N° 17 - Nov. 2003
 
Bonzom
Fiche
Actualité
 Présentation
 Discographie
 Extraits sonores
 Concerts
 Interviews
Revue de presse
Photos


Crédit : Philippe Rupcic

 

L'homme qui pleut...
12 titres - 47 min 30
Ref : 274 1153
Sorti : 2002
Production : La Compagnie Atmosphère
Distribution : Harmonia Mundi


01 - Irène 3'15
02 - Jeanne et Martin 3'45
03 - Les coqs de comptoir 3'13
04 - La visite 4'31
05 - Dans la rue des Martyrs 3'23
06 - L'ampleur du zeppelin 2'54
07 - Algérie 3'28
08 - Je te revisage 3'56
09 - L'homme qui pleut 3'35
10 - Victor Noir 4'44
11 - Réveil 4'28
12 - Alice hélas 5'50

 
 
01 - Irène
Extrait sonore


Lors d’une escale à Copenhague
Je t’ai sauvé de la criée
TÂ’as voulu que jÂ’te glisse la bague
Qu’on se mette tout d’suite à frayer

Pas question de me dégonfler
Je t’ai dragué dans mes filets
Pour te débarquer à Paris
Où les amours n’ont pas de prix

Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour mon p’tit jésus
CÂ’est le Paradis


Un seul problème ton côté bio
Nature qui revient au galop
Tu cèdes du terrain au marin
Au détriment du genre humain

Sirène de jour, sirène de nuit
Sur ordonnance de tes envies
Tu collectionnes les amants
Comme on prend des médicaments

Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris


Les écailles me tombent des yeux
A présent j’ vois clair dans ton jeu
Je dois m’ soumettre à tes pulsions
Et laisser mordre à l’hameçon

Magie, chimie, schizophrénie
Faut t’ voir à l’œuvre mauvais génie
Tu les envoûtes en un clin d’œil
Faisant de la Seine un cercueil

Irène
JÂ’ tÂ’aime plus
Du fond de la Seine
Monte ta rengaine
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris


A force de nager en eau trouble
Me v’la cocu des océans
Attends un peu que je te double
Que je te tranche le séant

Je vire de bord ch’uis pas ton nègre
Le coup dÂ’la baignoire au goulot
Ça pourrait tourner au vinaigre
Moi qui mÂ’ noierai dans un verre dÂ’eau

Irène
TÂ’es nue
Au fond de la Seine
TÂ’es Sophia Loren
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que tÂ’as choisi
Pour me faire cocu
Au cœur de Paris


CÂ’est la corrida des amants
Juliette qui se penche au harpon
Me vÂ’la dans tes sables mouvants
Est-ce un péché d’avoir l’air con ?

J’quitte Roméo pour Othello
Ah mon Dieu quel méli-mélo
Je sèche la morue tout de go
Shakespeare co-signe le tableau

Irène
JÂ’te tue
Au fond de la Seine
Je tÂ’ouvre les veines
Et cÂ’est vendredi
CÂ’est le jour que jÂ’ai choisi
Pour cette mise en scène
Façon bain-marie


Ça y est j’ l’ai fait le saut périlleux
Dans tes entrailles jÂ’ lis les nouvelles
Tu sens l’ poisson à mille lieux
Les scandales s’ ramassent à la pelle

Je lance l’arrête aux journaleux
Ils consigneront le poison
JÂ’attends des juges condamnation
CÂ’est quoi cettÂ’ flottÂ’ qui mÂ’ sort des yeux ?

Irène
TÂ’es nue
Je te sors de Seine
Te coupe en rondelles
Tous les vendredis
CÂ’est le jour que jÂ’ai choisi
Pour te manger crue
Mon petit sushi.


Paroles : C. Bonzom, musique : M. Guillaume

 

02 - Jeanne et Martin


Refrain : A lÂ’agence nationale pour lÂ’envol
Au-dessus du square des Batignolles
Dans la fraîcheur du petit matin
Jeanne tiens la main de Martin


Depuis belle lurette ils ont pas dÂ’ bol
Z’ont jamais trop fréquenté l’école
Où l’on dit qu’ pour être en bonne santé
Il suffit de bien travailler

Depuis le temps qu’ils traînent leur cafard
Z’ont plus trop d’ quoi fréquenter les bars
Alors Jeanne a dit quÂ’est-ce que tÂ’en penses ?
On pourrait aller à l’agence…

Refrain

Rendez-vous est donné dès l’aurore
A cette heure-ci la ville dort encore
L’agent les emmène sur le toit
Ce quÂ’il est gentil et courtois

Il n’y a pas beaucoup de procédures
Il suffit simplement d’être sûr
DÂ’en avoir assez dÂ’ cettÂ’ vie qui va
De rien en rien cahin-caha

Refrain

Au –dessus des toits c’est rigolo
On voit tout Paris on trouve ça beau
Martin s’aperçoit que Jeanne a froid
Il la serre très fort dans ses bras

L’agent avec son briquet doré
Brûle leurs papiers d’identité
Bientôt il ne restera plus rien
Ni de Jeanne ni de Martin

Refrain

A lÂ’agence nationale pour lÂ’envol
Au-dessus du square des Batignolles
Ils ne se sont pas lâché la main
Quand ont sauté Jeanne et Martin


Paroles : E. Chantelauze, Musique : M. Ré / C. Bonzom

 

03 - Les coqs de comptoir


t'as compris
écoute - moi
c'que j'te dis
t'entends pas
c'que j'te dis
j'te mens pas
tu rigole
on va voir
fils de pute
c'qu'on va voir
je te l'jure
sur ma mère
sur l'honneur
sur ma fille
ma parole
sur mon fils
et mes gosses

sur le monde
monde entier
nos certitudes qui volent
papillons noirs
au-dessus de l'abreuvoir
je suis tu es nous sommes
nous les hommes
les coqs
les coqs de comptoirs


r'garde-moi
dans les yeux
redis-le tête
de noeud
les nibards
mon neveu
une baraque
ferme ta gueule
la gonzesse
mate la meuf
tous les singes
la grimace
le vieux chien
r'mue sa queue
t'crois malin
que d'la gueule
gueule de mort

sur le monde
monde entier
nos certitudes qui volent
papillons noirs
sur l'boulvard du zinc des comptoirs
j'ai tu as nous avons
ils ont en somme
les hommes
tous peur du noir


les negros
les pédés
les bougnouls
va pas croire
les ritals
les polaks
et les boches
t'as qu'à voir
c'qui faudrait
entre nous
après tout
c'est chez nous
c'qui faudrait

sur le monde
monde entier
nos certitudes
au garde à vous
et tous les soirs
c'est la même bagarre
celle des coqs
des coqs de comptoir
et tous les soirs
c'est la même histoire
c'est qu'les hommes
je tu il enfin nous en somme
avons tous
la peur du noir
tous la peur du soir
tous un grand désespoir


Paroles : O. Comte, musique : F. Norel

 

04 - La visite
Extrait sonore


Je suis couché contre son cœur
Lui goûte la pointe des seins
Ils ont le parfum, la saveur
Des sombres raisins corinthiens

Son ventre est couleur terre de Sienne
JÂ’y trace du bout de ma langue
Quelques figures égyptiennes
Pendant qu’un temps sa tête tangue

Dans la banlieue de son visage
ses lourds cheveux sur lÂ’oreiller
Ronronnent comme un chat sauvage
Prière de ne pas l’éveiller

On est pas pareil
Toi et moi
Un peu beaucoup
Passionnément
On joue à s’aimer
Comme les grands

Je lui en dois encore un tiens !
Ce baiser quÂ’avant hier matin
J’ai dérobé comme un voleur
Je te le rends, sèche tes pleurs

On est pas pareil
Toi et moi
Un peu beaucoup
Passionnément
On joue à s’aimer
Comme les grands

Son ventre est un palais Numide
Comme un architecte inspiré
D’une colonne Achéménide
Je me suis permis de lÂ’orner

JÂ’ai parcouru toute la nuit
Ce corps offert comme un blanc-seing
Puis l’ai signé d’un peu de pluie
C’est le même nom que le sien

Et seul triangle de clarté
entre ses cuisses lÂ’on dirait
Qu’un léger coup de hache a fait
une petite entaille rose.

Paroles et musique : Eric Chantelauze

 

05 - Dans la rue des Martyrs


Alain se traîne
et s’égraine
le long du
trottoir vert

et trimballe
brinquebale
son poumon
à roulette

un tuyau
dans le pif
il respif
manque pas d'air !

quand i cause
yÂ’a des bulles
qui s’promènent
sur la terre

Agathe aspire
l’œil en coin
tous les mégots
où reste du foin

elle a fumé
ses cheveux
elle a fumé
ses mains

elle a fumé
ses seins
ses fesses
et pis ses reins
yÂ’a plus rien

elle part
en fumée
certes elle est
parfumée

Dans la rue des Martyrs
Regardez-les passer
Ils flottent sans mot dire
Sont-ils faux ou bien vrais ?


Arthur déplace
son cadi
de place en place
jour comme nuit

cÂ’est son palace
son chez lui
où tout s’entasse
oh quel fourbis !

cÂ’est un peu
La Samaritaine
au nez du bus
qui se traîne

glissez une piéce
dans son cadi
il chante la belle
de Cadix

Annie se penche
raz les hanches
au caniveau
elle dit des mots

délicate
elle cueille
des bouts dÂ’ papiers
gras et fanés

des bouts dÂ’ cheveux
des bouts dÂ’ ficelle
des bouts de cheveux
poivre et sel

elle fait des nœuds
à son missel
et se recueille
solennelle

Dans la rue des Martyrs
Regardez-les passer
Ils flottent sans mot dire
Sont-ils faux ou bien vrais ?


Mais quel est donc
celui là
qui va là
qui va là

qui me fait
la grimace
et me zyeute
ça m’agace

qui es-tu
bon à rien
qui ressemble
à ton chien ?

non dÂ’un chien !
cÂ’est mon chien
non dÂ’une pomme !
cÂ’est ma pomme

Dans la rue des Martyrs
Me voyez-vous passer ?
Je flotte sans mot dire
Suis-je faux ou bien vrai ?


Paroles : C. Bonzom, musique : F. Norel

 

06 - L'ampleur du zeppelin
Extrait sonore


Ma mère un beau matin de mai
Sentant son jupon frissonner
Cru que la brise en était cause

Or sans qu'elle s'en aperçu
J'avais glissé sous le tissu
Je naissais couvert d'ecchymoses

La peau trop vaste sur mes os
Semblait être des oripeaux
Jetés sur quelques épouvantail

Moi j'aurai voulu être rond
Que Bouboule soit mon surnom
Avoir l'ampleur du Zeppelin
Ou Naître dans un choux de Bruxelles
Troquer mes Tee-shirt XXL
Contre une panoplie de nain


Gamin on n'me prêta pas d'billes
Ados on n'me prêta pas d'filles
JÂ’tirais mon ombre comme un fardeau

Elles devaient être bon marché
Ou déjà usagées les fées
Qui ont vomi dans mon berceau

Plus tard je me suis travesti
faux seins, faux cils et faux habits
tout sonnait faux jusquÂ’au vertige

J’ai tenté la publicité
Mais mon seul grand vrai beau succès
Fut dÂ’incarner un coton tige

Ah si j'étais ventripotent
Les femmes riraient en tripotant
De leurs doigts agiles ma bedaine

Drapé dans un ample poncho
Moins Don Quichotte que Sancho
Pansue ma vie serait sereine

Voilà soudain qu’ un souffle chaud
Jaillit des grilles du métro
Et chamboule mon épiderme

Dans la posture de Marylin
A rester digne je m’échine
Mais jÂ’enfle comme un pachyderme

Bonjour, bonjour les demoiselles
Ça y est j’m’envole, je monte au ciel
A moi l'ampleur du Zeppelin
Je flotte au dessus de Bruxelles
Et dans mon tee-shirt XXL
CÂ’est Botero qui fait lÂ’malin !

Paroles : E. Chantelauze/C. Bonzom, musique : F. Norel

 

07 - Algérie


Mascarade des idées
Mascarade au carré
pouvoir contre-pouvoir
détournement d'idée
dans la casbah d'Alger
un bruit s'en est allé
un bruit sourd, régulier
humeur de liberté

ça cloche, ça cloche
aux alentours d' Alger
ça cloche, ça cloche
cloche dans le minaret.


A trop citer le Coran sous les pieds
atrocités courantes s'il vous plaît !
Des corps entiers se font lent
se font tort,
se font lentement torpillés
Corps empilés
corps en papier, découpés
on froisse les idées
les brûlantes idées
idées délibérées
femme-torche
tu t'accroches
bonne pioche !

ça pioche, ça pioche
aux alentours d'Alger
ça pioche, ça pioche
la terre sent le frais


Foulards, sortez des placards
étalez vos couleurs
tranchez l'effroi des nuits
et gommez ces horreurs
brossez les murs
brossez les cœurs
brossez le portrait du voleur
femme-lave tu dévales le chemin
les paumes au ciel
un soleil dans chaque main
le henné coule
ton cri est blanc
c'est le silence du dedans !

c'est moche, c'est moche
aux alentours d'Alger
c'est moche, les mioches
n'ont plus d' cou pour pleurer


Ô sacrificateur, monstre sacré
meute sans tête, débridée
un peu plus d'amour s'il te plais !
Desserre donc les dents
la douleur l'emporte loin devant
et ça me mine !
pose ta prière à terre
et chasse la poussière
d'entre les caractères.
Laisse les cou-
-teaux en cuisine
c'est pas un crime.
Laisse les cou-
-teaux en cuisine
c'est pas l'usine.
Et toi ma rime
devient divine
soit féminine !

ça coule, ça coule
aux alentours d'Alger
ça coule, ça coule
on ne passe plus le gué


Ô femme, Ô femme !
Sage-femme de l'Islam
tu danses comme avant
et ton âme, ton âme
est sereine à présent
Allah n'est pas gris
Femme, Allah est bleu
vert, rouge et gris
Allah c'est peut-être une fille
A la rigueur, c'est peut-être une fleur !

ça fleure, ça fleure
aux alentours d'Alger
ça fleure, ça fleure
ça fleure l'oranger !


Paroles : C. Bonzom, musique : M. Guillaume

 

08 - Je te revisage


Je te revisage parcellement
Lèvre œil lobe dent
J’ai des photographies de toi que je déchire
ÂŒil nez front pli
Que je découpe
Et ma tanière est toute concentrée sur toi
Les meubles penchent et retiennent leur souffle
Le moindre souffle il est vrai
Et ce sont tes yeux qui s’éparpillent
Tes bouches de papier glacé
Dans chacun de tes yeux
Je revois ton enfance
Qui brille comme une olive
Et celles de ton corps
Maintenant je les multiplie
Puis ainsi fait des pois de tes rousseurs
Tout un ciel de fichus
Je redessine la courbe de tes candeurs
La ligne de tes soucis
Oreille fosse menton clin
Je méfaits
TÂ’articule
T’ordonne te réordonne
Tords dÂ’autres attaches parisiennes
D’autres agrafes sacrifiées
Avec autant d’indifférence
Qu’on écrase la pluie sur sa veste
Et te mets bout à bout
Puis dans l’écart d’une épaule
Col cou arc cil
Lie tes regards intimes
Le cuivre des soupirs
Capte dÂ’eux le soupir
Et détourne l’objet
Tu ne rechignes à aucune acrobatie
Je peux bien plier tes paupières
Je peux bien froisser tes cheveux
Sous mes doigts naissent
DÂ’autres rides
Je renverse ton sourire en moue triste
Tu nÂ’as quÂ’une oreille si je veux
Trois seins
Des goitres pendent sous tes bras
Tu es ornée d’un collet d’yeux
Il pousse des dents sur ton front
Je remplace ton nez par un gnon
Tu plies sous mes désirs
Tu plies sous mes désirs en quatre
Je
Te
Rends
Belle .

Paroles : W. Anselme, musique : Laurent Bronner

 

09 - L'homme qui pleut


LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Comme parfois lÂ’on boit sans que la soif y soit

LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Comme on racle ses os dans la nuit et le froid

Et l’on dit que parfois à bout de force l’homme
S’arrête de marcher et se met à pleuvoir

Il voudrait croire que voyager
Peut changer celui qui sÂ’en va
Mais partout où l’on veut aller
On y va toujours avec soi

LÂ’homme marche
Ne semble pas savoir
Où il va
Il marche
Une aile près du chœur c’est peut-être son bras

Paroles : E. Chantelauze/C. Bonzom, musique : F. Norel

 

10 - Victor Noir


j'aime à perdre mes pas dans les allées crissantes
des cimetière repus de vieux morts fatigués
le silence parfait que parfois seul hante
la pointe d'un soulier qui débusque un gravier

des morts au Père Lachaise il y en a tant et plus
bourgeois de l'au-delà au superbe manoir
ou simple locataire sous un remblais d'humus
moi j'ai mon préféré son nom est : Victor Noir

semblant s'être effondré sur sa pierre tombale
son gisant à jamais laisse aller son chapeau
on voit sous la chemise la trace d'une balle
on croit l'apercevoir murmurer quelque mots

ce garçon malchanceux à la moustache fine
aurait bien mérité de reposer en paix
mais c'était sans compter la gent féminine
qui du repos de l'homme est l'ennemi juré

de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu'il était beau, qu'il était jeune et qu'il est mort


amoureux du détail ou qui sait du modèle
le sculpteur rehaussa les plis du pantalon
d'une virile bosse dont la taille était telle
qu'on ne parla plus que de ça dans les salons

des kyrielles de femmes vinrent bientôt se presser
se bousculant du coude pour enfin l'entrevoir
celles qui l'avaient connu sanglotaient il faut croire
que l'artiste n'avait en rien exagérer

on ne sait trop sur quoi les croyances se fondent
certaines voulurent voir en ce membre un symbole
et décrétèrent malgré ceux qui les croyaient folles
qu'en adorant Victor elles seraient fécondes

le gisant depuis lors reçu bien des visites
dans la moiteur des nuits à la faveur de l'ombre
des femmes l'enfourchaient pour de somptueux coïts
et sur le froid métal jouissaient dans la pénombre

de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu'il était beau, qu'il était jeune et qu'il est mort


combien se sont pressées sur ses hanches d'airains
se sont écartelées sous la lune complice
combien de corps en liesse tordus creusant les reins
poursuivirent jusqu'à l'aube leur délicieux supplice

sur sa cuisse de bronze des filaments de nacre
semblent être le parcours de quelque petits gris
là où se sont frottées celle qui l'idolâtre
jamais nul ne verra rouille ni vert de gris.

de lui je ne sais rien ou presque rien
sinon qu’il était beau, qu'il est mort et que je l'envie.


Paroles : E. Chantelauze, musique : F. Norel

 

11 - Réveil


Je me lève
JÂ’allume la radio
France info
Le temps qu’infuse mon thé
Je branche la T.V.
Flash spéciaux
CÂ’est Foucault
Je tire la chasse dÂ’eau
Les kurdes naufragées
Sur la côte d’azur
Pourront pas se baigner
Ils manquent un peu dÂ’allure
Pour des gens du quartier

Quatre ampoules un projo
La lumière synthétique
Me brûle un peu la peau
Ça me gratte la tête
Acarien mon héros
Ce que tu es doué
Pour vivre sur mon dos
Sous ma porte d’entrée
Se glisse en tapinois
Un beau papier glacé
Qui me vante l’ éclat
DÂ’une gourmette en acier
DÂ’au moins 18 carats

JÂ’aime la Compagnie
Des grands médias de la vie


Je défroisse à grands coups
De fer les journaux
Les titres de la bourse
SÂ’envolent oh cÂ’est haut
Looping à cent à l’heure
Deux tartines affolées
Bondissent du toasteur
Et vont s’écrabouiller
Au journal de onze heures
Je me grille une sèche
Et lance trois avés
A la postérité

Mon œil rond pixelise
Sur le net plus ultra
Signes cabalistiques
En veux-tu en voilà
La tour de Babel web
Me chante Alléluia !
Buée sur le carreau
Apparaît disparaît
Les grilles du loto
Je me rince la tête
Mes cheveux
CÂ’est de lÂ’eau

Et ça y’ est Faut c’ qui faut
Je suis frais Je suis beau
Tout fonctionne à la fois
Le confort me réconforte
Je suis une usine
JÂ’emmagasines

JÂ’aime la Compagnie
Des grands médias de la vie


Le monde tourne ici
A l’étroit autour de moi
CÂ’est bon cÂ’est doux cÂ’est chaud
C’est l’heure de la météo
Je retourne faire dodo.

Je me lève
JÂ’allume la radio
France info
Le temps qu’infuse mon thé
Je branche la T.V.
Flash Spéciaux
CÂ’est Foucault
Je tire la chasse dÂ’eau !

Paroles : C. Bonzom, J.-C. Richard

 

12 - Alice hélas
Extrait sonore


Alice hélas est-ce
d'avoir quitté Wallis et Futuna
qui te remplie de tristesse
Alice ?

Maigre silhouette rue de Lappe
transie de froid qu'est-ce que tu marmonnes ?
tu n'es plus tout à fait de la p-
remière jeunesse et tu frissonnes.

Tu ne veux pas te résigner
mais sur tes cuisses résiliées
tes clients glissent avaricieux
de moins en moins souvent les yeux

le trottoir est tout inondé
pire qu'une fontaine Wallace Alice
y'a jamais rien qui les tarisse
tes yeux.

Le pavé de la rue résonne
au son de tes pas chancelants
mais seuls quelques rats te talonnent
habitués depuis le temps

tu as pris sur ton corps Alice
la peine et la colère des hommes
sans que jamais ne s'arrondisse
ton ventre lisse de Madone

te faire pétrir encore t'écœure
ça t'met sur le carreau les vices
de tous ceux-là qui la salissent
ta rue.

Tu rêvais d'amour impétueux
d'escapades dans des Palaces
bagages en cuir baisers fougueux
longs voyages en première classe

t'as vu tous les hôtels de passe
sans que jamais tu ne dépasses
pour seule valise ton sac en Skaï
le coin du boulevard Raspail

de tes îles tu t'en souvient pas
sauf quand on t'appelle Bamboula
mais qu'on t'appelle c'est d'jà quéqu'chose
n'est-ce pas ?

Alice hélas est-ce
d'avoir quitté Wallis et Futuna
qui te remplie de tristesse
Alice ?

Paroles : E. Chantelauza, musique : M. Ré

 

 


 

Site map L'art Scène Collections

© Copyright 2005-2010 L'art Scène. All rights reserved.
A template of the Vooweb.com Website templates network