N° 13 - Mai 2003
 
Cherhal Jeanne
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Crédit : Phil Journé

 

Jeanne Cherhal
13 titres - 58 min.
Ref : 8345 10502 2
Sorti : 2002
Production : tôt Ou tard
Distribution : tôt Ou tard


01 - Un trait danger. 2'54
02 - Ce soir. 4'12
03 - Ne t'inquiète de rien. 3'17
04 - La famille. 3'55
05 - Madame Suzie. 4'06
06 - Donges. 2'25
07 - Les berceaux brodés. 7'15
08 - [Sans titre] 3'30
09 - L'homme. 4'15
10 - Mes problèmes de relation. 6'16
11 - Roberto. 5'06
12 - Avec des si. 3'11
13 - Les bistrots les bastringues. 4'31

 
 
01 - Un trait danger.


Pour modifier votre annonce d’accueil, tapez un / Assurez-vous de ne rien oublier dans le train / Vous avez sélectionné Sans Plomb 98 / Retournez ce dossier à l’agence au plus vite / Un trait danger, deux traits sécurité / Veuillez taper votre code d’accès / Ecoutez-le, le monde vous parle / Les toilettes sont strictement réservées à la clientèle / Veuillez s’il vous plait ne rien déposer près de nos poubelles / Munissez-vous de votre moyen de paiement habituel / Patientez une hôtesse d’accueil va prendre votre appel / Un trait danger, deux traits sécurité / Veuillez taper votre code d’accès / Ecoutez-le, le monde vous parle / La vente d’alcool est interdite aux mineurs / Défense de fumer dans l’enceinte du lycée / Les enfants de moins de six ans doivent être accompagnés / L’abus de jeux vidéos provoquent l’arrêt du cœur / Un trait danger, deux traits sécurité / Veuillez taper votre code d’accès / Ecoutez-le, le monde vous parle / Vos possibilités de retrait sont épuisées / La maison ne fait pas crédit merci de vous tirer / Votre formulaire s’est perdu nous devons raccrocher / Prière de vous montrer sympathique avec l’huissier / Veuillez ne pas salir le pont sous lequel vous dormez / Les trottoirs ne sont pas des lieux pour la mendicité / Gardez vos dents qui tombent car elles vont être recyclées / Merci de mourir en silence et de vous enterrer vous-mêmes / Danger, sécurité / Votre code d’accès / Ecoutez-le, le monde vous parle.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

02 - Ce soir.


Ce soir / Viens me voir viens boire viens t’asseoir / Ce soir le veux-tu je te porterai aux nues / Cette nuit / Tant pis pour ces puritaines d’étoiles rousses / Cette nuit je lève ma coupe à la lune douce / C’est elle que je loue / De la lie jusqu’à la mousse / Regarde-moi la lune est blonde / Comme moi / Regarde-moi la lune est ronde / Comme moi / Mais si regarde approche-toi / Je suis sa face cachée / Vise-moi bien et scrute-moi / Je suis la lune humanisée / Ce soir / Au creux d’un bras je me laisse embarquer / Ce soir est-ce toi qui me fais tournoyer / Le vent m’enivre m’aveugle viens / Tu peux en profiter / Regarde-moi le vent se roule / Comme moi / Regarde-moi le vent s’éboule / Comme moi / Mais si regarde effleure-moi / Je suis un souffle léger / Offre ton corps à mon pneuma / Moi le zéphyr féminisé / Ce soir mon cher / Est un soir especial / Lève-moi un peu ce coude et vide-moi / Ce verre un enfant de cinq ans le boirait / Sans faire autant de grimaces que toi / Petit gringuigal / Allez ! / Ce soir laisse-moi / Te chanter mon ivresse / Oh ne pars pas ne me laisse pas / Reste en ma forteresse / Ce soir laisse-moi te chanter mon ivresse / Crier encore et encore pour tromper ma faiblesse / Ce soir laisse-moi faire de fausses promesses / Crier encore et encore / Jusqu’à ce que la nuit cesse.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

03 - Ne t'inquiète de rien.
Extrait sonore


Certaines nuits dans l’ombre / Je me surprends parfois / A vouloir toucher du doigt / Une mort muette et sombre / Ne t’inquiète de rien / C’est humain humain humain / Au-dessus de chez moi / J’entends le voisinage / Cet homme-là à la rage / Sa femme se tait il boit / Ne t’inquiète de rien / C’est humain humain humain / Dans ma rue le dimanche / Aussi les autres jours / Des belles filles offrent l’amour / Comme elles feraient la manche / Ne t’inquiète de rien / C’est humain humain humain / Mon cousin est tôlard / Sans doute il a goûté / Au plaisir de se faire aimer / Et aux joies du mitard / Ne t’inquiète de rien / C’est humain humain humain / Moi quand mon cœur déborde / Je cache mes yeux dans mon pull / T’as voulu faire le pendule / Au bout d’une petite corde / Ne t’inquiète de rien / C’est humain humain humain.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

04 - La famille.


Je suis né j’étais marmot / Déjà au bord du berceau ça piaffait à tout-va / Ce gosse ne ressemble à rien / A personne d’entre nous qui peut dire d’où il vient / Ah que n’ai-je donc pas glissé / Des mains du chirurgien / Qui m’a sorti comme un chien / Comme le dernier d’une portée / Mais y a la famille et la famille ça vous envahit / C’est comme ça que j’ai eu dix ans / Je me suis tu en rêvant mais les rêves d’un gosse / Chez nous c’était mal venu / Soit t’es un dur et c’est bien soit le frangin te rosse / Ah que n’ai-je donc pas brûlé / Le cocon familial / Son plafond aux poutres sales / Qu’ j’ai tant voulu voir tomber / Mais y a la famille et la famille ça vous envahit / D’ la gnôle au p’tit déjeuner / Alors vint la puberté qui n’ me fit pas de cadeau / J’ai voulu être poète / Mais les seuls vers de chez nous se récitaient cul sec / Ah que n’ai-je donc pas pillé / La cave de mes vieux / Le pinard de leurs aïeux / Bien plus que moi adoré / Mais y a la famille et la famille ça vous envahit / Après-demain je vais crever / D’une mort programmée d’un beau suicide en sorte / Et quand mon glas va sonner / Je m’en irai les regarder de l’autre côté de la porte / Ah que n’ai-je donc pas crié / Du temps où bien vivant / J’aurais pu à bout portant / Leur gueuler que la famille / C’est elle qui m’a tué.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

05 - Madame Suzie.
Extrait sonore


Madame Suzie a des ennuis / Madame Suzie a des soucis / Elle paraît bien triste elle qui / Pourtant tous les jours me sourit / Quand elle vient à la boulangerie / Tout a commencé mercredi / Le jour où avec son mari / Elle reçoit le petit Jean-Louis / A manger sur le coup de midi / C’est leur fils il est très gentil / Et justement ce mercredi / D’après ce qu’a dit madame Suzie / Il avait le petit Jean-Louis / Tout juste vingt-six ans et demie / Mon dieu c’est fou ce que ça grandit / Le mari de madame Suzie / Qui du même coup est aussi / Le père de notre brave Jean-Louis / A réfléchi et puis s’est dit / Qu’il fallait parler au petit / Quand Jean-Louis la porte a franchi / Ses parents l’ont bien accueilli / Puis tous les trois se sont assis / Autour du plat de spaghettis / Et monsieur la parole a pris / On sait qu’à vingt-six ans et demie / C’est bien que les gars se marient / Sinon ça traîne et puis les filles / Y en a plus nulle part, et oui / Qu’est-ce que tu en penses mon petit / Comme Jean-Louis restait interdit / Madame Suzie lui a servi / Une grosse assiette de spaghettis / En pensant que comme l’appétit / Le bagout vient petit à petit / Mais aussitôt monsieur reprit / Jean-Louis un de ces quatre midis / Faudra que tu ramènes ici / Avec toi ta petite amie / Faudra nous présenter une fille / Dans son assiette madame Suzie / Avait très peu de spaghettis / Mais elle souriait à son Jean-Louis / Comme pour lui dire réponds-nous oui / Mais Jean-Louis restait interdit / Le silence avait assombri / L’humeur du papa de Jean-Louis / Qui se dit il se fout de qui / C’était tendu dans la famille / Et c’est là que Jean-Louis a dit / Papa Marcel maman Suzie / Vous en serez sans doute aigris / Mais jamais une seule fille / Ne passera le seuil d’ici / Pardonnez-moi j’aime un garçon / C’est pas possible petit con / Tu mens ou tu perds la raison / Les garçons avec les garçons / On voit ça que dans les feuilletons / Pas sous le toit de ma maison / Entre les deux monta le ton / Et pleura madame Suzon / Le père décida pour de bon / Que son débauché de fiston / Ne viendrait plus à la maison / Alors Jean-Louis mit son blouson / Il regarda madame Suzon / Qui se mouchait dans un torchon / Les yeux rouges comme des pucerons / Et puis il quitta la maison / Madame Suzie a des ennuis / Madame Suzie a des soucis / Elle paraît bien triste elle qui / Pourtant tous les jours me sourit / Quand elle vient à la boulangerie.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

06 - Donges.


Maman comment que ça se fait que la mer / Elle est devenue toute noire, ouh lala / Ma p’tite c’est parce qu’on l’a repeinte / Pour fêter la Noël / Maman qui c’est qui l’a repeinte / Pour la Noël la mer, ouh lala / Ma p’tite c’est le Père Noël / Du commerce internazional / Maman a quoi ça sert ce truc / Noir et gluant qui pue / Qu’il a mis le Père Noël / Du commerce international dans la mer / Ma p’tite ça sert à faire rouler / La voiture de ton père / Eh ben Papa si j’étais toi / Je m’achèterais un vélo / C’est plus rigolo / Ca salit pas l’eau / Et en plus de ça / Ca ne nourrit pas / Les marchands de peinture / A l’hydrocarbure.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

07 - Les berceaux brodés.


Faut le berceau brodé / Les sourires crispés / Faut la vierge au-dessus / De la nouvelle venue / Faut surtout l’eau bénite / Pour asperger la p’tite / Qui chiale dans sa dentelle / De noble damoiselle / Dès ses premiers quarts d’heure / Lui apprendre les bonnes mœurs / Dès que l’heure est arrivée / L’envoyer dans le privé / Là faut être propre sur soi / Faut pas se tâcher les doigts / S’essuyer là pis là / Faut même pas songer à / Partager ses Petits Beurres / Avec deux trois petits beurs / Ni trop poser de questions / De sexualisation / Vient la prière du soir / Le bivouac bord de Loire / Pour durcir en cachette / Le petit cœur de la louvette / Faut pas la bousculer / Faut pas la culbuter / Faut pas compter non plus / Lui mettre le grappin dessus / Faut pas l’enivrer / Faut pas l’embourber / Faut pas la faire pleurer / Mais vaut mieux l’enfleurer / Vlà qu’elle rencontre Charles / Qu’est si beau quand il parle / Qui fait déjà partie / Des jeunesses du parti / Qu’a pas l’air d’un pédé / Qu’a pas l’air d’un niakoué / Qu’a pas l’air d’un pauvre gars / Il aime pas ces gens-là / Il la sort il la gâte / Puis on arrête une date / Les patriarches causent / Les matrones sont roses / Ils feront de beaux bébés / Qu’auront de belles idées / Qui grossiront la liste / De la gent nationaliste / Mais Charles il est patient / Il sait que pour l’instant / Faut qu’elle fasse attention / A garder son hameçon / Jusqu’à ce qu’il lui accroche / A son doigt de la main gauche / Un putain de vrai diamant / Pour plaire à belle-maman / C’est le passage obligé / Pour pouvoir consommer / Alors procréation / Mais pas de récréation / Faut rejeter les travers / Les horreurs de la chair / On sait bien ce que ça fait / Des mal intentionnées / Des tueuses d’enfants / Qui baisent à tout venant / Et qui vont se libérer / Du fruit de leurs péchés / Sans scrupule et sans honte / Faut restaurer la tonte ! / Faut le fils puis les filles / Faut la jolie famille / Faut belle-maman dévote / Faut vieille cousine bigote / Grand-oncle caporal / Qui trône et qui se régale / Au-dessus de la cheminée / En matant la couvée / Qu’il faut bien éduquer / Faut mettre le paquet / Faut que ça grandisse, soit / Mais en penchant à droite / Charles est devenu patron / Il prend soin de ses rejetons / Culture histoire tradition héraldique et bijoux / Tous les ans avec Papa on va au Puy du Fou / Elle, elle est blanche et fière / Vernie, sertie, austère / Et tous les matins passe / Devant le sans-pain d’une autre race / Qu’est assis, qu’est couché / Et qui veut pas bosser / Bientôt elle sera grand-mère / Et sa dose de prières / Augmentera encore / Pour s’octroyer le sort / Protéger les lardons / D’abjectes tentations / Hétéros ils seront / Ou bien plus de ce nom / Devant l’urne bêlant / Sortiront pas du rang / Courant qu’on se le dise / S’épouser à l’église / Quatre-vingt-douze hivers / Faut revenir en arrière / Quand il est temps de crever / Au milieu de sa couvée / Dans ses draps de vieille veuve / Elle admire son œuvre / Et se dit que finalement / Elle a perdu son temps / Elle a perdu son cul / A pas se faire monter dessus / Elle a perdu son âme / A trop juger infâme / Ceux qui vivaient ailleurs / Peut-être qui vivaient meilleur / Elle crèvera de fatigue / Desséchée comme une figue / En détestable pieuse.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

08 - [Sans titre]


Tiens l’hiver qui surprend oh y a plus de saison / Sûr de rien rien de sûr même le bleu du ciel / Les petites filles ont froid leurs cheveux sont le miel / Qui réchauffe messieurs taisons taisons taisons / Taisons-nous les messieurs ont les mains bien trop grandes / Pour ne pas se glisser sous ce qu’il ne faut pas / Vois la petite idiote qu’on fait marcher au pas / Qu’on veut griser pour qu’elle s’étende étende étende / Et tant de gris de grand pour une si petite / L’affole car comment peut-on être si vieux / Si vieux si près si fou elle a noyé ses yeux / On fait cela quand on évite évite évite / Et vite elle oubliera il le faut ma jolie / Un petit corps c’est rien les vieux messieurs le savent / Ravaler petits pleurs alors tu seras brave / Finis ton rêve et puis au lit au lit au lit / Oh l’hiver qui surprend tiens y a plus de saison / Sûr de rien rien de sûr même le gris du ciel / Les petites filles ont froid leurs cheveux sont le fiel / Qui réchauffe messieurs taisons taisons taisons.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

09 - L'homme.


Dans le chaos de ses envolées lyriques / L’homme boit et parle en même temps / Mais dans le feu de ses instincts exigeants / Ses mains folâtrent seules nostalgiques / Dans la chaleur de l’amour patriotique / L’homme preux se bat à mots portant / Mais à l’abri du bruit du monde pourtant / Il est petit craintif pathétique / Sur la scène de son siècle dramatique / L’homme s’agite et court dans le vent / Mais dans le fond qu’est-il de plus qu’un enfant / Qui se terre au creux de ses paniques.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

10 - Mes problèmes de relation.


J’aime bien écouter aux portes / Me cacher sous les lits / Débrancher le téléphone / Et m’enfermer à clef / Je sais très bien faire la morte / Dans mon bain sans un bruit / Pas répondre quand ça sonne / Et me faire oublier / J’ai peur des cris et des chats / C’est sans doute pas normal / Et ça fait rigoler / Ceux qu’ont rien d’autre à faire / Je me réfugie sous mes draps / Dans les moments fatals / Quand c’est l’heure d’y aller / Je rentrerai bien sous terre / C’est que j’ai comme qui dirait un problème de relation / C’est mental c’est viscéral y a pas de solution / Faut te soigner me dit ma mère / Faut te décoincer me dit Albert / Faut dire ce qui est parce que c’est vrai / Je suis psychotimide / J’aime pas descendre les poubelles / Jeter des vieilles affaires / Tourner le sablier / Et changer de chaussettes / J’aime pas apprendre une nouvelle / Ni les anniversaires / Ni les premiers janvier / Ca me fait mal à la tête / J’ai peur des informations / Des noms de rue qui changent / Des soutiens-gorge trop petits / Et des hommes politiques / Je me pose pas trop de questions / Je fais comme ça m’arrange / Si je suis lente, bah tant pis / Mieux vaut ça qu’hystérique / C’est que j’ai comme qui dirait un problème de relation / C’est mental c’est viscéral y a pas de solution / Faut te soigner me dit mon père / Faut te évoluer me dit Albert / Faut dire ce qui est, je m’y ferai jamais / Je suis psychorigide / Beaucoup de nuits j’ai passé / Dans le lit de mes parents / Sinon je dormais pas / A chacun ses défauts / Ca faisait beaucoup jaser / Alors à dix-sept ans / Je me suis dit arrête ça / Ca a pas l’air très réglo / Un jour Albert m’a surprise / Pendant que je regardais / Les hommes nus de la Redoute / Ca l’a rendu jaloux / Il m’a titillé la cerise / Ca m’a pas dérangée / Maintenant j’ai l’habitude / Mais je sens rien du tout / C’est que j’ai comme qui dirait un problème de relation / C’est mental c’est viscéral y a pas de solution / Faut te soigner me dit mon frère / Faut prendre ton pied me dit Albert / Faut dire ce qui est, j’y peux rien mais / Je suis psychofrigide / C’est mental c’est viscéral / Je suis comme ça c’est pas marrant / Je suis comme ça c’est pour longtemps / C’est pour toujours / Mais l’important c’est que je me supporte / Et si un jour je me supporte plus / Bah je changerai / Et si je change pas je partirai / Je laisserai Albert sur le carreau / Y a pas de lézard faut que je me barre / Y a pas de lézard faut que je me barre.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

11 - Roberto.
Extrait sonore


Roberto a seize ans / Il se la coule douce / Une sèche une mousse / Et le voilà content / Mais bien souvent sa mère / Qui se tue au labeur / Le sort de sa torpeur / A coups de serpillière / Roberto tue le temps / En comptant les fourmis / Qui monte le long du lit / Où son gros corps s’étend / Quand arrive le soir / Oh pauvre diable / Il s’endort sur la table / Ca ça peut émouvoir / Roberto Roberto / Pense à ta pauvre mère / Roberto tu végètes / N’as-tu pas mieux à faire / Roberto est un as / De l’illégalité / On peut même ajouter / Des tâches les plus basses / Faut dire qu’il se complait / Dans les petits larcins / Boites à gants sacs à mains / Envoyez la monnaie / Roberto se délecte / A faire des saloperies / Avec de l’herbe qui / Lui fait des yeux d’insectes / Quand arrive le soir / Oh pauvre enfant / S’il n’est pas roupillant / Il fait du marché noir / Roberto Roberto / Pense à ta pauvre mère / Roberto traficote / N’a-t-il pas mieux à faire / Roberto ne sait pas / Ce qu’est un gentleman / Que pour parler aux dames / Faut être délicat / Finesse et jeux de mots / Sont pas son habitude / Pour lui la gratitude / C’est une maladie de peau / Roberto va voter / C’est un bon citoyen / Mais comme il ne croit en rien / Il prend l’extrémité / Quand arrive le soir / Oh pauvre con / Il cherche la baston / Et excelle en cet art / Roberto Roberto / Pense à ta pauvre mère / Roberto vous êtes rustre / N’avez-vous mieux à faire / Puis un jour la mère de Roberto / En eut assez / Va mon fils / Va faire quelque chose de ta vie / Engage toi et sers ta patrie / Roberto ce garçon / Vigoureux et gros gosse / S’éprit de son négoce / Et gravit les échelons / Mais voyez la bravade / Dieu que c’est triste / Ses défauts et ses vices / Grandirent avec les grades / Roberto Roberto / Te voilà militaire / Roberto Roberto / N’as-tu pas mieux à faire / Roberto Roberto / Te voilà militaire / Roberto Roberto / N’as-tu pas mieux à faire.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

12 - Avec des si.


Si je n’avais pas l’air si prude / Si le savoir-vivre n’était / Chez moi une telle habitude / Si je n’étais pas si secret / Si avant de parler sept fois / Ma langue n’allait rotative / Si je ne comptais pas mes doigts / Pour éviter toute dérive / Si chez moi les bonnes manières / N’étaient pas si envahissantes / Je les écraserais par terre / Avec une force ahurissante / Si je n’accrochais à mes tempes / Deux impeccables favoris / Si je n’éteignais pas la lampe / Lorsque j’ôte mes dessous gris / Si je ne rougissais pas tant / Si je frémissais un peu moins / Si par plaisir de temps en temps / Je m’accordais un petit joint / Si ma vie était moins parfaite / Si j’avais le goût du danger / Si je savais faire la fête / Et juste un soir te déranger / Si j’acceptais de prendre part / Aux discussions grasses et salaces / Pour moi aussi avoir ma part / Du gâteau le plus dégueulasse / Si j’arrivais de ma campagne / Avec mes gros sabots merdeux / Si je me baladais en pagne / Avec des airs libidineux / Si je te regardais de haut / Si je te prenais par derrière / Si j’atteignais les idéaux / De ceux qui cassent les barrières / Si je n’avais plus peur de rien / Si je ne craignais plus personne / Je pourrais te dire : allez viens / Je t’emmène en Sierra Leone / Avec class et virilité / Je décrocherais du plafond / L’abat-jour couleur voie lactée / Pour te l’offrir /Mais mon grand malheur c’est qu’avec / Des si on peut aller très loin / Sans eux je me retrouve à sec /Je ne fais rien je ne fais rien /Je ne fais rien je ne fais rien /Mais alors rien ce qui s’appelle / Rien.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

13 - Les bistrots les bastringues.


J’ai fait les bistrots j’ai fait les bastringues / Je t’ai cherché / Dans les bouges et les rades / Mais tu n’es nulle part / Alors sur le dos je me mets tes fringues / Pour compenser / Mais ma vie devient fade / Je l’avoue, j’en ai marre / Ce serait bien que tu reviennes et ne me dis pas / Que c’est à cause de l’autre soir que tu t’es fait la malle / C’est vrai ce soir-là j’avais envie de kir et de java /De paillettes et de flonflons de beaux bras de mâles / Mais qui aurait pu croire, qui l’eût cru mon amour / Que tu prendrais tant à cœur mes ébats infidèles / Quand au salon tu me trouvas au tout petit jour / Tout étendue sous un corps qui n’était pas le tien / J’ai fait les bistrots j’ai fait les bastringues / Je t’ai cherché / Dans les rues les ruelles / Mais tu n’es nulle part / J’en deviens barjo tu me rendras dingue / A te cacher / De ta pauvre hirondelle / Perdue sans son perchoir / Ce serait bien que tu reviennes et ne me dis pas / Que c’est à cause de l’autre jour que tu t’es fait la malle / C’est vrai ce jour-là j’avais envie de satin et de soie / De tout ce qui se porte et que tu ne m’offres pas / Mais qui aurait pu croire, qui l’eût cru mon amour / Que tu allais te vexer moi qui voulais te plaire / Quand dansant devant toi dans mes nouveaux atours / Je te rendis tendrement ta carte bancaire / Y a plus de bistrots y a plus de bastringues / Où te chercher / Et les jours qui défilent / Ne te ramènent pas / Dans ma parano j’ai chargé mon flingue / Désespérée / O mon bel imbécile / Tu me regretteras / Ce serait bien que tu reviennes car tu le sais bien / Je suis si maladroite il faut me surveiller / D’ailleurs sans le faire exprès je me suis tiré dans la main / J’ai cassé un lustre et des pare-brise qu’il faudrait rembourser / Reviens ! / Mais qui aurait pu croire, qui l’eût cru mon amour / Qu’une fille comme moi ça ne t’irait jamais / Je te revois encore à nos tout premiers jours / Me dire tu es folle à lier mais c’est ça qui me plait.
Paroles & Musique : Jeanne Cherhal.

 

 


 

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