu ou on va rire
Ou explique-nous si tÂ’as envie
C’est vach’ment compliqué d’êtr’né
Mais c’est marrant d’être vivant
On est tout le temps étonné
Et puis on sÂ’ra pas mort avant
Alors c’est quoi, c’est ça la vie ?
Ca résonne
Boum boum
Badaboum
Un coup par terre
Un coup de boum boum
Badaboum
Un coup tÂ’es bien lÂ’autrÂ’ tÂ’es Ã
Boum boum
Badaboum
Tu pioches dans lÂ’or ou dans la
Boum boum
Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum
Badaboum
Si on sait pas tout lÂ’temps bien faire
CÂ’est quÂ’on comprend rien au bazar
DÂ’un bon dieu ou dÂ’un lucifer
CÂ’est quand quÂ’cÂ’est bien cÂ’est quand quÂ’cÂ’est marre
Alors ben on devine, on devine
Y’a même des fois où on s’en doute
On danse dans un champ de mine
PuisquÂ’il y a trois milliards de routes
Une tête un corps palpitant
Et démerdez-vous mes chéris
On n’est pas armé pour longtemps
J’ai un pote il dit qu’ça suffit.
Alors c’est quoi, c’est ça la vie ?
Ca résonne
Boum boum
Badaboum
Un coup par terre
Un coup de boum boum
Badaboum
Un coup tÂ’es bien lÂ’autrÂ’tÂ’es Ã
Boum boum
Badaboum
Tu pioches dans lÂ’or ou dans la
Boum boum
Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum
Badaboum
Ca empêche pas de dire bonjour
Ca empêche pas les éclats d’ rire
JÂ’ te parle pas des histoires dÂ’amour
Ou du poulet quÂ’on a fait cuire
On comprend rien mais on y va
Et c’est là que ça devient beau
C’est parce qu’on est tous dans l’même cas
QuÂ’faut avouer quÂ’cÂ’est rigolo
Alors si tu parles je me tais
Et puis si tu ris ben je pleure
Faut qu’on soit tous à s’aimer
A part machin là et sa sœur
Alors c’est quoi, c’est ça la vie ?
Ca résonne
Boum boum
Badaboum
Un coup par terre
Un coup de boum boum
Badaboum
Un coup tÂ’es bien lÂ’autrÂ’ tÂ’es Ã
Boum boum
Badaboum
Tu pioches dans lÂ’or ou dans la
Boum boum
Badaboum
Ta tête c’est calme ou bien elle
Boum boum
Badaboum
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02 -
Je cours
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Les cheveux de ma sœur capturés par ma main
Fallait pas qu’elle m’embête là faut qu’on se console
Son sourire sous ses larmes jÂ’lui dirai que jÂ’ lÂ’aime demain
En attendant frangine nos joies creusent des rigoles
Les dix balles à bonbons piqués à ma maman
A la bourse de lÂ’amour font une fortune dÂ’un rien
Son cahier à chansons chantées de temps en temps
Quand jÂ’mÂ’en foutais bien jÂ’avais tout et les miens
Les soirs de réveillons on osait s’embrasser
M’en fout du père Noël faut voir c’qu’on était beau
Et les dimanches d’ennui mon père me f’sait des jouets
Comme on dit par chez nous cÂ’est du sang, cÂ’est pas de lÂ’eau
ChÂ’est du sang chÂ’est nin dÂ’lÂ’iau.
Je cours, dans lÂ’autre sens que la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse que souvenirs et regrets
Mais je cours
Plus tard des amitiés qui s’oublient doucement
M’ont bousculé la tête on s’est encanaillé
On fumait en cachette tÂ’as vu le voyou, le grand
On trichait à l’école même pendant les dictées
On a dragué les filles, on en a eu quequ’z’unes
Qui m’ont appris des trucs, j’aurais jamais cru ça
J’ai su qu’un p’tit derrière ça pouvait être une dune
Qu’si tu mélanges des lèvres ben t’as le cœur qui bat
On sÂ’est construit le monde avec nos regards neufs
Le lendemain un autre venait le remplacer
On avait tout compris de la poule ou de lÂ’oeuf
Mes frères de petit grand vous m’avez dessiné
Je cours dans lÂ’autre sens que la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse que souvenirs et regrets
Mais je cours
Et quelques pas plus tard je suis tombé d’amour
Pour une pas pareille qui a su me faire pousser
Rien que d’y re-rêver je crois qu’la vie j’suis pour
Nos rires sont ma fierté on a tout inventé
On a appris nos corps on a mêlé nos têtes
Et on s’est ressemblé des jumeaux amoureux
De la peur de grandir on a fait une fête
YÂ’en avait plein pour nous et un peu moins pour eux
Si les ans ben voyons nous ont r’fait étrangers
Je recompte en moi nos dizaines de milliers dÂ’heures
Alors c’est pas toi qui m’apprendra à langer
Porte-toi bien petite madame je vous rends au bonheur
Et je cours dans lÂ’autre sens que la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse que souvenirs et regrets
Mais je cours
Et vivement demain
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03 -
Le Manneken Pis
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Toi mon p’tit bonhomme lui disait sa mère
Si tu continues à courir dehors
Tout nu comme un vers ton « zozio » à l’air
Il tÂ’arrivera que tu chopÂ’ras la mort
Maman tu m’embêtes qu’i lui répondait
Je fais qu’est c’que j’veux j’ai bientôt six ans
Ca mÂ’fait rigoler les habits cÂ’est laid
J’fais pipi en l’air j’embête les grands
Le temps passe et le manneken pis
Et le pÂ’tit voyou aux petites fesses rondes
Buvait la fontaine pour faire munition
Rire cÂ’est si marrant cÂ’est la plus belle fronde
IÂ’mouillait la ville il faisait grimper les troncs
Ce jour-là pourtant il gèle sur Bruxelles
Et le garnement excusez la peine
NÂ’a pas senti le froid iÂ’riait dÂ’plus belle
Il s’est statufié près de la fontaine
Le temps passe et le manneken pisse.
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04 -
Mauvais Ouvrier
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Mauvais ouvrier, mauvais compagnon
J’ m’ai cassé la gueule dans mon tour de France
Mon chef-d’œuvre était de la mettre en transe
Quand l’œuvre est immense c’est perdu d’avance
Mauvais ouvrier mauvais compagnon
On compte plus les failles dans ma cathédrale
Les carillons dÂ’or font des bruits de mort
Les vitraux cassés m’ont tranché le corps
Il y a dans la nef la bite dÂ’un porc
On compte plus les failles
Dans ma cathédrale
Ah, merde, jÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour amer
Le chœur en chaos
Y’a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue
JÂ’peux plus travailler
En femme de ménage je n’étais pas bonne
Mon pÂ’tit lit dÂ’amour a les draps trop sales
Ca sens l’renfermé ma cliente elle râle
JÂ’crois bien quÂ’le pourboire
Ce sera peau dÂ’balle
En femme de ménage je n’étais pas bonne
Le garçon d’café s’est vite fait virer
Quand on pleure tout lÂ’ temps les piliers se barrent
Sur les genoux dÂ’la fille jÂ’ai vomi le bar
Dans le fond des verres lÂ’amour se fait rare
Le garçon d’café s’est vite fait virer
Ah merde, jÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour amer
Le chœur en chaos
Y’a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue
JÂ’peux plus travailler
J’prends l’équipe de nuit faut gagner sa mie
IÂ’faut que jÂ’lÂ’usine pour quÂ’elle prenne du lustre
L’ennui à la chaîne voilà qu’elle se frustre
Elle préfère les mains calleuses d’un rustre
J’prends l’équipe de nuit faut gagner sa mie
Dans ma salle de classe mon élève se lasse
Explique pas les vers l’amour ça se vit
L’orthographe du cœur
Ca s’fait à l’envie
Fallait rien dicter là elle est partie
Dans ma salle de classe mon élève se lasse
Ah Merde, jÂ’ai lÂ’amour ah merde
J’ai l’amour à merde
JÂ’ai lÂ’amour amer
Le chœur en chaos
Y’a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue
JÂ’peux plus travailler
Les grandes vagues à lames m’ont coupé du monde
J’ai lancé des lignes qui n’étaient pas fécondes
Et jÂ’ai fait naufrage avec ma gironde
Planqué dans mon phare j’ai rien vu venir
CÂ’est partie remise bois ton RMI
Prends la longue file des cœurs au chômage
Fait les pÂ’tites annonces sans perdre courage
Pour trouver lÂ’embauche des yeux sans orage
CÂ’est partie remise bois ton RMI
Ah, merde, jÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour ah merde
JÂ’ai lÂ’amour amer
Le chœur en chaos
Y’a ma tête à terre
J’ai le béguin bègue
JÂ’peux plus travailler
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05 -
L'averse
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Je nous perdais c’était exprès
Quand ma main espérait la tienne
Tu souriais je me taisais
Attendant que mes forces viennent
Pour un rien un semblant dÂ’caresses
Tu savais quÂ’on nÂ’allait nulle part
Je séchais mes doigts en cachette
Tout en engueulant mon espoir
Qui voulait pas payer sa dette
Mon nom sur ton carnet dÂ’adresses
QuÂ’est-ce que jÂ’aurais bien pu te dire
Je voulais être une évidence
JÂ’ai bien essayer dÂ’te faire rire
En hésitant des pas de danse
Comme fidèle à ma jeunesse
J’osais penser à une maison
Qui serait à toi et à moi
Puis je voulais demander pardon
Qui j’suis puisqu’on se connaît pas
C’était p’t-être qu’un chemin d’ivresse
On sÂ’raccompagnait en trottoir
Mon bonheur cherchait ses tréteaux
T’étais compagne de mes trop tard
Sûrement qu’on s’arrivait trop tôt
Parfois les calendriers blessent
Et quand ta paume s’est retournée
C’était juste pour goûter la pluie
Puis ton sourire s’est éloigné
Tu nÂ’as pas vu de ton abris
Mes larmes cachées par l’averse
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06 -
Intermède de qualité
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Pille Pouille
Bille Bouille
Fille Fouille
Nie Nouille
Douille Dille
Mouille Mille
Trouille Trille
Couille Quille
Pour te faire marier, jÂ’te dÂ’mande en divorce
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07 -
Côté Punk
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JÂ’arrive le matin au bistrot du coin
Je m’installe sag’ment l’âme sans tourment
J’ai plein d’trucs à faire qui pourraient m’rendre fier
J’ commande un café pour me réveiller
J’brûle une cigarette mais bientôt j’arrête
Je me frotte les mains cÂ’est maintÂ’nant demain
JÂ’vais pouvoir mÂ’construire un bel avenir
Mais là j’sais pas ce qui se passe
J’commande un verre et son p’tit frère
Un pour la route un pour lÂ’retour
Je m’accroche au bar c’est là qu’on se marre
Je parle d’amour à des gens sourds
Arrive le soir je peux plus boire
Je m’suis vautré encore raté
J’y peux rien c’est mon côté punk
C’est le vieux démon qui démonte mon monde
JÂ’ai la vie en vice qui sÂ’fout dÂ’mon avis
Beau temps dans mon ventre aujourdÂ’hui jÂ’rencontre
J’ai la tête en fleur elle me voit elle meurt
DÂ’amour va sans dire pour elle jÂ’peux mourir
On s’accroche les yeux puis on fait des vœux
Nous deux ça s’ra grand, moi jamais je mens
Confonds-toi en moi, je suis fondu dÂ’toi
Mon p’tit canari, j’t’emmène à Paris
Mais là j’sais pas ce qui se passe
Car sur la route v’là qu’je m’encroûte
Pourquoi quÂ’elle mÂ’aime, jÂ’vaux pas la peine
Elle est trop bonne, elle doit êtr’conne
J’ouvre la portière pied au derrière
Ma pÂ’tite amie est en bouillie
QuÂ’st cÂ’que jÂ’ai fait jÂ’crois quÂ’je lÂ’aimais
J’y peux rien c’est mon côté punk
C’est le vieux démon qui démonte mon monde
JÂ’ai la vie en vice qui sÂ’fout dÂ’mon avis
J’suis toujours à faire d’une chose le contraire
Je sais pas c’qu’i’s’passe, j’dois être à la masse
Mon vouloir se meurt monsieur le docteur
Vous allez mÂ’aider, jÂ’saurai vous payer
Je n’veux qu’une seule chose c’est qu’ma tête se r’pose
J’suis plutôt dans l’fond un gentil garçon
J’veux y parvenir à mon bel avenir
Mais là j’sais pas ce qui se passe
Ca sert à rien dit le méd’cin
Séchez vos larmes rangez cette arme
Quand y’a des balles ça peut faire mal
Là j’prends sa tête y’en fait une tête
J’la mets à terre, sa gueule à terre
I’est mal barré, je vais tirer.
J’y peux rien c’est mon côté punk
C’est le vieux démon qui démonte mon monde
JÂ’ai la vie en vice qui sÂ’fout dÂ’mon avis
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08 -
Aux étoiles
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J’ai chanté aux étoiles mon amour pour toi
Puis jÂ’ai fait le calcul ma voix leur parviendra
Dans trois milliards d’années sûrement elles vont s’éteindre
De n’avoir pu t’aimer car moi seul peut t’étreindre
A ton seul souvenir mon bonheur perle en larmes
Et s’en va dévaler en cascades et vacarmes
Si la ville panique ce nÂ’est que dÂ’ignorer
Que mille torrents dÂ’amour sÂ’en viennent lÂ’abreuver
QuÂ’on me redise un jour
Que lÂ’amour nÂ’a quÂ’un temps
Tant que courra le temps je tÂ’aimerai autant
TÂ’en fait pas mon amour
Laissons-le défiler
Il est temps de s’étendre
Pour mieux le défier
JÂ’ai voulu voir du beau ailleurs que sur ton corps
Mais mes yeux sans repos doivent fouiller encore
Je nÂ’ai dÂ’autre sommeil que dormir sur ton ventre
Je nÂ’ai dÂ’autre folie que rentrer dans ton antre
J’ai le cœur qui pense et la tête qui pompe
Bonheur d’être à l’envers la raison qui s’estompe
Quand de tes doigts glacés tu me brûles la peau
Quand dans tes petits bras je couche comme en un château
QuÂ’on me redise un jour
Que lÂ’amour nÂ’a quÂ’un temps
Tant que courra le temps
Je tÂ’aimerai autant
TÂ’en fais pas mon amour
Laissons-le défiler
Il est temps de s’étendre
Pour mieux le défier
SÂ’agit pas de sÂ’en aller sinon qui va mÂ’aider
Me dire quÂ’il faut manger puis aussi respirer
Je ne sais plus rien faire que de penser à toi
Non c’est vrai j’exagère je veux parler de toi
Tu t’es offerte à moi et j’ai gagné ma mort
Ma même ma pareille me voilà couvert d’or
Pour te dire que je t’aime j’ai dû en faire des couches
À ton prochain sourire j’en rajouterai trois louches
QuÂ’on me redise un jour
Que lÂ’amour nÂ’a quÂ’un temps
Tant que courra le temps
Je tÂ’aimerai autant
TÂ’en fais pas mon amour
Laissons-le défiler
Il est temps de s’étendre
Pour mieux le défier
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09 -
Deux mains
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Deux mains se mélangent c’est la première fois
Deux peaux étrangères s’arriment aux pores
Mouillés de sueur, de nouveaux ébats
Vingt doigts sont paumés imagent des corps
Enlacés lascifs ou commencent une danse
Les ongles en griffes cherchent à rentrer
Mais une paume douce calme leur démence
Et les doigts s’endorment la chair apaisée
Deux mains se séparent la peau se fait sèche
Les doigts se retirent se roulent en poing
L’annulaire à l’air d’être mis à l’index
Les bras les balancent menaçant de loin
De mains de maîtresse trahison sans gants
Et tournent les pouces et pousse le trouble
Les ongles aiguisent un retour sanglant
Mais l’autre poignet réclame son double
Deux mains se retrouvent s’accrochent à nouveau
C’est la marée lente des cœurs des amants
Qui gonflent les veines des mains sous la peau
Et qui chassent le sang quand lÂ’amour fout lÂ’camp
Deux doigts qui se frôlent reprennent espoir
Ils touchent demain caressent la foi
Des couples heureux qui dÂ’amour en gloire
DÂ’amour
S’apprennent par cœur sur le bout des doigts
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10 -
Capitaine de Marie-Salope
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Capitaine de Marie Salope
DÂ’un navire qui est pas un navire
C’t’un coup à voir les flots en flop
Capitaine voudrait dire partir
Oui mais la poubelle reste à l’estuaire
Et le marin rêve de braver le large
Pourtant y sait oh y sait rien à faire
Qu’il rest’ra au port à devenir barge
QuÂ’est-ce que tu veux en faire dÂ’un pareil navire
Pas de bois, d’épices mais d’ la vase, des feuilles
C’est tout ce qu’on débarque cargaison de pire
Il partira pas de ce triste écueil
Ou s’en va sa tête marin dérisoire
Qui veut plus personne, tout seul et amer
Et quant à l’amour, l’plus dur reste à boire
C’est sa seule idée du néant de la mer
Capitaine de Marie Salope
En draguant les fonds touchant lÂ’fond
Voit Marie aux nuits interlopes
Emerger dedans ses fanons
La pauvre Marie, sûr qu’il la connaît
CÂ’tait pas un exploit de sÂ’enticher dÂ’elle
Elle avait choisi cÂ’ui qui promettait
Un gars au long cours qui la trouvait belle
Son marin mari elle lÂ’avait dans la peau
Fallait la voir fière éclairer la ville
Mais il s’est barré barrer son bateau
Tâter de la fille dans quelques Antilles
Depuis lors la douce était fille de port
Dans la rue qui glisse au pied du grand large
En vendant ses nuits, regardant la mort
Qu’elle a rencontrée cette nuit d’orage
Capitaine de Marie Salope
Voit lÂ’amour dans ce corps sans vie
Un miracle pour ce misanthrope
La plus belle est venue jusquÂ’Ã lui
Sa tête embrumée aux embruns de rhum
Fait des vagues de larmes quÂ’on croirait de joie
Ondine endormie, je serai ton homme
Je te garderai tout auprès de moi
Soulevant Marie sous le vent du Nord
La prend dans ses bras et descend dans la cale
De la Marie Salope son amour dort
Et lÂ’tonneau de tafÂ’, dÂ’une lointaine escale
Sera son repos il la plonge, lÂ’enlace
Et puis s’émerveille ses cheveux s’envolent,
Flottant algues vertes, prairies des Sargasses
Voilà sa revanche une passion folle
Capitaine de Marie Salope
Et sa belle, morte, Ã peau dÂ’ivoire
Se retrouvent quand le rhum s’écope
Tous les soirs il sÂ’en vient la boire
Et là de longues heures parle à son amour
De ce que toujours il lÂ’avait voulu
De son triste sort, marin au pÂ’tit court
De la seule mort celle quand on sÂ’aime plus
Pourtant, que peut faire la plus belle des mortes
Pour changer la vie sans vie du marin
Lui s’en doutait bien les délices fortes
Seules le réconfortent le tafia et rien
Il vide le tonneau Marie déconfite
S’en va pour de bon et le Capitaine fracassé délire
L’amour prend la fuite et sa tête aussi
En buvant sa peine
Capitaine de Marie Salope
Voit partir celle quÂ’il aima fort
Son navire quitte le bord
Et hop il s’éloigne loin du sémaphore
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11 -
A l'attaque
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Ce sont les flammes d’une colère
Qui viennent embraser le regard
De l’éparpillement de mes frères
Mes copains du cÂ’est pas trop tard
C’est une joie démesurée
De faire les grandes découvertes
De nos histoires sans passé
De nos conneries recouvertes
Notre fierté d’être sans haine
Et de retourner au charbon
En gueulant les gars faut quÂ’on sÂ’aime
Et le chemin sera moins long
Et c’est pas fini et ça continue
Vas-y patron sers-moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l’heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
Si on fait la collecÂ’ des rires
C’est pour préparer nos combats
CÂ’est parce quÂ’on sait pas trop quoi dire
A part regardez plus en bas
Et si on mélange nos pleurs
Dans une mer d’amitié
CÂ’est quÂ’il nous reste un peu de peur
Et quÂ’on a su la partager
Quand de sublimes engueulades
Viennent allumer le petit jour
CÂ’est la honte dÂ’un monde malade
Et c’est pour ça qu’encore on court
Et c’est pas fini et ça continue
Vas-y patron sers-moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l’heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
Et vos têtes en timidité
Tellement que vous aimez les autres
Pas besoin de vous imiter
Parce que jÂ’vous aime cÂ’est vous mes autres
Quand la folie dévaste tout
On voyage par petits bouts dÂ’phrase
Un tour de terre en rien du tout
C’est notre cafard qu’on écrase
Quand on prend le temps de sÂ’asseoir
Au comptoir des quand même content
On s’dit que ça s’appelle l’espoir
On sÂ’dit quÂ’on a encore du temps
Et qu’c’est pas fini et qu’ça continue
Vas-y patron sers-moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l’heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
A lÂ’attaque, Ã lÂ’attaque, Ã lÂ’attaque, Ã lÂ’attaque,
A lÂ’attaqueÂ…
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12 -
Majid
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J’peux enfin m’prendre du repos j’ai dégoté l’soleil
S’i‘s’couche sur une bière c’est la mer
SÂ’il est pas fou cÂ’est une merveille
Qui met l’cafard en état de guerre
Sûr c’est pas du Pôle nord son sourire brûlant
Son voyage nÂ’est que dÂ’ici
On le croit dÂ’ailleurs cÂ’est marrant
Lui qui pensait nÂ’avoir quÂ’une vie
Imagine
Si Majid sÂ’en va
Et nos rêves
Qui donc les boira
On a tout regardé mon grand frère sans papiers
On a rêvé tous les mélanges
Je n’aurais jamais parié
Qu’un jour on t’dirait qu’tu déranges
Voici lÂ’heure ma grande gueule
De faire taire ton honneur
Toi qui portais la tête haute
T’apprendras tes chaussures par cœur
Les flics du métro savent ta faute
Imagine
Si Majid sÂ’en va
Et nos rêves
Qui donc les boira
Imagine
Paraît qu’y en a qui veulent chartériser Kaddour
QuÂ’on veut virer notre prince arabe
QuÂ’on orphelinise donc sa cours
QuÂ’on le perde dans un panier dÂ’crabes
Et nos larmes amères couleront le pays
On n’a pas le cœur en mappemonde
Qui peut prétendre trier nos vies
Affûte les armes de la fronde
Imagine
Si Majid sÂ’en va
Et nos rêves
Qui donc les boira
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13 -
A travers temps
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Elle a quinze ans voyez-vous ça
Et s’apprête à devenir femme
Sa beauté cache croyez-vous ça
LÂ’enfant qui prend des airs de dame
Elle a quinze ans voyez-vous ça
Et plante ses yeux dedans les miens
Et fièrement, croyez-vous ça
Elle rit et propose sa main
Et mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi ma toute belle
Quand les ans vous auront grandie
Dans cinq ans mon cœur vous le dit
Que le vôtre me soit fidèle
Elle a vingt ans voyez-vous ça
Belle à parler avec les anges
Cette pureté croyez-vous ça
Me brûle l’âme et me mange
Elle a vingt ans voyez-vous ça
Il n’est d’homme qui ne la prétende
Je n’ose pas croyez-vous ça
Regarder ses mains qui se tendent
Mais mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi ma bien trop belle
Quand les ans vous auront mûrie
Dans vingt ans mon cœur vous le dit
Que le vôtre me soit fidèle
A quarante ans voyez-vous ça
Chacun de ses mots est dÂ’or pur
Si c’est un livre croyez-vous ça
Sa beauté fait la reliure
A quarante ans voyez-vous ça
Tous cherchent ses paroles douces
Je n’entends pas croyez-vous ça
Sa bouche réclame ma couche
Mais mon regard trahit sa flamme
Je veux que vous soyez ma femme
Revenez-moi douce prêcheuse
Quand les ans vous auront ternie.
Dans quarante ans mon cœur vous le dit
Et je vous ferai femme heureuse
Quatre-vingts ans voyez-vous ça
Et ses yeux transpirent le monde
Sa perfection croyez-vous ça
Fait quÂ’avec tout elle se confond
Quatre-vingts ans voyez-vous ça
Sa main fraîche presse la mienne
Elle est venue croyez-vous ça
Commencer une histoire ancienne
Mais mon regard éteint sa flamme
Pardonnez-moi ma bonne femme
De l’avoir gardé qu’un instant
Ma compagne, ma sœur, mon envie,
J’ai vécu pour vous cette vie
Et je vous aime à travers temps
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14 -
Je renais
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Les mêmes rues
A réapprendre
Celles disparues
QuÂ’il faudra rendre
Un demi-tour
En ligne droite
Quand le cœur lourd
Cherche la date
QuÂ’est-ce que le temps
Peut-être rien
On lève le camp
On se souvient
Je reviens
Et ces vieux airs
Dans mes poumons
Ou que sifflèrent
Mes compagnons
Le sang revient
Cogner mes tempes
On se sent bien
Dans nos vieux temples
Et mon sourire
MÂ’avait suivi
YÂ’a plus de pire
Je suis ravi
Je revis
Nouvelle adresse
Un autre amour
Avec lÂ’ivresse
Des nouveaux jours
Mêler l’espoir
Et lÂ’aventure
Aux vieilles histoires
QuÂ’ont la peau dure
Mon cœur qui bat
Sous une enseigne
Je regarde lÃ
Plus rien ne saigne
Je reaime
Y a plus dÂ’avant
Je sors de l’œuf
CÂ’est quand maintenant ?
Je suis tout neuf
Je ne sais rien
Tout me rétonne
Je me sens bien
A qui jÂ’en donne ?
CÂ’est rendez-vous
Là où j’étais
Si cÂ’est chez nous
Je vous rÂ’connais
Je renais
Textes : Loïc Lantoine - Musiques : François Pierron
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