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Béranger François
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Crédit: François Béranger
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En public 98 (double cd)
25 titres
- 60 + 50 min. Ref : CD 0399 / MD10 159 132 Sorti : 1999 Production : Futur Acoustic Distribution : Musidisc
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01 -
Tous ces mots terribles
02 -
Combien ça coûte ?
03 -
Aux exclus
04 -
Le vieux
05 -
Mamadou m'a dit
06 -
En avant !
07 -
L'Etat de merde
08 -
Dure-mère
09 -
Pour une fois...
10 -
Tranche de vie
11 -
La fille que j'aime
12 -
Tango de l'ennui
13 -
Grand-mère
14 -
Natacha
15 -
Evidence
16 -
Antonio
17 -
Milonga de mis amores (instrumental)
18 -
Parcours de nuit
19 -
Culture Mickey
20 -
Aux bouffons
21 -
Ma fleur
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Fin de l'été
23 -
Dans les arbres
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Marizibill
25 -
La chanson du pharmacien
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01 -
Tous ces mots terribles
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Tous ces mots terribles qui font des chansons / parlant de misère, d’ennui, de prison, / ne sont que des leurres chassant nos démons. / Bâillonnant la peur, pendant un moment. / Chanter, c'est pas vivre, mais c'est l'espérer. / Chanter, c'est survivre, quand on est vidé. / Vidé de ses illusions, tout nu et tout con. / Essoré, déboussolé, cassé, piétiné. / Je ne suis ni meilleur ni plus mauvais que vous. / Contre vents et marées, envers et contre tout, / j'ai chevillé dans le coeur un rêve de bonheur. / Un jour nouveau qui se lève chasse mon chagrin. / Un geste, un regard, un mot, un ami qui vient, / deux arbres dressés dans le ciel, la lune et la nuit / Deux amoureux dans un champ font comme leurs parents. / Une fille qui revient d'un voyage très loin. / Tous ces mots terribles qui font des chansons...
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02 -
Combien ça coûte ?
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Puisque la seule valeur qui vaille / dans cette fin de millénaire, / c'est la monnaie, la mitraille, / le fric, le pèze, le numéraire, / la fortune, la grosse galette, / les avoirs et les pépettes, / le flouze et les picaillons, / le capital, et le pognon, / dans ma grande naïveté / une question me préoccupe : / la nouvelle pauvreté. / Faut nous dire combien ça coûte / un kilomètre d'autoroute, / Superphénix réformée, / un grand stade à footballer. / Combien ça coûte une famille / pour qu'elle survive une année? / juste en bouffant des lentilles / et en payant son loyer. / Combien ça coûte la souffrance? / Combien ça pèse la détresse? / Combien ça cote l'indigence / dans notre beau pays de France? / Oui, dites-moi combien ça coûte / un char Leclerc, un Exocet, / un joujou de chez Dassault, / un TGV supersonique? / Un cocktail ministériel, / une compagnie de C.R.S.? / Combien ça coûte le prestige? / Combien ça coûte la connerie? / La la la la la la lère ... / La la la la la la tsoin ...
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03 -
Aux exclus
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Je sais qu't'as honte, mon pote, / tout seul, à te demander / quelles conneries t'as pu faire / pour en arriver là . / Ton proprio te vire, / ta femme se fait la malle, / tes enfants ont la honte, / tous tes copains ricanent. / Tout le monde te fait croire / que t'es un bon à nib. / Que tout ça c'est ta faute. / Que t'es pas un battant. / T'as du mal à penser. / Tu vas à la dérive / Derrière les barbelés / Du camp de l'exclusion. / Je sais qu'tu crois, mon pote, / Qu'ta dignité est morte. / Alors tu penses au gaz / mais le gaz est coupé. / Tu voudrais bien rentrer / dans l'oubli de la mort / doucement, tendrement, / comme dans une maîtresse. / Mais la mort est hostile / et tu attends, prostré, / que les Brigades Spéciales / t'emmènent vers le Quart-Monde. / A l'asile de nuit, / à la soupe populaire, / tes nouveaux camarades / te renvoient ton image. / Alors j'te dis, mon pote, / toute ta vie, toutes tes forces, / tu les as sacrifiées / à de fausses valeurs : / l'Etat et ses patrons / ses mensonges et ses lois. / La Morale du Travail. / L'Economie Mondiale. / Tu n'es que la victime / d'un complot bien monté : / celui de l'exclusion / parfaitement calculée. / Pour faire marcher le monde, / hier on t'exploitait. / Aujourd'hui on te jette. / Ca s'appelle le Progrès / Alors je crie, mon pote : / tu n'es vraiment pour rien / dans cette fin du monde, / dans cette Apocalypse. / On est seulement coupables / D'avoir été aveugles. / Nos brillants décideurs / que vont-ils faire de nous? / Partager les richesses? / Faut pas rèver, l'ami! / Nous mettre dans des camps / pour travailler à l'oeil? / Mettons-nous une étoile / pour bien nous reconnaitre. / Creusons-nous les méninges. / Réinventons la vie.
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04 -
Le vieux
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Combien d’entre nous ont vu le vieux qui passe dans la rue ? / Epouvantail tout gris que la cité a exclus. / La rue, les gens et le monde vont bien trop vite pour lui. / Dans ses yeux absents d’enfant ne passe que l’effroi du temps. / Pour descendre et remonter six étages d’escaliers, / il faut l’éternité. / Quelle faute a-t-il pu commettre le vieux tout gris / qui traîne ses vieux membres rassis ? / Combien d’entre nous ont fait quoi que ce soit de palpable ? / Un geste, un mot, un sourire, pour le raccrocher à nous ? / La vieillesse nous fait frémir, on ne veut pas croire au pire. / Nos yeux ne retiennent d’elle qu’une image irréelle. / Mon vieux à moi tous les mois va à tout petit pas empocher sa pension. / Il se ménage au retour un détour insolite chez le glacier du coin. / Quand je serai vieux et tout seul demain ou après-demain, / je voudrais comme celui-là au moins une fois par mois, / avec mes sous si j’en ai, m’acheter une glace à deux boules / et rêver sur leur saveur à un monde rempli d’enfants. / Mais peut-être que pour nous, nous les vieux de demain, / la vie aura changé. / En s’y prenant maintenant, nous-mêmes et sans attendre, / à refaire le présent. / Je donne à ceux qui sourient, et qu’ont bien le droit de sourire, / rendez-vous dans vingt, trente ans pour reparler du bon temps.
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05 -
Mamadou m'a dit
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Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Mamadou m'a dit, / Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Les citrons c'est les négros tous les bronzés d'Afrique / Sénégal, Mauritanie, Haute-Volta, Togo, Mali, / Cote d'Ivoire et Guinée, Bénin, Maroc, Algérie, / Cameroun et tutti quanti, Cameroun et tutti quanti. / Les colons sont partis avec des flonflons, / des discours solennels, des bénédictions. / Chaque peuple, c'est normal, dispose de lui-même / et doit s'épanouir dans l'harmonie. / Une fois qu'on l'a saigné aux quatre veines, / qu'on 'a bien ratissé et qu'on lui a tout pris. / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Les colons sont partis, ils ont mis à leur place / une nouvelle élite de noirs bien blanchis. / Le monde blanc rigole : les nouveaux c'est bizarre / sont pires que les anciens. C'est vraiment un hasard. / Le monde blanc s'étonne quand un petit sergent / se fait sacrer empereur avec mille glorioles. / Après tout c'est pas grave du moment que la terre / produit pour les blancs ce qui est nécessaire / le coton, l'arachide, le sucre, le cacao / remplissent les bateaux, saturent les entrepôts. / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Apres tout c'est pas grave, les colons sont partis, / que l'Afrique se démerde, que les paysans crèvent. / Les colons sont partis avec dans leurs bagages, / quelques bateaux d'esclaves pour pas perdre la main. / Quelques bateaux d'esclaves pour balayer les rues. / Ils se ressemblent tous avec leur passe-montagne. / Ils ont froid à la peau et encore plus au coeur. / Là bas c'est la famine et ici misère. / Et comme il faut parfois manger et puis dormir, / dans des foyers-taudis on vit dans le sordide. / Mamadou m'a dit, / Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Et puis un jour la crise nous envahit aussi. / Qu'on les renvoie chez eux ils seront plus heureux. / Qu'on leur donne un pourboire, faut être libéral, / et quant a ceux qui râlent un bon coup-de-pied au cul. / Vous comprenez, Monsieur, c'est quand même pas normal, / ils nous bouffent notre pain, ils reluquent nos femmes. / Qu'ils retournent faire les singes dans leurs cocotiers, / tous nos bons nègres à nous, qu'on a si bien soignés. / Et puis, c'qui est certain, c'est qu'un rien les amuse / ils sont toujours a rire, ce sont de vrais gamins. / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau / Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit / on a pressé l'citron, / on peut jeter la peau.
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06 -
En avant !
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Sur la vieille photo jaunie / c'est vos premières vacances. / Vous partez dans l'insouciance / sur deux vélos pourris. / De tes mains tu as cousu / pour dormir une tente. / Vous arrivez, incongrus, / sur une plage de Charente. / Les bourges ont peur des prolos / qui envahissent leur enclos. / Mépris, morgue compassée, / ils vous nomment : congés-payés! / Juste avant c'était Trente-six : / les métallos font la grève / pour un peu plus de justice, / plus de sous, plus de rêve. / Devant l'usine occupée, / à travers les grilles fermées, / chaque jour tu passais, fidèle, / à mon père sa gamelle. / Les hommes fatigués sourient : / ils défient l'Ordre Établi. / Venus des bals populaires / des musiciens jouent des airs. / Je vois dans le filigrane / de la vieille photo jaunie, / derrière vos vieilles bécanes / défiler tous vos acquits. / Toutes les générations, / têtues, jamais vaincues. / Leurs luttes contre l'oppression, / le Front Popu, la Sécu. / Mais la photo s'obscurcit. / Vos victoires sont bafouées. / Le monde regarde, suffoqué, / revenir la barbarie. / EN AVANT POUR LE GRAND BOND EN ARRIERE ! / EN AVANT! EN AVANT! EN AVANT!
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07 -
L'Etat de merde
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Avant d'acheter ma Carte Vermeille, / pour faire des voyages au soleil, / ou entrer dans ma tour d'ivoire / pour enfin jouir de mes avoirs, / avant qu'ma tête soit ramollie, / avant qu'mon corps ait trop vieilli, / avant que les vers me ponctionnent, / je voudrais qu'on éclaire ma route, / que l'on m'explique une fois pour toutes / comment l'Etat ça fonct-i-onne . / Ce gros machin mystérieux / qui fait qu'les gens sont pas heureux. / Je dis, avant qu'ma voix n'se perde : / l'État, l'État, c'est ... l'État d'merde. / Dire qu'l'Etat est scatologique / c'est pas vraiment très sympathique / pour la vraie fiente, le vrai crottin / qui engraissent si bien nos jardins. / Comparer l'Etat à des tas / de bouse, de purin, de lisier, / c'est négatif comme postulat. / On est quand même les héritiers / de la Grande Révolution / que le monde entier nous envie. / Mais la pauv'vieille, pervertie, / épuisée par la concussion, / n'a plus vraiment grand'chose à perdre. / L'Etat, l'Etat, c'est ... l'Etat de merdRe. / L'Etat, après tout, c'est virtuel, / c'est comme le Bon Dieu et ses saints. / Ca n'a pas d'éxistence réelle, / ça sort de nos esprits malsains. / Mais ça commande à la Justice, / ça fait la loi et la police, / ça joue avec le nucléaire. / Ca décide si on fait la guerre. / Avec l'argent des citoyens, / avouez que c'est quand même pas rien. / Faut croire qu'on a l'esprit patraque / pour supporter de telles arnaques. / Masochistes on aime bien marcher / dans l'Etat, dans l'Etat de merde. / Ca fait soixante ans que j'respire / et plus ça va plus ça empire. / D'abord, cadeau à la jeunesse, / j'ai eu ma p'tite guerre coloniale. / Et puis racisme, fausse promesses, / Raîson d'Etat, discours moral. / On est menés par des badernes / Qu'il faudrait pendre à la lanterne. / On s'demande qui les a mis là ... / Pardi c'est vous, c'est nous, c'est moi! / Patrie, Nation, tout le grand jeu, / j'aurais aimé y croire un peu. / Désespéré, je m'asphyxie / dans l'Etat, dans l'Etat de merde.
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08 -
Dure-mère
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Je vois une bouche qui s'ouvre, / comme un trou noir, / et qui n'a pas la force d'exhaler un cri. / Je crois voir un vieillard / au visage ride. / On me dit c'est un enfant, je n'en crois rien. / Bras et jambes squelettiques, / ventre gonflé / qu'y a-t'il vraiment dans cette outre affamée ? / Des yeux immenses de pure souffrance / accusation au-delà de tout pardon / Demain quatre milliards de crève-la-faim / auront-ils seulement la force de rêver ? / de rêver qu'ils mangent un riche bien gras. / Un riche bien gras, bien rose / ,jusqu'à en crever. / Lu casser le crâne, percer la dure-mère, / boire jusqu'à la lie la bonne matière grise. / Intelligence d'où n'est pas sorti / le désir, la simple idée de partager. / Terre! Terre! Terre! Ma terre! / Ma dure mère! / Qu'avons-nous fait de toi ? / Qu'avons-nous fait de nous ? / Qu'avons-nous fait ? / Sur nos belles routes, les paysans / arrosent de pétrole leurs excédents. / Par millions de tonnes la bouffe invendue / dort à jamais dans nos entrepôts géants. / Terre! Terre! Terre! Ma terre! / Ma dure mère! / Qu'avons-nous fait de toi ? / Qu'avons-nous fait de nous ? / Qu'avons-nous fait ?
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09 -
Pour une fois...
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Messieurs-dames pour une fois / j'vais vous dire un truc sur moi, / une sorte de présentation / pour répondre à vos questions. / Je n'sais pas si j'suis poète / mais il me vient dans la tête / des images à foison / sur le monde et ses démons. / J'suis une sorte de chansonnier. / Je travaille dans mon grenier. / Je connais pas la métrique, / pas non plus l'art poétique. / J'suis l'éternel débutant. / Je ne sais rien, j'ai deux ans. / Je cache mes incertitudes / sous des abords un peu rudes. / J'vais faire une comparaison / qui va vous sembler bien ... con, / en utilisant une rime / juste comme ça, pour la rime. / Beaucoup de mes chansonnettes / sont comme des savonnettes : / elles me servent à me laver / du monde et de ses saletés. / Mais rassurez-vous, ça va. / J'ai un bon feu, j'ai un toit, / une auto, un chat, un chien, / j'aime manger et le bon vin. / Et j'ai le plus important / qui fait qu'on survit au temps, / car tous mes amours sont là / pour chanter avec moi. / Y'a une sorte de bonheur / à dire c'qu'on a sur le coeur. / Tant pis si c'est pas un tube : / je suis pas marchand d'tuyaux. / Puisqu'on est là faut bien vivre. / Il faut sourire, il faut rire. / Et j'vous invite avec moi / à faire la la la la ...
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10 -
Tranche de vie
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Je suis né dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sûr entouré de bocages / c'est le village de Saint Martin. / A peine j'ai cinq ans qu'on m'emmène / avec ma mère et mes frangins. / Mon père pense qu'y aura du turbin / dans la ville où coule la Seine / J'en suis encore a m' demander / après tant et tant d'années, / a quoi ça sert de vivre et tout, / à quoi ça sert, en bref, d'être né / La capitale c'est bien joli / surtout quand on la voit d'Passy, / mais de Nanterre ou d'Charenton, / c'est déjà beaucoup moins folichon. / J'ai pas d'mal à imaginer / par ou c'que mon père est passé / car j'ai connu quinze ans plus tard / le mêmes tracas, le même bazar. / J'en suis encore a m'demander, etc... / L'matin faut aller piétiner / devant les guichets d'la main d'oeuvre. / L'après-midi solliciter / l'bon coeur des punaises des bonnes oeuvres. / Ma mère, elle était toute paumée / sans ses lapins et ses couvées. / Et puis, pour voir, essayez donc / sans fric de nourrir cinq lardons. / J'en suis encore a m'demander, etc... / Pour parfaire mon éducation / y'a la communale on béton. / La on fait d'la pédagogie / devant soixante mômes en furie. / En plus d'l'alphabet, du calcul, / j'ai pris beaucoup d'coup d'pied au cul / et sans qu'on me l'ait demandé / j'appris l'arabe et l'portugais / J'en suis encore à m'demander, etc... / A quinze ans finie la belle vie, / t'es plus un môme, t'es plus un p'tit. / J'me retrouve les deux mains dans l'pétrole / à frotter des pièces de bagnole. / Huit-neuf heures dans un atelier, / ça vous épanouit la jeunesse. / Ca vous arrange même la santé / pour le monde on a d'la tendresse. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Quand on en a un peu là -dedans, / on y reste pas bien longtemps / On s'arrange tout naturellement / pour faire des trucs moins fatigants. / J'me faufile dans une méchante bande / qui voyoute la nuit sur la lande. / J'apprends des chansons de Bruant / en faisant des croche-pattes aux agents. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Bien sûr la maison poulaga / m'agrippe a mon premier faux pas / Ca tombe bien, mon pote, t'as d'la veine / faut du monde pour le FLN / J'me farcis trois ans de casse-pipe / Aurès, Kabylie, Mitidja. / Y'a d'quoi prendre toute l'Afrique en grippe. / Mais faut servir l'pays ou pas. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Quand on m'relache je suis vidé, / j'suis comme u p'tit sac en papier. / Y'a plus rien dedans. Tout est cassé / J'ai même plus envie d'une mémé. / Quand 'ai cru qu'j'allais m'réveiller / les flics m'ont vachement tabassé. / faut dire que j'm'étais amusé / à leur balancer des pavés. / J'en suis encore à m' demander, etc... / Les flics, pour c'qui est d'la monnaie, / Ils la rendent avec intérêt / le crâne, le ventre et les roustons, / enfin quoi vive la Nation! / Le juge m'a file trois ans d'caisse / rapport à mes antécédents / Moi, j'peux pas dire que j'sois en liesse. / Mais enfin, qu'est-ce que c'est qu'trois ans. / J'en suis encore à m' demander, etc... / En taule, j'vais pouvoir m'épanouir / dans une société structurée. / J'ferai des chaussons et des balais. / Et je pourrai me remettre à lire. / Je suis né dans un p'tit village / qu'a un nom pas du tout commun, / bien sûr entouré de bocages / c'est le village de Saint Martin. / J'en suis encore à m' demander, etc...
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11 -
La fille que j'aime
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Parfois dans la radio / j'entends ma grosse voix. / C'est pas souvent, faut dire, / enfin ça arrive parfois / Je m'dis qu'avec une voix comme ça, / on peut pas chanter l'amour. / Faudrait plus de trémolos, / du feeling, du vibrato. / La fille qua j'aime, c'est pas la plus belle, / c'est pas la plus moche non plus. / Seulement mystère et boule de gomme / c'est pour celle-là que j'me sens un homme. / Quand elle s'approche de moi, / ça m'fait des frissons. / Quand elle s'éloigne de moi, / j'me retrouve tout con. / Dans son visage, c'est merveilleux, / elle a une bouche et deux yeux. / Et puis aussi un menton / et un nez avec un front. / A gauche une petite oreille / cachée par ses cheveux. / A droite une petite oreille aussi / cachée par les mêmes cheveux. / Quand elle est en pantalon / on voit son derrière tout rond. / Quand elle met une robe, / on l'devine, c'est excitant. / Et puis ses seins qui sont deux, / heureusement qu'ils sont pas trois / sans ca j'aurais jamais assez d’doigts / pour jouer avec quand il fait froid. / Là où c'est super bon, / c'est difficile a décrire. / Les images, les comparaisons, / c'est vraiment jamais dans l'ton. / Autrefois dans une autre chanson, / j'ai dit qu'elle avait un ventre / comme une plaine de blé mur. / Mais ça f'sait agriculture. / Surtout qu' maintenant dans les champs, / c'est vachement mécanisé. / On voit dans les plaines à blé / des moissonneuses-batteuses-lieuses. / C'est pas une chose à souhaiter / qu'elle se trouve sous un engin comme ça. / II vaut mieux pour faire l'amour / ce que la nature a prévu pour. / J'peux pas tout vous raconter, / d'ailleurs ça serait déplacé. / Et puis on va dépasser / la limite des trois minutes / Quand une chanson c'est trop long, / les radios vous la passent pas. / Moi j'ai beau avoir du coeur, / il faut bien qua j'fasse mon beurre. / Celui qu'a fait ces couplets là , / il vous dit pour terminer / que chacun prenne sa guitare / et fasse sa propre chanson. / Quand ce jour-là arrivera, / j'aurais plus à venir comma ça, / vous faire entendre mes discours / et mes chansons d'amour.
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12 -
Tango de l'ennui
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Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Je mesure aujourd'hui combien favorisé / j'étais, quand j' travaillais chez P'tit Louis. / A Billancourt-sur-Seine, dans l'entreprise modèle, / je participais à l'expansion. / A six heures du matin, lever comme un aveugle, / se laver, avaler son café. / S'enfoncer dans le froid, prendre le bus d'assaut, / piétiner dans l'métro, c'était l'pied. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie / S'engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer, / enlever sa casquette devant l'chef. / Faire tourner la machine, baigner toute la journée / dans l'huile polluée : quelle santé! / Surtout ne pas parler. Mais ne pas trop rêver / c'est comme ça qu'les accidents arrivent. / Enfin, le soir venu, repartir dans l'aut'sens / pour le même enthousiasmant voyage. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Heureusement un jour, sur Pont-de-Sèvres-Montreuil, / dans le bain de vapeur quotidien, / dans la demi-conscience, au hasard d'un chaos, / j'ai senti dans mon dos tes deux seins. / Je me suis retourné, je t'ai bien regardée / et j'ai mis mes deux mains sur tes seins. / Tu m'as bien regardé, et tu n'as pas bronché. / Bien mieux tu as souri et j'ai dit / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / Tu t'appelais Honorine, ou peut-être Ernestine, / mais moi je préfère Anastasie. / On a été chez toi, ça a duré des mois. / J’ai oublié d'aller chez P'tit Louis. / Qu'est-ce qu'on peut voyager dans une petite carrée / Tu m'as emmené partout où c'est bon. / Et puis un jour, comme ça, pour éviter l'ennui, / on a décidé d'se séparer. / Anastasie, l'ennui m'anesthésie ! / La morale de c'tango, tout-à -fait utopique, / mais c'est pas interdit de rêver / c'est qu'si tous les prolos au lieu d'aller pointer, / décidaient un jour de s'arrêter, / pour aller prendre leur pied où que ça leur plairait, / ca serait bien moins polluant que l'ennui. / Y'aurait plus d'gars comme moi, comme j'étais autrefois, / qui s'répétait tout le temps pour tuer l'temps / Anastasie, l'ennui m'anesthésie !
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13 -
Grand-mère
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Ma grand-mère qu'était d’Clamecy, / elle a clamsée dans son p'tit lit, / A l'hôpital de Montargis. / Elle est partie rejoindre son homme. / celui qu’elle appelait son chéri, / un matin d'cet hiver pourri (bis) / Ma grand-mère qu'était de Clamecy, / c'était une qui chantait tout le temps. / Au temps d'son jeune temps, à vingt ans. / Faut dire qu'elle était couturière, / et qu'dans les ateliers d'misère / on se serait cru dans une volière (bis) / Dans les quartiers des ateliers, / des ateliers de couturières / fallait voir comme la dernière / Etait sapée comme une rentière / On sait pas comment qu'elles faisaient / pour être mises comme des princesses... (bis) / Quand elles sortaient des ateliers / après dix-onze heures de travail, / les rues s'emplissaient de beauté, / les chapeautières, les culottières, / les grisettes et les trottins, / les petites mains et les premières (bis) / Douze heures par jour, six jours de rang, / les fesses talées, les reins brisés, / la poitrine creuse, les doigts piqués, / les yeux rougis et ça chantait / Ca chantait des chansons joyeuses / d'avenir radieux, d'amour toujours (bis) / Les p'tites nanas de ce temps-là / elles tenaient très haut, à bout de bras, / une sorte de fierté orgueilleuse. / C'etait mieux qu'de chercher l'oubli, / après des journées pas fameuses, / dans des verres d'absinthe ou d'anis (bis) / Pour ma grand-mère qu’était d'Clamecy / qui vient d'clamser dans son p'tit lit. / Pour elle qu'a chanté toute sa vie, / on guise d'au revoir et merci. / Cette chansonnette je dédie / un jour de cet hiver pourri (bis).
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14 -
Natacha
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Natacha, / ton nom c'est déjà un voyage, / à quoi bon dépenser nos sous / à vraiment partir, et pour où ? / A partir, / j’aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus, / où on découvre des merveilles. / Natacha, / ton ventre est une plaine à blé / où le Lion court après la Vierge / dans le soleil de juillet, / Et la plaine, / quand elle finit c'est pour venir / caresser des montagnes douces / où je cueille des fruits délectables. / Natacha, / après les monts, après les plaines, / on arrive dans un pays / où les mots ne peuvent plus rien dire. / Un pays, / où je crois voir ton visage / avec ta bouche qui s'entrouvre, / avec tes yeux qui cherchent l'ombre / Natacha, / L’air que tu respires est le tien, / je me baigne dans les grands flots / de tes cheveux abandonnés. / Nos navires, / selon le temps, selon la mer, / vont calmement ou bien se brisent / mais c'est toujours pour le plaisir. / Natacha, / en toi je fais de longs voyages, / les plus beaux, les plus incroyables, / il me semblait que toi aussi. / Tu t'en vas, / tu t'en vas faire le tour du monde, / le vrai cette fois avec des trains, / des Boeings, des machs, des turbines. / Natacha, / je crois bien que tu reviendras, / non pas que je sois prétentieux, / mais nos voyages c'était bien mieux. / A partir, / j'aime mieux les rivages ombreux / de notre grand lit aux draps bleus / où on découvrait des merveilles.
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15 -
Evidence
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16 -
Antonio
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Antonio, / fils de Borges-Peïnado, / le marchand de chevaux, / la lame de Tolède / dans sa ceinture d'argent, / attend que le rival / descende de chez sa belle. / Statue d'ombre, ne sent / ni le froid ni le temps, / et parle aux étoiles. / Dans la rose lumière / de six heures apparaît / le bellâtre béat, / les bottes à la main. / Antonio se montre : / - Mets tes bottes, maricon! / Allons vers l'écurie. / Le rival, dos au mur, / est livide comme la mort. / De son ventre clapote / un gargouillis infâme : / le rival se relâche! / - Tu pues, enfant! Retourne / chez ta mère! Qu'elle te lave! / Je ne salirai pas / ma lame de Tolède / dans un pot de chambre! / Antonio s'en va / en riant au soleil. / Ce soir il écrira / un tango.
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17 -
Milonga de mis amores (instrumental)
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18 -
Parcours de nuit
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J'arpente toutes las nuits un parcours balisé / par les bistrots tardifs de la périphérie. / Je suis un de ceux là aux yeux de poisson mort / flottant dans le néon des bistrots-aquarium. / Qui regarde sans le voir le nouvel arrivant / encore un mec qui pleure à trois heures de matin; / qui commande un grand noir arrosé de poison / et puis est-ce bien des larmes ou des gouttes de pluie ? / Cette affiche sur les murs / éclairée au mercure / partout, dehors, dans la nuit / une blonde, de dos, pénètre dans la mer... / Partout, dehors, dans la nuit... / A la fin du parcours, vers cinq heures du matin, / ma carte d'identité épinglée au blouson / éclats des gyrophares, contrôles de routine / j'escalade las grilles d'un jardin interdit / Je vais saluer des potes, fantômes cradingues, / qui dorment là l'hiver couverts de chiffons. / Ils m'invitent, sans question, à goûter leurs biberons / de liquide incendiaire qui m'explose les tripes. / Cette affiche sur les murs etc... / Une tonnelle en béton nous tient lieu de salon / et je perds aux échecs contre le vieil Igor. / Plus tard, vers huit heures, et au-delà des grilles, / sortant naturelle d'un immeuble inconnu, / passe une femme blonde, air ravi, / comme celle de l'affiche dans las abris des bus. / J'enlace un vieux chêne. II imprime dans ma joue / son écorce rugueuse, fraternelle / Cette affiche sur las murs / éclairée au mercure, / partout, dehors, dans la nuit / une blonde, de dos, pénètre dans la mer... / Partout, dehors, dans la nuit...
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19 -
Culture Mickey
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J’ai fait un rêve merveilleux / j’me transformais en Mickey rigolard / Tout le monde admirait ma grande queue / et mon talent à gagner des dollars. / Avec Minie, Pluto, Dingo / dans un palais en carton plâtre / on s’éclatait en compagnie / d’une armée de poupées Barbie / Vive le nouvel ordre mondial / son programme m’interpelle / de son quotient intellectuel / il fait monter, monter la pression / J’ai fait un monstrueux cauchemar / échappé d’une série standard / avec une star aux belles fesses / j’étais devenu un flic US. / Dans un palais serti de strass / d’un milliardaire du Texas / rempli de morues satinées / je sauvais les moeurs outragés. / Vive le nouvel ordre mondial / son programme m’interpelle / de son quotient intellectuel / il fait monter, monter la pression / Bien sûr avec notre vieille culture / et nos vingt siècles d’aventures / bien sûr avec tous nos héros / notre histoire, notre littérature / sur un terrain de 600 hectares / pour un pactole de 22 milliards, / on n’est pas foutu d’inventer / des loisirs vraiment musclés. / Vive le nouvel ordre mondial / son programme m’interpelle / de son quotient intellectuel / il fait monter, monter la pression / Déjà que les Yankees sont très forts / pour se remplir le coffre fort / de la sous-culture du Mickey / jusqu’au missiles Patriot / Jack la culture, le flagorneur / censé défendre nos vieilles valeurs / colle une médaille aux pectoraux / de Sylvester Stallone Rambo. / Allons Français un p’tit effort / pour plaire à nos maîtres à penser / transformons nous en hamburger / bien dégoulinants de ketchup.
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20 -
Aux bouffons
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Comme à l'école communale / pour nous rajeunir un p'tit poil, / utilisons des mots cochons / pour brocarder tous les bouffons. / Surement à cause de mon foie, / que j'ai sensible au moindre émoi, / (à moins qu'ce soit ma vésicule, / ou bien encore mon trou du cul) / je sens une pulsion colérique / me détruire les zygomatiques. / J'ai envie d'dire des mots salingues / pour éviter de tomber dingue / devant le spectacle infâme / de nos décideurs qui brâment / leurs sermons moralisateurs : / - Ayez confiance, n'ayez pas peur! / - Soyez solidaires, dynamiques! / - Ne fumez pas de hakike! / - Entreprenez! Investissez! / - Soyez forts et déterminés! / - Pour que l'Etat soit plusse balèse / - On vous piquera encore du pèze ... / Nous, pauvres cons, on baisse le front. / Et ils organisent l'exclusion! / Refrain : ENTOURÉ DE SES PORTE-COTON / LE GRAND MAMAMOUCHI NOUS FOURRE (bis) / A NOUS FAIRE EXPLOSER L'OIGNON / L'Univers entier nous envie / le talent de nos dirigeants / dont le cervelas rabougri / ne véhicule que du vent. / L'idée de la Pensée Unique / c'est : plus c'est nul, plus j'te nique. / C'est vous dire la force des concepts / qui germent dans leurs cerveaux ineptes. / La République, sans jeu de mots, / ils la prennent pour une pute. / Lui font des papouilles, des turlutes / et se foutent de guérir ses maux. / La trahison de leurs promesses / ils la lui mettent entre les fesses. / Le fin du fin, pour leur boutique, / c'est la renommée médiatique. / De leur bouche d'or, pointe, éructant, / leur langue de bois, cousue d'fil blanc. / Pour nous déverser un wagon / de lieux communs, comme des étrons./ Au refrain / J'entends déja l'réquisitoire / contre ma chanson-dégueuloir : / (mais la chanson n'est pas finite / faut récurer l'fond d'la marmite) / qui c'est ce peigne-cul sans façons / qui salit les institutions? / Qui c'est ce baveux malheureux / et ses rimes à la mord-moi-l'noeud? / Qui c'est ce teigneux anarchique / au mauvais goût catastrophique, / donnant des armes aux extrèmistes, / aux factieux, aux pourris, aux fascistes? / A vrai dire, j'en ai rien à faire / du bon goût et des bonnes manières. / Pourquoi nous laisser gouverner / par des bouffons-crétins fiéffés? / C'est de ne pas gueuler qu'on crève. / On a qu'une vie et elle est brève. / A cette pensée mes yeux se mouillent. / Faudrait plus qu'on nous casse les ... couilles! / Dernier refrain : Comme à l'école communale, / utilisons des mots cochons (http://www.lartscene.com/spacer.gif) / pour brocarder tous les bouffons.
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21 -
Ma fleur
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Réprimez-moi si vous voulez, / A cause de mes cheveux trop longs, / à cause de ma gueule arrogante / au passage des cars de poulets. / Donnez-moi des coup d'pieds dans l'fion, / des coups d'bidules dans les roustons. / Puis enfin traitez-moi de tante, / faites-moi une tête bien rasée / comme les nazis en l'an quarante. / Vous n'aurez pas ma fleur. / Celle qui me pousse a l'intérieur. / Fleur cérébrale et fleur de coeur, / ma fleur. / Vous êtes les plus forts / mais tous vous êtes morts. / Et je vous emmerde. / Réprimez-moi si vous voulez / pour avoir essayé d'aimer / sur les pelouses interdites, / hors des institutions sacrées. / Sacré nom de dieu c'est meilleur / Essayer pour voir, et puis dites / Divorcez-moi, châtrez moi l'coeur, / et puis l'reste aussi, quel bonheur / Et mangez-les avec des frites / Vous n'aurez pas ma fleur, etc / Réprimez-moi si vous voulez. / Etre différent c'est un crime. / Etre noir ou jaune ou pédé. / Ne pas respecter votre frime. / Avez-vous une fois seulement / songé que la haine ça mine. / Alors que l'amour ça détend, / que ça rend jeune et beau tout l'temps. / Mais bien sur c'est un gros péché... / Vous n’aurez pas ma fleur, etc.
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22 -
Fin de l'été
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Fin de l'été le soleil s'en va / c'est bien banal, vers d'autres horizons. / On va s'enfermer dans nos maisons / comme des chaussures dans leurs cartons, / comme des objets sans destination. / Jusqu'à l'année prochaine. / Jusqu'à ce qu'il revienne. / Comme elle m'ennuie cette mélancolie. / Comme elle me mine cette grève de la vie. / Viens, jetons dehors la raison. / Viens, ouvrons la porte à la passion. / Mes mots te font rire, c'est déjà çà . / Et puis regarde en toi / Et puis regarde en moi. / Au fond de nous, l'été / Au fond de nous, soleil / Au fond de nous merveille / On se fout de la fin des saisons (bis) / Cette magie-là , ça marche ou ça marche pas. / Mais c'est pareil, du moment qu'on essaie. / Le vrai soleil sera jaloux / qu'à son insu on l'ait mis partout / Dans les rues, dans les gens, dans les jours / Les jours qui s'usent, / les jours qui usent / Au refrain.
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23 -
Dans les arbres
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Des jours entiers dans les arbres / pieds dans la terre tête dans le ciel / Juché sur le plus haut d'entre eux / accroché à son tronc rugueux / Je chevauche la bête centenaire / en regardant les nuages passer / Des jours entiers dans les arbres / à écouter le temps passer / Mes voisins sont des nains géants / émigrés des forêts du Rhin / Les autres tout gris et tout noirs / viennent des grands arbres du Congo / Les grands d'acier et de fureur / s'épuisent contre des dieux anciens / Les petits font pour les calmer / en riant des cris d'oiseaux / Un vieux pygmée tout déplumé / me prend la tête à deux mains / et me chuchote en souriant / sa vérité innocente / Tu es bien plus petit que moi / et bien plus grand que les géants / Libère-toi du désespoir / évite les mirages de l'espoir / Vers le soir les géants se calment / en fumant des herbes magiques / qui font les étoiles plus brillantes / et moi un peu mélancolique / Une géante toujours enceinte / me prête son bâton phallique / pour briser l'armure de la nuit / et entrer dans le lit des rêves / Demain un avion migrateur / tissera dans le ciel un sillage / Ligne blanche sur papier d'azur / pour vous dessiner un message ...
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24 -
Marizibill
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25 -
La chanson du pharmacien
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