N° 13 - Mai 2003
 
Suhubiette Hervé
Fiche
Actualité
 Présentation
 Discographie
 Extraits sonores
 Concerts
Revue de presse
Photos


Crédit : Flavie Girbal

 

Enregistrement public au Bijou (chanson pour adultes)
22 titres - 69 min
Ref : VE 05
Sorti : 2002
Production : Voix Express
Distribution : Mélodie Distribution


01 - Rue du chat qui miaule 3'56
02 - Infidèle (Madeleine et Jean) 5'26
03 - Dehors dedans 3'40
04 - Tout ce qu'est dégueulasse porte un joli nom 2'51
05 - Mamie-gâteaux 3'25
06 - Présentation "Les Zorros" 0'32
07 - Les Zorros s'ennuient le dimanche 5'56
08 - Le bel âge 2'48
09 - Le charme 4'26
10 - Maladroit 3'01
11 - Le jardinier (texte) 0'34
12 - Le jardinier (instrumental) 1'43
13 - Le long de la rivière 2'34
14 - Fatigue 4'08
15 - La folle complainte 4'33
16 - La bicyclette (dédiée à Pauline Julien) 4'26
17 - Présentation "Chanson d'amour" 0'34
18 - Chanson d'amour pudique 2'32
19 - Présentation "Citrouille" 0'36
20 - Rendez-moi ma citrouille 4'14
21 - La dernière 1'44
22 - Je ne me souviens plus 5'26

 
 
01 - Rue du chat qui miaule


Anna habite une piaule
Rue du chat qui miaule
Un oiseau cherche ses plumes
Rue du chien qui fume
Un ange fait le trottoir
Rue des abattoirs
Deux hommes s'embrassent tendrement
Rue des pénitents

Y a une vieille empoisonneuse
Rue des blanchisseuses
Des gosses s'ennuient le dimanche
Dans une maison blanche
Madeleine aime Jean
Rue des pélicans
Elle lui est infidèle
Rue des hirondelles

Mais quel est donc ce chahut
Ce remue-ménage
Mais qui sont tous ces intrus
Tous ces personnages
Mais qui sont ces trouble-fêtes
Qui se bousculent dans ma tête
Et qui certains soirs
Viennent me raconter leur histoire

Histoires d'amour éperdu
Souvenir d'enfance
Petits drames coquecigrues
Secrets confidences
Y a tout au fond d'ma cervelle
Un vrai dédale de ruelle
Où grouille un tout petit monde
Où grouille un tout petit monde

Y a un' p'tite boîte à musique
Drôle de mécanique
Qui joue des valses déglingues
Rue des frapadingues
Y a d' l'amour qui s'évapore
Rue des sémaphores
Et des souv'nirs en poussière
Rue des antiquaires

Mais quel est donc ce chahut
Ce remue-ménage
Mais qui sont tous ces intrus
Tous ces personnages
Y a tout au fond d'ma cervelle
Un vrai dédale de ruelle
Où grouille un tout petit monde
Où grouille un tout petit monde

Où les ai-je donc rencontrés
Dans un café, sur un trottoir
Au détour d'un fait divers
sur une page de journal
mais si certains soirs
ils se réveillent dans ma mémoire
c'est peut-être que leur histoire
est devenue mon histoire

Anna habite une piaule
Rue du chat qui miaule
Un auteur cherche sa plume
Rue du chien qui fume
Madeleine aime Jean
Rue des pélicans
Elle lui est infidèle
Rue des hirondelles

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

02 - Infidèle (Madeleine et Jean)


Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Elle l'adore elle en raffole elle en est folle
Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Mais c'est vraiment plus fort qu'elle
Elle a pris l'habitude de lui être infidèle

La première fois que Madeleine a trompé Jean
Il lui a demandé pourquoi prendre un amant
Elle a répondu sans façon
C'est parce qu'il était beau garçon

Alors Jean s'est enfermé dans la salle de bain
Pendant toute une journée quel sacré turbin
Il s'est plongé dans la mousse
Débarbouillé la frimousse
Et lavé le cheveu
Blanchi poli parfumé
Rasé de près, repassé
Bell' chemise et beaux souliers
Cheveux gominés
A mis son plus beau costard
S'est allumé le regard
Et ressorti tout en beauté … et depuis

Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Elle l'adore elle en raffole elle en est folle
Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Mais c'est vraiment plus fort qu'elle
Elle a r'pris l'habitude de lui être infidèle

La deuxième fois que Madeleine a trompé Jean
Il lui a demandé pourquoi prendre un amant
Elle a répondu simplement
C'est parce qu'il avait de l'argent

Alors Jean s'est rué sur son porte-monaie
Mais comme il était vide, il a paniqué
A cassé sa tirelire
Pas un sou, pas un centime
Complèt'ment fauché
A pattes de velours s'est glissé dans la nuit
A cassé la vitrine d'une bijouterie
Est revenu fièrement chargé de rivières de diamants
De bagues, de brillants, de collier Â… et depuis

Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Elle l'adore elle en raffole elle en est folle
Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Mais c'est vraiment plus fort qu'elle
Toujours cette habitude de lui être infidèle

La troisième fois que Madeleine a trompé Jean
Il lui a demandé pourquoi prendre un amant
Elle a répondu dans un sourire
Parce qu'il me donnait du plaisir

Alors jean sans hésiter a glisssé sa main
Lui a carressé les cheveux, effleuré les seins
L' a emmené sous la couette
Pour une drôle de fête
Feu d'artifice et feu follet
Bras dessus bras dessous, partie de jambe en l'air
Petits baisers dans le cou, jeux calins ou pervers
Etreintes, cris et soupirs
Gémissements de plaisirs
Deux jours deux nuits sans s'arrêter … et depuis

Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Elle l'adore elle en raffole elle en est folle
Madeleine aime Jean elle l'aime tant et tant
Mais c'est vraiment plus fort qu'elle
Encore cette habitude de lui être infidèle

La cent millième fois que Madeleine a trompé Jean
Il lui a demandé pourquoi prendre un amant
Elle a répondu l'air de rien
Parce que c'était un assassin

Alors Jean sans hésiter a sorti son surin
Il a regardé la lame qui brillait dans ses mains
Et prêt à tout pour Madeleine, rien n'arrête quand on aime
Il lui a planté sur l'heure, son couteau dans le cœur

Madeleine aimait Jean
Elle l'aimait tant et tant
Mais c'est depuis ce jour cruel
Que jamais Madeleine ne fut plus infidèle

Madeleine aime Jean
Elle l'aime tant et tant
Madeleine aime Jean
Elle l'aime tant et tant
Madeleine

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

03 - Dehors dedans


Au bord du comptoir, un café brûlant - dedans
Un taxi klaxonne 17 rue du port - dehors
Un chat noir sommeille sur un coussin blanc - dedans
Un clodo secoue son copain qui dort - dehors

Derrière la fenêtre il pleut l'océan - dedans
On m' dit "faut y aller" mais j' suis pas d'accord - dehors
Moi j'étais si bien à l'abri du vent - dedans
Mon cœur se resserre, maman dit on sort - dehors

Il y a ce comptoir, je te vois devant - dedans
Je suis planté là, le froid me dévore - dehors
Je peux p't-être entre si tu as le temps - dedans
J' peux p't-être entrer mais je reste encore - dehors

La main sur le cœur, les vœux des amants - dedans
Les poings qui font peur et qui frappent à mort - dehors
Un geste un baiser un mot tendrement - dedans
Des milliers qui passent, des ombres et des corps - dehors

Cent qui ont raison, un seul qui a tort - dehors
Une paire de claque des larmes et du sang - dedans
Règlements de compte la loi du plus fort - dehors
Un sourire glacial, quelques mots tranchants - dedans

Il y a ce comptoir je te vois devant - dedans
Il fait toujours froid moi je suis encore - dehors
Je peux p't-être entrer si tu as le temps - dedans
Mais t'as pas le temps je reste dehors - dehors

Paroles : Georges Mira – Musique : Hervé Suhubiette

 

04 - Tout ce qu'est dégueulasse porte un joli nom


Chanson d'Allain Leprest

 

05 - Mamie-gâteaux


Mettez dans une terrine 500 grammes de farine
Cassez les œufs délicatement
Séparez les jaunes des blancs
Faire monter avec doigté
Les blancs en neige puis mélanger
Une pincée de sel, du sucre vanillé
Une goutte de fleur d'oranger
Laissez cuire une bonne heure au four
Saupoudrez de beaucoup d'amour

On l'appelle mamie gâteaux
Elle porte bien son nom vu qu' dans son existence
Elle n'a fait que des gâteaux
Une vie d'vant les fourneaux sans jamais de vacances
Des clafoutis pour son gentil mari
Gâteaux au chocolat pour son fils Nicolas
Des tartes à la cerise pour sa belle fille Maryse
Des profiteroles pour le p'tit Jean-Paul
Des crèmes anglaises pour sa nièce Thérèse
Des crêpes pour la petite Suzette
Des quatre quart s pour son p'tit fils Edouard
Mais jamais d' tartes aux pommes pour sa pomme
Toute une vie d'vant les fourneaux
On l'appelle Mamie-gâteaux

Mettez dans une terrine toute une vie de fatigue
Cassez les œufs violemment
Mettez les coquilles dedans
Mélangez avec le beurre l'amertume et la rancœur
Faire monter à coup de fouet la colère et les regrets
Crachez-y tout votre dégoût
Un peu d'arsenic sur le tout

On l'appelle Mamie-gâteaux
Et devant ses fourneaux elle cuisine sa vengeance
Un dernier petit quatre heure
Pour ces empoisonneurs ces bouffeurs d'existence
La famille réunie jubile et applaudit
Devant ces beaux desserts tout le monde se sert
Et comme des sauvages ça mange ça engloutit
Sans même avoir dit merci
"finissez-moi ce plat et qu'il n'en reste pas
Léchez bien vos assiettes jusqu’à la dernière miette"
Déjà du coin de l'œil elle compte les cercueils
Tandis qu'ils agonisent elle prépare ses valises
Plus de babas au rhum, elle sÂ’envole pour Rome
Plus de tartes aux cerises la voilà à Venise
Fini les gâteaux secs bonjour les îles grecques
Adieu les quatre quarts et vive les Baléares
Lui aura fallu soixante dix ans d'vant ses fourneaux
Pour découvrir un jour que la vie c'est du gâteaux
Lui aura fallu soixante dix ans d'vant ses fourneaux
Pour découvrir un jour que la vie c'est du gâteaux.

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

06 - Présentation "Les Zorros"



 

07 - Les Zorros s'ennuient le dimanche


Dès les premiers cocoricos
On les bouscule et illico
On leur met l'habit du dimanche
Puis on les traîne par la manche
Dans des sermons pontificaux
Rien que des phrases rococos
Et des cantiques en avalanche
Les zorros s'ennuient le dimanche

De leurs joues rouge coquelicot
La révolte souffle
souffle comme un siroco
Souffle des envies de revanche
Briser les bocaux
Retrousser les manches
Rêves de toxicos
Taquiner la blanche
Désirs tropicaux
Envie d'avalanche

On les retrouve ces chers cocos
Dans les repas dominicaux
En cravate et chemise blanche
Mais vous reprendrez bien une tranche
De cette tarte à l'abricot
La famille c'est un vrai fiasco
A part les seins de tante blanche
Les zorros s'ennuient le dimanche

De leurs joues rouge coquelicot
La révolte souffle comme un sirocco
Souffle des envies de revanche
Gonfle la nappe, voile blanche
Briser leur coquille d'escargot
Se dresser seul sur leurs ergots
Et s'envoler loin de leur branche

Après midi f amille tricot
ZÂ’en ont gros sur le haricot
Discrètement ils se retranchent
Dans leur chambre
aux murs bien étanches
Les zorros s'ennuient le dimanche
Et seuls sans amour ils s'épanchent
Privés d' carresses et de bécots
Ils se tripotent l'asticot.

Mais dans cette attrape nigaud
Coincés dans leurs jeux de lego
Ils entrevoient tous les dimanches
L'avenir entre quatre planches

Â…

20 ans plus tard, les p'tits zorros
sont assis à la même table
même gigot, même gâteau
même chemise, même cravate
sur leur joue rouge coquelicot
aucune trace de sirocco
ils ont une vie, comme c'est étrange
où chaque jour est un … dimanche

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

08 - Le bel âge


Il avait presque vingt ans.
Fallait, fallait voir
Sa gueule : c'était bouleversant.
Fallait voir pour croire,
A l'abri du grand soleil.
Je l'avais pas vu venir.
Ce gosse, c'était une merveille
De le voir sourire.

Voilà que, timidement,
Le Jésus me parle
De tout, de rien, de sa maman.
Tu parles, tu parles.
J'aime beaucoup les enfants.
J'ai l'esprit de famille
Mais j'ai dépassé le temps
De jouer aux billes.

Il avait presque vingt ans
Et la peau si douce.
J'ai cueilli du bout des dents
La fleur de sa bouche
Et j'ai feuilleté pour lui
Un livre d'images
Qu'était pas du tout écrit
Pour les enfants sages.

Tant de jours et tant de nuits.
Donne, mais je te donne,
Lui pour moi, et moi pour lui
Et nous pour personne
Mais il fallait bien qu'un jour,
Je perde mes charmes.
Devant son premier amour,
J'ai posé les armes.

Elle avait presque vingt ans.
Fallait, fallait voir
Sa gueule : c'était bouleversant.
Fallait voir pour croire
Ils avaient tous deux vingt ans
Vingt ans, le bel âge...

Paroles & Musique : Barbara

 

09 - Le charme
Extrait sonore


Une dame dans la vitrine qui capte le regard
Une photo de seins nus dans le hall d'une gare
Un costum' trois pièces, un r'gard enjôleur
Quelques mots balancés devant les projecteurs
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Des lèvres maquillées, une croupe bien ronde
Un décolleté osé à faire rougir miss monde
Un régime minceur quelques kilos en trop
Une muscu d'enfer ou la peau sur les os
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Un visage creusé par l'usure et le temps
Un air d'adolescence, quelques cheveux blancs
Des cheveux gominés ou coiffés à la diable
Une tête de voyou, un air bien respectable

La finesse d'une main, la courbe d'une hanche
Un jean rapiécé ou les habits du dimanche
Une griffe sur un pull, un foulard
d' chez Khermès
Un p'tit déshabillé qui coûte la peau des fesses

Une main qui hésite, des mots qui ne viennent pas
Un amoureux transi, j'y vais ou j'y vais pas
Une légion d'honneur, une décapotable
Un compte en suisse, un p'tit vélo minable
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Un zeste de pudeur, la peur de l'inconnu
Le mensonge habillé, la vérité tout' nue
Un caractère rebelle, un esprit indomptable
L'bon dieu sans confession
ou la beauté du diable

Un sourire avenant, un mot de politesse
Un air de chien battu qui transpire la détresse
Un regard trop sérieux, un petit air coquin
Une langue étrangère ou l'accent toulousain
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Quasimodo pauvre cloche
Qu'a rien dans la caboche
Le nez de Cyrano, le masque de Zorro
La démarche de Charlot, l'imper de Colombo
Les yeux d'Ava Gardner, le crâne de Yul Bryner
Une photo Harcourt, Arletty Atmosphère
La robe de Marylin passant sur une bouche d'air
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Des paroles des musiques,
quelques couplets vestons
Toute une vie cachée au creux d'une chanson
Un accordéon, un costume de chanteur
Quelques mots balancés devant les projecteurs …
A quoi ça tient le charme, à quoi ça tient

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

10 - Maladroit


C'est pas qu' je sois vraiment maladroit
Mais j'ai des problèmes de loi
Avec mon ennemie la matière
C'est la guerre
Le combat s'annonce sans merci
Les objets en ont décidé ainsi
Pas de quartier pas de cadeau
Pour qui endure ce fardeau

Cela peut commencer au petit déjeuner
Mon thé au lait brûlant
valse sur les croissants
Mon beau pantalon blanc inévitablement
Devient en un quart d'heure
de toutes les couleurs
Ma valise sadique
se concentre et s'applique
Sur mes ongles, mes doigts
quelle coince avec joie
Mon portefeuille goguenard
!rusé comme un renard
Joue la disparition quand arrive l'addition
Parfois pour m'embrouiller
des objets suicidaires
Circulent à découvert
Sûrs d'être écrabouillés

C'est pas qu' je sois vraiment maladroit
Mais j'ai des problèmes de poids
Avec mon ennemie la matière
C'est la guerre
Le combat s'annonce quotidien
Calculé, sombre et assassin
Les objets ont pour noir dessein
De m'imposer les pires larcins

Un parapluie sournois
m'arrache un bout de doigt
le sang coule à tout va sur un rythme java
une lampe année trente
à l'ampoule brûlante
ne sert qu'à accueillir ma peau et la rôtir
une étincelle éprise un peu émoustillée
glisse dans ma chemise

ça sent l'poulet grillé
alors pour aérer j'ouvre grand la fenêtre
qui se tient déjà prête à me guillotiner
mais le plus terrifiant, mystérieusement
d'invisibles couteaux
me découpent la peau

C'est pas qu' je sois vraiment maladroit
Mais j'ai des problèmes de loi
Avec mon ennemie la matière
C'est la guerre
Le combat s'annonce sans merci
Les objets en ont décidé ainsi
Pas de quartier pas de cadeau
Pour qui endure ce fardeau

Paroles & Musique : Catherine Vaniscotte

 

11 - Le jardinier (texte)



 

12 - Le jardinier (instrumental)



 

13 - Le long de la rivière


Le long de la rivière
En suivant les cailloux blancs
J’ai remonté ma peine
Elle était bien au courant
Un bruit sage
Ce n’est qu’une épave
Qui s’en va
Tout doucement

Sur le quai sans histoire
En criant aux oiseaux blancs
J’ai lissé ma mémoire
Elle a filé dans le vent
Un mirage
Ce n’est qu’une cage
Qui attend
Tout doucement

Au bord de l’onde froide
En riant des oiseaux blancs
J’ai marché sans y croire
La mort avait tout son temps
Marécage
Ce n’est qu’une page
Qui s’efface
Tout doucement

Paroles & Musique : Chris Martineau

 

14 - Fatigue


Fatigue est au bar
Accoudée au comptoir
Elle dit de ses mains lourdes
Du bout de ses doigts gourds
Tout ce que sa voix saoule
Ne sait articuler
" la fin de la journée, la fin de la journée"

Un bain de nuit
Peut couler sur les rues allumées
Les rires et la jeunesse
Vont se joindre à l'ivresse
Du bar à boire du quartier
Et Fatigue bat des pieds

Fatigue n'est pas vieille,
N'est pas jeune non plus
Elle dit qu'elle va rentrer
Elle dit … mais n'en a pas envie
Elle s'en jette un petit
Un dernier tout petit
Demain c'est samedi

Du zinc coulent à flot
Des phrases inutiles
Et Fatigue bat des cils
Les yeux grimés de bleu,
Les ongles pailletés
Elle tangue un peu sur son tabouret
Et déguste pleinement
Un cinq étoile de blanc
D'un élégant glissando
Elle s'affale à la proue du comptoir
Et se retrouve nez à nez
Avec la pendule à tic-tac
Elle fait voler en vrac
De sa bouche rosée
Des poignées de baisers
Elle jette à qui en veut
De l'amour plein les yeux

Mais personne ne la voit
Personne d'autre que moi
Invisible, irréelle
Fatigue bat de l'aile

Fatigue est au bar
Accoudée au comptoir

Fatigue n'est pas vieille,
N'est pas jeune non plus
Elle dit qu'elle va rentrer
Elle dit … mais n'en a pas envie
Elle s'en jette un petit
Un dernier tout petit
Demain c'est samedi
Ma fatigue reste au lit

Ma fatigue est au bar
Accoudée au comptoir
Ma fatigue est au bar
Accoudée au comptoir

Accoudée au comptoir

Paroles : Marc Fauroux - Hervé Suhubiette / Musique : Hervé Suhubiette

 

15 - La folle complainte


Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n'est pas sage
Mais on la garde encore.
On l'a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s'est caché
Dans le placard aux fioles
Où l'on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d'impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d'acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d'Hélène
Par un beau soir d'été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n'ai pas aimé ma mère.
Je n'ai pas aimé mon sort.
Je n'ai pas aimé la guerre.
Je n'ai pas aimé la mort.
Je n'ai jamais su dire
Pourquoi j'étais distrait.

Je n'ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J'étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s'est dissoute.
Poussière était mon nom.

Paroles & Musique : Charles Trénet

 

16 - La bicyclette (dédiée à Pauline Julien)


On lui a annoncé comme ça
Qu'elle perdrait le chaud et le froid
Perdrait ses clés et son courage
Perdrait l'énergie et la rage
Qu'elle aurait des gestes maladroits
Aucun désir au bout des doigts
Que la vie s'en irait doucement
Au grès des caprices incessants
D'une maladie malveillante
Cruelle, sournoise et méchante
D'un terrifiant chemin de croix
Sémé d'embuches et de faux pas
Quand on a le goût du voyage
Qu'on a l'âme au vagabondage
Ne plus avoir les pieds sur terre
Ça vous atterre

Alors
Comme il faisait beau
Elle a pris sa bicyclette
Elle est partie faire un tour
Du côté de la rivière
Elle s'est déshabillée
Elle a plongé dedans
C'était froid et glacé
Mais tellement rassurant
De se sentir vivante …

On lui a annoncé un jour
Qu'elle perdrait le sens de l'humour
Ne rirait plus de tout de rien
N'en aurait même pas de chagrin
Que cett' maladie malveillante
Cruelle sournoise et méchante
Ferait tomber un rideau noir
Sur les souv'nirs et la mémoire
Qu'elle aurait la raison qui tangue
Que les mots sur le bout d' la langue
Se feraient distants et confus
Puis un jour ne viendraient même plus
Quand on a le verbe facile
Quand on a l'âme volubile
Quand on est une femme de parole
Ça vous rend folle

Alors comme il faisait beau
Elle a pris sa bicyclette
Est allée au cinéma
Revoir "la belle et la bête"
Et pour ne rien oublier de ses émerveillements
Elle a dressé la liste
Des livres qu'elle aimait tant
Des noms de ses amis
Et l'histoire de sa vie

On lui a annoncé un matin
Qu'un jour il n'y aurait plus rien
Rien que le vide le néant
Un corps avec plus rien dedans
Qu'il faudrait vivre dans le flou
Et ne plus rien sentir du tout
Plus de fou-rires plus de douleurs
Plus de regrets ni de coups d' cœur
Quand on a le goût des caresses
Quand on a l'âme à la tendresse
Plus d'attentions ni de calins
Ça n' rime à rien

Quand elle n'a plus pu se défendre
Quand elle s'est vue se désaprendre
Pour devenir une inconnue et n'être plus
Quand elle s'est sentie enfermée
Comme une vivante emmurée
Qui basculait tout doucement
Dans le néant
Alors
Elle a rassemblé toutes ses forces
Et choisi pour dernier envol
Quand elle s'est senti enfin prête
De s'en aller seule et discrète
Elle a rassemblé toutes ses forces
Et choisi pour dernier envol
De s'en aller à la sauvette
Faire un p'tit tour de bicyclette

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

17 - Présentation "Chanson d'amour"



 

18 - Chanson d'amour pudique


Ça s'tire dans les pattes
Ça s' poignarde dans l'dos
Ça s'vole dans les plumes
Ça s'lance des couteaux
Ça s'arrache les yeux
Ça s' crache des injures
Des mots des menaces
La vaisselle qui casse
Sors de la cuisine
Ou je t'assassine

Ça, s' flingu', ça s'étripe
Ça s’envoie des missiles
Pour un oui pour un non
Ça se génocide
Ça se dynamite
Ça s' chair à canon
Offensive armée
Terrain assiégé
Riposte sévère
Stratégie guerrière

Ça crie ça provoque
Ça combat de coq
Sors dehors voir si t'es un homme
Ça s' bat pour l'honneur
Ou pour un quatre heure
Champ de bataille ou cour d'école

Rends-moi mes affaires
J' t'envoie en enfer
Partout partout
des cris et des coups
Rends-moi mes affaires
J' t'envoie en enfer
Partout partout

Les cow-boys contre les indiens
Le juge contre l'assassin
Le hasard contre le destin
Abel contre Caïn

La bible contre le coran
Des idées contre de l'argent
Le nageur contre le courrant
La pluie contre le vent

Des chiens contre des chats
Le jazz contre la java
Des sentiments contre nature
Des piétons contre des voitures

Les cow-boys contre les indiens
Le juge contre l'assassin
Le hasard contre le destin
Abel contre Caïn

Des pierres contre des fusils
La mort contre la vie
Et moi et moi contre toi
Et moi tout contre toi

Et moi tout contre toi

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

19 - Présentation "Citrouille"



 

20 - Rendez-moi ma citrouille
Extrait sonore


J' veux plus de votre carrosse, rendez-moi ma citrouille
App'lez la carabosse et dîtes-lui qu'elle se grouille
J' veux plus de vos parures de vos pantoufles de vair
C'est rien qu'une imposture votre vie c'est l'enfer

Ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps
N'en croyez rien mesdames car le prince charmant
Se révèle parfois un mari ennuyeux
Méfiez-vous des conteurs et de la poudre aux yeux

Après toutes ces années il est gras bedonnant
Et l'argent et la guerre lui prennent tout son temps
A quoi bon la richesse le luxe et la bonne chère
Quand j' me vois condamnée aux plaisirs solitaires

J' préfèrerais un quidam moins beau et moins fringuant
Moins riche moins brillant mais plus entreprenant
On a beau messieurs dames être prince ou princesse
On n'a pas moins envie de quelque histoire de fesse

J'veux plus de votr' carrosse rendez-moi ma citrouille
App'lez la carabosse et dîtes-lui qu'elle se grouille
Rendez-moi ma cuisine mes cendres et mes haillons
Ne m'app'lez plus madame app'lez moi cendrillon

Méfiez-vous des conteurs et d'la poudre aux yeux
Méfiez-vous des happy-end et des gens trop heureux
Méfiez-vous des couvertures aux photos trop glacées
Méfiez-vous des impostures des rêves préfabriqués

Le petit chap'ron rouge après l'histoire qu'on sait
Est entrée au couvent oublier son passé
Après quelques années d' bons et loyaux services
Dévoués aux bon dieu sans péchés et sans vices

Elle sent des pensées germer sous sa cornette
Elle revoit le p'tit loup qui lui contait fleurette
Elle a quelques regrets, à quoi sert ma vertu
Où-sont tous les p'tits loups que je n'ai pas connu

Et quand au chat botté on dit qu'il est ruiné
Fini la grande vie il est exproprié
Ses bottes sont trouées il a faim il a froid
Et il attend un maître à la SPA

A quoi bon réveiller la belle au bois dormant
Il paraît qu'elle déprime et qu'elle est maintenant
En cure de sommeil bourrée de narcotiques
Elle en a pour cent ans en asile psychiatrique

Blanche-Neige et son prince eurent beaucoup d'enfants
Mais l'histoire oublie de nous dire et c'est navrant
Qu'après une quinzaine de mômes adieu la jeunesse
Miroir mon beau miroir dis-moi qui est la plus belle

Méfiez-vous des conteurs et d'la poudre aux yeux
Méfiez-vous des happy-end et des gens trop heureux
Méfiez-vous des couvertures aux photos trop glacées
Méfiez-vous des impostures des rêves préfabriqués ( x 2)

J' veux plus de votre carrosse, rendez-moi ma citrouille
App'lez la carabosse et dîtes-lui qu'elle se grouille

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

21 - La dernière


Toutes ces chansons, dis
Est-ce que ça sert
A faire la tour de soi-même
A l'endroit à l'envers
A faire le tour du propriétaire
Des recoins cachés
Des secrets des mystères

Toutes ces émotions
qu'on porte à la boutonnière
Tous ces mots dans les chansons
Qu'on lance dans les airs
Est- ce que c'est indécent
Est-ce que c'est salutaire
Toutes ces chansons dis
A quoi ça sert

Est-ce que ça peut
Balayer la poussière
Bousculer les idées reçues
Faire valser les ornières
Endormir les volcans
Réveiller la colère
Est-ce que c'est dérisoire
Est-ce que c'est salutaire

Toutes ces chansons dis
Est-ce que ça sert
A d'autres moi
J'en sais rien
Mais je l'espère et
Si chanter une chanson
C'est juste poser une pierre
Ben, ça s'ra pas ma dernière

Paroles & Musique : Hervé Suhubiette

 

22 - Je ne me souviens plus


Je ne me souviens plus
du nom de cette rue (bis)
de cette rue étrange
où j'ai croisé un ange

C'était un jour tout gris et sous son parapluie
Il n'avait rien d'un angelot du paradis
mais j'ai bien reconnu, son petit air baroque
sa gueule d'enluminure venu d'une autre époque
Le sourire ambiguë , masculin féminin
S'est avancé vers moi, petit clin d'œil malin
Et murmuré tout bas
"on se retrouvera"

Je ne me souviens plus du nom de cette rue (x2)
De ce coin triste et sombre où j'ai croisé une ombre
ça n' ressemblait à rien ni visage ni corps
Une manière d'idée noire, comme une ombre au décor
Me suivant pas à pas, une ombre épouvantable
Quand elle s'est approchée, j'ai bien cru voir le diable
Présence inattendue dont j'ai senti le souffle
Une peur inconnue qui me noie qui m'étouffe
Et murmure tout bas
"On se retrouvera"

Je ne me souviens plus
du nom de cette rue (bis)
de ce sombre décor
où j'ai croisé la mort
elle n'avait pas de faux cachée sous son manteau
pas l'ombre d'une lame, d'un poignard, d'un couteau
mais j' l'ai bien reconnue pâle comme le temps
le regard aiguisé, le sourire inquiétant
elle s'avança vers un qui ne l'attendait pas
trois pas, un demi-tour, valse lente, sarabande
elle l'enlace, elle l'embrasse et le couche sur le trottoir
soudain fait volte-face et croise mon regard
venant à ma rencontre, elle a r'gardé sa montre
comme c'était pas mon heure, elle m'a dit n'aies pas peur
je n' suis pas là pour toi mais on se reverra

Mais je me souviens bien du goût de ce matin (x2)
L'endroit, l'heure et le jour
Où j'ai croisé l'amour

Ça peut paraître étrange mais quand j' l'ai aperçu
J'ai senti comme une impression de déjà vu
Alors c'est ça l'amour ? un petit air baroque
Un' gueule d'enluminure venu d'une autre époque
Présence inattendue dont j'ai senti le souffle
Une peur inconnue qui me noie qui m'étouffe
trois pas, un demi-tour, pâle comme le temps
le regard aiguisé, le sourire inquiétant

Et moi sans hésiter, j'ai emboîté son pas (j'ai marché dans ses pas ?)
Sans même me méfier, sans m' demander pourquoi
Il murmurait tout bas
"bonjour me revoilà"

et je ne sais même plus le nom de cette rue
le nom de cette rue où l'on a disparu
je ne me souviens plus
je-ne-me-sou-viens

Paroles : Hervé Suhubiette - Georges Mira / Musique : Hervé Suhubiette

 

 


 

Site map L'art Scène Collections

© Copyright 2005-2010 L'art Scène. All rights reserved.
A template of the Vooweb.com Website templates network