N° 13 - Mai 2003
 
François Béru et les Anges Déchus
Fiche
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Crédit: Last Call

 

Carnet de déroute
13 titres - 42.47
Ref : 3071192
Sorti : 2001
Production : Auto-produit mais sorti chez Last Call
Distribution : Wagram


01 - Dernier train pour Lào Cai 3.45
02 - Parfum de la misère 4.01
03 - Quartier rouge 2.55
04 - Où est la France? 3.58
05 - La louve de Trà-Vinh 3.08
06 - Quatrième pays 1.49
07 - Carnassiers 3.15
08 - De l'autre côté du fleuve 3.42
09 - Suzanna de Sarajevo 2.16
10 - Petite fleur de Danang 3.28
11 - Prisonnières 3.01
12 - Valse à trois temps 3.51
13 - Quartier rouge revisité 3.24

 
 
01 - Dernier train pour Lào Cai


A peine posé le pied dans la Capitale/A Hanoi-la-Rouge mitée par le dollar/J’ai pris la direction de la gare/Choper le dernier train pour Lào Cai/Un voyage dans la nuit, une vraie mélodie/Parmi les amoureux du pays/En train-couchette ou en train de guerre/Luisant sous le crachin tel un serpent de fer/C’est l’dernier train pour Lào Cai !/Le train freine en lâchant un cri/Et les marchandes l’ont envahi/Fillettes superbes aux paniers garnis/De thé, pâté, riz, pains ou fruits/Pour toi l’onsomniaque voyageur/Du riz gluant fera ton bonheur/Pour la « bà già » assise devant moi/Une tasse de thé et du « cha »/C’est l’dernier train pour Lào Cai !/L’aube se lève sur Lào Cai/Le soleil perce le paysage/Il fond sur les enfants qui braillent,/Rieurs et experts au billard/Tout là-haut la ville de Sapa/C’est le rendez-vous des hommes libres/Des H’mongs, des Dao,/Thai blancs ou noirs/Accrochés à leur territoire/Un jeune voyou m’emmène en Minsk/Pour aller au-dessus des nuages/Au territoire des perles ethniques/Fières de leurs rizières en terrasse/Là-haut quand vient le samedi soir/Le marché grouille d’jeunes maquisards/Qui cherchent une compagne pour la vie/Qui ne veulent pas d’autres pays !/C’est l’dernier train pour Lào Cai !/Le dernier train…/C’est l’dernier train pour Lào Cai !/C’est l’dernier train pour Lào Cai/Celui que tu n’prendras qu’une seule fois/Lorsqu’tu seras au-dessus des nuages/Tu n’voudras pas r’descendre en bas !

 

02 - Parfum de la misère


Au bout de la rue Sainte-Catherine/Les néons crachent l’adrénaline/Les danseuses nues font les « trois huit »/Et la neige enveloppe la nuit/Oh, mais sur la piste de danse/Les filles marquent la cadence/Sous le regard des hommes perdus/Grisés, troublés et inconnus/Oh, il y avait ce mercenaire/Parti là-bas au Panama/Gagner la monnaie de la guerre/Et enragé en Cambodia/Oh, il y avait des jeunes Chinois,/Des rappeurs blacks, des solitaires/Qui sont venus pour ce spectacle/ Mêlé de plaisir et d’enfer/Des Philippines, de Thaïlande/Comment as-tu atterri là ?/Loin du soleil et des Bouddhas/Laissant la misère derrière toi/Rebaptisée au Canada/Tu t’appelles maint’nant Theressa/Virginia, Tracy ou Leslie/Comme pour cacher tes origines/Oh le soldat pour qui tu danses/N’a pu retenir ton prénom/Si chantant et si mélodieux/Qu’il en est tombé amoureux/Il t’as dit que t’avais du charme/Est-il vraiment trop romantique ?/ Ton parfum embaume son foulard/Sentimental et nostalgique/Il n’oubliera ni ton visage/Ni la douceur de tes gestes/Ni cette beauté qui se cabre/Ni ta nudité parfumée/Des Philippines au Canada/Comment as-tu atterri-là ?/Loin du soleil, loin du Christ Roi/Laissant la misère derrière toi/Ce parfum qu’j’emporte avec moi/Se transorme en une encre noire/Qui glisse sur un papier siamois/Pour honorer une promesse/Oh ce parfum qui m’enveloppe/Est furtif comme cette histoire/C’est une essence qui s’évapore/Dans les méandres de ma mémoire/Oh ce parfum qui m’enveloppe/ Est furtif comme cette histoire/C’est une essence qui s’évapore/Dans les méandres de ma mémoire/Ce parfum qui reste sur moi/C’est le parfum de la misère/Ce parfum qui reste sur toi…

 

03 - Quartier rouge
Extrait sonore


Je suis perdu dans le quartier rouge/Où les néons brûlent les yeux/Les hommes autour de moi bougent/Deviennent flous et vaporeux/Derrière des vitrines cliniques/Des femmes ont vendus leur âme/Les lumière couvrent la fatigue/De ces princesses du macadam/J’avance dans le quartier rouge/A la recherche d’une amie/Les hommes autour d’elle bougent/Désirant ce cadavre exquis/Parfum de femme en aquarium/Poupée fragile en vinylium/La pluie qui tombe sur les vitres/Déforme les visages sans vie/Que fais-je dans le quartier rouge/Puisqu’il n’y a plus rien à y faire ?/Les ombres autour de moi s’enroulent/Pour me guider dans un enfer/Reconnaîtrais-je cette amie/A la conscience endormie ?/Se souvient-elle que la vie/Est plus forte que l’alcool de riz ?/L’eau qui s’écoule énigmatique/Transforme la vie en tristesse/La pluie qui tombe sur les vitres/Fait croire que les larme sont caresses/Le maquillage cache la douleur/Et ses sourires sont des plaintes/Les hommes autour d’elles se leurrent/Fuyant comme des ombres feintes

 

04 - Où est la France?
Extrait sonore


Où est la France que tu as aimée/Celle des Lumières, de la liberté ?/Où est la France de Marcel Carné/Celle des petites gens et de l’amitié ?/Où sont les champs des paysans/Les gerbes de blé souples dans le vent ?/Où sont les chants des écoliers/Qui résonnaient dans tous les quartiers ?/Où est la France ?/Où sont les chants des Partisans/Des étrangers qui ont versé leur sang ?/Où sont passé les remerciements/Aux immigrés morts en chantant ?/Où est la France que j’ai aimée/Celle de la nature à l’odeur fruitée ?/Où est la France de l’égalité/De la liberté, la Fraternité ?/Où est la France ?/Va-t-elle se réincarner ?/Où est la France ?/L’as-tu déjà donc oubliée ?/Où est la France ?/Où est la France de la résistance/Celle du courage de la vérité ?/Où est Marianne, la tolérance/Déesse devenue prostituée ?/Où sont passés les sans-culotte/La jeunesse libre à la voix qui porte ?/Où sont les chants des ouvriers ?/Ne reste-t-il que le bruit des bottes ?/Où est la France ?/Où est la France que j’ai aimée /Celle des Lumières, de la liberté ?/Où est la France que j’ai aimée/Celle des petites gens et de l’amitié ?/Où est la France que j’ai aimée/Celle de la nature à l’odeur fruitée ?/Où est la France dont j’ai rêvé ?/A-t-elle seulement existée ?/Où est la France ?/Va-t-elle se réincarner ?/Où est la France ?/A-t-elle seulement existée ?/Où est la France ?

 

05 - La louve de Trà-Vinh


C’est une fille aux yeux en amandes/Au regard tendre de femme aimante/Elle m’atire comme un aimant/Demain serai-je son amant ?/Pour une nuit ou toute la vie/Par delà tous les interdits ?/C’est une fille de Trà-Vinh/Qui a la peau de ses racines/Parmi les chefs d’œuvres du Louvre/Elle ressemble à une jeune louve/Parmi les statues qui écoutent/C’est une déesse de l’amour/Elle m’entraine dans les cafés/De la Butte aux Cailles en été/Pour m’enivrer de sa beauté/de sa voix chaude et enfumée/Une cigarette sur ses lèvres/C’est le rouge de l’aube qui se lève/Son sourire devient tatouage/Si elle approche son visage/C’est une fille aux yeux en amandes/Qui m’attire comme un aimant/Oui, c’est la louve de Trà-Vihn/A la douceur assassine/Celle qui vient me hanter la nuit/Par-delà tous les interdits/Celle qui a le parfum d’un fruit/Qui m’enivre à la folie/Elle pensait que je l’oublierais/Avec le temps et les années/Mais son sourire reste si frais/Que rien ne pourrait l’effacer/Elle croyait que je m’en irais/Pour ne plus jamais y penser/Mais aussi loin que j’allais/Je ne pouvais lui échapper/Car dans mes rêves les plus secrets/A chaque fois elle me guettait/Avec cette douceur assassine/Oh, c’est la louve de rà-Vinh !/Oui c’est la louve de Trà-Vinh !/A la douceur assassine

 

06 - Quatrième pays


Je retournerai bien à Khao I Dang/Retrouver les traces de la vie/De cuex qui ont fuit la mère-patrie/A pied, en jonque dans la nuit/Je retournerai bien à Khao I Dang/Retrouver l’orage et la pluie/Tombée sur le village sur pilotis/Une bien étrange mélodie/C’est son quatrième pays/ Je retournerai bien à Khao I Dang/Pour y faire le deuil d’un ami/Qui n’a pu sortir de l’entropie/Fui le quatrième pays/Le premier pays t’as donné la vie/Et le second, c’est celui où t’as fui/Le troisième pays devait t’accueillir/Le quatrième t’a volé la vie/C’est ton quatrième pays/Celui qui t’a volé la vie

 

07 - Carnassiers
Extrait sonore


Le temps des tueurs est arrivé/Des milliers de gens sont broyés/Par des dictatures carnassiers/Et leur Securitate/L’heure des nouveaux tyrans a sonné/Sur Notre-Dame bombardée/Va-t-il falloir s’exiler/Loin des Etats policiers ?/Nouvel Age ou Moyen Age/C’est le retour des barbares/Toi qui croyais tourner la page/Oh c’est toujours la même histoire/L’heure des despotes a rejailli/Comme une flamme de sang sur ton pays/Les fleuves deviennent noirs dans la nuit/Des cadavres pourris qu’ils charrient/Le temps des tueurs est arrivé/Pour soumettre l’humanité/Peintres ou poètes, tous sont traqués/Oui juste pour leurs idées/On m’avait dit que le prochain siècle/Serait une ère spirituelle/Mais je ne vois venir que des haines/Et des factions-actions-criminelles/Chars d’acier pour carnassiers/Carnassiers métallisés

 

08 - De l'autre côté du fleuve


De l’autre côté du fleuve/Dans les rizières ou dans les villes/Il y a des hommes seuls/Il y a des femmes tristes/Derrière le mur de bambou/Il y a des peuples à genoux/Une muraille étouffe la vie/Plur rien ne passe, pas même un cri/Des prêtres ont pris le maquis/Des bonzes se sont immolés/La montagne protège les esprits/De ces jeunes ivres de liberté/De l’autre côté du fleuve/Personne ne s’est soulevé/Les gens sont toujours seuls/Ils avancent tête baissée/Des hôtels poussent partou/L’argent a remplacé l’espoir/Les hommes qui marchent debout/Se battent au marché noir/Leurs filles se vendent la nuit/Les pauvres crèvent dans la boue/Les prêtres sont morts au maquis/Les bonzes se saoulent au Mei Kwei Lou/De l’autre côté du fleuve/Dans les rizières ou les villes/Il y a des hommes seuls/Il y a des femmes tristes/Derrière le mur de bambou/Il reste à genoux/Une muraille étouffe la vie/Plus rien ne passe, pas même un…/De l’autre côté du fleuve/Dans les rizières ou les villes/Il y a des hommes seuls/Il y a des femmes tristes…

 

09 - Suzanna de Sarajevo


Te souviens-tu de Suzanna ?/La jeune fille de Sarajevo/Qui survivait dans une cave/Avec son chien et une grenade/Sous le boulevard de la mort/Sous les tirs des Snipers/Des innocents s’écroulent encore/Dans la ville blanche de peur/Le pandémonium des ethnies/Fut déchainé dans la furie/L’intelligence paralysée/Le crime s’offrit l’humanité/Que pouvait penser Suzanna/Prisonnière dans son abri ?/Savait-elle le martyre des femmes/Qui enfantaient dans la folie ?/Le nationalisme c’est la guerre/Non personne n’en veut plus/Le pandémonium des ethnies/Oh n’a laissé que des vaincus/La fierté des petites nations/Fut noyée dans un bain de sang/Et le drapeau de la raison/Fut celui du renoncement/Suzanna s’était donc jurée/Qu’elle seule pouvait résister/Que sa grenade dégoupillée/Scellerait le sort du salaud/Qui oserait la toucher/Faire la guerre en son foyer/Elle attendait l’enfat d’salaud/Elle l’attendait déterminée/Elle l’attendait déterminée/Suzanna de Sarajevo, déterminée

 

10 - Petite fleur de Danang


C’est dans cette ville au lourd passé/Et que certains disent même damnée/Que nos regards se sont croisés/Mes yeux de « tây » dans tes yeux bridés/Dans les feaubourgs, tu m’as guidé/Jusque dans le port aux eaux usées/Le vent soufflait sur tes longs cheveux/Qui m’ont alors balayé les yeux/Ton « ào dài » si lumineux/Se mouvait comme une flamme libre/Ton ào dài blanc si voluptueux/Dansait dans le vent te un oiseau ivre/Je me souviens/de cet hôtel crasseux/Où les cafards glissaient sous le lit/Une belle araignée couvant ses œufs/Veillait sur ton corps endormi/Je suis allé prendre une douche froide/Pour tuer la moiteur de la nuit/Tu m’as rejoint sur le ciment crade/Les paupières encores alourdies/Ton « ào dài » si lumineux/Nous sommes sortis sans regarder l’heure/Tes bras menus m’ont entouré/En amazone sur le scooter/Ta tête posée comme pou me sonder/Puis nos regards se sont décroisés/Mes yeux de « tây » de tes yeux nacrés/J’ai fui cette ville cicatrisée/Car je suis sûr qu’elle est damnée/C’est un spectre lumineux/Qui flotte comme une flamme libre/Un fantome voluptueux/Qui disparaît de ce songe ivre/Petite fleur se noyant/Dans le tumulte des flots/Petite fleur de Danang/Tu dérives comme une lentille d’eau

 

11 - Prisonnières
Extrait sonore


Royaume de Siam,/Guerriers dans l’âme/Pays des Hommes Libres/Tes filles sont belles,/Mais prisonnières/Sous les feux de la ville/Entre pagodes et filles de joie/As-tu vraiment le choix ?/De l’un à l’autre, T’es sans complexes/C’est comme un vieux réflexe/Sous le regard, des Bouddhas/La vie est plus facile/Mais quel étrange Nirvana/A frappé cette ville ?/A Soi Cow Boy, les « Lady Boy »/Te vénèrent comme un roi/A Soi Nana, les filles se livrent/A de curieux ébats/Les papillons qui papillonnent/Se lèvent et se couchent tard/Ils brûlent leurs ailes pétrolifères/Et meurent un peu plus tard/Les jeunes boxeurs/Se battent en chœur/Sur le ring de la gloire/Celui qui gagne prendra princesse/Cl’ui qui perd ira boire/Sous les lumières artificielles/C’est l’insouciance qui règne/Une prière pour le Roi/Adoucit ton karma/Sabaïdee kha, Sabaïdee khap/ Sabaïdee kha/ Sabaïdee kha, Sabaïdee khap/ Sabaïdee kha/Ah que ce monde est cruel,/Mais que tes filles sont belles/ Ah que ce monde est cruel,/Mais que tes filles sont belles

 

12 - Valse à trois temps


Il est parti dans un sourire/Laissant derrière lui les feuilles bleuex/Bleues de l’encre qui glissait/D’un point à l’autre de son délire/Il a quitté un dernier hôtel/S’est égaré dans quelques ruelles/Bu l’eau d’une pluie perpétuelle/Humé l’encens sur les autels/Il est parti mordre le fer/Rougi du sang qui coulait de sa tête/Le sppuku, l’homme et la guerre/Etaient pour lui bien plus qu’une quête/Il s’est assis pour mordre le feu/Enveloppé dans un nuage safran/Ce fut le brasier de cet homme pieux/Qui fit cesser les bombardements/Valse à trois temps/Aux volutes d’encens/Bel des illusions/Dans des caméléons/Ils sont partis sans lâcher un cri/Laissant derrière eux leur magie/Un poisson-scorpion, un caméléon/Un sabre d’acier, toutes leurs illusions.Ils sont partis dans un immense cri/Laissant derrière eux leur folie/Laissant ainsi toues les feuilles bleues/Bleues de l’encre qui coulait du ventre.Valse à trois temps…/Ils sont partis sans lâcher un cri/Laissant derrière eux leur magie/Un poisson-scorpion,un caméléon/Un sabre d’acier, toutes leurs illusions

 

13 - Quartier rouge revisité



 

 


 

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