N° 13 - Mai 2003
 
Bacchus Nicolas
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Crédit: Marielle Oury

 

Balades pour enfants louches
23 titres - 61 min
Ref : 361142
Sorti : 2002
Production : Auto-produit
Distribution : Mosaic Music


01 - Préliminaires, par Philippe Pagès 1'05
02 - Les petiots 2'32
03 - L'heure des goûts et des coups 2'45
04 - Ton fils (...dort avec moi) 2'56
05 - Christine Boutin et moi 2'32
06 - Les sans papiers 2'11
07 - Alexandre Dumas et moi 1'04
08 - Chanson de l'ami 4'02
09 - Jean Giono et moi 1'04
10 - Chanson de l'ange 2'41
11 - Josy 3'35
12 - Fiasco 3'07
13 - Charity business 1'09
14 - Les restos 2'11
15 - Total, Danone, bonnes causes, et mauvaises raisons 4'12
16 - Voulez-vous moucher avec moi ce soir? 0'32
17 - Le perdu 2'07
18 - Les hauts et les bas 1'08
19 - Allez, l'ami 3'49
20 - La Saint Sylvestre 3'03
21 - Le petit âne gris will rock you 6'44
22 - Vie privée 1'39
23 - Oiseaux de passage 4'52

 
 
01 - Préliminaires, par Philippe Pagès



 

02 - Les petiots
Partition


Ouvrez la porte / Aux petiots qui ont bien froid / Les petiots claquent des dents / Ohé ! Ils vous écoutent ! / S'il fait chaud, là dedans, / Bonnes gens / Il fait froid sur la route. / Ouvrez la porte / Aux petiots qui ont bien faim /Les petiots claquent des dents / Ohé ! Il faut qu'ils entrent ! / Vous mangez, là dedans, / Bonnes gens / Eux n'ont rien dans le ventre. / Ouvrez la porte / Aux petiots qui ont sommeil / Les petiots claquent des dents / Ohé ! Leur faut la grange ! / Vous dormez, là dedans, / Bonnes gens / Eux les yeux leur démangent. / Ouvrez la porte / Aux petiots qu'ont un briquet / Les petiots grincent des dents / Ohé ! Les durs d'oreille ! / Nous verrons, là dedans, / Bonnes gens / Si le feu vous réveille.
Poème de Jean Richepin

 

03 - L'heure des goûts et des coups
Partition


Je ne sais pas comment te dire / Bien sûr, tu m’aimes, ça m’fait plaisir / Mais tes offrandes sont superflues / Les accepter, je ne peux plus / Car tu as un vrai goût de chiottes / Faut voir c'que d'vacances tu m'rapportes / Je n’ai plus d’endroit où planquer / Tous les cadeaux que tu me fais. / Comment te faire comprendre encore / Les émois où tu mets mon corps / Les spasmes et violents arrière-goûts / Que me provoquent tes ragoûts / Car tu as un vrai goût de chiottes / Ne me fais plus de bœuf carottes / Je n’ai plus d’endroit où gerber / Les p’tits plats qu’tu m’as mitonnés. / Ne me présente pas encore / Un nouvel ami matador / Ou un jeune loup du RPR / Rev’nu du Gabon (pour affaires…) / Car tu as un vrai goût de chiottes / Faut voir les potes que tu dégottes / J’n’ai plus d’miroirs où vérifier / Que j’ressemble pas à ces tarés. / Ne m’fais surtout plus écouter / Les tous derniers chanteurs français / Qu’t’as découvert, soldés, aux puces / Y’en a, c’est pire que du Bacchus / Car tu as un vrai goût de chiottes / Faut voir les tubes où tu tripes hot / Je n’ai plus d’amis sourds muets / A qui céder tes vieux CD. / Il y a quand même dans tout ça / Quelque chose que je n’comprends pas / Pourquoi avec ce sale goût-là / Pourquoi, dis-moi, tu m’aimes, moi ? / MAMAN !

 

04 - Ton fils (...dort avec moi)
Partition Extrait sonore


Toulouse est maquillée / Pour la nuit et sa clique / Dans les bouges, les cafés / Je porte ma musique / Y’a bien toujours quelqu’un / Pour m’prêter un plumard / Me dire que rentrer c’est trop loin / Et endormir mon cafard / Mais ce soir-là personne / Je sais pas où m’poser / Alors je traîne ma pomme / Là où c’est allumé / Y’a des gens tous serrés / Et des néons bizarres / D’la musique à danser / Et en aidant le hasard / Refrain : Non Madame, cette nuit-là / Non, ton fils n’a pas / Dormi avec les filles / Non Madame, cette nuit-là / Non, ton fils n’a pas / Ton fils a dormi avec moi. / Dans une boîte un peu glauque / Pire qu’au pire cinéma / Ça s’voyait l’un comme l’autre / Qu’on avait rien à faire là / On est sorti marcher / Pour entendre nos voix / Et au lieu d’se quitter / On s’est embrassé, comme ça / C’est drôle, mais ça ressemblait / A des rêves d’avant / Quelque chose qu’on cherchait / Tous les deux depuis longtemps / On s’est trouvé tout con / On s’est serré plus fort / Nos corps ont des raisons / Que vos raisons ignorent / Refrain / Pleure pas, jolie Madame / Ton gars choisit sa vie / Va pas en faire un drame / Ton môme, je l’aime aussi / Et pas la peine de me chercher / A la Gay-Pride dans ta télé / J’passe pas ma vie à m’planquer / J’ai pas b’soin d’un jour pour m’montrer / (Ni d’une chanson, d’ailleurs…) / La la la la…

 

05 - Christine Boutin et moi



 

06 - Les sans papiers
Partition


Charters, au r’voir, papier mouchoir / C’est juste sous vos papiers-rideaux / N’ayez plus peur, papier d’humeur / De protester : / Laissez passer les sans papiers / Ministres, préfettes, papier en-tête / Promis, pas fait, papier froissé / Nous, on est prêt. / Tous vos décrets, papier WC / Vos lois bancales, papier journal / Doivent faire plaisir, papier «papieren» / Aux nostalgiques / La bête exulte, papier oc…culte / Quand c’est Jospin, papi…essuie-mains / Ou Chevèn’ment, encore vivant ? / Qui r'passent les plats. / Les préfectures, papier ordure / Leurs policiers, rues quadrillées / Font du zèle et, papiers cachés / Se lavent les mains / Assez attendu, pas pied de grue / Faut s’décider, papiers signés / Laissez passer les sans papiers / Faites circuler ! / Laissez passer les sans papiers / Ministres, préfettes, papier en-tête / Promis, pas fait, papier gâché / Faites circuler ! / Allez, circulez, circulez, circulez…
Musique de Serge Gainsbourg

 

07 - Alexandre Dumas et moi



 

08 - Chanson de l'ami
Partition


Appelle-moi ton amour, appelle-moi ton ami / Qu’importe, si ton œil s’allume à mes retours / Que je sois ton ami, que je sois ton amour / Que faire de tant de mots quand on a tant d’envies / Tant de gestes muets au fil de nos désirs / N’aies crainte d’en changer, le corps a ses usages / Mon amour, mon ami, viens ou fais tes bagages / Rester ne vaut que si l’on sait qu’on peut partir. / Rester ne vaut que si l’on sait qu’on peut partir. / Fais de moi ton ami, fais de moi ton amour / Mais n’abandonnons pas nos rêves de Barcelone / Nos abus, nos ébats, aux décors de Garonne / Nos réveils étonnés dans les trop petits jours / Si ma peau se ranime à ta peau d’aube nue / Remettons à plus tard les vocables en listes / Il sera plus que temps dans des chansons plus tristes / De nommer en pleurant ce qu’on aura perdu. / Si ma peau se ranime à ta peau d’aube nue. / Ton amour, ton ami, ton égal ou ton chien / Nos ventres diront tout, sans y voir de promesse / Libres sont nos regards, et sans fard nos caresses / Et notre histoire les suit. Jusqu’où ? Je n’en sais rien… / Aucun mot ne mettra nos longues nuits en laisse. / Le complice qui voit, qui écoute et comprend / Préfère l’incertain d’un sourire en suspens / Pour se rêver l’ami quand ton amour le laisse. / Aucun mot ne mettra nos longues nuits en laisse. / Ne sois pas mon amour, ne sois pas mon ami / Ecrivons sans le lire notre vivant poème / Soyons doux, soyons pires, ou rien, soyons nous-mêmes / Et faisons chaque jour ce qu’on n’a jamais dit. / Je serai ton ami, je serai ton amour / Ou les deux à la fois, chacun plus qu’à mon tour / Et s’il faut faire un choix, si je n’ai qu’un recours : / Je veux rester l’ami à qui tu fais l’amour. / Je veux rester l’ami à qui tu fais l’amour.

 

09 - Jean Giono et moi


Texte de Jean Giono (La rondeur des jours) - Extrapolation de Nicolas Bages.

 

10 - Chanson de l'ange
Partition


Et j'ai cloué des ailes au dos de bien des anges / Qui s'envolaient matin, légers, vers d'autres cieux / Avec toujours aux lèvres ce sourire étrange / Un air de dire adieu, pardon, merci monsieur. / Et j'ai orné vos tempes de bien des soleils / Vous arboriez, très fier, ces fleurs qui n'avaient pas / Le loisir de faner au bord de votre oreille : / Vous partiez en riant éclore à d'autres bras. / Et je vous ai suivis dedans bien des ruelles / Avide d'un regard, imaginant vos traits / Bifurquant au hasard d'autres cous qui m'appellent / Tant de pas emboîtés quand les vôtres fuyaient. / Et je vous ai cherchés au creux de bien des couches / Perdus sous d'autres peaux, d'autres draps recouverts / Réinventant vos noms, j'offrais mon corps aux bouches / Effleurées dans le noir, aux vôtres étrangères. / Et je vous ai chantés au fond de bien des bouges / Cabotin sans scrupule et parole en bataille / La voix déshabillée entre les verres de rouge / Cherchant vers d'autres vous à fendre d'autres failles. / Et je vous ai trouvés, ici dans un regard / Là dans un mot, ailleurs sur une peau brûlée / Mais toujours dans des corps qui se ruent au hasard / Et se tendent, et se prennent, et s'accrochent, affamés. / Et j'ai cloué des ailes au dos de bien des anges / Qui s'envolaient matin, légers, vers d'autres cieux / Avec toujours aux lèvres ce sourire étrange / Un air de dire adieu, pardon, merci monsieur.

 

11 - Josy
Partition


Josy, c'est la voisine du palier / Trente-six ans et toujours pas mariée / Mène sa vie de vieille jeune fille / Elle entretient… sa p'tite routine. / Pas de copain, de chéri, jamais rien / Pour lui faire changer son quotidien / Un jour, à Josy, on lui a dit : / "Enfin, Josy, qu'est-ce que tu fais de ta vie?" / Alors elle s'est trouvée… / un chien. / A Josy, qu'est ce qu'on y avait pas dit / Ce chien va lui exploser sa vie / Elle qui e faisait jamais la fête / Il la conduira… droit à sa perte. / Mais ça elle ne le sait pas encore / Son chien pour l'instant elle l'adore / Un jour Josy elle nous a dit : / "Ah ben, vraiment, les gars, j'vous r'mercie / ma vie sans lui, ah ça non… / d'un chien." / Depuis, Josy s'défonce en quatre, / S'démène, court à gauche et puis à droite / Parfois même au boulot arrive en r'tard / Tout ça pour l'bonheur… de son clébard. / Terminés, les principes et la routine / Josy, c'est dev'nu une vraie coquine / Un jour, on s'est dit allons voir Josy / Et là / Pour la r'connaître on a eu un mal… / de chien. / Voilà Josy sur son p'tit nuage / Avec son clebs, ils sont vraiment pas sage / Eh ! Josy, l'amour te donne des ailes / Mais là tu frises… l'excès de zèle. / Du Sheeba à la zoophilie / Tout le reste souvent tu oublies / Un jour le patron a dit à Josy : / "Josy, tu files un mauvais coton" / C'était juste avant le sale temps… / de chien. / Josy a poussé l'bouchon trop loin / L'banquier, l'boss, l'huissier lui filent le train / Aïe aïe aïe, Josy, ça sent la fin / Et les impôts qui grimpent… n'arrangent rien. / Happy end ou fatalité / On savait plus quoi trouver / Un jour, pour Josy, on a eu une idée : / "On arrête la chanson, et tu finis comme tu veux, / Tu choisis comment mener ta vie… / de Josy !"

 

12 - Fiasco
Partition


Vous me trouviez beau / Mais pas assez grand / Gentil, rigolo / Toujours un mot marrant / Vous lanciez « Bravo ! » / Sourire, jolies dents / Mais vous aviez d’au- / Tres tourments dans le sang / Vous aviez de beaux / Yeux incandescents / Les cheveux corbeau / Et des seins indécents / Vous aimiez les ch’vaux /Crinière dans le vent / Vous trouviez sabot / Et en rêviez souvent / Et moi j’faisais l’beau / Par devant mais j’en / Avais plein le dos / De jouer les p’tites gens / Et les adolescents… crispés / Vous traîniez à vos / Genoux de printemps / Un troupeau de vos / Prétendants tant et tant / Par monts et par vaux / Je les vois venant / Ces démons dévots / A la queue, s’agitant / Votre blanche peau / Dans mes nuits s’étend / Si bien qu’il me faut / Pour m’endormir du temps / Votre sein est chaud / Et semble un volcan / Vos lèvres un bécot / Je vous l’avoue et quand / Moi, j’étais Rimbaud / J’espérais qu’en / Parcourant ces mots / Elle me trouve éloquent / Pour un adolescent… laissé. / Ne soyez pas sot / Ne faîtes pas l’enfant / Restons sous le sceau / De l’amitié seul’ment / Ne soyez pas sot / Ne faîtes pas l’enfant / Restons sous le sceau / Allez, foutez-moi l’camp / Moi, trompé jusqu’aux os / Et d’un pas errant / J’ai suivi les eaux / Sales jusqu’au torrent / Des rangs d’adolescents… mouillés. / Vous me trouviez beau- / Coup moins amusant / Derrière vos chevaux / P’tit salut en passant / Votre ventre gros / D’un événement / Vous baisiez l’anneau / D’un vieillard de trente ans.

 

13 - Charity business



 

14 - Les restos
Partition


C'était l'été, il faisait chaud / En sueur, sous un chapiteau / Nous régalions pour les Restos / Pour le repas des bénévoles. / Devant dansait une mongole. / Un buffet froid était offert / Poulet, taboulé, et dessert / C'était la guerre pour les couverts / Il y avait une ambiance folle. / Devant bavait une mongole. / C'est chaque année pour la Saint Jean / Qu'on fêtait là les pauvres gens / De tout son cœur, à pleine dents, / Chacun bouffait du rock'n roll. / Devant chantait une mongole. ("On est les champions…") / L'été prochain, nous reviendrons / Lécher avec application / A moins que par bénédiction / Nous ne devenions des idoles… / … Et fassions danser les mongols.

 

15 - Total, Danone, bonnes causes, et mauvaises raisons


Dans le genre Charity Business, il a fallu aller chanter pour les sinistrés d'AZF, récupérer du blé pour des portes, parce que comme toujours dans ces cas-là, un comité de soutien aux victimes s'est créé, et comme toujours ça s'appelle 'Collectif Plus jamais ça', et comme toujours ça sera encore ça, et ici, et ailleurs. Je propose donc de créer un collectif "Plus jamais Plus jamais ça," pour éviter ce genre de noms. A part ça c'est des gens à peu près fréquentables, avec des revendications plutôt légitimes, le relogement, les écoles, l'éloignement,… y'a juste la dernière ligne du manifeste qui m'a intrigué : "Maintien des revenus des salariés de l'industrie chimique." En résumé, on veut bien que ces salopards irresponsables arrêtent de nous pourrir la vie, mais si on pouvait continuer à bosser pour eux sans se poser de questions, ça nous arrangerait. / Une chanson des Malpolis, écrite avant l'explosion, disait : "L'économie est florissante / Grâce aux industries polluantes / Mais tant que ça fait du turbin / Tout l'monde applaudit des deux mains !" Et le pire c'est que ça marche encore, trois semaines après l'explosion, on croisait une délégation de la CGT et SUD qui allait réclamer la réouverture parce que "ça fait des empois." Ça nous pète à la gueule et on en redemande. / Ça m'a rappelé Danone, l'appel citoyen au boycott, les licenciements "inacceptables," les messages indignés de toutes part, vous avez oublié ? C'est normal, ça a huit mois… / Ce qui me gêne dans les deux cas, c'est le sentiment que chacun défend SES propres intérêts. Et quand ces intérêts particuliers croisent l'intérêt général, on a l'impression que c'est toujours fortuit, par hasard, en plus. Fermez une fabrique de yaourts, une centrale nucléaire pourrie, ou une usine qui pète, et regardez dans la rue : c'est les mêmes qui gueulent à l'emploi. Et là, l'intérêt général, il est où ? / Danone est soudain un infâme exploiteur, Total un vilain capitaliste? D'accord, mais est-ce qu'ils l'étaient vraiment moins tant qu'ils vous donnaient du boulot ? / Est-ce que c'est le seul moment pour s'en occuper ? Quand est-ce qu'on s'occupe d'éviter la FORMATION de ce genre de trusts ? Quand est-ce qu'on s'occupe un peu de ce qui ne nous regarde pas, avant que ça concerne NOTRE petit pays, NOTRE petit boulot, NOTRE petite santé, NOTRE petite assiette ? Vous en avez pas marre, vous, de ces auto-apitoiements, qui succèdent d'ailleurs, comme si de rien n'était, au je m'en foutisme général ? Parce que, dans les licenciés de Danone, passés et à venir, dans les explosés de Toulouse et d'ailleurs, combien se soucient en temps normal des militants pour les sans papiers, combien se foutent de la peine de mort aux Etats Unis, combien se branlent de l'épidémie de SIDA en Afrique ? / On collabore en bossant les yeux fermés pour des salopards ? On accepte de faire n'importe quoi du moment qu'on bouffe ? OK, mais si le seul moyen de s'apercevoir du monde de merde dans lequel on vit est de se faire virer, alors TOUT LE MONDE A LA PORTE ! On pourra peut-être passer plus vite à autre chose. / Alors OK pour boycotter Danone, Total, et bien d'autres, mais j'ai autant de mal avec ceux qui défendent de bonnes causes pour de mauvaises raisons (comme ici), qu'avec ceux qui cautionnent des causes de merde avec de bonnes raisons de départ, ou de bons sentiments (tu te souviens, Balavoine sur le Paris Dakar, avec ses pompes à eau ?). / Trois questions (qui n'en font qu'une) pour finir : / Est-ce qu'on pourrait penser à ouvrir les yeux avant le moment où on nous les crève ? / Est-ce qu'on pourrait penser à protester avant d'avoir peur pour soi ? / Ou alors, est-ce qu'il y aurait une loi des vases communicants disant qu'on ne peut ouvrir sa gueule que quand on chie dans son froc ?

 

16 - Voulez-vous moucher avec moi ce soir?



 

17 - Le perdu
Partition


Tu réécris toute une histoire / Avec des malheurs, du pas bien / Moi, j'la r'connais pas, cette histoire / C'était pas ça nos p'tits matins / Y'avait pas ça dans tes sourires / Tu la sors d'où, cette voix qui tremble ? / Et cette méfiance pour nos désirs ? / Y'a rien là d'dans qui nous ressemble. / Tu pars tout seul réinventer / Tout c'qu'on n'a pas eu l'temps d'souffrir / Tout c'qu'on aurait pu regretter / Si nos meilleurs avaient été des pires / Dis-moi qu't'as peur ou qu't'as plus faim / Mais pas qu'on était malheureux / On a eu l'temps d'se faire qu'du bien / Le reste pouvait attendre un peu. / Parle à ta mère ou à ton chat / C'est pas eux qui vont t'donner tort / Ça ronronn'ra, ça t'cajolera / Plus les contraintes, plus qu'du confort / Moi, j'aimerais bien être aussi lâche / En profiter pour tout larguer / Essuyer ma vie comme une tache / J'suis sûr qu'les docteurs comprendraient. / Mais y'a la vraie vie qui insiste / Qui tord au corps, qui tend les bras / Qu'est pas vraiment toujours trop triste / Pis que j'voulais faire avec toi / Ouais, y'a la vraie vie qui résiste / Qui pousse au cul, qui colle aux doigts / Qu'a encore du monde sur sa liste / Pis qui m'dis… que j't'attendrai PAS.

 

18 - Les hauts et les bas



 

19 - Allez, l'ami
Partition Extrait sonore


Allez, l'ami, viens par ici / Pour cette fois, ce s'ra pas toi / Qui viendra chialer chez moi / Tu vois, t'arrives, et j'pleures déjà. / Allez, l'ami, reste un peu ce soir / On va s'cracher nos vies dans l'noir / On f'ra un bras d'fer de nos malheurs / A même pas chercher si y a un vainqueur. / Allez, l'ami, c'est l'heure de boire / On f'ra la peau à nos histoires / D'encore un p'tit salaud qui s'barre / D'encore une chieuse qu'arrive trop tard. / Allez, l'ami, la nuit est longue / On va s'goinfrer, bouffer des ongles / Vomir sur ceux qu'on aime encore / Ça f'ra du bien même si ça nous tord. / Allez, l'ami, pis quand on s'ra bien ivres, / On dira qu'c'est l'désespoir qui fait vivre : / Qu'c'est pas l'moment d'se faire la malle / Quand ça peut pas aller plus mal. / J'ai bien envie qu'on m'dise je t'aime / On m'le dit pas / Y a bien longtemps qu'j'entends plus ça / Qu'au cinéma. / J'suis pourtant pas difficile, tu sais bien: / A part tout, j'demande rien / Pour guérir ma solitude je prends / N'importe quel merdique amant. / Les arbres de nos cœurs ont poussé / Sur lesquels on avait gravé / Bien des noms, déformés au rythme où on s'écorce / Bien des cris, déchirés au temps où on s'écorche. / Allez, l'ami, c'est l'heure d'y croire / On s'rait étanches comme des passoires / On répondrait de rien, et pas au téléphone / On oublierait un brin les trouillards et les connes. / Allez, l'ami, on f'rait semblant de rien / Et puis on s'marrerait comme des gamins / Et dans tes rires et dans les miens / Y aurait des larmes remises à demain… / Y aurait des larmes remises à demain… / Y aurait des larmes remises à demain… / Y aurait nos morts remises à demain.

 

20 - La Saint Sylvestre
Partition


Une chose que j'n'ai pas digérée : / C'est quand t'as avalé la clé / Des menottes qui relient mes poignets / A ton barreau qu'il me faut sans cesse limer / Combien de lunes que tu m'séquestres / Pour tes petites séances équestres ? / Au moins trois mois, voire un trimestre, / Demain je crois c'est la Saint Sylvestre… / Une chose aussi que je n'supporte pas : / C'est quand on me filme malgré moi / Le cul en garage à vélo / Et qu'on s'repasse la vidéo ! / Bientôt cent lunes que tu m'séquestres / Pour tes petites séances équestres ! / Je ne compte plus les trimestres / Il a plu pour la Saint Sylvestre… / Une chose encore qui a le don d'm'énerver : / C'est quand t'amènes ton copain R.V. / Celui-là, alors, faut s'le faire (ce gros mestre) ! / Encore plus pervers que son frère (l'extra terrestre) ! / Mille et une lunes que tu m'séquestres / -A quand le paradis terrestre ?- / je n'pense pas terminer l'trimestre, / cette année, pas de Saint Sylvestre… / Cette nuit, je me suis décidé(e) : / Je te tue, j'récupère la clé / Ensuite je me défenestre / Avec en fond le grand orchestre / D'une de ces soirées sénestres / De la Saint Sylvestre…

 

21 - Le petit âne gris will rock you



 

22 - Vie privée


Je n'ai pas de vie privée / Je n'ai pas de vie privée, parce que je ne veux pas que ma vie soit privée de quoi que ce soit. / Je n'ai pas de vie privée parce que s'il n'y avait pas eu de femmes pour y renoncer en l'étalant au grand jour, il n'y aurait pas encore de moyens de contraception officiels ou de loi sur l'avortement. / Un ange passe… / Je n'ai pas de vie privée parce que s'il n'y avait pas eu d'homosexuels pour "s'afficher", comme on dit, non seulement on ne parlerait pas de PACS, mais personne n'oserait s'élever contre l'homophobie. / Deux anges pacsent… / Je n'ai pas de vie privée parce que si chacun considérait que ses opinions ne regardent que lui, il n'y aurait pas eu de manifs contre le Front National, et il ne serait pas aussi bas aujourd'hui. / Je n'ai pas de vie privée parce que si je ne parle pas de mes façons de baiser, les autres continueront à avoir honte des leurs, parce qu'elles resteront tabou, parce que mon silence est déjà un jugement. / Le respect de la vie privée, c'est ne pas oser porter plainte contre son violeur, c'est ne pas dénoncer l'agression sexuelle familiale, c'est laisser le voisin battre son chien, c'est faire semblant de ne pas coucher avec tel ou telle. / Le respect de la vie privée, c'est le triomphe de la honte, de la culpabilité, de l'hypocrisie, du chantage et des ragots. / Alors, il y a bien des choix que j'ai du mal à faire, mais entre vie privée et vie libre, j'ai choisi. / Et vous ?
Alias (beaucoup); Nicolas Bacchus (un peu)

 

23 - Oiseaux de passage
Extrait sonore


Poème de Jean Richepin - Musique de Georges Brassens.

 

 


 

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