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Fersen Thomas
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Photo Sandrine Expilly
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Pièce montée des grands jours
11 titres
Ref : 0927-49969-2 Sorti : 2003 Production : tôt Ou tard Distribution : tôt Ou tard
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01 -
Diane de Poitiers
02 -
Deux pieds
03 -
Saint Jean du Doigt
04 -
Le chat botté
05 -
Pièce montée des grands jours
06 -
Borborygmes
07 -
Croque
08 -
Les cravates
09 -
Rititi, ratata (il paraît qu'elles aiment)
10 -
Bambi
11 -
Né dans une rose
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01 -
Diane de Poitiers
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Que fait donc en ce lieu,
Parmi ces messieurs,
Cette blonde aux bras nus,
Si nus, qu’elle éternue.
Dans ses doigts, elle se mouche
Et pour sÂ’rincer la bouche,
Elle commande un porto,
Puis un autre porto.
Je lui dis à l’oreille :
« T’es belle comme Diane de Poitiers,
Veux-tu prendre la moitié
De mon lit si t’as sommeil ? »
Elle me répond, je cite :
« Il faut pas qu’tu t’excites,
Ce nÂ’est pas cÂ’que tu penses,
Je suis restée vieille France. »
« C’est d’accord, je t’accueille,
Moi je dors dans le fauteuil
En tout bien, tout honneur,
Comme un frère et une sœur,
Toi le lit, moi la banquette,
A la bonne franquette,
CÂ’est dÂ’accord pour ce soir,
Moi je dors dans la baignoire.
Certes, je ne suis pas un saint
Et quand la lumière s’éteint,
Je nÂ’ai pas toujours dit non
Mais j’m’en remets à Platon
Pour nous deux, cÂ’est plus sage,
Vu la différence d’âge,
Non ce soir, pas dÂ’folies,
Chacun dans son lit.
Soit, je ne suis pas un moine,
JÂ’dissipe mon patrimoine
Dans ce bar un peu glauque,
Ma voix est devÂ’nue rauque
A la suite des abus
Mais ce soir jÂ’ai rien bu,
Non, ce soir je suis strict,
Le devoir me le dicte.
J’ai rien d’un ecclésiastique,
Ma conscience est élastique
Et si jÂ’fais mon examen,
JÂ’suis pas dans lÂ’droit chemin,
Non, je ne suis pas très pieux
Quand cÂ’est lÂ’heure dÂ’aller au pieu,
Je fais rarement ma prière,
J’préfère une petite bière.
Certes, je ne suis pas un prêtre,
Ce s’rait mal me connaître.
Et les soirs de pleine lune,
J’en ai détourné plus d’une.
Mais faut pas rester dehors
Avec tous ces délinquants,
Sois tranquille, moi je dors
Sur le lit de camp.
Soit, j’suis pas un chérubin,
Faudrait que jÂ’prenne un bain,
Que je rase sur mes joues
Cette barbe acajou,
Et mon linge nÂ’est pas net,
Enfin, pour être honnête,
Ce matin dans le bus,
J’ai attrapé une puce.
Les nuits dÂ’hiver sont longues
Dans ma baignoire oblongue,
Elles sont longues et frisquettes,
Surtout sur la banquette,
Le divan du séjour,
Le canapé d’velours,
Le fauteuil Louis-Philippe,
A chÂ’val sur les principes !
Mais cÂ’est dÂ’accord, je tÂ’accueille,
Moi je dors dans le fauteuil
En tout bien, tout honneur,
Comme un frère et une sœur,
Toi le lit, moi la banquette,
A la bonne franquette,
CÂ’est dÂ’accord pour ce soir,
Moi je dors dans la baignoire. »
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02 -
Deux pieds
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On me dit que je suis paresseux,
Que je ne fais que ce que je veux,
CÂ’est-Ã -dire pas grand-chose,
On dit que je me repose.
Je suis désolé,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Franchement désolé.
La vaisselle envahit l’évier,
Et le linge déborde du panier,
JÂ’ai les chÂ’veux sales, je suis barbu,
Mais je m’en vais, mon café bu,
Je suis désolé,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Franchement désolé.
Dans la rue, il y a des travaux.
Et moi jÂ’aime regarder les travaux.
On me dit : « du balai ! »
« Plus vite que ça s’il vous plaît ! »
Je suis désolé,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Franchement désolé.
Elle me dit que je suis en retard,
Que je me coiffe avec un pétard.
Elle veut déplacer les meubles,
J’suis pas là pour déplacer les meubles,
Moi je suis désolé,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Je nÂ’ai que deux pieds,
Franchement désolé.
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03 -
Saint Jean du Doigt
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Elle a les chÂ’veux mayonnaise,
Moi jÂ’ai un pull caca dÂ’oie,
Elle cÂ’est Jeanne et moi cÂ’est Blaise,
Ça s’passe à Saint-Jean-du-Doigt.
Faudrait que jÂ’monte sur une chaise
Car elle est plus grande que moi,
Faudrait que jÂ’monte sur une chaise,
Ça va mieux quand elle s’asseoit.
JÂ’suis comme au pied dÂ’la falaise
Quand son grand corps se déploie,
Je respire ses charentaises
Et cÂ’est son nombril que jÂ’vois.
« Allez Jeanne, y’a pas d’malaise,
Viens donc admirer chez moi
Mes estampes japonaises
Et pis mon chapeau chinois. »
Elle a vingt ans, jÂ’en ai treize,
Et cÂ’est vrai quÂ’jÂ’ai les pieds froids
Mais mon cœur est une braise
Et je nÂ’suis pas maladroit
Pour danser la Saint-Jeannaise
Qu’on danse à Saint-Jean-du-Doigt.
Elle mÂ’a fait une clef anglaise
Quand j’l’ai cru prête à l’emploi.
J’ai pris une douche écossaise,
C’était chaud pis c’était froid,
Une chaleur de Genèse
Pis l’mercure à moins trente-trois.
Erreur, fallait pas quÂ’je biaise,
Fallait pas sortir du bois
Car la Jeanne, elle est pas niaise
Même si elle n’a qu’un p’tit pois.
Elle a les chÂ’veux mayonnaise,
Moi jÂ’ai un pull caca dÂ’oie,
Elle cÂ’est Jeanne et moi cÂ’est Blaise,
Ça s’passe à Saint-Jean-du-Doigt.
Fixé avec une punaise,
Epinglé à la paroi,
Pour la regarder à l’aise,
JÂ’ai mis son portrait chez moi.
Soit dit entre parenthèses,
Faut pas lÂ’crier sur les toits,
CÂ’est mon polochon que jÂ’baise,
Vous imaginez ma joie.
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04 -
Le chat botté
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Je travaille au « Chat Botté »
Dans le centre-ville,
Je vends l’hiver et l’été,
Des mules en reptile.
CÂ’est mon destin je suppose,
JÂ’ai quinze ans dÂ’maison.
Ça sent pas toujours la rose,
CÂ’est le reblochon
Dans le cas de cette fillette
Qui tend son pied droit,
Son prénom doit être Berthe,
Pointure 43.
Il est lÂ’heure de mon sandwich
Mais je nÂ’ai plus faim,
Asphyxié par une péniche,
Telle sera ma fin.
On ne veut plus les quitter
Quand on les enfile,
Essayer cÂ’est adopter
Les mules en reptile.
Je surveille au « Chat Botté »
Derrière mes lentilles,
Au rayon des nouveautés,
Une longue fille.
Elle regarde les savates
Et puis finalement
Elle me dit quÂ’elle convoite
Les mules en serpent.
Elle me confie son pied nu
Comme à une sœur.
Il est fin, petit, menu,
Bref, sans épaisseur.
Je le respire, je le flaire,
Enfin je le hume,
Je voudrais mettre sous verre
Ce qui le parfume.
On ne veut plus les quitter
Quand on les enfile,
Essayer cÂ’est adopter
Les mules en reptile.
Jamais eu au « Chat Botté »
Cette démangeaison,
Cette envie de bécoter
En quinze ans dÂ’maison.
Je repousse l’idée sotte,
L’idée saugrenue,
L’idée d’proposer la botte
À cette inconnue.
Quand soudain le carillon
Annonce la nuit,
Et pareille à Cendrillon,
La fille sÂ’enfuit
Me laissant désappointé,
La mule à la main,
Elle s’enfuit du « Chat Botté »,
Passe son chemin.
On ne veut plus les quitter
Quand on les enfile,
Essayer cÂ’est adopter
Les mules en reptile.
J’me faufile dans la réserve,
J’entrouvre la boîte,
Tout le parfum que conserve
La pantoufle droite
Me traverse les narines,
Dilate mon cœur,
Me réchauffe la poitrine
Comme une liqueur.
Moi qui avais le bourdon,
JÂ’ai la chair de poule,
Et même la chair de dindon
Quand j’éteins l’ampoule,
Il me semble être avec elle,
Elle à mes côtés,
Je rêve d’une vie nouvelle
Loin du « Chat Botté ».
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05 -
Pièce montée des grands jours
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Elle : CÂ’est une nuit conventionnelle,
Un chien aboie, une chouette hulule,
Les prisonniers dans leurs cellules
Rêvent de creuser un tunnel.
Lui : Mais avec une petite cuillère,
Il faudrait être un peu naïf,
La prison n’est pas un gruyère,
Si au moins jÂ’avais un canif.
Elle : Je vous fais porter une brioche
Fourrée avec une pioche,
Dix mètres de corde environ
Dans la dinde aux marrons,
Si vous goûtez la mortadelle,
NÂ’avalez pas la pelle.
Ce nÂ’est pas tout car jÂ’ajoute
Une lime dans le pâté en croûte
Et dans le petit pot de beurre,
Une pince-monseigneur.
Eux : Dans la purée pas de grumeaux,
Elle : Seulement le chalumeau,
Eux : Dix mètres de corde environ
Elle : Dans la dinde aux marrons,
Eux : Un vilebrequin dans le ragoût,
Elle : Ça lui donnera du goût.
Lui : Mais un poil dans la choucroute,
Moi franchement ça m’dégoûte.
Elle : Filez avant qu’le jour se lève
Si vous trouvez la fève.
Elle : CÂ’est une nuit conventionnelle,
Un chien aboie, une chouette hulule,
Les prisonniers dans leurs cellules
Rêvent de creuser un tunnel.
Lui : Je cherche, sans y parvenir,
Une position pour dormir.
Elle : Aboie le chien, hulule la chouette,
Lui : Je mÂ’allume une cigarette.
JÂ’imagine un cigare qui fume,
Une pâtisserie qui vaut l’détour,
Une danseuse avec une plume
Dans la pièce montée des grands
Jours
Elle : Pourvue dÂ’un pistolet en sucre,
Dotée de pièces en chocolat,
Bonnes à manger, pas pour le lucre,
Lui : JÂ’les cacherai pas sous mon
matelas
Elle : Je vous fais porter une brioche
Fourrée avec une pioche,
Dix mètres de corde environ
Dans la dinde aux marrons,
Si vous goûtez la mortadelle,
NÂ’avalez pas la pelle.
Ce nÂ’est pas tout car jÂ’ajoute
Une lime dans le pâté en croûte
Et dans le petit pot de beurre,
Une pince-monseigneur.
Eux : Dans la purée pas de grumeaux,
Elle : Seulement le chalumeau,
Eux : Dix mètres de corde environ
Elle : Dans la dinde aux marrons,
Eux : Un vilebrequin dans le ragoût,
Elle : Ça lui donnera du goût.
Lui : Mais un poil dans la choucroute,
Moi franchement ça m’dégoûte.
Elle : Filez avant qu’le jour se lève
Si vous trouvez la fève.
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06 -
Borborygmes
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Roselyne et moi, nous regardons lÂ’plafond,
Mon estomac produit des borborygmes,
Mon œsophage fait des bruits de siphon,
Je n’y peux rien, le ventre est une énigme.
Quoi quÂ’il en soit, jÂ’aimerais filer dÂ’ici,
DÂ’autant que son genou appuie sur ma vessie.
Je n’aurais pas la jambe ankylosée
Si nous avions des lits superposés.
Autant aller fumer dans les waters,
Je sais cÂ’que cÂ’est que de dormir par terre.
J’en ai passé des heures au bord du lit,
Quand ma moitié ronflait comme un grizzly.
Tissu au mur et mobilier ancien,
Il est affreux ce vase vénitien,
J’ai vu le même hier à Monoprix,
Sont les pensées qui meublent mon esprit.
Quoi qu’il en soit, ça manque d’aération,
DÂ’autant que son haleine vient dans ma direction.
Elle nÂ’aurait pas la bouche qui fermente,
Si elle suçait des bonbons à la menthe.
Autant aller fumer dans les waters,
Je sais cÂ’que cÂ’est que de dormir par terre.
J’en ai passé des heures sur le balcon,
A la fenêtre, ou au bout du wagon.
Quoi quÂ’il en soit, elle voudrait vivre seule.
Tant pis pour elle car même si on s’engueule,
CÂ’est suffisant un lit de camp pour deux.
On ne fait quÂ’un, quand on est amoureux.
Autant aller fumer dans les waters
Je sais cÂ’que cÂ’est que de dormir par terre.
J’en ai passé des heures sur le balcon,
A la fenêtre, ou au bout du wagon.
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07 -
Croque
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Quand je rentre à la maison,
Elle me dit souvent
Que j’ai une tête d’enterrement
Et elle a raison,
Je travaille au cimetière,
CÂ’est incontestable,
Je laisse ma tête au vestiaire
Et je me mets à table.
Faut pas se laisser abattre,
JÂ’ai une faim de loup,
Moi je mange comme quatre
Et je bois comme un trou
Puis je retourne au cimetière
Travailler dÂ’mon mieux,
Digérer mon pot de bière
Et mon croque-monsieur.
Pendant l’oraison du prêtre
JÂ’ai un petit creux,
Moi je pense à ma côtelette,
A mon pot-au-feu.
Aux premières couronnes de fleurs
J’ai déjà la dent,
CÂ’est mon estomac qui pleure
A chaque enterrement.
Comme un côté du cimetière
Est inhabité,
J’ai planté des pommes de terre
Dans l’intimité.
Et dans ma jaquette noire,
Entre deux services,
Je donne un coup dÂ’arrosoir
Et je cours à l’office.
Je gratte, je bine et je bêche,
Quelle heureuse surprise
Quand je trouve un ver pour la pêche,
Je range ma prise
Dans une boîte en fer blanc.
Le temps est superbe,
Voilà un coin épatant
Pour déjeuner sur l’herbe.
A présent qu’a sonné l’heure,
LÂ’heure du goupillon,
Je pense à mes pommes vapeur,
A mon court-bouillon.
Et quand tombent les premières gouttes
Sur mon haut-de-forme,
CÂ’est mon ventre qui glougloute,
Mon ventre qui grogne.
Parfois je croque un oignon,
Parfois une gousse dÂ’ail,
Parfois même un champignon
Est une victuaille,
Il faut faire avec,
Ce nÂ’est pas copieux
Car ces oraisons du prêtre
On nÂ’en voit pas la queue.
Le vent chasse les nuages,
CÂ’est providentiel,
Un grand disque de fromage
Tourne dans le ciel,
La faim me monte à la tête,
JÂ’avale mon chapeau,
Un bouton de ma jaquette
Et un pauvre mulot.
Je nÂ’suis pas dans mon assiette,
Je vais rendre l’âme,
Quand je pense à mes paupiettes,
A mon croque-madame.
Ça fait trop longtemps qu’ça dure,
Je mÂ’allonge un peu
Sur le tapis de verdure
Et je ferme les yeux.
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08 -
Les cravates
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J’devrais être heureux comme un pape,
J’ai un nœud pap’,
J’suis invité,
Moi qui aime traîner la savate,
Les belles cravates
Et l’oisiveté,
Et discuter du grand amour,
Cravate de vÂ’lours,
Pour toute la vie
Même si la vie ça fait beaucoup,
Cravate au cou,
A mon avis.
Je suis sapé comme un notaire,
Cravate, blazer,
Et nous dansons.
Hélas ! il commence à m’en cuire,
Cravate de cuir,
Et jÂ’me morfonds.
Cravates à pois, cravates de soie.
JÂ’en ai ras lÂ’bol, Ã la Coupole,
Cravate au col,
De boire du thé
Quand je préfère aller jouer,
Cravate dénouée,
Ma chance aux dés.
Le mariage n’est plus à la mode,
Cravate en solde,
En cette saison
Et jamais je ne moisirai,
Cravate à raies,
Dans une prison.
Alors au lieu de me morfondre,
Cravate de Londres,
J’file à l’anglaise.
Avec ça j’emporte vos ronds,
Cravate marron,
Pour être à l’aise.
Cravates à pois, cravates de soie.
DÂ’abord vous vous laissez abattre,
Cravate verdâtre,
Vous mÂ’regretterez
Et puis vous serez écarlate,
Comme ma cravate,
Quand vous pigerez.
Mais moi jÂ’aurais pris les devants,
Cravate au vent,
Ainsi quÂ’le soin,
Dans vot’ Triumph décapotée,
Cravate mouchetée,
De changer de coin
Avant que la colère ne darde,
Cravate moutarde,
Son aiguillon
Et que l’on songe à m’arrêter,
Me cravater
Au portillon.
Cravates à pois, cravates de soie.
Avant quÂ’cette histoire se termine,
Cravate dÂ’hermine,
Par un procès,
QuÂ’on me confisque tout : ceinture,
Cravate bien sûr,
Et mes lacets,
Adieu, et jÂ’emporte lÂ’argenterie,
Cravate rubis,
Et vos bijoux
Pour mÂ’offrir les cravates que jÂ’aime,
C’est-à -dire crème,
Merci mon chou.
Je mÂ’en vais ailleurs me faire pendre,
Cravate de chanvre,
Adieu beauté,
Et pis m’en jeter un derrière
La lavallière
A vot’ santé.
Cravates à pois, cravates de soie.
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09 -
Rititi, ratata (il paraît qu'elles aiment)
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Dans mon harmonium,
Y’a une araignée énorme,
Je lui joue de la musique,
Y paraît qu’ça pique.
Elle est venue faire son toit
Dans la robe de bois
De mon harmonium,
Comme elle est mignonne.
Rititi, ratata.
Dans mon harmonium,
Y’a une araignée énorme,
Je lui joue des requiem,
Y paraît qu’elles aiment.
Elle est très gentille
Mais jÂ’suis comme les filles,
Ça me fout la trouille,
Paraît qu’ça chatouille.
Rititi, ratata.
Dans mon harmonium,
Y’a une araignée qui lorgne
Du côté de ma personne,
Paraît qu’ça saucissonne,
Que ça mange son époux
Comme un vulgaire pou
Après la marche nuptiale,
Paraît qu’c’est normal.
Moi dans mon délire,
Ça m’fait défaillir,
Et quand elle promène
Son gros abdomen,
J’me vois à la morgue,
Alors sur mon orgue,
Je joue pour la veuve,
Paraît qu’elles s’émeuvent.
Rititi, ratata.
Dans mon harmonium,
Y’a une araignée énorme,
Y’a une araignée géante,
Est-ce quÂ’elle est vivante ?
Elle ne bouge plus,
Comme elle est velue !
Moi, ça m’horripile,
Faudrait qu’elle s’épile.
Rititi, ratata.
Paraît qu’ça les berce
DÂ’entendre la messe.
Trop tard je lÂ’assomme,
Que Dieu me pardonne,
Avec mon missel
De communion solennelle,
Ma femme sÂ’impatiente,
Elle nÂ’est pas contente :
« On dirait, Simone,
On dirait quÂ’tu lorgnes
Du côté de ma personne
Comme une araignée énorme,
Celle qui mange son époux
Comme un vulgaire pou
Après la marche nuptiale,
Ce n’est pas normal. »
Rititi, ratata.
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10 -
Bambi
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Bambi,
Un jésus de deux mètres,
Bambi,
Il faut le connaître,
Bambi.
Quand jÂ’le croise sur mon chemin,
Bambi m’étrangle la main,
Pas casser les jouets, Bambi. (bis)
Et puis quand il bâille, Bambi,
Putain ça sent l’ail, Bambi.
Depuis quÂ’il est gosse,
Il ne connaît pas la brosse.
Pas casser les jouets, Bambi. (bis)
Et quand il sÂ’endort,
Bambi est un ange,
Tout le monde lÂ’adore,
Personne ne le dérange.
Pas casser les jouets, Bambi. (bis)
Quand il y a une bagarre, Bambi,
Moi je suis le copain de Bambi.
CÂ’est moi qui balaie par terre,
Trois molaires, un œil de verre.
Pas casser les jouets, Bambi. (bis)
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11 -
Né dans une rose
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Je suis né dans une rose
Et pour les besoins dÂ’la cause,
JÂ’ai fait ma valise.
Quand jÂ’ai eu dix-huit ans ferme,
Adieu, j’ai quitté la ferme
Avant qu’ça m’défrise.
Car pour zigouiller une poule,
Ben y fallait que j’me soûle
Avec du whisky
Sachant quÂ’Ã la vue du sang
J’suis aux abonnés absents,
Je m’évanouis.
J’ai trouvé dans ma chaussure
Un nécessaire de coiffure,
Le jour de Noël :
Des ciseaux, un peigne en os,
Une tondeuse, un fer, une brosse
Et le manuel.
Alors jÂ’ai nourri lÂ’espoir
Tout en pressant sur la poire
Du vaporisateur
De tout jÂ’ter dans un torchon,
Et avec ce balluchon
De changer dÂ’secteur.
A peine sauté du camion,
Me suis r’trouvé dans l’bouillon,
Ce fut délicieux
De friser la pharmacienne
Avec mon fer et mon peigne.
Quant à ces messieurs,
C’est toujours la même coupe,
Celle de Riquet à la houppe,
Mais quand on se plaint,
J’abandonne la mèche folle
pour une bonne vieille coupe au bol
A la Du Guesclin.
Parfois cette envie de fou,
Celle de leur trancher le cou,
Fait trembler ma main,
De leur tailler aux ciseaux
Les deux oreilles en biseau,
JÂ’en prends le chemin.
Mais pour zigouiller une poule,
Ben y faudrait que j’me soûle
Avec du whisky
Sachant quÂ’Ã la vue du sang
J’suis aux abonnés absents,
Je m’évanouis.
Tous les titres, paroles & musiques Thomas Fersen
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