N° 15 - Sept. 2003
 
Les Tit' Nassels
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Christian Verdet

 

Bric à Brac
15 titres - 58 min
Ref : TIT'PRODC002
Sorti : 2002
Production : Auto produit
Distribution : Auto distribué


01 - Le coeur en chysanthème 3'21
02 - Le clown 1'58
03 - Les tit' balades 2'22
04 - C'est Dimanche ! 2'11
05 - Carte orange 3'26
06 - La rue "Bon espoir" 4'38
07 - A sang à l'heure 3'45
08 - Mes langes 3'27
09 - Elle m'attend 2'29
10 - Le blitzz 2'38
11 - Mes dames 4'18
12 - Le frère Saint-Jean 2'49
13 - Le vieux con 3'08
14 - Je sais 2'58
15 - Les pavés 4'11

 
 
01 - Le coeur en chysanthème


C’était un soir tranquille, dans les rues de ma ville / La lune était pleine et belle, pourtant j’avais le cœur en chrysanthème / Sur le parvis d’la chapelle, dormaient les hirondelles / Au milieu de la nuit, j’ai r’gardé défilé toute ma vie : / A m’entendre m’déchirer la voix, dans ces bistrots… / A m’r’garder dégobiller mes tripes, pour une bande de poivrot / Les lampadaires s’bousculaient, dans le fracas de l’été / Les voitures s’en allaient dans un faux chaos géminé / Alors la nuit prit le dessus, m’offrant ainsi sa vertu / Pour mieux me laisser choir, dans un effroyable jeu de miroirs… / Où je voyais mes mains encore, jouer si fort / Toujours dans le même décor, à noyer mes remords / Les ruelles étaient vides, les trottoirs m’tordaient l’bide / Et au coin d’une impasse, mes pensées ont commencé leur brasse / Assis sur la place du marché, dans l’ciel les étoiles s’détachaient / Mon cœur battait plus vite, mes émotions prenaient la fuite… / Pour m’répéter une dernière fois, « regarde-toi ! » / Pour m’expliquer encore une fois, « c’est pas pour toi ! » / Le silence aguicheur, qui me prenait le cœur / Avait trouvé la faille dans le chahut de mes représailles / Il avait tout compris, lui mon meilleur ami / Avec l’aide du vent, il m’a soufflé tout doucement : / Va donc gueuler dans tous ces bistrots, ces quelques mots ! / Tu verras que le monde est beau, que le monde est beau / Même s’il est rempli de badauds sans opinion / Même s’ils s’en font sur ton dos, tous ces patrons ! / Y a tous ceux qui ont comme toi, besoin de tes mots / Que tu t’égosilles la voix, pour lâcher leur fardeau… / C’était un soir tranquille, dans les rues de ma ville / La lune était pleine et belle pourtant j’avais… le cœur…en chrysanthème

 

02 - Le clown


Le clown est triste / Son sourire dégouline / Sur la piste… d’une arène déguisée / On t’a jeté là dans le sable / Pour pousser des rires en cascade / Hé le clown ! Faut qu’tu sois gai… / Le clown est triste / Son nez le gêne un peu / Pour renifler… ces larmes de morveux / Il est prisonnier des carreaux / Multicolores sont les barreaux / Se son costume… prison dorée… / Et je suis triste / C’est moi le clown un peu / Sur la piste de la vie, de ses enjeux / Parfois on loupe un virage / Et c’est notre vie qui prend le large / On ne peut… que la suivre des yeux…

 

03 - Les tit' balades


De toutes les pluies, par tous les vents / J’ai vagabondé en causant / Aux crapauds, aux lapins, aux serpents / J’ai ouvert ma bouche, à tous les vents… / Tandis qu’toi, dans ton p’tit paradis de fer / De béton et d’argent / Tu préfères à tout ça quelques pauvres diamants / Pas d’mystère, d’la poudre aux yeux évidemment / Sur tous les radeaux, dans tous les rades / J’ai ramé dans une tornade / De plaisirs, de rencontres et d’embrassades / J’ai aussi connu des gens, qui sont vraiment dans la panade… / Tandis qu’toi, dans ton p’tit paradis de merde / D’apparat et de parade / Tu préfères dans ta pauvre vie bien fade / T’enfermer dans ton bureau avec une bonne citronnade / Par quelques matins et quelques nuits / Combien de fois ai-je souris / Aux étoiles, aux oiseaux et aux fourmis / De bas en haut, de haut en bas j’ai parlé avec la vie… / Tandis qu’toi, dans ton p’tit paradis fragile / De fumée et de ciel gris / Tu préfères les p’tites balades près de ton logis / Attendre en vain qu’ta p’tite « choupette » ait fait pipi… / Si par malheur on se rencontre / Que vais-je te dire, « qu’est-ce tu racontes ? » / Et les yeux, rivés sur ta montre / Il sera déjà l’heure d’aller, vérifier tes comptes ! /Tandis qu’moi, dans ma petite vie sur terre / Faite de joies et de mystères / Je préfère aller compter quelques vers / Et pas attendre d’en profiter une fois sous terre… / Et pas attendre d’en profiter six pieds sous terre…

 

04 - C'est Dimanche !


Arpentant les trottoirs, le visage rouge, une barbe noire / Jojo « le mendiant » vit son histoire, au jour le jour dans sa banhar… / Dans les bistrots les écriteaux, tournés du mauvais côté ! / Plus de bouteille sous son paletot, et pas un coin pour s’réchauffer… : / « C’est Dimanche ! » / Le ciel affiche complet, pour les âmes esseulées / A l’église du quartier, la messe est débitée / Jojo s’en moque de toute façon, car ça lui donne des boutons ! / Et puis faut dire qu’on s’gêle les j’tons… dans « la boîte à oraison » : / « C’est Dimanche ! » / Ce mois pas de fête au village, ni de touriste de passage / Lorsque Janvier fait rage, et que le soleil est en cage… / La bonne année pour les paumés : on l’oublie dans notre tournée /Mais Jojo s’en ficherait bien… si c’n’était qu’pour une journée… : / « Le Dimanche… ! »

 

05 - Carte orange


Ils ont la mine grise du matin, les Parisiens / Ils lisent dans le métro leur quotidien, l’air de rien / Le bruit de la machine n’a pas à couvrir les mots / Ils serrent les canines, ils dissimulent leurs crocs… / Moi j’suis posée sur mon strapontin, Paris je viens ! / Quand sur moi s’agglutinent quelques bambins, l’air de rien / Ca y est il faut sortir, la sonnerie vire le silence / Un son bien à vomir qui toujours règle la danse… / Me voilà dans le flot et au galop, les parigots / Font claquer leurs talons, comme des marteaux, l’air idiot / Moi j’vais à contre-sens, j’ai pas bien compris / Que dans ce genre de danse, pas l’droit à la fantaisie… / Mais le soleil perce enfin le béton, l’accordéon / Vient hanter les couloirs de ces bas-fonds, allez une p’tite chanson ! / Le musicien sourit, mais c’est pas gratuit ! / Un p’tit sou mon ami pour ensoleiller ta vie… / (C’est ça Paris ?)

 

06 - La rue "Bon espoir"


Si chez nous il fait si nuit, qu’on a plus besoin d’parapluie / Depuis déjà longtemps, pour se protéger du temps… / Celui qui passe et repasse, celui qui fait que l’on se tasse / Celui qu’on chante et qu’on tabasse… / Nous les mendiants de l’amour, qui déballent leur dépotoir / Sur une scène au grand jour, ou sur le quai d’une gare / Brocanteurs un peu lourds, marchands de sentiments bâtards / On ne s’arrêtera plus au carrefour, qui croise la rue « Bon espoir » / Que si nos cœurs se trompent, qu’en nous l’amour s’estompe / Que si ces mots t’effleurent à peine, l’Amour est morte est vaine… / Celle qu’on vient gueuler dan les bistrots, et qu’on vient cracher sur vos micros / Mais c’est toujours la même chanson… / Nous les mendiants de l’amour, qui déballent leur dépotoir / Sur une scène au grand jour, ou sur le quai d’une gare / Brocanteurs un peu lourds, marchands de sentiments bâtards / On ne s’arrêtera plus au carrefour, qui croise la rue « Bon espoir » / Si l’abandon d’un seul soir, fait hurler nos guitares / Nous cachons une bougie, tout au creux, bien enfouie / Une lueur pour demain, mais une prudence qui retient / Ce radeau qui fait que l’on chante, que l’on vous chante… / Nous les mendiants de l’amour, qui déballent leurs histoires / Sur une scène toujours, sous un kiosque, dans une foire / Saltimbanques au cœur lourd, cracheurs de feu pour défouloir / On reprendra peut-être un jour, la rue « Bon espoir »

 

07 - A sang à l'heure


Ivre de vivre à trente à l’heure / Les yeux rivés sur le compteur / Ceinture cintrée sur l’palpitant / Vitre teintée sur les amants / Qui passent… / Assez lassée de son bonheur / Le cœur huilé comme un moteur / Aucun danger d’accident / Elle a lavé nos sentiments / A coups d’essuie-glaces… / Depuis je fonce, à cent sur les boulevards / A chaque virage, j’entends les gyrophares / Alors j’enfonce la pédale sur l’plancher / Dans mon sillage, la faucheuse va s’pointer ! / Sécurité, rite et routine / Je n’suis point mort mais en warning / Exténuée par notre voyage / Elle m’a jeté tous nos bagages / En pleine face… / Les phares s’effarent et moi j’me mine / J’pleure comme un gosse sur le parking / Les pieds vautrés sur l’embrayage / Le cœur noyé dans un mirage / Bon pour la casse… / Depuis je fonce, à cent sur les boulevards / A chaque virage, j’entends les gyrophares / Alors j’enfonce la pédale sur l’plancher / Dans mon sillage, la faucheuse va s’pointer ! / Pare-brise qui brise tous nos espoirs / L’corps étendu sur le trottoir / Objet volant identifié / Je perds du sang, j’suis mal barré / Tout s’efface… / Pneus lisses qui glissent, ô désespoir / Bougies grillées de notre histoire / Panne sèche d’amour trop assurée / J’ai jamais pu la rattraper, du volant / J’suis pas un as… / Depuis je ne fonce plus sur les boulevards / J’entends à peine, le bruit des gyrophares / Je m’enfonce, dans l’ambulance lancée / Et dans l’orage, la faucheuse m’a fauché…

 

08 - Mes langes


Depuis que tes mains douces comme de la crème / Prirent un jour la mienne / Pour qu’elle connaisse son premier demain… / Depuis que les tiennes fines et fortes à la fois / Essuyèrent sur mes joues blêmes / Les premières larmes, torrent du premier effroi… / Je suis vous, un peu de toi… Maman, dans mes yeux rieurs / Je suis vous, un peu de toi… Papa, dans mes silences sans pleurs / Depuis que ta bouche, bel édredon sur ma joue / Fit venir un rêve doux / Sur ma première nuit, chut !… / Depuis que la tienne qui sentait le tabac / M’apprit tant de merveilles / Et répondit à tous mes « pourquoi ? »… / Je suis vous, un peu de toi… Maman, dans mes yeux rieurs / Je suis vous, un peu de toi… Papa, dans mes silences sans pleurs / Depuis que tes oreilles confortables / Invitèrent mes fables / A se raconter juste avant le sommeil… / Depuis que les tiennes, bien que souvent absentes / Gardèrent mes secrets, mes peines / Comme un trésor en attente… / Je suis vous, un peu de toi… Maman, dans mes yeux rieurs / Je suis vous, un peu de toi… Papa, dans mes silences sans pleurs / Pis y’a lui, un peu de moi aussi / Dans son calme, sa philosophie / Toi Papa, plus toi Maman / Ca fait nous quatre et c’est tant…

 

09 - Elle m'attend


Elle m’attend, c’est sûr qu’elle m’attend / Loin d’ici, très loin de Paris… elle m’attend / Prenez garde, en marchant sur les trottoirs / A ne pas piétiner mon histoire… car elle m’attend / Marquer le pas, puis fuir mon désespoir / Prenant mes hardes, cherchant un exutoire… tout droit devant / Sur le long chemin, j’ai voulu croiser ta route / Guidé par mon chagrin… / Elle m’attend, c’est sûr qu’elle m’attend / Loin d’ici, très loin de Paris… elle m’attend / Convaincu, du but de mon voyage / Sous mon paletot, mon cœur pour seul bagage… elle m’attend / Au gré du flot, une quête sans ambages / Mais j’ai perdu des plumes sur le rivage… et puis du sang / Sur ce long chemin, j’ai voulu croiser ta route / Guidé par mon instinct… / Elle m’attend, c’est sûr qu’elle m’attend / Loin d’ici, très loin de Paris… elle m’attend / Doute et fatigue, fidèles omniprésents / Me font fléchir à la rencontre des gens… je m’étends / Mon cœur s’endigue devant les portes du néant / Juste le souvenir, que d’là-bas elle m‘entend… et qu’elle m’attend ! / Sur ce long chemin, j’ai voulu croiser ta route / Désorienté par tant de mains… / Elle m’attend, c’est sûr qu’elle m’attend / Loin d’ici, très loin de Ma vie… elle m’attend / Marche funèbre ou voyage du genre humain / La terre cède au coutre du destin… elle m’attend… elle m’attend…

 

10 - Le blitzz



 

11 - Mes dames
Extrait sonore


Tristesse, douce compagne / Je bois le vent de notre couple / Notre tendresse sous un pagne / S’enivre de caresses souples / Mélancolie, folle maîtresse / Toi qui viens changer chaque nuit / Au plus profond de mon ivresse / Mes songes en décalcomanies… / Ô mesdames, mes dames à moi / Ô mes cieux, mon harem / Je m’en remets à toi, je m’en remets à toi… / Liberté, toi qui me croyais conquis / Jour après jour tu relances / Mon désespoir souvent séduit / Par ton offre d’une dernière chance / Espérance, éphémère caresse / Tu ne dureras jamais qu’un temps / Aussi fragile qu’une promesse / Qui ne dépendrait que du vent… / Ô mesdames, mes dames à moi / Ô mes cieux, mon harem / Je m’en remets à toi, je m’en remets à toi… / Amour, incorrigible bavarde / Aux avantages charnels / Mes yeux crédules voient sous tes hardes / Ton cran d’arrêt, ton « opinel »… / Haine, toi qui me tiens debout / Tu t’offres à moi comme un linceul / Une bulle qui m’entoure et joue / A me faire entendre qu’on est seul / Ô mesdames, mes dames à moi / Ô mes cieux, mon harem / Je m’en remets à toi, je m’en remets à toi… / Folie, amoureuse secrète / Tu as chassé hors de ma ville / Les « je t’aime » des fillettes / Qui autrefois m’ont fait fragile… / Mort, dans le sillage de tes méandres / Toi qui viendra sur mon chemin / Pour alléger un soir de cendres / Mon âme, mon cœur et mes mains… / Ô mesdames, mes dames à moi / Ô mes cieux, mon harem / Je m’en remets à toi, je m’en remets à toi…

 

12 - Le frère Saint-Jean


Un sac de sport anachronique, sur sa tenue ecclésiastique / Il en était inquiétant… le frère Saint-Jean / Sous la pluie battante, sa croix comme garante / Lui permettant de voyager, le pouce levé… / Il est entré dans notre voiture, et nous dans sa culture / Il en était troublant… le frère Saint-Jean / La cassette de Barbara, résonnait comme le glas / Mais son sourire demeurait, il était comme envoûté… / Il ne cessait de parler, « même ennemi il faut aimer ! » / Il en était touchant… le frère Saint-Jean / A la demande divine, il a quitté son pays d’origine / Mais son accent il l’a gardé, on ne peut pas tout rayer… / Il était curieux de tout, comme s’il était né tout un coup / Il en était soûlant… le frère Saint-Jean / Et quand on l’a déposé, qu’il a dit « pour vous je prierai » / Il était hors du temps… le frère Saint-Jean / Il était inquiétant, il était troublant / Il était touchant, il était soûlant / Dieu qu’il était…

 

13 - Le vieux con


De ma fenêtre à son balcon / Y a au moins deux générations / Coupées en deux par un boulevard / Au sommet de son agitation / Du haut de sa tour d’ivoire / A mon balcon en défection / Un ciel blanchâtre nous sépare / Le vide pour seul horizon / Le vieux du troisième étage / Se hisse au dessus des nuages / Fige chaque instant de ma vie / Le vieux du troisième étage / Se glisse parmi les nuages / Reflète un p’tit coin d’paradis ! / Tout en haut de son sémaphore / Scrutant les phares dans la nuit / Quelques voitures en métaphore / Croisent les traversent de la vie / Accoudé sur le rebord / De loin ses yeux respirent l’ennui / Moi de mon côté je fuis, je sors / Fumer ma clope sous la pluie / Le vieux du troisième étage / Se hisse en haut des nuages / Me cherche sous les parapluies / Le vieux du troisième étage / Se glisse parmi les nuages / Découvre la faille de mon abri / De ma fenêtre à son balcon / Y’a au moins deux générations / Coupées en deux par un boulevard / Dénué de toute agitation / Du haut de ma tour d’ivoire / J’écris cette petite chanson / Où vient se blottir le cafard / Je crois qu’il me manque ce vieux con ! / Du haut de mon cinquième étage / Je me hisse au dessus des nuages / Je cherche en vain mon vis à vis / Du haut de mon cinquième étage / Je me glisse parmi les nuages / J’essaye de combattre l’ennui…

 

14 - Je sais


Ouais tu sais… c’est juste des mots encore une fois / Pour te brailler que je suis encore là / Que j’ai p’t’être pas grandi / Mais qu’enfin je souris / Pour de vrai… / J’ai tant maudit la vie, je t’ai maudite aussi / Avec un cœur baveux et aigri / C’est pas bien je sais, c’est pas bien ! … mais depuis… / L’amour me la gueule, un peu chaque matin / Et la vie me sourit oui mais que d’un œil… / Tu m’diras c’est mieux que rien / Ouais je sais… c’est juste des mots encore une fois / Pour te dire que j’oublie pas / Ouais je sais, ça sert à rien / De forcer le destin / Mais tu vois, j’ai juste ma voix pour crier sur tous les toits ; / Ouais je sais, toi tu n’entends pas / Mais je n’ai besoin de n’écouter que moi… car…L’amour me fait la gueule, ou c’est moi j’sais plus trop bien / Et la vie me sourit oui mais du mauvais œil, depuis toi… / Depuis toi… je n’attends plus rien.

 

15 - Les pavés
Extrait sonore


Aujourd’hui je fréquente, une drôle de famille / Qui se veut si ardente, que mon cœur s’éparpille / Dans de sacrées doctrine, de rites à respecter / Connaître toutes les combines pour se faire enfin accepter / Dans cette famille on faut s’faire la bise, dans cette famille faut qu’tu courtises / Etre de gauche de surcroît, un faux brin rebelle toutefois… / Faut avoir une grande gueule, montrer qu’t’es sûr de toi / Si tu veux pas rester seul, ou qu’on t’montre du doigt / Ecouter les conseils, boire les paroles divines / De ceux qui ont de la bouteille et qui prennent pas de cocaïne… / Dans cette famille faut s’faire la bise, dans cette famille t’oublies la crise / Mais tu chantes les pavés, sans pour autant les balancer… / On te présente à tout va, à des « pros » du métier / Qui eus ont fait le bon choix, réussi à percer / Des hommes à l’intellect’, d’une clâsse supérieure / Qui te servent leur dialecte, celui du fric et pas du cœur / Dans cette famille faut s’faire la bise, cirer les pompes de la Marquise / Pour ventre « ton art » aux censeurs, voir ta tête dans l’téléviseur… / Des conseils j’en ai eu, sur ma façon d’écrire / Que je chantais trop la rue, qu’on me voyait venir / Que j’étais un ingénu, une sorte de « sans-avenir » / Alors avec ces trous du cul, j’ai fini sur ces dires : / Dans votre famille faut s’faire la bise, flatter les gens qu’on méprise / Garder pour vous votre élite, moi c’est avec les tit’ gens qu’j’habite… / Depuis toujours je fréquente, des gens qui m’donnent des ailes / A la passion si ardente, que nos cœurs se mêlent / Poésie à dix balles, moi j’n’aime que c’qui m’tourmente / Vous trouvez ça plutôt banal, écoutez bien nos voix qui chantent… : / Dans notre famille on s’fait la bise, la belle, la vraie qui s’éternise / Et quand viendra l’heure des pavés, c’est vous qui en profiterez / Dans notre famille on s’fait la bise, la belle, la vraie qui s’éternise / Et quand viendra l’heure des pavés, c’est vous qui les recevrez…

 

 


 

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