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01 -
Irène 3'15
02 -
Jeanne et Martin 3'45
03 -
Les coqs de comptoir 3'13
04 -
La visite 4'31
05 -
Dans la rue des Martyrs 3'23
06 -
L'ampleur du zeppelin 2'54
07 -
Algérie 3'28
08 -
Je te revisage 3'56
09 -
L'homme qui pleut 3'35
10 -
Victor Noir 4'44
11 -
Réveil 4'28
12 -
Alice hélas 5'50
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01 -
Irène
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Lors d’une escale à Copenhague
Je t’ai sauvé de la criée
TÂ’as voulu que jÂ’te glisse la bague
Qu’on se mette tout d’suite à frayer
Pas question de me dégonfler
Je t’ai dragué dans mes filets
Pour te débarquer à Paris
Où les amours n’ont pas de prix
Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour mon p’tit jésus
CÂ’est le Paradis
Un seul problème ton côté bio
Nature qui revient au galop
Tu cèdes du terrain au marin
Au détriment du genre humain
Sirène de jour, sirène de nuit
Sur ordonnance de tes envies
Tu collectionnes les amants
Comme on prend des médicaments
Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris
Les écailles me tombent des yeux
A présent j’ vois clair dans ton jeu
Je dois m’ soumettre à tes pulsions
Et laisser mordre à l’hameçon
Magie, chimie, schizophrénie
Faut t’ voir à l’œuvre mauvais génie
Tu les envoûtes en un clin d’œil
Faisant de la Seine un cercueil
Irène
JÂ’ tÂ’aime plus
Du fond de la Seine
Monte ta rengaine
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris
A force de nager en eau trouble
Me v’la cocu des océans
Attends un peu que je te double
Que je te tranche le séant
Je vire de bord ch’uis pas ton nègre
Le coup dÂ’la baignoire au goulot
Ça pourrait tourner au vinaigre
Moi qui mÂ’ noierai dans un verre dÂ’eau
Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris
CÂ’est la corrida des amants
Juliette qui se penche au harpon
Me vÂ’la dans tes sables mouvants
Est-ce un péché d’avoir l’air con ?
J’quitte Roméo pour Othello
Ah mon Dieu quel méli-mélo
Je sèche la morue tout de go
Shakespeare co-signe le tableau
Irène
JÂ’te tue
Au fond de la Seine
Je tÂ’ouvre les veines
Et cÂ’est vendredi
CÂ’est le jour que jÂ’ai choisi
Pour cette mise en scène
Façon bain-marie
Ça y est j’ l’ai fait le saut périlleux
Dans tes entrailles jÂ’ lis les nouvelles
Tu sens l’ poisson à mille lieux
Les scandales s’ ramassent à la pelle
Je lance l’arrête aux journaleux
Ils consigneront le poison
JÂ’attends des juges condamnation
CÂ’est quoi cettÂ’ flottÂ’ qui mÂ’ sort des yeux ?
Irène
TÂ’es nue
Je te sors de Seine
Te coupe en rondelles
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que jÂ’ai choisi
Pour te manger crue
Mon petit sushi.
Paroles : C. Bonzom, musique : M. Guillaume
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02 -
Jeanne et Martin
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Refrain : A lÂ’agence nationale pour lÂ’envol
Au-dessus du square des Batignolles
Dans la fraîcheur du petit matin
Jeanne tiens la main de Martin
Depuis belle lurette ils ont pas dÂ’ bol
Z’ont jamais trop fréquenté l’école
Où l’on dit qu’ pour être en bonne santé
Il suffit de bien travailler
Depuis le temps qu’ils traînent leur cafard
Z’ont plus trop d’ quoi fréquenter les bars
Alors Jeanne a dit quÂ’est-ce que tÂ’en penses ?
On pourrait aller à l’agence…
Refrain
Rendez-vous est donné dès l’aurore
A cette heure-ci la ville dort encore
L’agent les emmène sur le toit
Ce quÂ’il est gentil et courtois
Il n’y a pas beaucoup de procédures
Il suffit simplement d’être sûr
DÂ’en avoir assez dÂ’ cettÂ’ vie qui va
De rien en rien cahin-caha
Refrain
Au –dessus des toits c’est rigolo
On voit tout Paris on trouve ça beau
Martin s’aperçoit que Jeanne a froid
Il la serre très fort dans ses bras
L’agent avec son briquet doré
Brûle leurs papiers d’identité
Bientôt il ne restera plus rien
Ni de Jeanne ni de Martin
Refrain
A lÂ’agence nationale pour lÂ’envol
Au-dessus du square des Batignolles
Ils ne se sont pas lâché la main
Quand ont sauté Jeanne et Martin
Paroles : E. Chantelauze, Musique : M. Ré / C. Bonzom
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03 -
Les coqs de comptoir
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t'as compris
écoute - moi
c'que j'te dis
t'entends pas
c'que j'te dis
j'te mens pas
tu rigole
on va voir
fils de pute
c'qu'on va voir
je te l'jure
sur ma mère
sur l'honneur
sur ma fille
ma parole
sur mon fils
et mes gosses
sur le monde
monde entier
nos certitudes qui volent
papillons noirs
au-dessus de l'abreuvoir
je suis tu es nous sommes
nous les hommes
les coqs
les coqs de comptoirs
r'garde-moi
dans les yeux
redis-le tête
de noeud
les nibards
mon neveu
une baraque
ferme ta gueule
la gonzesse
mate la meuf
tous les singes
la grimace
le vieux chien
r'mue sa queue
t'crois malin
que d'la gueule
gueule de mort
sur le monde
monde entier
nos certitudes qui volent
papillons noirs
sur l'boulvard du zinc des comptoirs
j'ai tu as nous avons
ils ont en somme
les hommes
tous peur du noir
les negros
les pédés
les bougnouls
va pas croire
les ritals
les polaks
et les boches
t'as qu'Ã voir
c'qui faudrait
entre nous
après tout
c'est chez nous
c'qui faudrait
sur le monde
monde entier
nos certitudes
au garde à vous
et tous les soirs
c'est la même bagarre
celle des coqs
des coqs de comptoir
et tous les soirs
c'est la même histoire
c'est qu'les hommes
je tu il enfin nous en somme
avons tous
la peur du noir
tous la peur du soir
tous un grand désespoir
Paroles : O. Comte, musique : F. Norel
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04 -
La visite
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Je suis couché contre son cœur
Lui goûte la pointe des seins
Ils ont le parfum, la saveur
Des sombres raisins corinthiens
Son ventre est couleur terre de Sienne
JÂ’y trace du bout de ma langue
Quelques figures égyptiennes
Pendant qu’un temps sa tête tangue
Dans la banlieue de son visage
ses lourds cheveux sur lÂ’oreiller
Ronronnent comme un chat sauvage
Prière de ne pas l’éveiller
On est pas pareil
Toi et moi
Un peu beaucoup
Passionnément
On joue à s’aimer
Comme les grands
Je lui en dois encore un tiens !
Ce baiser quÂ’avant hier matin
J’ai dérobé comme un voleur
Je te le rends, sèche tes pleurs
On est pas pareil
Toi et moi
Un peu beaucoup
Passionnément
On joue à s’aimer
Comme les grands
Son ventre est un palais Numide
Comme un architecte inspiré
D’une colonne Achéménide
Je me suis permis de lÂ’orner
JÂ’ai parcouru toute la nuit
Ce corps offert comme un blanc-seing
Puis l’ai signé d’un peu de pluie
C’est le même nom que le sien
Et seul triangle de clarté
entre ses cuisses lÂ’on dirait
Qu’un léger coup de hache a fait
une petite entaille rose.
Paroles et musique : Eric Chantelauze
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05 -
Dans la rue des Martyrs
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Alain se traîne
et s’égraine
le long du
trottoir vert
et trimballe
brinquebale
son poumon
à roulette
un tuyau
dans le pif
il respif
manque pas d'air !
quand i cause
yÂ’a des bulles
qui s’promènent
sur la terre
Agathe aspire
l’œil en coin
tous les mégots
où reste du foin
elle a fumé
ses cheveux
elle a fumé
ses mains
elle a fumé
ses seins
ses fesses
et pis ses reins
yÂ’a plus rien
elle part
en fumée
certes elle est
parfumée
Dans la rue des Martyrs
Regardez-les passer
Ils flottent sans mot dire
Sont-ils faux ou bien vrais ?
Arthur déplace
son cadi
de place en place
jour comme nuit
cÂ’est son palace
son chez lui
où tout s’entasse
oh quel fourbis !
cÂ’est un peu
La Samaritaine
au nez du bus
qui se traîne
glissez une piéce
dans son cadi
il chante la belle
de Cadix
Annie se penche
raz les hanches
au caniveau
elle dit des mots
délicate
elle cueille
des bouts dÂ’ papiers
gras et fanés
des bouts dÂ’ cheveux
des bouts dÂ’ ficelle
des bouts de cheveux
poivre et sel
elle fait des nœuds
à son missel
et se recueille
solennelle
Dans la rue des Martyrs
Regardez-les passer
Ils flottent sans mot dire
Sont-ils faux ou bien vrais ?
Mais quel est donc
celui lÃ
qui va lÃ
qui va lÃ
qui me fait
la grimace
et me zyeute
ça m’agace
qui es-tu
bon à rien
qui ressemble
à ton chien ?
non dÂ’un chien !
cÂ’est mon chien
non dÂ’une pomme !
cÂ’est ma pomme
Dans la rue des Martyrs
Me voyez-vous passer ?
Je flotte sans mot dire
Suis-je faux ou bien vrai ?
Paroles : C. Bonzom, musique : F. Norel
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06 -
L'ampleur du zeppelin
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Ma mère un beau matin de mai
Sentant son jupon frissonner
Cru que la brise en était cause
Or sans qu'elle s'en aperçu
J'avais glissé sous le tissu
Je naissais couvert d'ecchymoses
La peau trop vaste sur mes os
Semblait être des oripeaux
Jetés sur quelques épouvantail
Moi j'aurai voulu être rond
Que Bouboule soit mon surnom
Avoir l'ampleur du Zeppelin
Ou Naître dans un choux de Bruxelles
Troquer mes Tee-shirt XXL
Contre une panoplie de nain
Gamin on n'me prêta pas d'billes
Ados on n'me prêta pas d'filles
JÂ’tirais mon ombre comme un fardeau
Elles devaient être bon marché
Ou déjà usagées les fées
Qui ont vomi dans mon berceau
Plus tard je me suis travesti
faux seins, faux cils et faux habits
tout sonnait faux jusquÂ’au vertige
J’ai tenté la publicité
Mais mon seul grand vrai beau succès
Fut dÂ’incarner un coton tige
Ah si j'étais ventripotent
Les femmes riraient en tripotant
De leurs doigts agiles ma bedaine
Drapé dans un ample poncho
Moins Don Quichotte que Sancho
Pansue ma vie serait sereine
Voilà soudain qu’ un souffle chaud
Jaillit des grilles du métro
Et chamboule mon épiderme
Dans la posture de Marylin
A rester digne je m’échine
Mais jÂ’enfle comme un pachyderme
Bonjour, bonjour les demoiselles
Ça y est j’m’envole, je monte au ciel
A moi l'ampleur du Zeppelin
Je flotte au dessus de Bruxelles
Et dans mon tee-shirt XXL
CÂ’est Botero qui fait lÂ’malin !
Paroles : E. Chantelauze/C. Bonzom, musique : F. Norel
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07 -
Algérie
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Mascarade des idées
Mascarade au carré
pouvoir contre-pouvoir
détournement d'idée
dans la casbah d'Alger
un bruit s'en est allé
un bruit sourd, régulier
humeur de liberté
ça cloche, ça cloche
aux alentours d' Alger
ça cloche, ça cloche
cloche dans le minaret.
A trop citer le Coran sous les pieds
atrocités courantes s'il vous plaît !
Des corps entiers se font lent
se font tort,
se font lentement torpillés
Corps empilés
corps en papier, découpés
on froisse les idées
les brûlantes idées
idées délibérées
femme-torche
tu t'accroches
bonne pioche !
ça pioche, ça pioche
aux alentours d'Alger
ça pioche, ça pioche
la terre sent le frais
Foulards, sortez des placards
étalez vos couleurs
tranchez l'effroi des nuits
et gommez ces horreurs
brossez les murs
brossez les cœurs
brossez le portrait du voleur
femme-lave tu dévales le chemin
les paumes au ciel
un soleil dans chaque main
le henné coule
ton cri est blanc
c'est le silence du dedans !
c'est moche, c'est moche
aux alentours d'Alger
c'est moche, les mioches
n'ont plus d' cou pour pleurer
Ô sacrificateur, monstre sacré
meute sans tête, débridée
un peu plus d'amour s'il te plais !
Desserre donc les dents
la douleur l'emporte loin devant
et ça me mine !
pose ta prière à terre
et chasse la poussière
d'entre les caractères.
Laisse les cou-
-teaux en cuisine
c'est pas un crime.
Laisse les cou-
-teaux en cuisine
c'est pas l'usine.
Et toi ma rime
devient divine
soit féminine !
ça coule, ça coule
aux alentours d'Alger
ça coule, ça coule
on ne passe plus le gué
Ô femme, Ô femme !
Sage-femme de l'Islam
tu danses comme avant
et ton âme, ton âme
est sereine à présent
Allah n'est pas gris
Femme, Allah est bleu
vert, rouge et gris
Allah c'est peut-être une fille
A la rigueur, c'est peut-être une fleur !
ça fleure, ça fleure
aux alentours d'Alger
ça fleure, ça fleure
ça fleure l'oranger !
Paroles : C. Bonzom, musique : M. Guillaume
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08 -
Je te revisage
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Je te revisage parcellement
Lèvre œil lobe dent
J’ai des photographies de toi que je déchire
ÂŒil nez front pli
Que je découpe
Et ma tanière est toute concentrée sur toi
Les meubles penchent et retiennent leur souffle
Le moindre souffle il est vrai
Et ce sont tes yeux qui s’éparpillent
Tes bouches de papier glacé
Dans chacun de tes yeux
Je revois ton enfance
Qui brille comme une olive
Et celles de ton corps
Maintenant je les multiplie
Puis ainsi fait des pois de tes rousseurs
Tout un ciel de fichus
Je redessine la courbe de tes candeurs
La ligne de tes soucis
Oreille fosse menton clin
Je méfaits
TÂ’articule
T’ordonne te réordonne
Tords dÂ’autres attaches parisiennes
D’autres agrafes sacrifiées
Avec autant d’indifférence
Qu’on écrase la pluie sur sa veste
Et te mets bout à bout
Puis dans l’écart d’une épaule
Col cou arc cil
Lie tes regards intimes
Le cuivre des soupirs
Capte dÂ’eux le soupir
Et détourne l’objet
Tu ne rechignes à aucune acrobatie
Je peux bien plier tes paupières
Je peux bien froisser tes cheveux
Sous mes doigts naissent
DÂ’autres rides
Je renverse ton sourire en moue triste
Tu nÂ’as quÂ’une oreille si je veux
Trois seins
Des goitres pendent sous tes bras
Tu es ornée d’un collet d’yeux
Il pousse des dents sur ton front
Je remplace ton nez par un gnon
Tu plies sous mes désirs
Tu plies sous mes désirs en quatre
Je
Te
Rends
Belle .
Paroles : W. Anselme, musique : Laurent Bronner
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09 -
L'homme qui pleut
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LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Comme parfois lÂ’on boit sans que la soif y soit
LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Comme on racle ses os dans la nuit et le froid
Et l’on dit que parfois à bout de force l’homme
S’arrête de marcher et se met à pleuvoir
Il voudrait croire que voyager
Peut changer celui qui sÂ’en va
Mais partout où l’on veut aller
On y va toujours avec soi
LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Une aile près du chœur c’est peut-être son bras
Paroles : E. Chantelauze/C. Bonzom, musique : F. Norel
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10 -
Victor Noir
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j'aime à perdre mes pas dans les allées crissantes
des cimetière repus de vieux morts fatigués
le silence parfait que parfois seul hante
la pointe d'un soulier qui débusque un gravier
des morts au Père Lachaise il y en a tant et plus
bourgeois de l'au-delà au superbe manoir
ou simple locataire sous un remblais d'humus
moi j'ai mon préféré son nom est : Victor Noir
semblant s'être effondré sur sa pierre tombale
son gisant à jamais laisse aller son chapeau
on voit sous la chemise la trace d'une balle
on croit l'apercevoir murmurer quelque mots
ce garçon malchanceux à la moustache fine
aurait bien mérité de reposer en paix
mais c'était sans compter la gent féminine
qui du repos de l'homme est l'ennemi juré
de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu'il était beau, qu'il était jeune et qu'il est mort
amoureux du détail ou qui sait du modèle
le sculpteur rehaussa les plis du pantalon
d'une virile bosse dont la taille était telle
qu'on ne parla plus que de ça dans les salons
des kyrielles de femmes vinrent bientôt se presser
se bousculant du coude pour enfin l'entrevoir
celles qui l'avaient connu sanglotaient il faut croire
que l'artiste n'avait en rien exagérer
on ne sait trop sur quoi les croyances se fondent
certaines voulurent voir en ce membre un symbole
et décrétèrent malgré ceux qui les croyaient folles
qu'en adorant Victor elles seraient fécondes
le gisant depuis lors reçu bien des visites
dans la moiteur des nuits à la faveur de l'ombre
des femmes l'enfourchaient pour de somptueux coïts
et sur le froid métal jouissaient dans la pénombre
de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu'il était beau, qu'il était jeune et qu'il est mort
combien se sont pressées sur ses hanches d'airains
se sont écartelées sous la lune complice
combien de corps en liesse tordus creusant les reins
poursuivirent jusqu'à l'aube leur délicieux supplice
sur sa cuisse de bronze des filaments de nacre
semblent être le parcours de quelque petits gris
là où se sont frottées celle qui l'idolâtre
jamais nul ne verra rouille ni vert de gris.
de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu’il était beau, qu'il est mort et que je l'envie.
Paroles : E. Chantelauze, musique : F. Norel
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11 -
Réveil
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Je me lève
JÂ’allume la radio
France info
Le temps qu’infuse mon thé
Je branche la T.V.
Flash spéciaux
CÂ’est Foucault
Je tire la chasse dÂ’eau
Les kurdes naufragées
Sur la côte d’azur
Pourront pas se baigner
Ils manquent un peu dÂ’allure
Pour des gens du quartier
Quatre ampoules un projo
La lumière synthétique
Me brûle un peu la peau
Ça me gratte la tête
Acarien mon héros
Ce que tu es doué
Pour vivre sur mon dos
Sous ma porte d’entrée
Se glisse en tapinois
Un beau papier glacé
Qui me vante l’ éclat
DÂ’une gourmette en acier
DÂ’au moins 18 carats
JÂ’aime la Compagnie
Des grands médias de la vie
Je défroisse à grands coups
De fer les journaux
Les titres de la bourse
SÂ’envolent oh cÂ’est haut
Looping à cent à l’heure
Deux tartines affolées
Bondissent du toasteur
Et vont s’écrabouiller
Au journal de onze heures
Je me grille une sèche
Et lance trois avés
A la postérité
Mon œil rond pixelise
Sur le net plus ultra
Signes cabalistiques
En veux-tu en voilÃ
La tour de Babel web
Me chante Alléluia !
Buée sur le carreau
Apparaît disparaît
Les grilles du loto
Je me rince la tête
Mes cheveux
CÂ’est de lÂ’eau
Et ça y’ est Faut c’ qui faut
Je suis frais Je suis beau
Tout fonctionne à la fois
Le confort me réconforte
Je suis une usine
JÂ’emmagasines
JÂ’aime la Compagnie
Des grands médias de la vie
Le monde tourne ici
A l’étroit autour de moi
CÂ’est bon cÂ’est doux cÂ’est chaud
C’est l’heure de la météo
Je retourne faire dodo.
Je me lève
JÂ’allume la radio
France info
Le temps qu’infuse mon thé
Je branche la T.V.
Flash Spéciaux
CÂ’est Foucault
Je tire la chasse dÂ’eau !
Paroles : C. Bonzom, J.-C. Richard
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12 -
Alice hélas
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Alice hélas est-ce
d'avoir quitté Wallis et Futuna
qui te remplie de tristesse
Alice ?
Maigre silhouette rue de Lappe
transie de froid qu'est-ce que tu marmonnes ?
tu n'es plus tout à fait de la p-
remière jeunesse et tu frissonnes.
Tu ne veux pas te résigner
mais sur tes cuisses résiliées
tes clients glissent avaricieux
de moins en moins souvent les yeux
le trottoir est tout inondé
pire qu'une fontaine Wallace Alice
y'a jamais rien qui les tarisse
tes yeux.
Le pavé de la rue résonne
au son de tes pas chancelants
mais seuls quelques rats te talonnent
habitués depuis le temps
tu as pris sur ton corps Alice
la peine et la colère des hommes
sans que jamais ne s'arrondisse
ton ventre lisse de Madone
te faire pétrir encore t'écœure
ça t'met sur le carreau les vices
de tous ceux-là qui la salissent
ta rue.
Tu rêvais d'amour impétueux
d'escapades dans des Palaces
bagages en cuir baisers fougueux
longs voyages en première classe
t'as vu tous les hôtels de passe
sans que jamais tu ne dépasses
pour seule valise ton sac en Skaï
le coin du boulevard Raspail
de tes îles tu t'en souvient pas
sauf quand on t'appelle Bamboula
mais qu'on t'appelle c'est d'jà quéqu'chose
n'est-ce pas ?
Alice hélas est-ce
d'avoir quitté Wallis et Futuna
qui te remplie de tristesse
Alice ?
Paroles : E. Chantelauza, musique : M. Ré
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